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Jeu 15 Juin - 0:31
High Voltage
Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara


Vega dérivait, naufrage s'approchant des côtes escarpées des Shafiq. Sans d'abord comprendre pourquoi ses pas usés l'avaient guidée jusque dans leurs quartiers animés, elle commençait soudain à saisir ce qui l'avait attirée ici. La chaleur douce et grésillante des néons qui se mêlaient aux lanternes éphémères. Les carrés de lumières vives qui s'échappaient de bars ou de commerces pour venir s'écraser sur le béton desséché. La foule, splendide et écrasante, qui s'esclaffait trop fort dans ses brusques moments de joie sauvage, qui parlait avec entrain de choses qu'elle exécrait, la foule, qui emplissait l'espace d'une façon qui lui était autrefois si familière. Son corps qui s'écrase contre un autre. Les basses crachent un son de tonnerre électrique. Ses hanches impriment le mouvement, ses cheveux s'accrochent aux doigts qui se tendent, avides. Elle a les lèvres imprégnées d'un whisky bon marché et d'un gin tonic de qualité ; le mélange est étrange. Ses talons claquent contre le sol, son rire s'envole. La vie possède un goût d'interdits qui ne lui a jamais paru aussi bon. Un sourire effleura ses lippes, nostalgique. Soudain, sans qu'elle n'en ait eu conscience, drapée du froid et du silence de Sainte-Mangouste, elle avait désiré retrouver un morceau de son adolescence.

Idiote. Comme elle déparait à présent parmi ces gens aux mœurs légères. Sa taille était étouffée par une robe d'un rouge-passion, qui lui descendait jusqu'aux genoux, légèrement fendue, trop sage, trop sérieuse. Au-dessus de son visage, un chignon sévère emprisonnait sa lourde crinière et à ses pieds, Cendrillon des temps modernes, de vertigineux escarpins Jimmy Choo. Si personne ne pouvait la manquer, c'était surtout parce que Vega avait plus l'air d'une représentante du ministère qu'à une fêtarde en devenir.

Peu importe. Continue ta traversée des souvenirs. Ou peut-être préfères-tu rentrer à ce manoir rempli de vide ? Elle serra les lèvres, rajusta la courte veste trônant sur ses épaules, puis reporta son attention sur ce panneau simple, trop simple, dont elle se rappelait chaque détail. Le bois commençait à se tordre, trop vieux. La peinture à s'écailler, vieillie elle aussi. Toutefois, les lettres demeuraient intactes. Le pub toujours en place, là où elle l'avait laissée. De nouveau, ses lèvres s'étirèrent. Voilà qui lui plaisait.

Sans tenir compte des regards curieux qu'on jeta sur elle à son passage, elle traversa le labyrinthe de tables en terrasse, puis entra, poussant les portes comme si les lieux lui appartenaient. Aussitôt, les premières paroles d'un morceau d'AC/DC résonnèrent furieusement à ses oreilles. Back in black, I hit the sack, I've been too long I'm glad to be back. Le groupe qui avait tant défrayé les chroniques, à l'époque où ils s'étaient formés. Deux frères sorciers, un sang-mêlé et un moldu. Voilà qui avait eu de quoi faire paniquer les plus puristes d'entre eux. Elle s'en moquait, Vega, elle aimait cette chanson qui avait animé tant de ses soirées passées, cigarette au coin des lèvres, verre à la main, le cœur pulsant trop vite, trop fort. Je me sentais vivante.

Elle vint se jucher sur un tabouret, croisa délicatement ses jambes, puis observa la salle, le menton légèrement soulevé, regard de rapace, sourire carnassier. « Mademoiselle. Que puis-je vous servir ? ». Quand elle se retourna pour affronter le barman, son coude heurta un bras musclé. Elle fit face à l'homme, un colosse barbu qui ne semblait pas se rendre compte de toute la place qu'il occupait sans vergogne. Un visage séduisant, des épaules carrées et des avant-bras tatoués dont Vega apprécia grandement la vue. Son regard coula sur les motifs sombres, en admira la précision et les détails, tout comme les... Elle se figea. Voilà quelques lignes d'encre qui lui étaient bien familières. Les contours vaporeux d'un grizzly, au ventre rempli de flots déchaînés. Et pour veiller sur eux, une étoile à l'éclat vespéral. Un patronus, celui de l'homme et un nom dissimulé, le sien. Pas vraiment subtil mais un cadeau dont elle avait voulu lui faire part. Une dernière esquisse avant le grand voyage. Un adieu sur lequel elle n'avait pas voulu mettre de mots.

« Un Whisky Ogden. C'est lui qui offre. », répondit finalement Vega, un léger mouvement du menton en direction de son voisin.

Les souvenirs affleurèrent, brûlant la surface agitée de ses pensées les plus noires. Un sourire volage releva la commissure de ses lèvres carmines. Un prénom lui revint en tête, presque aussitôt, mémoire vive de celle qui ne possédait plus que les colonnes de fumée du passé pour ne pas s'effondrer. Thybalt.

