intrigue deux
the blood tournament
Impurs, we welcome you. We salute your courage and your sacrifice... and we wish you... A Happy Blood Tournament ! And may the odds be ever in your favor.


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High Voltage
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Jeu 15 Juin - 0:31
High Voltage
Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara


Vega dérivait, naufrage s'approchant des côtes escarpées des Shafiq. Sans d'abord comprendre pourquoi ses pas usés l'avaient guidée jusque dans leurs quartiers animés, elle commençait soudain à saisir ce qui l'avait attirée ici. La chaleur douce et grésillante des néons qui se mêlaient aux lanternes éphémères. Les carrés de lumières vives qui s'échappaient de bars ou de commerces pour venir s'écraser sur le béton desséché. La foule, splendide et écrasante, qui s'esclaffait trop fort dans ses brusques moments de joie sauvage, qui parlait avec entrain de choses qu'elle exécrait, la foule, qui emplissait l'espace d'une façon qui lui était autrefois si familière. Son corps qui s'écrase contre un autre. Les basses crachent un son de tonnerre électrique. Ses hanches impriment le mouvement, ses cheveux s'accrochent aux doigts qui se tendent, avides. Elle a les lèvres imprégnées d'un whisky bon marché et d'un gin tonic de qualité ; le mélange est étrange. Ses talons claquent contre le sol, son rire s'envole. La vie possède un goût d'interdits qui ne lui a jamais paru aussi bon. Un sourire effleura ses lippes, nostalgique. Soudain, sans qu'elle n'en ait eu conscience, drapée du froid et du silence de Sainte-Mangouste, elle avait désiré retrouver un morceau de son adolescence.

Idiote. Comme elle déparait à présent parmi ces gens aux mœurs légères. Sa taille était étouffée par une robe d'un rouge-passion, qui lui descendait jusqu'aux genoux, légèrement fendue, trop sage, trop sérieuse. Au-dessus de son visage, un chignon sévère emprisonnait sa lourde crinière et à ses pieds, Cendrillon des temps modernes, de vertigineux escarpins Jimmy Choo. Si personne ne pouvait la manquer, c'était surtout parce que Vega avait plus l'air d'une représentante du ministère qu'à une fêtarde en devenir.

Peu importe. Continue ta traversée des souvenirs. Ou peut-être préfères-tu rentrer à ce manoir rempli de vide ? Elle serra les lèvres, rajusta la courte veste trônant sur ses épaules, puis reporta son attention sur ce panneau simple, trop simple, dont elle se rappelait chaque détail. Le bois commençait à se tordre, trop vieux. La peinture à s'écailler, vieillie elle aussi. Toutefois, les lettres demeuraient intactes. Le pub toujours en place, là où elle l'avait laissée. De nouveau, ses lèvres s'étirèrent. Voilà qui lui plaisait.

Sans tenir compte des regards curieux qu'on jeta sur elle à son passage, elle traversa le labyrinthe de tables en terrasse, puis entra, poussant les portes comme si les lieux lui appartenaient. Aussitôt, les premières paroles d'un morceau d'AC/DC résonnèrent furieusement à ses oreilles. Back in black, I hit the sack, I've been too long I'm glad to be back. Le groupe qui avait tant défrayé les chroniques, à l'époque où ils s'étaient formés. Deux frères sorciers, un sang-mêlé et un moldu. Voilà qui avait eu de quoi faire paniquer les plus puristes d'entre eux. Elle s'en moquait, Vega, elle aimait cette chanson qui avait animé tant de ses soirées passées, cigarette au coin des lèvres, verre à la main, le cœur pulsant trop vite, trop fort. Je me sentais vivante.

Elle vint se jucher sur un tabouret, croisa délicatement ses jambes, puis observa la salle, le menton légèrement soulevé, regard de rapace, sourire carnassier. « Mademoiselle. Que puis-je vous servir ? ». Quand elle se retourna pour affronter le barman, son coude heurta un bras musclé. Elle fit face à l'homme, un colosse barbu qui ne semblait pas se rendre compte de toute la place qu'il occupait sans vergogne. Un visage séduisant, des épaules carrées et des avant-bras tatoués dont Vega apprécia grandement la vue. Son regard coula sur les motifs sombres, en admira la précision et les détails, tout comme les... Elle se figea. Voilà quelques lignes d'encre qui lui étaient bien familières. Les contours vaporeux d'un grizzly, au ventre rempli de flots déchaînés. Et pour veiller sur eux, une étoile à l'éclat vespéral. Un patronus, celui de l'homme et un nom dissimulé, le sien. Pas vraiment subtil mais un cadeau dont elle avait voulu lui faire part. Une dernière esquisse avant le grand voyage. Un adieu sur lequel elle n'avait pas voulu mettre de mots.

« Un Whisky Ogden. C'est lui qui offre. », répondit finalement Vega, un léger mouvement du menton en direction de son voisin.

Les souvenirs affleurèrent, brûlant la surface agitée de ses pensées les plus noires. Un sourire volage releva la commissure de ses lèvres carmines. Un prénom lui revint en tête, presque aussitôt, mémoire vive de celle qui ne possédait plus que les colonnes de fumée du passé pour ne pas s'effondrer. Thybalt.

Thybalt, l'inconscient, l'ours mal léché qui avait eu le mauvais goût de la séduire, un soir, après qu'elle ait échoué dans un bar malfamé. L'homme plus vieux, plus expérimenté, dont elle avait aimé goûter la peau. L'impur, celui qui différait en tous points de celle qu'elle était alors. Bourru, rustre, bruyant ; des qualificatifs qui l'avaient jadis fait tomber pour lui, car ils l'empêchaient de ressembler à tous ces hommes qu'elle côtoyait trop souvent. Flopée de sang-purs de bonne nature, pas un faux pli ne venant ébrouer leur cape taillée sur mesure, souvent rasés de près, toujours sur le qui-vive. Le nez pointé en l'air, les paupières pesantes de dédain. Toujours à mesurer leurs paroles polies, tout particulièrement en sa présence. Merlin, qu'ils l'ennuyaient à mourir. Pas Thybalt, jamais. Même quand leurs souffles enfiévrés finissaient par s'échouer lentement contre les draps défaits. Même quand l'aube éloignait les vestiges alcoolisées de leur soirée. Car bourgeonnaient alors des conversations sur l'art, plus particulièrement sur le dessin et de ce qu'on pouvait en faire sur une peau comme la sienne.

Ses yeux pétillant, elle haussa un sourcil provocateur. Se souvenait-il seulement d'elle ? Voilà qu'elle en doutait soudain. Avery lui avait bien faire comprendre qu'elle n'était rien, qu'elle ne laisserait jamais de souvenirs impérissables. Aussi, l'éclairant de peu, elle tendit une main gracieuse et tapota du bout des doigts le tatouage animal, observant d'une voix mielleuse : « Tu me le dois bien, après tout. Je ne me rappelle pas t'avoir permis d'user de mon talent pour encrer ta peau. ».
tatouage:
 
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staff g1
Jeu 15 Juin - 4:02

Qu'est-ce que tu fous là ? T'as pas mieux à faire ?
Depuis une bonne demie heure, sa conscience lui martèle la boîte crânienne. Il réplique, Thybalt, persuadé de pouvoir la mater, de connaître ses propres failles.
Oh fais pas chier. J'ai plus la force de lutter, fais-toi petite et oublie-moi. Tu veux bien ?
Mon cher, je n'aspire qu'à ton bien être. Car s'amuser et se dépraver sont deux choses bien distinctes, mon job, c'est de souligner la différence.
Me fais pas la morale.
T'as l'air à l'ouest ce soir, quelque chose te tracasse ?
Non, j'suis un cowboy, j'suis toujours à l'ouest.
C'est vrai. C'est toi le shérif ici, j'ai compris.
Allez, rien que cette nuit.
Bon, je te fais confiance, satisfait ? Mais je te surveille ! Fais pas trop le con, j'aime pas t'engueuler dès le matin.
Je gagne toujours à ce jeu-là.
Pense donc à reconquérir ta femme !
Enfoirée, t'avais promis de la fermer !
Allez, bonne soirée !

Ah les femmes... Elles ont ce don de lui faire tourner la tête, de l'œil même. Il rend les armes au premier regard, gourmand et piqué par une curiosité dévorante. Inconscient, il fonce et n'attend pas. Il n'est pas difficile, les sorcières le sont davantage. Ce sont les moldues qui sont les plus crédules, un tour de magie pour les enchanter et voilà une nuit d'assurée.  Malgré leur limites, leur ignorance de la magie, elles restent femmes, délicieuses et voraces comme pas deux. A croquer.
Ah les femmes... Il les aime strictes, inaccessibles, et en fait son challenge personnel. Damnées et débauchées, pour s'imaginer purifié par leurs flots de péchés. Attentionnées et rancunières, pour se sentir exister. Moqueuses et délicates, tout dans la finesse des mots et des actes. Lui n'est bon à rien, il caresse à la va-vite, flatte les omoplates, embrasse les clavicules et se perd plus bas. Il s'exprime comme ça, susurre des vers dignes d'un poète raté, gronde de plaisir et oublie bien (trop) vite.

Depuis son tabouret, il observe la foule déchaînée. Les corps qui se frappent, qui embrassent un rythme trop criard. Lui danse comme un pied, mime à la perfection la démarche d'un girafon blessé. Non, il reste scellé à sa zone de confort, au cercle de verres vides, son ultime compagnie. Accoudé au bar, l'air songeur des grands penseurs. Peuh, il ne sait plus cogiter. La musique lui grille les pensées, si bien qu'il ignore la beauté installée à ses côtés. Incroyable mais vrai, il ne la remarque pas. Il se noie, rumine, hésite à piquer un somme. Le gérant est une vieille connaissance, on l'a déjà laissé roupiller jusqu'au petit matin. Oui, c'est un bonne idée ça, se reposer. « …Ogden. C'est lui qui offre. » Il sursaute, émerge enfin. Ogden ? Il tourne la tête, aperçoit une blonde au physique sympathique. Joli minois, lèvres sanglantes, qu'est-ce qu'elle fout là ? Il esquisse une grimace, conscient de son avantage : elle le reconnaît et le fait savoir. Lui qui offre, lui qui offre... Minute papillon, il ne pleut pas encore des Gallions !

Un prénom, et vite.
Réveille-toi. J'ai besoin de toi !
Souviens-toi des étoiles, gros bêta...
T'es drôle toi. Je me rappelle que de la petite ourse en forme de poêle.
Ça rime avec... « allez, je crois en toi. »
Vega ?

« Vega ! qu'il s'exclame, soulagé, euphorique. Merci conscience ! Il s'interrompt, pense à ses reproches complices, y répond d'un ton faussement pensif. Et toi tu me dois des excuses. T'as disparu. » Il ne lui apprendra pas qu'il n'a pas cherché à comprendre le pourquoi du comment. Qu'il n'a pas tardé à la remplacer. Ça, elle le sait déjà, et il ne s'en cache pas. Elle aussi, a du changer de paysage. Il éclate d'un rire franc, se retient de lui mettre une claque dans le dos. Ça froisserait sa robe pourpre. « Je plaisante ! Ne tire pas une tête pareille ! Son index forme des petits ronds rapides et incertains, qui tutoient son nez. Souris, Vega ! » Le whisky débarque. Thybalt ne lui accorde aucune importance. C'est son gagne-pain, cette liqueur inflammable. Mais ce soir, c'est Vega qui le monopolise, qui le ravive. Elle et son ton qui l'incite au jeu, à entrer dans la danse. Il jette un coup d'œil concerné au tatouage cité. Oh, il se souvient, le bougre. Il se rappelle avoir retrouvé cette ébauche si bien pensée, qui allie peur et cœur. Amitié ou identité, il l'ignore. Ils se sont bien aimés, fut un temps. Dix ans plus tard, les flots tumultueux font toujours rage dans le ventre du grizzly étoilé. Il se souvient de Vega, la muse qui n'a laissé avant de s'éclipser que des croquis exquis prêts à être immortalisés. Les doigts de la belle parcourent sa peau tatouée, guidés par le contour des vagues fictives, les seules qui ne l'effraient pas. Thybalt se laisse faire, gros chat trop heureux pour résister. « Tu veux le même, c'est ça ? On peut y remédier, tu sais ? » Non, il ne s'excusera pas ! Le talent, ça s'encre dans la chair, on l'arbore et on s'en remémore !

Il songe au whisky. « Je te paye celui-là, puis on s'en va. Cul sec ! » tranche-t-il en désignant la source du vacarme musical. J'ai déjà trop bu. Dix ans se sont écoulés, ils devraient avoir matière à discuter. Pas sûr qu'il ait la foi de s'engager dans une conversation stellaire ou philosophique ce soir, la furieuse envie de l'embrasser fait son chemin mais il se retient. Dix ans, Thy! Tu as raison, la petite voix. J'attends dix minutes et j'avise ensuite. Il y a quelque chose de félin chez Vega. Elle pourrait sortir les griffes, feuler et cracher comme un chat. Être lionne, mère et chasseuse. Braver les flammes. Rugir sa colère. Il la représente comme ça. Et puis, il a déjà cru l'entendre ronronner. « Partante pour un tour ? Histoire de te décoiffer. PS muet ; Je n'ai jamais conduit un de ces engins. Allez viens, on va s'amuser », promesse sincère, clin d'œil à l'appui. Dompter une voiture moldue, ça a l'air aussi facile que formuler un très mature « Levicorpus ! ».
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Dim 18 Juin - 1:54
High Voltage
Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara


Voilà ce qui lui avait plu chez Thybalt, dès les premières paroles, dès les premiers regards. Il parlait fort, s'esclaffait plus qu'il ne riait et surtout, il possédait cette énergie qui semblait insatiable, entrain sans limite, pudeur ignorée. Il ne connaissait rien des étiquettes, ni du savoir-vivre et se moquait bien d'entraver la bienséance. Les mots s'écoulaient de ses lèvres charnues sans qu'il n'y réfléchisse à deux fois. Spontané, vif ; il n'y avait pas de non-dits ou de secrets avec lui et ce soir, c'était pile ce qu'elle recherchait.

Quelques instants de réflexion tiraillèrent l'homme, probablement en train de trier ses pensées pour y trouver le souvenir approprié, celui renfermant les traits de Vega. Il parut mettre le doigt dessus, puisqu'il s'exclama soudain : « Vega ! ». L'intonation se fit enjouée, à peine surprise, comme s'il acceptait déjà qu'elle soit là, à ses côtés, comme si leurs chemins ne s'étaient jamais vraiment séparés. Certainement la réaction la plus réjouie à laquelle elle avait eu le droit depuis son retour, et de loin.

Qu'il ne l'ait pas oubliée se révélait déjà être une surprise en soi, mais l'engouement qu'il manifestait  réchauffa ses idées noires saupoudrées de givre. Son sourire se fana néanmoins quelque peu, lorsqu'il ajouta : « Et toi tu me dois des excuses. T'as disparu. ». Même toi, eut-elle envie de murmurer, même toi, tu as des blâmes à prononcer. Ne fais pas comme si j'avais vraiment compté. Ses épaules se raidirent. Peut-être que lui aussi avait changé, qu'il s'était métamorphosé, de l'ours volage qu'elle avait connu à l'homme trop sérieux qui prétendait que le passé comptait. Si elle avait pu prendre le temps d'y songer, jamais elle n'aurait pensé que Thybalt, d'entre tous, lui reproche son départ précipité et son absence prolongée.

Son rire éclata dans le silence relatif tombé à la suite de son accusation songeuse, prenant place dans cette réponse qu'elle n'avait pas su fournir, éclatant par-dessus le morceau de rock, meurtrissant les pulsations musicales du décor ; un rire fort et franc qui manqua de la faire bondir de son tabouret. « Je plaisante ! Ne tire pas une tête pareille ! ». Vega fronça les sourcils, écarta les lèvres à la recherche d'une riposte bien sentie, mais n'y trouva que des interrogations dubitatives. Je plaisante ? Il plaisantait sur un sujet que tout le monde prenait tant à cœur ? Que chacun tentait de faire peser sur ses épaules si lourdement ? Et d'une façon si légère, s'il vous plaît !

Un rire étourdi, abasourdi, filtra de sa gorge serrée. Il n'y avait bien que Thybalt pour faire ça. Et le bougre semblait bien fier de sa blague, pointant et cerclant le bout de son nez d'un index maladroit, comme si Vega redevenait enfant, l'espace d'un instant. « Souris, Vega ! ». Cette fois, elle laissa lui échapper un rire franc à son tour, de nouveau charmée par l'insouciance embrumée. Car aucun doute là-dessus, l'alcool imprégnait déjà les chairs de son compagnon de bar. Et bien que curieuse quant au degrés de sa débauche, elle préférait ne pas savoir à quel stade exact il se trouvait. « Oh non, je ne vais pas te demander combien de verres tu as bu avant mon arrivée. Je suis plus forte que ça. ». Encore un rire flamboyant, un du genre devenu étranger dans sa carcasse brisée, qui sembla éclairer ses yeux de nouvelles lueurs taquines.

« Tu veux le même, c'est ça ? On peut y remédier, tu sais ? ». Le sorcier ne paraissait pas embarrassé de s'être fait prendre la main dans le sac, tatouage familier sur la peau, ayant jusqu'à l'insolence de lui répondre. Doucement, elle suivit une ligne d'encre délicate, mouvement fébrile, et l'ours rugit silencieusement sous son contact, chatouillant la pulpe de ses doigts. Les yeux perdus dans les contours crépusculaires de l'étoile, elle finit par dévoiler d'une voix susurrante : « Je m'en suis fait un, tu sais. Je te le montrerais bien, mais il n'est pas placé dans un endroit qu'il est convenable de montrer au premier venu. Du moins, pas en public. ». Nouveau sourire languissant. Elle releva ses paupières, braquant son regard joueur dans le sien, plus allumeuse que tentatrice – la subtile différence se trouvant au moment le plus crucial, celui dans lequel il fallait conclure. Vega, elle a longtemps eu l'habitude facile de séduire et d'ouvrir les cuisses à tous ceux qui l'envoûtaient. Maintenant, elle ne sait plus faire, elle n'ose plus vraiment. Dix années qu'on massacre son estime et se confiance en soi, dix années qu'elle n'a connu qu'un bourreau, dont le seul plaisir était d'écraser le sien. L'étoile, elle a l'éclat rouillé, les branches informes abîmées.

« Je te paye celui-là, puis on s'en va. Cul sec ! ». Ni vraiment une proposition, ni tellement un ordre. Thybalt établissait un fait et si elle le désirait, elle le suivrait. Toujours ce demi-sourire au coin des lèvres, elle appuya d'un regard soutenu le whisky qu'on venait de lui servir, ambre liquide au parfum divin. Ne pas apprécier la teneur et le goût des créations Ogden s'avérait un crime certain, mais Vega se trouva séduite par l'offre. Bien plus que par la perspective déjà alléchante de rester ici, à contempler des ivrognes et à écouter des tambours électriques marteler ses oreilles. Elle voulait son propre lieu, sa propre aventure.

Pour celle qui avait tant désiré retrouver un morceau de celle qu'elle était jadis, elle jugeait que Thybalt lui en offrait l'occasion parfaite. « Oublie ça. », lui dit-elle, avant de se tourner vers le serveur, « Donnez-nous la bouteille. ». Ses doigts se cramponnèrent au verre, le portèrent à ses lèvres écarlates et elle rejeta la tête en arrière, vidant d'un trait la boisson à peine commandée. Elle extirpa de son sac en cuir une bourse remplie de gallions et la jeta sur le bar. Sourire entendu au barman à la mine perplexe, elle s'empara de la bouteille qu'il tenait encore et lui souffla un je vous remercie poli, avant de reporter son attention sur Thybalt. « Partante pour un tour ? Histoire de te décoiffer. ». Un tour ? Elle haussa un sourcil curieux. « Allez viens, on va s'amuser », promit-il, comme si elle n'était pas déjà convaincue.

Avec élégance, elle se releva du tabouret, s'avança un peu. Glissa quelques doigts qui pianotèrent sur l'épaule de l'ours, puis murmura en se penchant à son oreille : « Très bien, je te suis. Fais en sorte que la ballade soit à la hauteur de tes promesses. ». Elle n'attendit pas qu'il se lève pour fendre la foule, bouteille en main. Quand elle ressortit, l'air frais lui cingla la peau mais elle en apprécia la morsure. Ses doigts déroulèrent le bouchon de sa compagne en verre, puis ses lèvres vinrent trouver le goulot pour une longue gorgée douce-amère. Comme au bon vieux temps. Quand elle ne craignait ni les ennuis, ni les rumeurs, car l'argent achetait les plus dissidents.

Elle fit quelques pas, se retourna sur elle-même pour faire face à Thybalt puis demanda : « Et maintenant, que fait-on ? On se contente de tituber dans les rues jusqu'à trouver un peu d'animation ? ». Continuant d'avancer, elle effleura de ses ongles rouges la carrosserie de voitures jonchant la chaussée. La bar commençait à s'éloigner et son palpitant lui donnait la furieuse envie de faire quelque chose de mal. Elle porta une main à ses cheveux, défit l'élastique qui les tenait si serrés, et secoua la tête pour les disperser sur ses épaules. « Ou bien, murmura-t-elle féline, on se la joue Bonnie and Clyde. ». Qu'à moitié sérieuse, qu'à moitié alcoolisée, elle voulait juste s'amuser. Ne pensait pas sérieusement à voler une voiture, mais une petite voix ne cessait de la contredire, murmurant et si. Vega, elle voulait juste rire, comme elle savait si bien le faire au bras de Thybalt. Quelques heures, avant que l'aube ne rapporte avec ses lueurs mordorées les problèmes et les jugements de toute une société.