Thybalt, l'inconscient, l'ours mal léché qui avait eu le mauvais goût de la séduire, un soir, après qu'elle ait échoué dans un bar malfamé. L'homme plus vieux, plus expérimenté, dont elle avait aimé goûter la peau. L'impur, celui qui différait en tous points de celle qu'elle était alors. Bourru, rustre, bruyant ; des qualificatifs qui l'avaient jadis fait tomber pour lui, car ils l'empêchaient de ressembler à tous ces hommes qu'elle côtoyait trop souvent. Flopée de sang-purs de bonne nature, pas un faux pli ne venant ébrouer leur cape taillée sur mesure, souvent rasés de près, toujours sur le qui-vive. Le nez pointé en l'air, les paupières pesantes de dédain. Toujours à mesurer leurs paroles polies, tout particulièrement en sa présence. Merlin, qu'ils l'ennuyaient à mourir. Pas Thybalt, jamais. Même quand leurs souffles enfiévrés finissaient par s'échouer lentement contre les draps défaits. Même quand l'aube éloignait les vestiges alcoolisées de leur soirée. Car bourgeonnaient alors des conversations sur l'art, plus particulièrement sur le dessin et de ce qu'on pouvait en faire sur une peau comme la sienne.

Ses yeux pétillant, elle haussa un sourcil provocateur. Se souvenait-il seulement d'elle ? Voilà qu'elle en doutait soudain. Avery lui avait bien faire comprendre qu'elle n'était rien, qu'elle ne laisserait jamais de souvenirs impérissables. Aussi, l'éclairant de peu, elle tendit une main gracieuse et tapota du bout des doigts le tatouage animal, observant d'une voix mielleuse : « Tu me le dois bien, après tout. Je ne me rappelle pas t'avoir permis d'user de mon talent pour encrer ta peau. ».
tatouage:
 
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Jeu 15 Juin - 4:02

Qu'est-ce que tu fous là ? T'as pas mieux à faire ?
Depuis une bonne demie heure, sa conscience lui martèle la boîte crânienne. Il réplique, Thybalt, persuadé de pouvoir la mater, de connaître ses propres failles.
Oh fais pas chier. J'ai plus la force de lutter, fais-toi petite et oublie-moi. Tu veux bien ?
Mon cher, je n'aspire qu'à ton bien être. Car s'amuser et se dépraver sont deux choses bien distinctes, mon job, c'est de souligner la différence.
Me fais pas la morale.
T'as l'air à l'ouest ce soir, quelque chose te tracasse ?
Non, j'suis un cowboy, j'suis toujours à l'ouest.
C'est vrai. C'est toi le shérif ici, j'ai compris.
Allez, rien que cette nuit.
Bon, je te fais confiance, satisfait ? Mais je te surveille ! Fais pas trop le con, j'aime pas t'engueuler dès le matin.
Je gagne toujours à ce jeu-là.
Pense donc à reconquérir ta femme !
Enfoirée, t'avais promis de la fermer !
Allez, bonne soirée !

Ah les femmes... Elles ont ce don de lui faire tourner la tête, de l'œil même. Il rend les armes au premier regard, gourmand et piqué par une curiosité dévorante. Inconscient, il fonce et n'attend pas. Il n'est pas difficile, les sorcières le sont davantage. Ce sont les moldues qui sont les plus crédules, un tour de magie pour les enchanter et voilà une nuit d'assurée.  Malgré leur limites, leur ignorance de la magie, elles restent femmes, délicieuses et voraces comme pas deux. A croquer.
Ah les femmes... Il les aime strictes, inaccessibles, et en fait son challenge personnel. Damnées et débauchées, pour s'imaginer purifié par leurs flots de péchés. Attentionnées et rancunières, pour se sentir exister. Moqueuses et délicates, tout dans la finesse des mots et des actes. Lui n'est bon à rien, il caresse à la va-vite, flatte les omoplates, embrasse les clavicules et se perd plus bas. Il s'exprime comme ça, susurre des vers dignes d'un poète raté, gronde de plaisir et oublie bien (trop) vite.

Depuis son tabouret, il observe la foule déchaînée. Les corps qui se frappent, qui embrassent un rythme trop criard. Lui danse comme un pied, mime à la perfection la démarche d'un girafon blessé. Non, il reste scellé à sa zone de confort, au cercle de verres vides, son ultime compagnie. Accoudé au bar, l'air songeur des grands penseurs. Peuh, il ne sait plus cogiter. La musique lui grille les pensées, si bien qu'il ignore la beauté installée à ses côtés. Incroyable mais vrai, il ne la remarque pas. Il se noie, rumine, hésite à piquer un somme. Le gérant est une vieille connaissance, on l'a déjà laissé roupiller jusqu'au petit matin. Oui, c'est un bonne idée ça, se reposer. « …Ogden. C'est lui qui offre. » Il sursaute, émerge enfin. Ogden ? Il tourne la tête, aperçoit une blonde au physique sympathique. Joli minois, lèvres sanglantes, qu'est-ce qu'elle fout là ? Il esquisse une grimace, conscient de son avantage : elle le reconnaît et le fait savoir. Lui qui offre, lui qui offre... Minute papillon, il ne pleut pas encore des Gallions !

Un prénom, et vite.
Réveille-toi. J'ai besoin de toi !
Souviens-toi des étoiles, gros bêta...
T'es drôle toi. Je me rappelle que de la petite ourse en forme de poêle.
Ça rime avec... « allez, je crois en toi. »
Vega ?

« Vega ! qu'il s'exclame, soulagé, euphorique. Merci conscience ! Il s'interrompt, pense à ses reproches complices, y répond d'un ton faussement pensif. Et toi tu me dois des excuses. T'as disparu. » Il ne lui apprendra pas qu'il n'a pas cherché à comprendre le pourquoi du comment. Qu'il n'a pas tardé à la remplacer. Ça, elle le sait déjà, et il ne s'en cache pas. Elle aussi, a du changer de paysage. Il éclate d'un rire franc, se retient de lui mettre une claque dans le dos. Ça froisserait sa robe pourpre. « Je plaisante ! Ne tire pas une tête pareille ! Son index forme des petits ronds rapides et incertains, qui tutoient son nez. Souris, Vega ! » Le whisky débarque. Thybalt ne lui accorde aucune importance. C'est son gagne-pain, cette liqueur inflammable. Mais ce soir, c'est Vega qui le monopolise, qui le ravive. Elle et son ton qui l'incite au jeu, à entrer dans la danse. Il jette un coup d'œil concerné au tatouage cité. Oh, il se souvient, le bougre. Il se rappelle avoir retrouvé cette ébauche si bien pensée, qui allie peur et cœur. Amitié ou identité, il l'ignore. Ils se sont bien aimés, fut un temps. Dix ans plus tard, les flots tumultueux font toujours rage dans le ventre du grizzly étoilé. Il se souvient de Vega, la muse qui n'a laissé avant de s'éclipser que des croquis exquis prêts à être immortalisés. Les doigts de la belle parcourent sa peau tatouée, guidés par le contour des vagues fictives, les seules qui ne l'effraient pas. Thybalt se laisse faire, gros chat trop heureux pour résister. « Tu veux le même, c'est ça ? On peut y remédier, tu sais ? » Non, il ne s'excusera pas ! Le talent, ça s'encre dans la chair, on l'arbore et on s'en remémore !

Il songe au whisky. « Je te paye celui-là, puis on s'en va. Cul sec ! » tranche-t-il en désignant la source du vacarme musical. J'ai déjà trop bu. Dix ans se sont écoulés, ils devraient avoir matière à discuter. Pas sûr qu'il ait la foi de s'engager dans une conversation stellaire ou philosophique ce soir, la furieuse envie de l'embrasser fait son chemin mais il se retient. Dix ans, Thy! Tu as raison, la petite voix. J'attends dix minutes et j'avise ensuite. Il y a quelque chose de félin chez Vega. Elle pourrait sortir les griffes, feuler et cracher comme un chat. Être lionne, mère et chasseuse. Braver les flammes. Rugir sa colère. Il la représente comme ça. Et puis, il a déjà cru l'entendre ronronner. « Partante pour un tour ? Histoire de te décoiffer. PS muet ; Je n'ai jamais conduit un de ces engins. Allez viens, on va s'amuser », promesse sincère, clin d'œil à l'appui. Dompter une voiture moldue, ça a l'air aussi facile que formuler un très mature « Levicorpus ! ».



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Dim 18 Juin - 1:54
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Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara


Voilà ce qui lui avait plu chez Thybalt, dès les premières paroles, dès les premiers regards. Il parlait fort, s'esclaffait plus qu'il ne riait et surtout, il possédait cette énergie qui semblait insatiable, entrain sans limite, pudeur ignorée. Il ne connaissait rien des étiquettes, ni du savoir-vivre et se moquait bien d'entraver la bienséance. Les mots s'écoulaient de ses lèvres charnues sans qu'il n'y réfléchisse à deux fois. Spontané, vif ; il n'y avait pas de non-dits ou de secrets avec lui et ce soir, c'était pile ce qu'elle recherchait.

Quelques instants de réflexion tiraillèrent l'homme, probablement en train de trier ses pensées pour y trouver le souvenir approprié, celui renfermant les traits de Vega. Il parut mettre le doigt dessus, puisqu'il s'exclama soudain : « Vega ! ». L'intonation se fit enjouée, à peine surprise, comme s'il acceptait déjà qu'elle soit là, à ses côtés, comme si leurs chemins ne s'étaient jamais vraiment séparés. Certainement la réaction la plus réjouie à laquelle elle avait eu le droit depuis son retour, et de loin.

Qu'il ne l'ait pas oubliée se révélait déjà être une surprise en soi, mais l'engouement qu'il manifestait  réchauffa ses idées noires saupoudrées de givre. Son sourire se fana néanmoins quelque peu, lorsqu'il ajouta : « Et toi tu me dois des excuses. T'as disparu. ». Même toi, eut-elle envie de murmurer, même toi, tu as des blâmes à prononcer. Ne fais pas comme si j'avais vraiment compté. Ses épaules se raidirent. Peut-être que lui aussi avait changé, qu'il s'était métamorphosé, de l'ours volage qu'elle avait connu à l'homme trop sérieux qui prétendait que le passé comptait. Si elle avait pu prendre le temps d'y songer, jamais elle n'aurait pensé que Thybalt, d'entre tous, lui reproche son départ précipité et son absence prolongée.

Son rire éclata dans le silence relatif tombé à la suite de son accusation songeuse, prenant place dans cette réponse qu'elle n'avait pas su fournir, éclatant par-dessus le morceau de rock, meurtrissant les pulsations musicales du décor ; un rire fort et franc qui manqua de la faire bondir de son tabouret. « Je plaisante ! Ne tire pas une tête pareille ! ». Vega fronça les sourcils, écarta les lèvres à la recherche d'une riposte bien sentie, mais n'y trouva que des interrogations dubitatives. Je plaisante ? Il plaisantait sur un sujet que tout le monde prenait tant à cœur ? Que chacun tentait de faire peser sur ses épaules si lourdement ? Et d'une façon si légère, s'il vous plaît !