Remarquant une décapotable rutilante, aussi rouge et fraîche qu'une fraise bien mûre, elle fourra la bouteille dans les bras de Thybalt et vint se jucher sur le capot. « Oh, celle-là est délicieuse, ne trouves-tu pas, Thybalt ? », roucoula-t-elle, comme s'ils réfléchissaient tous deux à s'acheter un carrosse. Elle ramena ses jambes sur la surface de métal sanglant, les croisa avec soin, et posa ses mains sur ses genoux, pose de sirène des temps modernes, moqueuse et mielleuse. « S'il te plaît, chéri, prenons-la. Le rouge me va si bien. ».
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Dim 18 Juin - 15:07

« Oh non, je ne vais pas te demander combien de verres tu as bu avant mon arrivée. Je suis plus forte que ça. » Il boit son rire entier et sincère, et sourit rêveusement, tout content d'échapper au compte de sa beuverie. Béat, il se laisse porter par le son heureux et ses oeillades monstrueusement délicieuses. « Je m'en suis fait un, tu sais. Je te le montrerais bien, mais il n'est pas placé dans un endroit qu'il est convenable de montrer au premier venu. Du moins, pas en public. » Son timbre lui vrille la raison, et se mue en lui l'irrépressible envie de redécouvrir son corps, sa peau et ses formes. Auraient-elles souffert des affres du temps ? Qu'importe, il s'abandonne à la contemplation de ses pupilles brillantes, qui l'envoûtent drôlement, passées maîtresses dans cet art. Sa caboche s’échauffe, sa barbe s'électrise, son coeur rate un battement. Là, maintenant, tout de suite ? Vega n'a de cesse de le surprendre. Il repense à ses mots, gazouillis séduisants, qui font écho à sa conscience défaillante. Je ne suis pas le premier venu, dévoile-toi, je t'en prie. Mais la belle n'est pas guidée par les mêmes préoccupations, elle avale sa boisson et rafle poliment la bouteille, or à l'appui. Il entend son avertissement, sourit de plus belle et l’admire, la détaille et la dévore. Il frémit à son contact puis s’engage à son tour dans la foule animale.

Thybalt n'a jamais prétendu vendre de l'or en bouteille, mais il n’est pas sans savoir qu'on se saoule plus aisément à force de vinaigre que de nectar. Du coin de l'oeil, il observe l'étoile se désaltérer, boire goulûment comme si sa jeunesse en dépendait. Il en vient à douter de la qualité de son produit, la rasade qu’elle s’octroie, elle ne la savoure pas. C’est de l’eau euphorisante dans ses veines palpitantes. Sa silhouette respire la liberté, il lui insuffle du charisme, une prestance qui lentement sombre dans la débauche, s’oublie pour s’écouter enfin. Vega fait volte-face. « Et maintenant, que fait-on ? On se contente de tituber dans les rues jusqu'à trouver un peu d'animation ? » Tituber, quelle drôle d’idée ! Il n'en est pas encore à ce stade. Pour l'instant, il s’avance d'un pas joyeux, trop assuré, aérien pour lui et pataud pour d'autres. C’est nous, l’animation, je suis ta bête de foire comme toi tu es mon spectacle. Mais ensemble, ils ne se transforment ni en truands, ni en braqueurs de banque, et encore moins en amants meurtriers. Ils sont deux et se suffisent amplement.

La clameur du pub s’étouffe, les voitures bordent le bitume sur lequel il tangue dangereusement. Il perçoit la démarche de Vega, son regard se fait descendant ; elle n’est pas pieds nus, mais bel et bien juchée sur ses escarpins. Bouteille à la main, il observe son manège divin et grossier. Chéri. Lui aurait-il passé la bague au doigt, il y a dix ans de cela ? Situation improbable mais aujourd’hui fort alléchante. Chimère impossible, aussi. Nous ne jouons pas dans la même cour. La tienne est une fosse où sont tapis des serpents, la mienne est une galerie souterraine d’où on ne perçoit plus le soleil. Un coup d’oeil concerné à ses paluches lui confirme que son annulaire gauche est bien cerclé. Etrange étrange. Il secoue la tête, comme pour s’extirper d’une rêverie nuisible. « A l'heure qu'il est, on est tous bien rouges… », il désigne sa propre figure, puis la sienne ; c’est un grand oui. Il s’avance, se saisit de la portière écarlate, la déverrouille machinalement et se laisse choir sur le siège trop mou. Il tend la bouteille à Vega, se concentre sur la machine infernale. Un second coup de baguette pour faire vrombir le moteur et réveiller le volant glacé, il ne reste plus qu’à sortir l’engin sans encombre. Il malmène les pédales, fait jouer le frein à main, la boîte de vitesses drôlement chiffrée. Il parvient à fait rugir le bolide, des clignotants curieux s’agitent sous ses yeux. D’un coup sec, il fait virer la voiture sur la gauche et s’engage tant bien que mal sur la route large et - merci Merlin - miraculeusement déserte. « C’est ma première fois. » avoue-t-il, maladroit. La carrosserie a subi quelques chocs mais rien qui ne puisse les empêcher de dévaler la pente. Vega a elle aussi une bonne descente. Il prend un malin plaisir à accélérer et dériver, se sentir partir pour revenir de plus belle, jouer avec le rythme, et à l’occasion, rencontrer d’autres véhicules sagement stationnés, des trottoirs trop proches, des lampadaires baladeurs. Il ne s'entend pas aboyer de plaisir, la tête vide et pourtant lourde d'emmerdes. Les paysages défilent, les maisons aux volets rabattus, les bâtiments trop sérieux, tout ça semble si futile et statique, à bord de ce char capricieux. Et ils tournent, ils tournent… En boucle, en carré, ils longent le quartier, à la dérive, à vive allure, il ne calcule plus. Les roues crissent, dérapent. Avec Vega a ses côtés, il se sent hardi, rajeuni, de retour dans un corps plus énergique et sans doute plus stupide. Il suggère, « Hurle-moi si ça va trop …vite ? »

Un chat traverse la chaussée. C'est ta nuit de chance, mon petit. Il fait plonger la caisse pourpre sur le bas côté, donne un coup de frein brusque, son corps s’élance. Il croit discerner des cafés, et au loin, une rue animée. Avant de s’y engouffrer, il préfère la consulter. « Tu permets ? » dit-il en désignant la bouteille, sa bouche, puis la rue qu'ils pourraient emprunter. « J’aimerais pas… en tuer… un. » Signe de la main indistinct, envers les petits bonhommes de la place éclairée, la lumière l’a réveillé, son souffle est chaotique. Ouais, si on pouvait éviter d’en écraser deux trois… « Ce serait bien ? Hm ? » qu’il complète pensivement, tout en portant le goulot à ses lèvres enflammées. Il pèse le pour et le contre. S’amuser au prix des autres, c’est bien un truc d’aristo. Si ça se trouve, ça plairait à Vega, d’aplatir quelques moldus égarés… Non, elle n'est pas comme eux. Au diable les conséquences, faut s’amuser, on est là pour ça, après tout. Pour rire, oublier et ne rien regretter. Il se penche vers elle, déconcerté. Elle aussi paraît secouée, mais pas encore décoiffée. Sans crier gare, il lève sa main sur elle.

Ses doigts caressent le plus tendrement possible sa crinière ensoleillée. Rustre oui, violent, jamais. « Tu m’as manqué. », qu’il reconnaît, de sa voix d’homme et de ses mots d’enfant. Il réfléchit à nouveau. Non, il n'écrasera pas du moldu pour ses yeux, aussi beaux soient-ils. Ni du chat. Pas d'aventure assassine, pas aujourd'hui. « On fera ce que tu voudras. », décision paradoxale, promesse aléatoire. Il l’enjoint à prendre la relève, à les guider au bout de cette nuit étoilée. Ou rester sur place, lui dévoiler son tatouage, et se retrouver après dix ans qui n'ont pas tant comptés.
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Lun 19 Juin - 15:16
High Voltage
Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara



« A l'heure qu'il est, on est tous bien rouges… ». Une affirmation qu'elle ne pouvait contredire, aussi bien qu'un feu vert à sa proposition déjantée. Thybalt s'engouffra dans le véhicule presque aussitôt et Vega s'empressa de le suivre, sautant de son perchoir avant de se blottir à l'intérieur. Les sièges en cuir, parfum entêtant d'une femme dans l'habitacle, Vee s'y sentit tout de suite comme chez elle. Reprenant la bouteille tendue, elle en reprit immédiatement une nouvelle rasade, laissant le sorcier patauger au milieu de sa volée de pédales et son volant immobile. Les rouages moldus finirent par se mettre en marche, ronronnantes pétarades, la décapotable bondit sur la chaussée et bientôt, ils étaient lancés. Virages pris sèchement, autres voitures à peine effleurés, cahots terribles : son adrénaline venait de grimper jusqu'à mille, lui laissant au creux des jambes une sensation palpitante et, dans la poitrine, un cœur rugissant. « C’est ma première fois. », confessa Thybalt, ce qui lui donna envie de ronronner de contentement. Exquise confession qui sonna également l'alerte dans son crâne. Sors de là, Vee, vous allez vous tuer. Au lieu de quoi... « Fais-moi voir ce que tu as dans le ventre. », gronda-t-elle, un sourire affamé au coin des lèvres.

Le moteur rugit, la voiture s'emballa ; les voilà qui se retrouvaient propulsés dans la ville-brouillard, dévalant les rues en une course aussi impitoyable qu'elle pouvait s'avérer mortelle. Projetée dans son siège, son rire éclata dans l'habitacle, rejoint rapidement par celui de Thybalt. Pressant quelques boutons, elle finit par se lasser et, d'un coup de baguette, fit s'envoler le toit amovible. Le vent s'engouffra dans le véhicule, souleva leurs cheveux en d’innombrables mèches folles et cingla leur peau d'une fraîcheur bienvenue. Elle s'arc-bouta, les mains pointées vers le ciel, le visage rejeté en arrière dans un cri enjoué. Les yeux fermés,  elle inspira profondément : ce qui lui sembla être sa première inspiration depuis des mois. « Hurle-moi si ça va trop …vite ? ». Trop vite ? Ce soir, il n'y avait pas de trop. Elle se rassasierait de tout, sans limite, sans exception. La vitesse la propulsait, plus qu'elle ne l'écrasait de peur. Elle aurait voulu lui hurler de continuer, de ne jamais plus s'arrêter. On s'en va. Ne te retourne pas. C'est définitif. Appuie sur l'accélérateur. Pas un regret, pas un remord.