Un rire étourdi, abasourdi, filtra de sa gorge serrée. Il n'y avait bien que Thybalt pour faire ça. Et le bougre semblait bien fier de sa blague, pointant et cerclant le bout de son nez d'un index maladroit, comme si Vega redevenait enfant, l'espace d'un instant. « Souris, Vega ! ». Cette fois, elle laissa lui échapper un rire franc à son tour, de nouveau charmée par l'insouciance embrumée. Car aucun doute là-dessus, l'alcool imprégnait déjà les chairs de son compagnon de bar. Et bien que curieuse quant au degrés de sa débauche, elle préférait ne pas savoir à quel stade exact il se trouvait. « Oh non, je ne vais pas te demander combien de verres tu as bu avant mon arrivée. Je suis plus forte que ça. ». Encore un rire flamboyant, un du genre devenu étranger dans sa carcasse brisée, qui sembla éclairer ses yeux de nouvelles lueurs taquines.

« Tu veux le même, c'est ça ? On peut y remédier, tu sais ? ». Le sorcier ne paraissait pas embarrassé de s'être fait prendre la main dans le sac, tatouage familier sur la peau, ayant jusqu'à l'insolence de lui répondre. Doucement, elle suivit une ligne d'encre délicate, mouvement fébrile, et l'ours rugit silencieusement sous son contact, chatouillant la pulpe de ses doigts. Les yeux perdus dans les contours crépusculaires de l'étoile, elle finit par dévoiler d'une voix susurrante : « Je m'en suis fait un, tu sais. Je te le montrerais bien, mais il n'est pas placé dans un endroit qu'il est convenable de montrer au premier venu. Du moins, pas en public. ». Nouveau sourire languissant. Elle releva ses paupières, braquant son regard joueur dans le sien, plus allumeuse que tentatrice – la subtile différence se trouvant au moment le plus crucial, celui dans lequel il fallait conclure. Vega, elle a longtemps eu l'habitude facile de séduire et d'ouvrir les cuisses à tous ceux qui l'envoûtaient. Maintenant, elle ne sait plus faire, elle n'ose plus vraiment. Dix années qu'on massacre son estime et se confiance en soi, dix années qu'elle n'a connu qu'un bourreau, dont le seul plaisir était d'écraser le sien. L'étoile, elle a l'éclat rouillé, les branches informes abîmées.

« Je te paye celui-là, puis on s'en va. Cul sec ! ». Ni vraiment une proposition, ni tellement un ordre. Thybalt établissait un fait et si elle le désirait, elle le suivrait. Toujours ce demi-sourire au coin des lèvres, elle appuya d'un regard soutenu le whisky qu'on venait de lui servir, ambre liquide au parfum divin. Ne pas apprécier la teneur et le goût des créations Ogden s'avérait un crime certain, mais Vega se trouva séduite par l'offre. Bien plus que par la perspective déjà alléchante de rester ici, à contempler des ivrognes et à écouter des tambours électriques marteler ses oreilles. Elle voulait son propre lieu, sa propre aventure.

Pour celle qui avait tant désiré retrouver un morceau de celle qu'elle était jadis, elle jugeait que Thybalt lui en offrait l'occasion parfaite. « Oublie ça. », lui dit-elle, avant de se tourner vers le serveur, « Donnez-nous la bouteille. ». Ses doigts se cramponnèrent au verre, le portèrent à ses lèvres écarlates et elle rejeta la tête en arrière, vidant d'un trait la boisson à peine commandée. Elle extirpa de son sac en cuir une bourse remplie de gallions et la jeta sur le bar. Sourire entendu au barman à la mine perplexe, elle s'empara de la bouteille qu'il tenait encore et lui souffla un je vous remercie poli, avant de reporter son attention sur Thybalt. « Partante pour un tour ? Histoire de te décoiffer. ». Un tour ? Elle haussa un sourcil curieux. « Allez viens, on va s'amuser », promit-il, comme si elle n'était pas déjà convaincue.

Avec élégance, elle se releva du tabouret, s'avança un peu. Glissa quelques doigts qui pianotèrent sur l'épaule de l'ours, puis murmura en se penchant à son oreille : « Très bien, je te suis. Fais en sorte que la ballade soit à la hauteur de tes promesses. ». Elle n'attendit pas qu'il se lève pour fendre la foule, bouteille en main. Quand elle ressortit, l'air frais lui cingla la peau mais elle en apprécia la morsure. Ses doigts déroulèrent le bouchon de sa compagne en verre, puis ses lèvres vinrent trouver le goulot pour une longue gorgée douce-amère. Comme au bon vieux temps. Quand elle ne craignait ni les ennuis, ni les rumeurs, car l'argent achetait les plus dissidents.

Elle fit quelques pas, se retourna sur elle-même pour faire face à Thybalt puis demanda : « Et maintenant, que fait-on ? On se contente de tituber dans les rues jusqu'à trouver un peu d'animation ? ». Continuant d'avancer, elle effleura de ses ongles rouges la carrosserie de voitures jonchant la chaussée. La bar commençait à s'éloigner et son palpitant lui donnait la furieuse envie de faire quelque chose de mal. Elle porta une main à ses cheveux, défit l'élastique qui les tenait si serrés, et secoua la tête pour les disperser sur ses épaules. « Ou bien, murmura-t-elle féline, on se la joue Bonnie and Clyde. ». Qu'à moitié sérieuse, qu'à moitié alcoolisée, elle voulait juste s'amuser. Ne pensait pas sérieusement à voler une voiture, mais une petite voix ne cessait de la contredire, murmurant et si. Vega, elle voulait juste rire, comme elle savait si bien le faire au bras de Thybalt. Quelques heures, avant que l'aube ne rapporte avec ses lueurs mordorées les problèmes et les jugements de toute une société.

Remarquant une décapotable rutilante, aussi rouge et fraîche qu'une fraise bien mûre, elle fourra la bouteille dans les bras de Thybalt et vint se jucher sur le capot. « Oh, celle-là est délicieuse, ne trouves-tu pas, Thybalt ? », roucoula-t-elle, comme s'ils réfléchissaient tous deux à s'acheter un carrosse. Elle ramena ses jambes sur la surface de métal sanglant, les croisa avec soin, et posa ses mains sur ses genoux, pose de sirène des temps modernes, moqueuse et mielleuse. « S'il te plaît, chéri, prenons-la. Le rouge me va si bien. ».
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Dim 18 Juin - 15:07

« Oh non, je ne vais pas te demander combien de verres tu as bu avant mon arrivée. Je suis plus forte que ça. » Il boit son rire entier et sincère, et sourit rêveusement, tout content d'échapper au compte de sa beuverie. Béat, il se laisse porter par le son heureux et ses oeillades monstrueusement délicieuses. « Je m'en suis fait un, tu sais. Je te le montrerais bien, mais il n'est pas placé dans un endroit qu'il est convenable de montrer au premier venu. Du moins, pas en public. » Son timbre lui vrille la raison, et se mue en lui l'irrépressible envie de redécouvrir son corps, sa peau et ses formes. Auraient-elles souffert des affres du temps ? Qu'importe, il s'abandonne à la contemplation de ses pupilles brillantes, qui l'envoûtent drôlement, passées maîtresses dans cet art. Sa caboche s’échauffe, sa barbe s'électrise, son coeur rate un battement. Là, maintenant, tout de suite ? Vega n'a de cesse de le surprendre. Il repense à ses mots, gazouillis séduisants, qui font écho à sa conscience défaillante. Je ne suis pas le premier venu, dévoile-toi, je t'en prie. Mais la belle n'est pas guidée par les mêmes préoccupations, elle avale sa boisson et rafle poliment la bouteille, or à l'appui. Il entend son avertissement, sourit de plus belle et l’admire, la détaille et la dévore. Il frémit à son contact puis s’engage à son tour dans la foule animale.

Thybalt n'a jamais prétendu vendre de l'or en bouteille, mais il n’est pas sans savoir qu'on se saoule plus aisément à force de vinaigre que de nectar. Du coin de l'oeil, il observe l'étoile se désaltérer, boire goulûment comme si sa jeunesse en dépendait. Il en vient à douter de la qualité de son produit, la rasade qu’elle s’octroie, elle ne la savoure pas. C’est de l’eau euphorisante dans ses veines palpitantes. Sa silhouette respire la liberté, il lui insuffle du charisme, une prestance qui lentement sombre dans la débauche, s’oublie pour s’écouter enfin. Vega fait volte-face. « Et maintenant, que fait-on ? On se contente de tituber dans les rues jusqu'à trouver un peu d'animation ? » Tituber, quelle drôle d’idée ! Il n'en est pas encore à ce stade. Pour l'instant, il s’avance d'un pas joyeux, trop assuré, aérien pour lui et pataud pour d'autres. C’est nous, l’animation, je suis ta bête de foire comme toi tu es mon spectacle. Mais ensemble, ils ne se transforment ni en truands, ni en braqueurs de banque, et encore moins en amants meurtriers. Ils sont deux et se suffisent amplement.

La clameur du pub s’étouffe, les voitures bordent le bitume sur lequel il tangue dangereusement. Il perçoit la démarche de Vega, son regard se fait descendant ; elle n’est pas pieds nus, mais bel et bien juchée sur ses escarpins. Bouteille à la main, il observe son manège divin et grossier. Chéri. Lui aurait-il passé la bague au doigt, il y a dix ans de cela ? Situation improbable mais aujourd’hui fort alléchante. Chimère impossible, aussi. Nous ne jouons pas dans la même cour. La tienne est une fosse où sont tapis des serpents, la mienne est une galerie souterraine d’où on ne perçoit plus le soleil. Un coup d’oeil concerné à ses paluches lui confirme que son annulaire gauche est bien cerclé. Etrange étrange. Il secoue la tête, comme pour s’extirper d’une rêverie nuisible. « A l'heure qu'il est, on est tous bien rouges… », il désigne sa propre figure, puis la sienne ; c’est un grand oui. Il s’avance, se saisit de la portière écarlate, la déverrouille machinalement et se laisse choir sur le siège trop mou. Il tend la bouteille à Vega, se concentre sur la machine infernale. Un second coup de baguette pour faire vrombir le moteur et réveiller le volant glacé, il ne reste plus qu’à sortir l’engin sans encombre. Il malmène les pédales, fait jouer le frein à main, la boîte de vitesses drôlement chiffrée. Il parvient à fait rugir le bolide, des clignotants curieux s’agitent sous ses yeux. D’un coup sec, il fait virer la voiture sur la gauche et s’engage tant bien que mal sur la route large et - merci Merlin - miraculeusement déserte. « C’est ma première fois. » avoue-t-il, maladroit. La carrosserie a subi quelques chocs mais rien qui ne puisse les empêcher de dévaler la pente. Vega a elle aussi une bonne descente. Il prend un malin plaisir à accélérer et dériver, se sentir partir pour revenir de plus belle, jouer avec le rythme, et à l’occasion, rencontrer d’autres véhicules sagement stationnés, des trottoirs trop proches, des lampadaires baladeurs. Il ne s'entend pas aboyer de plaisir, la tête vide et pourtant lourde d'emmerdes. Les paysages défilent, les maisons aux volets rabattus, les bâtiments trop sérieux, tout ça semble si futile et statique, à bord de ce char capricieux. Et ils tournent, ils tournent… En boucle, en carré, ils longent le quartier, à la dérive, à vive allure, il ne calcule plus. Les roues crissent, dérapent. Avec Vega a ses côtés, il se sent hardi, rajeuni, de retour dans un corps plus énergique et sans doute plus stupide. Il suggère, « Hurle-moi si ça va trop …vite ? »