Thybalt vira à droite, les pneus couinèrent et Vega perdit l'équilibre, manquant de tomber sur les genoux de son acolyte. Elle se redressa, prête à filer de nouveau comme l'éclair, mais au lieu de quoi, la voiture perdit de son élan, ralentit. En face d'eux, des lumières floues et des silhouettes trop nettes. « Tu permets ? ». Haletante, le pouls frissonnant, elle lui tendit volontiers la bouteille, dans un état second. « J’aimerais pas… en tuer… un. », ajouta Thybalt, désignant d'un geste flou ces quilles humaines leur faisant face. Elle haussa les épaules, s'imaginant accélérer, accélérer, jusqu'à venir s'échouer à deux doigts d'un homme ou une femme. Non, effrayer, tyranniser, avait toujours été bien plus alléchant que la perspective de tuer. Tuer, c'était terminer la partie, finir le jeu. S'abandonner à la réalité. « Ce serait bien ? Hm ? »,  ajouta Thybalt, presque songeur. De nouveau, elle haussa nonchalamment les épaules. Bien. Mal. Il lui semblait que ça dépendait des personnes. Des situations. Des circonstances. « Tuer ne m'a jamais excitée. », finit-elle par répondre simplement. Peut-être que c'était son genre, peut-être que lui, ça le rendait fou. Peu importait. Elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Jamais elle ne se permettrait de juger Thybalt, bien qu'elle passe son temps à juger le reste du monde.

Les doigts de l'homme se déployèrent, effleurèrent les ondulations dorées de sa crinière, s'y noyèrent. « Tu m’as manqué. ». Le visage de Vega bascula, à la recherche inconsciente de ce contact, assoiffée de cette attention. Ses paupières tombèrent, rideau noir sur les traits de son compagnon d'infortune, soupir d'aise au bout des lèvres. Combien d'années s'étaient écoulées sans qu'un homme ne l'ait simplement touchée ainsi ? Un geste tendre, inconscient, qui ne lui donnait pas le réflexe de reculer, ni le goût amer du sang en bouche. Elle n'avait pas réalisé à quel point cela lui avait manqué. Combien elle en avait eu besoin. Une gorgée rafraîchissante au cœur d'un désert aride, dans lequel elle errait depuis une éternité, la peau brûlée par un soleil électrique. « Tu es bien le seul à le penser. », murmura-t-elle. Pas de plainte dans sa voix, ni de détresse, juste un constat souligné de vague tristesse. Aucun n'avait montré de sincère soulagement quant à son retour ; l'enfant terrible n'avait rien de l'enfant de prodigue, dont on guettait impatiemment le retour. Ni sa famille, ni ses amis, ni ceux qui jadis craignaient jusqu'à son nom, car chacun attendait d'elle quelque chose qu'elle ne pouvait leur offrir. Un héritier. Des excuses. Son absence. « Ils auraient tous voulu que j'y reste. ». Araignée de malheur, dont chaque œuf qu'elle portait, se résumait à un problème en devenir. Elle en avait plein le dos, les poches et les bottes : des problèmes, parfois aussi légers et insignifiants qu'une plume, souvent lourds de conséquences qu'elle se plaisait à ignorer. Mais Thybalt s'en moquait. Il ne voulait pas savoir d'où elle venait, ni où elle se rendait. Il ne souhaitait pas qu'elle lui présente de plates excuses, n'attendait rien d'autre d'elle que sa présence. « On fera ce que tu voudras. ». Elle attrapa sa main avant qu'il n'ait eu le temps de la retirer et ses lèvres vinrent trouver le creux sa paume calleuse, y soufflant un « Je sais. ».

Ce faisant, son regard accrocha un éclat, qui lui fit froncer les sourcils. Une alliance ronde et toute dorée, étincelante dans la semi-obscurité, ornait l'annulaire de Thybalt. La surprise de voir cet homme volage se ranger la désarçonna. « Toi, Thybalt, tu t'es marié ? Dix ans. J'ai l'impression que c'était une autre vie. », murmura-t-elle songeusement. Une bien meilleure, qu'elle avait réussi à foutre en l'air toute seule. Elle laissa lui échapper la main tentatrice de Thybalt, dernière pression sur les phalanges. « Quelle femme, celle qui a réussi à te mettre en cage. Je l'admire sans même la connaître. », ajouta Vega dans un souffle sincère.

Elle ne lui demandera pas pourquoi il se tient là, en sa compagnie, alors qu'il pourrait être lové contre le flanc moelleux de celle qu'il a épousé. Il n'a pas posé de questions, elle n'en posera pas non plus. Chacun a ses raisons d'échouer dans un bar. Elle connaît la sienne – la solitude – et la sait assez intime pour ne pas s'enquérir de celle de Thybalt.

« Emmène-moi sous les étoiles, Thybalt. », murmura Vega d'une voix légère, les vapeurs d'alcool se bousculant tout autour de sa raison et de sa contenue. « Loin des lumières artificielles de la ville, loin du béton glacé. J'ai envie de rêver. », avoua-t-elle dans une vulnérable confession. Et j'ai envie de te toucher, de goûter de nouveau ta peau, m'assurer que son parfum n'a pas changé. Une voix ricane dans son crâne, conscience sournoise. Mais tu n'es plus à la hauteur, Vee. Il verrait tes cicatrices, percevrait ta maladresse. Peut-être même tes mains trembler. Tu n'es plus la gamine d'antan, la flamme rouge n'est plus qu'une étincelle crépitante. Inadaptée. C'est bien pour ça que tu n'as plus touché à un homme depuis Avery ? Elle serra les dents, pinça les lèvres. Ferme-la, eut-elle envie de hurler. Tu sais que j'ai raison.

Oui, elle savait.
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Mer 21 Juin - 18:44

La voir ainsi épanouie le ravit. Sa vue le délecte, il ne saisit pas le pourquoi du comment. Pourquoi sont-ils ici, ensemble, ce soir, engloutis par les ténèbres ? Que font ces corps échauffés dans cette bagnole rouge sang ? Une femme comme elle n'a rien à faire avec un type comme moi. L'intéressée chasse le toit et s'élève. Le froid devrait s'engouffrer dans leurs êtres, les glacer, mais il les fouette d'adrénaline. Leur feu grandit, dévore l'air acide. Le moteur a grondé, en rythme avec leur hargne amusée. Elle rayonne, ses rugissements résonnent et battent furieusement ses tempes. Il l'adore.

La fougue offerte par la vitesse s'essouffle elle aussi. La voix de Vega caresse ses pensées, il est désolé. Il aimerait réagir, la réconforter, mais ce serait bien trop inutile. Le mal est fait, savoir ne l'avancera pas. A l'évocation d'une famille disloquée naît en lui un sentiment d'incompréhension révoltée. S'il en avait le pouvoir, il les ferait ramper jusqu'à Vega, les forcerait à s'excuser et reconnaître leurs torts par milliers. Enfouies dans sa main, ses lèvres acquiescent, son parfum s'y dépose. Il frissonne une nouvelle fois, ses joues le chatouillent. « Toi, Thybalt, tu t'es marié ? Dix ans. J'ai l'impression que c'était une autre vie. » Il tressaille, comme pris en flagrant délit. Ça, ce n'est pas une remarque agréable, elle l'hérisse. Elle lui rappelle ses propres offenses. « Quelle femme, celle qui a réussi à te mettre en cage. Je l'admire sans même la connaître. » Son sourire s'efface, son teint pâlit. Sa femme est pareille à Vega, il ne la mérite pas. Il s'amourache des trop belles personnes. J'aime jouer et courtiser, je me suis engagé, je suis retombé. Elle m'a quitté. Nous sommes toujours mariés. Suite de sonorités élémentaire à énoncer, mais l'idée lui brûle le palais. Il soupire, plus tracassé qu'ennuyé. « Bague au doigt ou pas, je suis resté le même. » Premier signe d'avarice de la nuit. Hélas pour elle, tant mieux pour toi. Son épouse, il l'aime comme toutes les femmes de la planète. D'un amour vif et pataud à la fois, injustifiable et distrait. Il taira le reste, les détails qui ne comptent pas.

La voix langoureuse reprend de plus belle. « Emmène-moi sous les étoiles, Thybalt. » Il la conduirait bien jusqu'au bout de la carte de cette Terre plate, mais ce soir, il ne s'en sent pas le courage, ni de taille. Moi aussi, Vega, je suis fatigué. Il y a dix ans, j'en avais déjà dix de plus que toi. On pourrait s'assoupir ici, tu sais. Nos bras pourraient s'enchevêtrer et à notre réveil, il serait impossible de nous démêler. Tu aimerais ? Ça te plairait ? Mais Vega a d'autres rêves en tête, auxquels il accède sans broncher. « Loin des lumières artificielles de la ville, loin du béton glacé. J'ai envie de rêver. » Regain d'énergie forcé, il se redresse, quitte cette bulle confortable, à la portée de son aura étoilée. Thybalt réfléchit, songe aux endroits qui répondent à ses désirs. L'aveu de Vega le touche. A tâtons, il peut lui aussi s'imaginer être habité par ce besoin de simplicité, de retour. « Je t'écoute. », lui assure-t-il, concerné.

Il n'est pas un peu tard, Thybalt ? Reprendre le volant à cette heure, dans ton état... Ce ne serait pas raisonnable de ta part et dangereux pour elle. Tu ne sais même pas conduire cet engin, le prochain obstacle ne fera pas qu'érafler une portière.
Je ne sais pas, c'est ce qu'elle demande, j'obé -
Non. Cette fois-ci, tu vas m'écouter, ou tu finiras par vous tuer.
C'est peut-être ce qu'on souhaite.
Ne parle pas pour deux.
Et toi, cesse donc de parler pour moi.

Fébrile, il secoue la tête, chasse la petite voix trop sage, trop à l'écart. Qui n'écoute pas Vega. Thybalt jette un coup d'oeil aux alentours. Les lumières ne sont pas encore mortes. A des centaines de mètres, la foule s'étouffe encore dans ses bruits animaux. Il n'a pas la moindre idée de l'heure qu'il est. Est-on en début de soirée, ou au milieu du petit matin ? Pas un oiseau ne chante. Sous sa chemise, dans sa chair, Thybalt bouillonne. Il ignore jusqu'où la conduire, s'il leur reste assez de pétrole mécanique - si c'est bien le terme - et comment piloter la caisse à bon port. « Je crois... » Contrairement à la voix de Vega, sa tête est lourde. Elle le pèse, ses pensées ne batifolent plus dans son esprit, elles se sont immiscées trop profondément, là où il ne peut plus les atteindre.

« Je crois qu'on devrait s'arrêter là. Il est tard et... Je suis désolé, vraiment. » déclare-t-il en tapotant le volant étincelant. Ne reste plus que toi et moi. Alors il fait ce qui ne nécessite pas la moindre réflexion, ce dont il est certain. Il se penche vers elle, auréolé d'une intention à en crever ses yeux bleus. Iris céruléens qui l'ensorcèlent, il en oublie le frein à main, les vitesses, le reste. Egoïste, Thybalt ne pense plus tant à elle, mais à la décennie qui les a séparés, qu'il souhaite bêtement et avidement rattraper. Il en oublie la politesse, et interprète le calme apparent pour de l'alchimie nostalgique. « Tu m'as manqué. Dix années, c'était une éternité. » répète-t-il sans reproche. Oui, il a connu et abordé d'autres femmes, mais il n'a jamais su leur prénom (il y avait bien une Rosebury, l'autre jour sur le toit de Londres), et ne lui viendra jamais l'idée de se tatouer en honneur d'une simple soirée. Il décide de se confier à elle, accoudé au cadran, la tête inclinée, le visage pensif, vrai. « Elle ne m'a pas mis en cage, elle m'a canalisé et a trop attendu de moi. Je ne suis pas fait pour cette vie, à en croire ses dires. Il triture son alliance. Maintenant qu'elle est partie, je veux bien la croire. Parce que toi aussi, tu ne me supporterais pas. (...) Quoique tu en dises. C'est comme ça. Ce sera toujours comme ça. On ne me changera pas. » Triste vérité qu'il avoue à mi-voix. Ses lèvres charnues tutoient sa chair trop claire, là où se cache ses veines jugulaires. Allons, profitons. Abandonnons-nous. Son aveu fait, il l'embrasse. Silencieusement ou pas, il ne s'entend pas. Il passe ses mains dans sa chevelure, cascade divine dans laquelle il se perd. Il caresse tendrement son dos, enlace sa taille délicieuse, ne songe plus à s'en détacher. Thybalt... Je t'avais dit d'être raisonnable, pas de la... Va au diable. Ses mains rugueuses sculptent son corps à l'enveloppe pourpre. Candide idée que de s'imaginer pouvoir la faire voyager à force de baisers. Il s'interrompt, assailli de doutes, tout honteux, plus écarlate que la décapotable noyée par la nuit. « Je m'excuse. Je ne le referai plus, promis. » Si tel est ton souhait, je m'y plierai. J'attendrai.
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Ven 30 Juin - 21:11
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Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara


« Bague au doigt ou pas, je suis resté le même. ». Une réponse dont elle ne doutait guère de la véracité. Du moment où elle l'avait retrouvé un peu plus tôt, accoudé au bar en tant que pilier de comptoir, il s'était montré égal à lui-même, comme si la dernière de leur rencontre ne remontait qu'à la veille. À la fois bourru et enchanteur, volage et un peu trop charmeur, il représentait un songe, un idéal, qu'elle avait recherché depuis son retour : il lui faisait presque croire que ces dix dernières années n'avaient jamais existé. Dix ans ? Du toc, des broutilles. Qu'un peu de fumée, dispersée par le vent. Thybalt était, est et restera le même. Il est l'ancre qui t'évite de dériver vers les falaises escarpées. Même l'anneau qui scintillait doucement à son doigt, celui qui, selon les lois sacrées, devait l'emprisonner dans un carcan d'interdictions bien pensées, ne semblait suffisant pour lui rappeler le temps écoulé. Peut-être l'alcool s'avérait-il en partie responsable de cet oubli momentané, ou peut-être leur balade au clair des néons crépitants et des lampadaires aux écrans jaunes lui avait-elle permis de souffler un peu. Ou de respirer. Tout est-il qu'il lui fallut attendre quelques minutes de plus pour retomber sur Terre, les pieds lourdement ancrés dans un présent renié.

« Je t'écoute. », lui dit-il et l'espace de quelques frivoles secondes, elle le crut, vraiment. Et elle eut une impulsion terrible, celle de se montrer sincère, d'ouvrir ses noires pensées à l'homme rugueux qu'il se montrerait toujours. Je veux m'évanouir dans la nuit. Disparaître. Tu peux faire ça, n'est-ce pas ? Oui, bien entendu. Au lieu de quoi, elle secoua doucement la tête, acrobate déséquilibrée, incapable de continuer sur le fil mince de sa vulnérabilité. Elle lui avait fait part de son désir, elle ne voulait pas en dévoiler davantage. Chaque information qu'il détiendrait sur elle la rendrait plus friable, fragile poupée de porcelaine entre ses mains caleuses de géant du passé.

Elle attendit alors, perdue dans la platitude des secondes, le souffle court mais non plus haletant, les pensées dispersées, éclats émoussés, éparpillés dans les brumes ambrées du whisky. Pourtant, Thybalt ne démarra pas. Ses doigts tapotaient le volant à un rythme que lui seul reconnaissait. Son regard coulait vers elle – parfois direct – puis vers les cieux brouillés par les lumières artificielles – souvent fuyant. Qu'attendait-il pour suivre ses directives ? Il avait demandé, elle avait répondu. Il devait appuyer sur cette maudite pédale, trafiquer le levier de vitesse et les propulser dans l'oubli. Il le devait.

« Je crois... ». Elle perçut aussitôt l'hésitation fébrile, la négation en devenir. Essaya de contrôler la déception crevante qui menaçait soudain d'annihiler toute gaieté de cœur alcoolisée, mais l'échec de sa tentative s'avéra, quand Thybalt ajouta : « Je crois qu'on devrait s'arrêter là. Il est tard et... Je suis désolé, vraiment. ». La capricieuse eut envie de gronder menteur à son encontre, de mordre la langue de l'usurpateur qui osait ainsi la défier. Il lui avait promis. Tout ce que tu voudras. N'avait-il donc aucun honneur ? Sa parole valait-elle donc autant que celle, défaillante, des O'Hara ? Une minuscule partie d'elle, nerveuse et muette, comprenait qu'il décidât de ne pas continuer leur excursion nocturne, mais sa nature tempétueuse prenait le dessus, frappée, agacée. Ses lèvres se pincèrent, elle se renfonça dans le cuir moelleux de son siège. Sa colère accrue par l'impression de trahison. Pas toi, Thybalt. Tu l'avais dis. Tout ce que je voudrais. Je veux partir, ne pas me retourner, fuir. Tu ne comprends donc pas ?

« Tu m'as manqué. Dix années, c'était une éternité. ». Les flammes dans sa poitrine s'apaisèrent, s'enroulèrent autour des mots qu'elle osait espérer sincères pour n'en laisser que des cendres, mais déjà était-elle tout de même plus apaisée. Tu m'as manqué. Soupir d'aise au bord des lèvres, tambours furieux en place dans sa cage d'os ; elle ne sut dire quelle émotion l'emporta, du plaisir ou de la rage. Elle hésita un court instant à lui rendre ses paroles, mais certains aveux resteraient toujours des faiblesses à ses yeux. Pardon. J'ai peur. Douleur. Tu m'as manqué à moi aussi, Thybalt. Comme elle refusait de telles confidences, il fit les siennes, âpres. « Elle ne m'a pas mis en cage, elle m'a canalisé et a trop attendu de moi. Je ne suis pas fait pour cette vie, à en croire ses dires. ». Elle y percevait un goût amer de non-dits, que son imagination se plaisait inconsciemment à interpréter. « Maintenant qu'elle est partie, je veux bien la croire. Parce que toi aussi, tu ne me supporterais pas. (...) Quoique tu en dises. C'est comme ça. Ce sera toujours comme ça. On ne me changera pas. ». C'était donc cela la raison de sa présence dans ce bar miteux, et parallèlement, la raison de sa présence à ses côtés. Dans cette voiture de luxe volée, à aboyer des rires comme si demain n'existerait pas, à s'emmêler les doigts dans ses cheveux. À distribuer des tu m'as manqué à tour de bras. Elle était partie, alors que Vega revenait. L'une se montrait disponible, quand l'autre ne l'était plus. Tu sais bien que Thybalt te donne beaucoup d'attention, mais il en donne à toutes les autres. Cela, tu ne l'as jamais ignoré. Aujourd'hui n'est pas différent. Même si tu voudrais te penser importante car tu ne l'es plus depuis trop longtemps, tu n'es qu'une passagère de plus. Un sourire doux-amer teinta ses lèvres, mais elle n'eut ni le temps, ni l'occasion de répliquer. Soudain, les lèvres de Thybalt se complaisaient contre les siennes.

Un baiser aussi soudain que familier, qui éveilla cette fois, non pas des souvenirs, mais un désir brutal qu'elle avait pensé éteint sous les étreintes forcées de son époux. Des mains l’étreignirent, caressèrent le tissu écarlate par-dessus la peau fragilisée, se plièrent à la volonté enchanteresse de ses courbes, et bientôt, Vega se retrouva incapable de lutter contre la chaude vague qui l'écrasa.

Ses mains se jetèrent à son tour sur Thybalt, avides, gourmandes, se faufilèrent sur ses joues mal rasées, dans son cou épais et jusqu'à son torse, où ses ongles griffèrent l'étoffe maudite. Elle aurait voulu l'arracher, faire sauter les boutons de cette saleté de chemise, comme au bon vieux temps. Son corps heurta le sien, s'y plaqua avec une aisance hâtive. Elle se cambra, prête à tout pour que la peau de Thybalt recouvre entièrement la sienne. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? S'être vouée à la solitude ? Elle se retrouvait affamée de lui, de ses touchers, de ses baisers. Comme tu l'étais des miens, n'est-pas, Vee ?

Le feu naissant s'étouffa, cracha un dernier hoquet mal assuré, puis redevint cendres pourpres. Thybalt s'écarta et bien que ses lèvres réclamât encore plus, Vega recula, heurtant la portière de son dos, et reprit pour elle ses mains tremblantes, encore brûlantes de ce qu'elles ne pouvaient recevoir. « Je m'excuse. Je ne le referai plus, promis. ». La voix rauque de désir provoqua de nouvelles rougeurs sous le fin papier de sa peau. Elle devint cramoisie, presque autant que lui-même pouvait l'être, si sa vision ne la trahissait pas dans cette pénombre soudain trop légère.

Quelques soupirs, entremêlés de courtes inspirations ; Vega eut du mal à contenir ses mains pour ne pas qu'elles reviennent vers celui qu'elle connaissait déjà si intimement. Pourtant, elle n'avait pas envie qu'ils continuent. Elle ne pouvait – ne voulait – pas pour d'infinies raisons. Thybalt gardait un souvenir heureux de Vega. Il ne connaissait rien de l'étrangère qu'elle était devenue et c'était bien comme ça. Surtout quand le souvenir d'Avery ne cessait de s'imposer à ses pensées. Tu vas tout gâcher.

« Non, en effet. ». Si elle avait souhaité donner à sa voix fermeté et dignité, ses oreilles captèrent sans mal le son persistant d'une hésitation, le bruit fracturé d'une fêlure délicate contenue entre la consonne f et la voyelle e. Elle se racla la gorge, hésita une fraction de seconde, puis détourna les yeux, un rire bas et un peu fou dans la gorge. « Je ne te supporterais pas ? Tu n'a aucune idée de ce que je suis capable de supporter. ». Sa langue glissa sur ses lèvres, gorgées d'un parfum de whisky que Tybalt avait amplifié. Le goût de l'Ogden. Son rire sans joie se fana et elle serra les dents. « Tu ne sais pas, je... je ne suis plus la même. ». Tais-toi, pauvre sotte. L'alcool te délie un peu trop la langue. De réelles paroles, un peu anciennes, qui pourtant s’accommodaient un peu trop bien à cette nouvelle situation.