Un chat traverse la chaussée. C'est ta nuit de chance, mon petit. Il fait plonger la caisse pourpre sur le bas côté, donne un coup de frein brusque, son corps s’élance. Il croit discerner des cafés, et au loin, une rue animée. Avant de s’y engouffrer, il préfère la consulter. « Tu permets ? » dit-il en désignant la bouteille, sa bouche, puis la rue qu'ils pourraient emprunter. « J’aimerais pas… en tuer… un. » Signe de la main indistinct, envers les petits bonhommes de la place éclairée, la lumière l’a réveillé, son souffle est chaotique. Ouais, si on pouvait éviter d’en écraser deux trois… « Ce serait bien ? Hm ? » qu’il complète pensivement, tout en portant le goulot à ses lèvres enflammées. Il pèse le pour et le contre. S’amuser au prix des autres, c’est bien un truc d’aristo. Si ça se trouve, ça plairait à Vega, d’aplatir quelques moldus égarés… Non, elle n'est pas comme eux. Au diable les conséquences, faut s’amuser, on est là pour ça, après tout. Pour rire, oublier et ne rien regretter. Il se penche vers elle, déconcerté. Elle aussi paraît secouée, mais pas encore décoiffée. Sans crier gare, il lève sa main sur elle.

Ses doigts caressent le plus tendrement possible sa crinière ensoleillée. Rustre oui, violent, jamais. « Tu m’as manqué. », qu’il reconnaît, de sa voix d’homme et de ses mots d’enfant. Il réfléchit à nouveau. Non, il n'écrasera pas du moldu pour ses yeux, aussi beaux soient-ils. Ni du chat. Pas d'aventure assassine, pas aujourd'hui. « On fera ce que tu voudras. », décision paradoxale, promesse aléatoire. Il l’enjoint à prendre la relève, à les guider au bout de cette nuit étoilée. Ou rester sur place, lui dévoiler son tatouage, et se retrouver après dix ans qui n'ont pas tant comptés.



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Lun 19 Juin - 15:16
High Voltage
Thybalt Ogden ∞ Vega O'Hara



« A l'heure qu'il est, on est tous bien rouges… ». Une affirmation qu'elle ne pouvait contredire, aussi bien qu'un feu vert à sa proposition déjantée. Thybalt s'engouffra dans le véhicule presque aussitôt et Vega s'empressa de le suivre, sautant de son perchoir avant de se blottir à l'intérieur. Les sièges en cuir, parfum entêtant d'une femme dans l'habitacle, Vee s'y sentit tout de suite comme chez elle. Reprenant la bouteille tendue, elle en reprit immédiatement une nouvelle rasade, laissant le sorcier patauger au milieu de sa volée de pédales et son volant immobile. Les rouages moldus finirent par se mettre en marche, ronronnantes pétarades, la décapotable bondit sur la chaussée et bientôt, ils étaient lancés. Virages pris sèchement, autres voitures à peine effleurés, cahots terribles : son adrénaline venait de grimper jusqu'à mille, lui laissant au creux des jambes une sensation palpitante et, dans la poitrine, un cœur rugissant. « C’est ma première fois. », confessa Thybalt, ce qui lui donna envie de ronronner de contentement. Exquise confession qui sonna également l'alerte dans son crâne. Sors de là, Vee, vous allez vous tuer. Au lieu de quoi... « Fais-moi voir ce que tu as dans le ventre. », gronda-t-elle, un sourire affamé au coin des lèvres.

Le moteur rugit, la voiture s'emballa ; les voilà qui se retrouvaient propulsés dans la ville-brouillard, dévalant les rues en une course aussi impitoyable qu'elle pouvait s'avérer mortelle. Projetée dans son siège, son rire éclata dans l'habitacle, rejoint rapidement par celui de Thybalt. Pressant quelques boutons, elle finit par se lasser et, d'un coup de baguette, fit s'envoler le toit amovible. Le vent s'engouffra dans le véhicule, souleva leurs cheveux en d’innombrables mèches folles et cingla leur peau d'une fraîcheur bienvenue. Elle s'arc-bouta, les mains pointées vers le ciel, le visage rejeté en arrière dans un cri enjoué. Les yeux fermés,  elle inspira profondément : ce qui lui sembla être sa première inspiration depuis des mois. « Hurle-moi si ça va trop …vite ? ». Trop vite ? Ce soir, il n'y avait pas de trop. Elle se rassasierait de tout, sans limite, sans exception. La vitesse la propulsait, plus qu'elle ne l'écrasait de peur. Elle aurait voulu lui hurler de continuer, de ne jamais plus s'arrêter. On s'en va. Ne te retourne pas. C'est définitif. Appuie sur l'accélérateur. Pas un regret, pas un remord.