Vega prit une brusque inspiration, puis releva des yeux brûlants de défi vers Thybalt. Le défiant de quoi exactement, elle n'en savait rien. De la contredire. De la questionner. De continuer. Non, Vega ne savait plus, ne réagissait plus avec raison. « Si on ne te changera pas... on m'a changée, moi. ». Et c'est irréversible.

Et désirait-elle qu'il contemple les affres de ce changement ? Encore moins que toutes autres choses. Pour chaque morceau de robe qu'il avait palpé, caressé, dessous se dessinaient les contours rêches de cicatrices, souvent palpables, et parfois invisibles à l’œil nu. Les marques physiques côtoyaient celles, plus psychologiques. Grosse. Incapable. Garce. Inutile. Salope. Dans ses pires tourments, l'homme devenait aussi vulgaire qu'il était charmant dans ses meilleurs moments. Et il avait laissé suffisamment de traces pour qu'elle en garde un vif souvenir jusqu'à son dernier souffle.
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Mer 5 Juil - 14:49

Il n’a pas envie de la reconduire chez elle. Cela reviendrait à avorter leur soirée, à la boucler dans une tour dont elle semble s’être échappée. A ne pas l’écouter. Il ne sait pas. Il n'ose plus savoir. C'est pour les grands, les vieux, les sages. Il n'est rien de tout cela. Ou plutôt, il n'est rien. Trop de responsabilités s'acharnent sur ceux qui en savent plus qu'il ne le faut. Il hésite à creuser le sujet mais ça reviendrait sans doute à l'embarrasser. C'est comme évoquer sa femme, ça fait mal mais il ne faut pas se leurrer, elle est là, la vérité. C'est elle qu'il faut embrasser. Qu'il faut écouter et vaincre. Ou tolérer et oublier. Et regretter, se morfondre, en pleurer, puis dénigrer, nier, s'enfoncer. Il ne sait pas, il ne sait plus, il ne sait rien.

Il veut se taire. Il veut crier, il veut se jeter sur elle, sur le volant et accélérer, foncer dans un mur, un arbre, s'enflammer une fois par plaisir, ailé de désir, rentrer ce soir pour mieux revenir. Sa cervelle fait des loopings mal assurés, les commandes sont truquées. Il ne maîtrise plus ce qui s'anime en lui, il voit flou, il voit double. Se sentant tantôt surhomme par sa divine existence, tantôt monarque des égouts indigne de sa présence. Il sait bien qu'entre eux, pas de ça, pas de titre, pas de calcul. Mais tout de même, il ne la mérite pas, pas ce soir ni aucun autre. Il y a mieux, tellement mieux. Suffit d'ouvrir les yeux.

Et pourtant, il la veut.
Et il s'en veut.
Mais c'est le jeu.

Il n’est guidé que par un seul sentiment, celui qui lui hurle de prolonger cette nuit, de flancher mais jamais, au grand jamais, d'abandonner. L'instinct ? Et puis, elle lui fait de l’effet, du vrai. Combien de femmes peuvent s’en targuer ? Etonnamment peu. Parce que Thybalt aime peu, il ne s'en sent pas capable. Son amour est comme lui, au fond. Il ne vaurien. C'est sa réflexion du moment, qui prend peu à peu tout son sens. Un type comme lui qui se plaît à fréquenter une dame comme elle, ça frôle l'indécence. Il a déjà songé à cesser son manège, à reconquérir sa femme, à se contenter d’une case plutôt que d’explorer tout l’échiquier. Effort stérile. Réponse muette. Croisade vaine. Le scénario d’un mauvais film. Il n’en sera pas l’acteur. Personne n'aura l'autorité de le traîner sur le plateau, il ne passera aucune audition. Et pourtant, le rôle est taillé pour sa carrure, diamant noir.

Il se déteste, il se hait. Quelle idée de se jeter sur la belle sur un coup de tête. Il n’a clairement pas pensé avec. Bel abruti écarlate, rouge de honte. Monstrueusement désolé, un peu hébété.

« Non, en effet. ». Fêlure dans la voix. Il se sent mal. Pour elle. Lui, il n’en a que faire. Mais elle. Elle ne mérite pas ça. Personne ne mérite ça. Et elle rit, elle rit jaune. Dans ses bras, il se sent Judas. Incapable de la faire rêver, si ce mot existe encore en ce bas monde. Elle retombe dans des réflexions poisons, ressasse ce qu’il ne faut pas. Adieu chimères dansantes, bonjour quotidien pesant. « Je ne te supporterais pas ? Tu n'as aucune idée de ce que je suis capable de supporter. » Il plisse les yeux, grimace un peu. Les mots sont trop durs. Sans doute trop vrais. L'affirmation est simple, tranchante, irrémédiable. Atroce. Il n'aura pas la force - que dis-je ! - le pouvoir de guérir ce qui s'est frayé en Vega. De vaincre ce qui s'est lové et a bâti son nid avarié. Il ne fera que remuer le couteau dans la plaie, là où la douleur persiste, se fait encore vive. A grands coups de griffes malhabiles. Il se connaît. Il se méfie de lui-même.

Les mots lui échappent. Il en apprécie les sonorités mais demeure novice dans l'art de les manier. Rassurer, consoler, réconforter... Il ne saisit pas les nuances des termes, ignorant de la chose à faire. La prendre dans ses bras une nouvelle fois ? Lui murmurer que cette fois, tout ira ? Qui est-il pour balancer des promesses à tout va ? Saura-t-il les honorer ? Il ne le pense pas. « Tu ne sais pas, je... je ne suis plus la même. » Il se redresse, interloqué. On a tous changé. Qu'il aimerait répliquer. Certains se sont améliorés, d'autres se sont enfoncés. Mais on est toujours là. Et à défaut d'oublier, on peut encore s'amuser, accepter d'être pardonné. Tâcher de ne pas y songer. S'abandonner. Baisser nos gardes. Risquer. Jouer. Risque de tout perdre. Et recommencer.

Ses yeux scintillants se braquent dans son regard fade. « Si on ne te changera pas... on m'a changée, moi. » Ce n'était donc pas par choix. Il se mord le coin de la lèvre inférieure, fronce les sourcils, au plus haut de l'échelle de l'incompréhension. Qui t'a fait ça ? Qui est à blâmer ? S'il s'agit d'un homme, que t'a-t-il fait ? Et si c'est une femme, que t'a-t-elle infligé ? Fureur dans son coeur. Envie de meurtre. Sentiments décuplés par ses veines alcoolisées. Dis-moi, Vega. Je te les tuerai. Raconte-moi et je te vengerai. Pensées éclopées. Thybalt lui saisit un bras, sa main glisse le long de son poignet, les doigts palpitants sur sa chair blanche. Emprise minime, qui se détache par à-coups incertains. Il s'agrippe comme il peut, tient au contact, charnel comme visuel. Que faut-il faire, que faut-il dire ?

« Eh bien... » Mine ennuyée, trop désolée. Petite voix qui s'échappe du colosse tatoué. Enfant rêveur à réprimander, qui n'attend sans doute que ça. Qui préfère faire taire la douleur plutôt que de l'affronter. Viens avec moi. On se laissera mourir dans la nuit. Il n'y aura personne pour t'embêter. Et je me tairai. Qu'en dis-tu, Vega ? Tu restes avec moi ? Tu me supporteras ? » Tu m'en veux pas ? Si, bien sûr que si, c'est trop tard. La légèreté s'est envolée. Le gosse étourdi s'est cramé les ailes au soleil. La lune l'observe sombrer dans les bras de la mer. Témoin muet.

Sa main libre flatte le volant, aventurière. Au bout du monde. « On peut partir d'ici, quitter cette ville et ses folies. Là, maintenant. J'ai pas d'enfant, personne qui m'attend. Et toi ? » Ne parle pas de ces dix ans, parle-moi de maintenant.
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Mar 18 Juil - 22:21
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Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara


Tais-toi, Vega, tais-toi. Mais déjà ces ordres silencieux devenaient vains, les aveux tombant de sa bouche en une pluie aride qu'elle aurait voulu taire. Demi-aveux, rectifia-t-elle. Peu importe. Elle aurait mieux fait de se comporter comme l'étiquette l'imposait à une brave et docile petite O'Hara : serrer les lèvres, les coudre de fil blanc, s'incliner et sourire. Trop tard. Elle observait d'ores et déjà sur les traits fébriles de l'Odgen les premières lueurs de compréhension, celles qui se trahissaient sous la forme de colère et d'incertitude. Il se doutait, réfléchissait, se demandait.

Sa main se tendit vers elle, ses doigts agrippèrent son bras et elle manqua de défaillir face à ce contact. Quand il n'a pas les mots, il a les gestes. Ce simple échange, si pur, si dénué de toute fourberie, la fit ciller un peu trop vite. Depuis combien de temps n'avait-on pas essayé de la réconforter, un tant soit peu ? Cela devait remonter à son enfance, lorsque son père s'était penché sur la gamine de deux ans qu'elle était. Son souffle avait effleuré une contusion légère à son genou, promesse magique qui lui indiquait qu'elle guérirait. Elle se rappelait en avoir éprouvé beaucoup de soulagement. À présent ? De l'image de ce père aimant ne restaient plus que des lambeaux flottant au vent et elle ne savait plus comment réagir face à ce genre de comportement.

« Eh bien... ». Vega se représentait Thybalt comme un aveugle, plongé dans l'obscurité la plus totale pour la première fois de son existence, un qui avancerait à tâtons sans trop savoir où se rendre ou à quelle surface donner sa confiance pour se soutenir et s'aider : si elle n'était guère habituée au réconfort, il ne semblait guère à l'aise pour en prodiguer. Mais ce n'était pas cela qu'elle attendait de lui. « Viens avec moi. On se laissera mourir dans la nuit. Il n'y aura personne pour t'embêter. Et je me tairai. Qu'en dis-tu, Vega ? Tu restes avec moi ? Tu me supporteras ? ». Un mince sourire voila le rouge de ses lèvres ; elle rattrapa sa main, la serra, ses doigts se pressant contre la peau tatouée qu'elle connaissait si bien en un assentiment muet. « Et toi, Thybalt », chuchota l'étoile à l'ours, « seras-tu capable de me supporter ? ». Devrait-elle lui confier que personne n'avait réussi jusque-là ? Que tous l'avaient fuie, reniée ? L'égoïste cerbère se le refusait, elle se laissait encore cette chance, cet espoir anorexique ; Thybalt ne l'abandonnerait pas. N'est-ce pas ?

Elle retira ses doigts, les replia contre la bouteille et il effleura des siens le volant, proposant : « On peut partir d'ici, quitter cette ville et ses folies. Là, maintenant. J'ai pas d'enfant, personne qui m'attend. Et toi ? ». L'innocente question la fusilla sur place, poupée mécanique dont le ressort se brisa. Incapable de se remonter, incapable de sourire. La jolie boîte de Pandore, éventrée sur le sol, ses maux éparpillés comme de vulgaires bijoux bon marchés tout autour d'elle. Oh Thybalt, qu'as-tu fait ?

J'ai eu une petite fille, il y a deux ans. Anka. Je te la présenterai un jour, elle est adorable. Déjà rusée comme une renarde pour son âge. Le mensonge affleura à la surface, jusqu'à ses lèvres, il lui chatouilla la langue, puis se heurta au barrage d'ivoire de ses dents. Les folies qu'elle se plaisait à monter de toutes pièces, les impostures dont elle usait et abusait avec fourberie auprès des autres, ne l'attiraient pourtant pas. Pas ce soir. Pas pour Thybalt. Ils avaient toujours été honnêtes l'un envers l'autre, quitte à ne pas tout se dire ; c'était leur deal implicite, celui qui lui soulageait la conscience, celui qui la libérait des chaînes dont on l'avait affublée à la naissance. Il n'existait entre eux aucune autre règle, si ce n'était celle-ci. À bas les convenances, au diable les lois des Sang-Purs.

Alors, elle ne dirait pas les mots qui la tiraillaient tant, ceux qui ouvraient un trou béant de la taille d'un poing dans sa poitrine. Elle tairait la réalité altérée dont elle enviait chaque minute, chaque seconde, avec une dévotion qui la consumait – celle créée de toutes pièces par son esprit écorché. S'en tiendrait à cette version qu'elle connaissait, la vérité, déplaisante, rageante, qui la tenait à l'écart du sommeil et des sourires authentiques. Elle ouvrit la bouche, la referma, chercha parmi les balbutiements de ses pensées effroyables. « Non, je... je n'ai pas d'enfant non plus... ». Son ventre se tordit. Un murmure affreux, une poignée de mots simples, basiques, de ceux qu'elle avait appris en premier, jadis, quand elle n'était qu'une gamine futile. Chacun lesté d'un poids sans mesure, tombant d'entre ses lèvres écarlates avec la force et la violence d'un avada kedavra. Son cœur déborda, fragile organe au bout de la langue ; une nausée lui souleva l'estomac et elle dut fermer les yeux pour se débarrasser de sa vision brouillée, dans laquelle se mêlaient lumières vives et silhouettes floues. Je n'ai personne. L'alcool se délia en tourbillons précieux et moqueurs dans son esprit. Regardez-la, la reine des serpents, déchue de son trône, écartée de son rôle. Regardez-la, l'inconsciente qui pensait que partir ne la rendrait que plus grande. Ah ! qu'il est plaisant de voir les plus puissants se fracasser contre les problèmes du bas-peuple. Vega serra les dents, les poings, mordit ses lèvres, incrusta dans ses paumes des ongles pourpres. « Roule. ». Exigence ou supplique ? Sa voix, prise dans un étau implacable, se révélait à la fois fébrile et fiévreuse. Et comme il ne démarrait toujours pas assez vite à son goût, elle répéta plus fort, plus désespéré : « Roule ! ».

La voiture bondit sur la chaussée dans un crissement de pneus qui ne la rassasia pas. Ce n'était pas assez. Pas assez. Jamais. Son cœur s'emballa, ses lèvres accueillirent le goulot, s'y noyèrent. Le whisky déborda, filets de sang ambré sur le menton. Des gouttes tombèrent sur ses joues, salées, acides. D'un brusque mouvement du bras, elle jeta la bouteille par dessus-bord, écouta vaguement les échos de verre brisé qui résonnèrent par-dessous le moteur, puis sans y penser à deux fois, se pencha et pressa la cuisse de Thybalt de sa paume pour que son pied s'enfonce dans la pédale d'accélération. La voiture vrombit, rugit, avala les rires sans joie qui s'échappèrent de la gorge de Vega, qui se perdirent dans les ténèbres mal éclairées de ruelles désertes. Effaça – presque – les larmes démentes dont elle reniait l'existence.

Ils ne virent que trop tard le muret. Trop vite. Thybalt tira sur le volant, s'y accrocha comme un forcené pour les faire dévier. Trop tard. Ils heurtèrent le trottoir ; la voiture se souleva, tamponna les briques dans un nuage de poussière grise, mais réussit à les traverser. Les lèvres entrouvertes, le souffle absent, Vega fut projetée contre son siège, s'y encastra, songea même une microseconde qu'elle allait le traverser comme un boulet de canon. Les roues avant retombèrent sur une pelouse impeccablement taillée ; le pare-brise fracturé se démantela comme un puzzle soufflé par le vent dans une tornade affûtée d'éclats tranchants ; mais la carcasse cramoisie, monstre insaisissable, loin de vouloir s'arrêter, continua sa course infernale.

Deux mètres plus loin, les eaux turquoises d'une piscine merveilleusement entretenue leur tendaient ses bras liquides. Vega eut à peine le temps de lever les mains devant son visage ; la seconde suivante, le véhicule plongeait et l'impact se répercutait dans tout son corps, faisant trembler ses os et sa conscience. Sa tête bascula en avant, heurta violemment une masse compacte, qui venait de gonfler devant ses yeux écarquillés, puis fut de nouveau rejetée en arrière. Au même moment, l'eau envahit l'habitacle et des étoiles noires fragmentèrent sa vision.
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Ven 4 Aoû - 17:20
VEGA O'HARA & THYBALT OGDEN
no stop signs speed limits
Nobody's gonna slow us down

Elle aussi se prête au jeu, s'empare et palpe sa chair noire, lui demande si sa compagnie lui sera agréable, tolérable, supportable. Il ne répond pas, l'évidence est là. Oui, bien sûr que oui, triple fois oui. Si je te le dis. Doit-il la rassurer, l'asséner de promesses pour qu'enfin elle comprenne ? Si parfois, il ne remplit pas ses contrats, ce n'est jamais calculé. Préméditer une traîtrise, très peu pour lui. Les manigances sont trop complexes, trop vilaines. Et il y a tellement mieux à faire. Comme gérer une distillerie, activité qui lui grignote aisément les deux tiers de son temps. Heureusement que sa soeur est là pour le seconder – elle apporte, non seulement de l'ordre, mais surtout un regard neuf sur les situations dans lesquelles il semble allègrement patauger. Car il est ours maladroit et non requin, parvenu à un certain point, les affaires le dépassent. Et le silence s'est installé, remarque Thybalt, dont les yeux fatigués sont rivés sur un point incertain.

« Non, je... je n'ai pas d'enfant non plus... » Elle répond d'une voix blanche presque étranglée. Hésitante ? Y a pas à disserter, tu as des gosses ou tu n'en as pas. Tu ne peux pas en avoir un quart ou un dixième. Alors pourquoi ce silence ? La pile électrique fatiguerait-elle ? Oh, non, Thybalt n'est pas du genre à creuser. Surtout pas dans ces conditions, surtout pas envers Vega. Il ne l'embêtera pas. (Pas plus) Le silence arrangeant fait partie intégrante de leur deal vieux de dix ans. Tacite et réconfortant. Il lui semble aujourd'hui dommage de se taire plutôt que d'explorer ensemble leurs tracas personnels. Mais cette barrière a pour mérite de ne pas trop raviver les sujets fâcheux. Il ne s'étendra pas sur le départ de sa femme et elle le sait. Il pourrait, dans le pire des cas, lui dresser un portrait à la Picasso. Mais jamais rien de concret ; les faits accomplis blessent, parfois on les regrette et les mots ne sont pas toujours d'un grand secours. Surtout pas dans son cas, lui qui n'est ni orateur ni diplomate. Alors oui, mieux vaut qu'ils lèchent leurs plaies une fois le dos retourné. Par pudeur, fierté ou le précieux équivalent d'une amitié – leur relation est plutôt hybride dans son genre. On ne prétend pas que tout va bien, mais que tout ne va pas si mal. Que la réalité peut être oubliée ou simplement mise de côté, sans besoin réel de se confier. Ça ne dure que le temps d'une nuit, une après-midi, mais c'est toujours ça de gagné. Un peu de répit avant de se replonger dans la mêlée. Un manège qu'ils retrouvent après dix ans d'on ne sait quoi, qu'elle a passé il ne sait où. Une part de lui souhaiterait bien connaître le fin mot de l'histoire. Peut-être ne se satisfait-il plus des confidences soufflées entre deux gorgées.

Il est tard. Thybalt se sent usé et d'après son ton, elle n'en mène pas plus large. Sans doute ferait-il mieux de la reconduire chez elle, de la border et puis disparaître sans demander son reste (exil miroir). Ils se retrouveront bien assez tôt – le hasard couplé au destin fait souvent bien les choses. Mais il lui arrive de parfois se tromper. De tout faire foirer en beauté. Le temps qui défile, c'est un pari curieux et hostile aux affections. Certaine s'éteignent si mal entretenues tandis que d'autres se bonifient et reprennent leur cours sans souci.

« Roule. » D'accord Vega. Tout que tu voudras. Mais où veux-tu aller  ? Tout droit ? Il hésite. A déjà zappé de la ramener. Nouvelle interrogation : ne devrait-il pas lui céder le volant ? Ce serait plus sûr. Elle semble plus habile - et légèrement plus en état. Mais la voilà qui réitère déjà sa demande. « Roule ! » Exclamation couplée au ton impérieux de l'impatiente en proie au manque de sensation. Le grizzly à l'esprit embrumé s'exécute, fait jouer leviers et pédales, pourvu que la bagnole les mène quelque part. Élancés sur le chemin à l'éclairage fugace, les feux fous de la voiture pour seule lanterne, ils avalent la route. Et Vega rit - d'un rire jaune ou franc, il ne saisit plus la nuance. Lui-même sourit, béat, sans trop comprendre pourquoi. La symphonie de verre brisé ne parvient pas à le tirer de sa torpeur endiablée. L'adrénaline ronge son cœur devenu aveugle à trop admirer le bitume obscur.

Lorsqu'elle le presse d'accélérer, sa réponse se traduit par un nouveau rugissement du moteur étranger. L'extase se mue alors en surprise glacée, le frein n'est d'aucune utilité, le volant n'y fait rien. « On est morts, Vega. », soufflé d'une traite. Le choc lui comprime les poumons, il croit distinguer une Vega dans le même état, les cheveux soufflés par l'impact. Le pare-brise est quant à  lui démantelé en une myriade d'éclats. Il préfère fermer ses yeux face au prochain - dernier ? - obstacle.

Sans davantage les consulter, la décapotable se jette dans les eaux limpides de la résidence aux abords plutôt posh. Le bougre s'accroche au volant - il a la forme d'une bouée - et s'applique à crisper chaque parcelle de son corps. Appui solide sur le navire qui chavire. L'eau. Ils sont bordés de flots rendus déments par leur arrivée. Ou du moins, il les perçoit ainsi. Violents et omniprésents.