Thybalt vira à droite, les pneus couinèrent et Vega perdit l'équilibre, manquant de tomber sur les genoux de son acolyte. Elle se redressa, prête à filer de nouveau comme l'éclair, mais au lieu de quoi, la voiture perdit de son élan, ralentit. En face d'eux, des lumières floues et des silhouettes trop nettes. « Tu permets ? ». Haletante, le pouls frissonnant, elle lui tendit volontiers la bouteille, dans un état second. « J’aimerais pas… en tuer… un. », ajouta Thybalt, désignant d'un geste flou ces quilles humaines leur faisant face. Elle haussa les épaules, s'imaginant accélérer, accélérer, jusqu'à venir s'échouer à deux doigts d'un homme ou une femme. Non, effrayer, tyranniser, avait toujours été bien plus alléchant que la perspective de tuer. Tuer, c'était terminer la partie, finir le jeu. S'abandonner à la réalité. « Ce serait bien ? Hm ? »,  ajouta Thybalt, presque songeur. De nouveau, elle haussa nonchalamment les épaules. Bien. Mal. Il lui semblait que ça dépendait des personnes. Des situations. Des circonstances. « Tuer ne m'a jamais excitée. », finit-elle par répondre simplement. Peut-être que c'était son genre, peut-être que lui, ça le rendait fou. Peu importait. Elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Jamais elle ne se permettrait de juger Thybalt, bien qu'elle passe son temps à juger le reste du monde.

Les doigts de l'homme se déployèrent, effleurèrent les ondulations dorées de sa crinière, s'y noyèrent. « Tu m’as manqué. ». Le visage de Vega bascula, à la recherche inconsciente de ce contact, assoiffée de cette attention. Ses paupières tombèrent, rideau noir sur les traits de son compagnon d'infortune, soupir d'aise au bout des lèvres. Combien d'années s'étaient écoulées sans qu'un homme ne l'ait simplement touchée ainsi ? Un geste tendre, inconscient, qui ne lui donnait pas le réflexe de reculer, ni le goût amer du sang en bouche. Elle n'avait pas réalisé à quel point cela lui avait manqué. Combien elle en avait eu besoin. Une gorgée rafraîchissante au cœur d'un désert aride, dans lequel elle errait depuis une éternité, la peau brûlée par un soleil électrique. « Tu es bien le seul à le penser. », murmura-t-elle. Pas de plainte dans sa voix, ni de détresse, juste un constat souligné de vague tristesse. Aucun n'avait montré de sincère soulagement quant à son retour ; l'enfant terrible n'avait rien de l'enfant de prodigue, dont on guettait impatiemment le retour. Ni sa famille, ni ses amis, ni ceux qui jadis craignaient jusqu'à son nom, car chacun attendait d'elle quelque chose qu'elle ne pouvait leur offrir. Un héritier. Des excuses. Son absence. « Ils auraient tous voulu que j'y reste. ». Araignée de malheur, dont chaque œuf qu'elle portait, se résumait à un problème en devenir. Elle en avait plein le dos, les poches et les bottes : des problèmes, parfois aussi légers et insignifiants qu'une plume, souvent lourds de conséquences qu'elle se plaisait à ignorer. Mais Thybalt s'en moquait. Il ne voulait pas savoir d'où elle venait, ni où elle se rendait. Il ne souhaitait pas qu'elle lui présente de plates excuses, n'attendait rien d'autre d'elle que sa présence. « On fera ce que tu voudras. ». Elle attrapa sa main avant qu'il n'ait eu le temps de la retirer et ses lèvres vinrent trouver le creux sa paume calleuse, y soufflant un « Je sais. ».

Ce faisant, son regard accrocha un éclat, qui lui fit froncer les sourcils. Une alliance ronde et toute dorée, étincelante dans la semi-obscurité, ornait l'annulaire de Thybalt. La surprise de voir cet homme volage se ranger la désarçonna. « Toi, Thybalt, tu t'es marié ? Dix ans. J'ai l'impression que c'était une autre vie. », murmura-t-elle songeusement. Une bien meilleure, qu'elle avait réussi à foutre en l'air toute seule. Elle laissa lui échapper la main tentatrice de Thybalt, dernière pression sur les phalanges. « Quelle femme, celle qui a réussi à te mettre en cage. Je l'admire sans même la connaître. », ajouta Vega dans un souffle sincère.

Elle ne lui demandera pas pourquoi il se tient là, en sa compagnie, alors qu'il pourrait être lové contre le flanc moelleux de celle qu'il a épousé. Il n'a pas posé de questions, elle n'en posera pas non plus. Chacun a ses raisons d'échouer dans un bar. Elle connaît la sienne – la solitude – et la sait assez intime pour ne pas s'enquérir de celle de Thybalt.

« Emmène-moi sous les étoiles, Thybalt. », murmura Vega d'une voix légère, les vapeurs d'alcool se bousculant tout autour de sa raison et de sa contenue. « Loin des lumières artificielles de la ville, loin du béton glacé. J'ai envie de rêver. », avoua-t-elle dans une vulnérable confession. Et j'ai envie de te toucher, de goûter de nouveau ta peau, m'assurer que son parfum n'a pas changé. Une voix ricane dans son crâne, conscience sournoise. Mais tu n'es plus à la hauteur, Vee. Il verrait tes cicatrices, percevrait ta maladresse. Peut-être même tes mains trembler. Tu n'es plus la gamine d'antan, la flamme rouge n'est plus qu'une étincelle crépitante. Inadaptée. C'est bien pour ça que tu n'as plus touché à un homme depuis Avery ? Elle serra les dents, pinça les lèvres. Ferme-la, eut-elle envie de hurler. Tu sais que j'ai raison.