Je nous ai tué, il songe. La petite voix n'est plus là. Elle ne reviendra pas. Sans doute s'est elle déjà noyée. Il n'y a plus que lui. Et Vega. Scotchée à ses côtés. Piètre tableau pour de bien piètres amants ! Pourquoi a-t-il fallu que je m'échoue dans ce bar et que tu m'y rejoignes ? Pourquoi m'as-tu reconnu ? Pour ça ? Pour finir comme ça ?

Il faut s'enfuir d'ici, et vite. Thybalt remue alors, tentant vainement de s'extirper de cet engin de malheur. L'eau s'insinue dans l'habitacle de la décapotable, vient paresseusement rencontrer ses lèvres blêmes. Il s'arrache finalement de son siège, tendu comme un trapéziste en plein vol. Noyé par sa propre terreur, il peine à remarquer sa passagère. Son cœur se serre tandis que ses poumons s'asphyxient doucement, son torse s'enflamme en un instant. L'eau a beau être à température ambiante, sa peur à lui est bien brûlante. Et elle a un goût amer d'impuissance. Le chlore s'imprime sur son visage. Les tissus gorgés d'eau tantôt épousent sa peau, tantôt flottent autour de ses membres de plomb. On a beau clamer que dans l'eau, le corps est délesté de presque tout son poids, pour Thybalt, ce n'est pas le cas. Ses muscles ne coopèrent pas car sa tête défaille - elle se contente d'alarmer, d'affoler ses dernières miettes de rationalité. Il n'a cure de Vega, trop occupé à se débattre dans une eau drapée d'éclats scintillants. Les voilà tes étoiles. Nage maladroite, bouche parfois titillée par une vaguelette de passage, yeux rougis et souffle court. L'Horreur.

Il parvient finalement à s'échouer sur le rebord gelé, ses bras fermement ancrés contre la dalle rassurante. Entre deux longues bouffées d'oxygène, il tourne la tête, cherche Vega du regard, ne la trouve pas. En fait, il ne voit que dalle. Tout est trouble. Enfin relevé, chancelant et ruisselant, il crie presque, « Fière de toi, Vega !? » C'est injuste et inutile mais il a besoin de gueuler un bon coup. Et il n'y a qu'elle dans les parages pour écouter sa rage.

Et ce tatouage, qui avait tout d'un dessin à l'encre innocente, s'avère être une prédiction glaçante. Ours et étoile submergés, prophétie réalisée. Merlin doit s'en frotter les mains. « Tu m'avais jamais dit que t'étais voyante. Et moi comme un con je me suis fait tatouer ta prédiction. » Il jette un coup d'œil mauvais à la piscine, à l'étoile et à son bras. « Chapeau l'artiste. » puis il soupire « Pardonne-moi. Je ne devrais pas te parler comme ça. » C'est moi l'abruti dans l'histoire.
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grade 3

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Dim 6 Aoû - 14:30
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Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara


Son front heurta le masse blanche de l'airbag, puis sa tête, de nouveau rejetée en arrière, frappa le siège. Ses dents trop blanches s’entrechoquèrent. Ses poumons crachèrent tout oxygène. Sur les trous noirs de ses pupilles, se mirent à danser les ombres blanches de l'inconscience. Un instant, le ciel s'effaça, la voiture et la piscine s’éclipsèrent. Le monde devint tremblotant, puis s'obscurcit définitivement.

Sa température corporelle chuta, sa peau giflée par les flots d'azur éclairé. Une douleur sourde piqua ses tempes. Dans sa bouche, s'engouffrèrent des vagues chlorées dont elle avala la moitié, avant d'en recracher le quart. Mais la décapotable toute rutilante, toute rouge cerise avec ses sièges de cuir brun, continua de tomber à pic, continua de fendre l'eau, de s'enfoncer toujours plus profondément. Vega se débattit, poussa de ses mains rageuses et fatiguées ce qui la collait si fermement au fond de son siège. Elle devait se dégager ou elle se noierait. Mais n'était-ce pas ce que tu voulais, Vee ? Cette voix profonde dans son crâne lui fit fermer les yeux, serrer les lèvres. L'hésitation la berça contre son sein putréfié. Maintenant que la voiture se contentait de couler paisiblement, sans frapper ou écraser les restes de la piscine, tout était beaucoup plus calme. Tu pourrais juste rester au fond, ne pas remonter. C'est bien ta spécialité, pas vrai ? Ses sourcils se froncèrent, le cri d'impuissance enfiévré se retrouva engourdi par le mutisme des eaux, et elle frappa du pied le sol du véhicule, frappa, et frappa encore jusqu'à être expulsée vers le haut.

On est morts, Vega, avait soufflé Thybalt. Et peut-être qu'en effet, ils l'étaient déjà, coincés dans leur Ifrinn personnel, à revivre encore et encore leurs malheurs dans ce maudit bar, dans cette maudite voiture et dans cette maudite piscine. Peut-être que remonter ne ferait que la projeter de nouveau dans cette boucle infernale, mais elle s'en moquait. Pour l'heure, elle ne voulait pas donner raison à la voix éraillée de satisfaction d'Avery.

Ses mains frappèrent la surface de l'eau d'en-dessous, déchirèrent sa paroi aqueuse comme deux fleurs qui auraient soudain poussé de terre au beau milieu d'une pelouse mal entretenue. Son visage ne tarda pas à suivre, rejetée en arrière, vers les cieux, vers la vie. Hors des flots, elle avala une longue bouffée d'air difficile, avant de se mettre à nager avec des gestes usés jusqu'au bord.

Se hisser au-dehors fut le plus difficile. Ses bras étaient mous, ses muscles affaiblis par l'alcool et le coup reçu, mais elle réussit à se traîner sur cette berge de béton, trempée jusqu'à la moelle, tremblante dans sa jolie robe poisseuse. Frappée par le froid, à genoux, elle toussa, cracha de l'eau et prit de nouvelles inspirations sifflantes, la gorge douloureuse. « Fière de toi, Vega !? ». Son prénom, crié avec hargne et fureur, la fit chanceler et elle eut toutes les difficultés du monde à se relever. Elle se rappa les genoux, les paumes, mais fut enfin bientôt debout. Des cloches sonnaient sous son crâne, le parfum chimique du chlore imprégnait ses lèvres. Elle serra ses bras sous sa poitrine, mais du sang coulait sur sa peau, que quelques coupures parsemaient. Il y avait du sang sous son nez et à son front également, mais elle n'y prêta pas attention et elle se retourna vers la voix qui avait rugi.

De l'autre côté, quelques mètres aqueux plus loin, elle trouva Thybalt. Une piscine les séparait et pourtant, elle continuait de l'entendre mugir sa haine. « Tu m'avais jamais dit que t'étais voyante. Et moi comme un con je me suis fait tatouer ta prédiction. ». Oh, non, la voyante, c'était sa mère. Elle, elle avait essayé de lui dire qu'elle avait changé. Qu'elle détruisait tout ce qu'elle touchait à présent, que l'or se changeait en cendres grises entre ses doigts malhabiles, mais il n'avait pas voulu écouter, tout dévoué qu'il lui était alors.

Sauf qu'il aurait dû écouter. Parce que, maintenant, il comprenait de lui-même. Parce que, maintenant, il la détestait. Et il devenait comme tous les autres, mesquin, accusateur, agressif. Empli des orteils jusqu'aux cheveux de regrets à son égard. « Chapeau l'artiste. ». Et les mots se fichaient en elle comme autant de bris de glace. À ses oreilles lui parvenait encore le doux son de sa voix quand il l'avait revue accoudée à ce bar, la chaleur qu'elle y avait trouvée. Ça s'est produit, deux éternités plus tôt. Maintenant, elle n'y percevait plus qu'une froide colère qui lui donna des frissons amers.

La gorge serrée, chancelante, les idées soufflées par des vapeurs étranges que ne cessait de cracher son cerveau, elle secoua la tête. Des excuses fleurirent sur le bout de sa langue – c'était bel et bien de sa faute, après tout – mais il l'avait touchée en plein orgueil, en plein cœur. Le même mépris s'était déversé de sa bouche que celui de son père et elle ne supporterait pas ça. Pas une deuxième fois. Rien ne le lui obligeait. Pas de la part d'un impur qu'elle avait confondu à tord avec un ami.

« Pardonne-moi. Je ne devrais pas te parler comme ça. ». Mais c'était déjà trop tard, le mal était fait et Vega se sentait cisaillée jusqu'à l'os. Peut-être que l'alcool et le choc ne l'aidaient pas à avoir les idées claires, mais quand elle reprit la parole, sa langue était toujours aussi acérée. « Non, je t'en prie, montre-moi tes vraies couleurs. Je m'en voudrais de les rater. ». Elle recula de quelques pas, pieds nus – elle avait perdu ses escarpins dans la bataille contre la piscine – et éprouva les dalles glacées sur sa peau. Ses cheveux détrempés retombaient sur ses joues comme des larmes informes et des coulées noires soulignaient la déception dans ses yeux sombres ; elle ressemblait à une rescapée d'un naufrage épique. Alors que leur histoire touchait simplement une conclusion pathétique.

« J'aurais dû te prévenir. », avoua-t-elle d'une voix plus basse, rendue rocailleuse par l'eau qu'elle avait avalée, « Je ne suis pas voyante mais je savais comment ça allait se finir. ». Tout se finit toujours dans les larmes et le sang avec moi. Le chlore, c'est nouveau, mais le registre est le même. Mal. Ça se finit mal. Toujours. Et elle avait commencé à apprendre à vivre avec.

Le coin de ses lèvres se retroussa en un sourire cruel trouble et fatigué. « Tu veux une nouvelle prédiction ? Relève tes manches parce que c'est ton bordel et t'as plutôt intérêt de le nettoyer avant l'arrivée des moldus. ». Elle, ça y est, elle en avait assez. L'idée même de rester un peu plus longtemps, à sentir le poids du regard accusateur de Thybalt sur elle, à fondre au contact de ses mots dénués de chaleur, alors que les souvenirs de leur dernier baiser était encore vif... non, l'idée même lui était insupportable. Comme si elle avait des insectes rampant sous la peau. Elle devait s'en débarrasser, sans plus attendre, ou le peu de raison saine qu'il lui restait disparaîtrait. Elle ne pouvait pas encaisser sa haine, pas à lui, pas ce soir. Elle savait que le laisser seul ici n'était pas juste, que la fautive, c'était elle. Mais Vega O'Hara n'avait jamais été une personne juste.

Alors, sans un au revoir, elle se détourna du massacre de la décapotable, de la silhouette hirsute de Thybalt, et s'éloigna des lieux du crime, vacillante sur ses jambes de coton. Incapable de verser la moindre larme, le choc figeant ses traits en un masque indifférent alors que la tempête hurlait sous son crâne.

THE END.
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