Oui, elle savait.
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Mer 21 Juin - 18:44

La voir ainsi épanouie le ravit. Sa vue le délecte, il ne saisit pas le pourquoi du comment. Pourquoi sont-ils ici, ensemble, ce soir, engloutis par les ténèbres ? Que font ces corps échauffés dans cette bagnole rouge sang ? Une femme comme elle n'a rien à faire avec un type comme moi. L'intéressée chasse le toit et s'élève. Le froid devrait s'engouffrer dans leurs êtres, les glacer, mais il les fouette d'adrénaline. Leur feu grandit, dévore l'air acide. Le moteur a grondé, en rythme avec leur hargne amusée. Elle rayonne, ses rugissements résonnent et battent furieusement ses tempes. Il l'adore.

La fougue offerte par la vitesse s'essouffle elle aussi. La voix de Vega caresse ses pensées, il est désolé. Il aimerait réagir, la réconforter, mais ce serait bien trop inutile. Le mal est fait, savoir ne l'avancera pas. A l'évocation d'une famille disloquée naît en lui un sentiment d'incompréhension révoltée. S'il en avait le pouvoir, il les ferait ramper jusqu'à Vega, les forcerait à s'excuser et reconnaître leurs torts par milliers. Enfouies dans sa main, ses lèvres acquiescent, son parfum s'y dépose. Il frissonne une nouvelle fois, ses joues le chatouillent. « Toi, Thybalt, tu t'es marié ? Dix ans. J'ai l'impression que c'était une autre vie. » Il tressaille, comme pris en flagrant délit. Ça, ce n'est pas une remarque agréable, elle l'hérisse. Elle lui rappelle ses propres offenses. « Quelle femme, celle qui a réussi à te mettre en cage. Je l'admire sans même la connaître. » Son sourire s'efface, son teint pâlit. Sa femme est pareille à Vega, il ne la mérite pas. Il s'amourache des trop belles personnes. J'aime jouer et courtiser, je me suis engagé, je suis retombé. Elle m'a quitté. Nous sommes toujours mariés. Suite de sonorités élémentaire à énoncer, mais l'idée lui brûle le palais. Il soupire, plus tracassé qu'ennuyé. « Bague au doigt ou pas, je suis resté le même. » Premier signe d'avarice de la nuit. Hélas pour elle, tant mieux pour toi. Son épouse, il l'aime comme toutes les femmes de la planète. D'un amour vif et pataud à la fois, injustifiable et distrait. Il taira le reste, les détails qui ne comptent pas.

La voix langoureuse reprend de plus belle. « Emmène-moi sous les étoiles, Thybalt. » Il la conduirait bien jusqu'au bout de la carte de cette Terre plate, mais ce soir, il ne s'en sent pas le courage, ni de taille. Moi aussi, Vega, je suis fatigué. Il y a dix ans, j'en avais déjà dix de plus que toi. On pourrait s'assoupir ici, tu sais. Nos bras pourraient s'enchevêtrer et à notre réveil, il serait impossible de nous démêler. Tu aimerais ? Ça te plairait ? Mais Vega a d'autres rêves en tête, auxquels il accède sans broncher. « Loin des lumières artificielles de la ville, loin du béton glacé. J'ai envie de rêver. » Regain d'énergie forcé, il se redresse, quitte cette bulle confortable, à la portée de son aura étoilée. Thybalt réfléchit, songe aux endroits qui répondent à ses désirs. L'aveu de Vega le touche. A tâtons, il peut lui aussi s'imaginer être habité par ce besoin de simplicité, de retour. « Je t'écoute. », lui assure-t-il, concerné.

Il n'est pas un peu tard, Thybalt ? Reprendre le volant à cette heure, dans ton état... Ce ne serait pas raisonnable de ta part et dangereux pour elle. Tu ne sais même pas conduire cet engin, le prochain obstacle ne fera pas qu'érafler une portière.
Je ne sais pas, c'est ce qu'elle demande, j'obé -
Non. Cette fois-ci, tu vas m'écouter, ou tu finiras par vous tuer.
C'est peut-être ce qu'on souhaite.
Ne parle pas pour deux.
Et toi, cesse donc de parler pour moi.

Fébrile, il secoue la tête, chasse la petite voix trop sage, trop à l'écart. Qui n'écoute pas Vega. Thybalt jette un coup d'oeil aux alentours. Les lumières ne sont pas encore mortes. A des centaines de mètres, la foule s'étouffe encore dans ses bruits animaux. Il n'a pas la moindre idée de l'heure qu'il est. Est-on en début de soirée, ou au milieu du petit matin ? Pas un oiseau ne chante. Sous sa chemise, dans sa chair, Thybalt bouillonne. Il ignore jusqu'où la conduire, s'il leur reste assez de pétrole mécanique - si c'est bien le terme - et comment piloter la caisse à bon port. « Je crois... » Contrairement à la voix de Vega, sa tête est lourde. Elle le pèse, ses pensées ne batifolent plus dans son esprit, elles se sont immiscées trop profondément, là où il ne peut plus les atteindre.

« Je crois qu'on devrait s'arrêter là. Il est tard et... Je suis désolé, vraiment. » déclare-t-il en tapotant le volant étincelant. Ne reste plus que toi et moi. Alors il fait ce qui ne nécessite pas la moindre réflexion, ce dont il est certain. Il se penche vers elle, auréolé d'une intention à en crever ses yeux bleus. Iris céruléens qui l'ensorcèlent, il en oublie le frein à main, les vitesses, le reste. Egoïste, Thybalt ne pense plus tant à elle, mais à la décennie qui les a séparés, qu'il souhaite bêtement et avidement rattraper. Il en oublie la politesse, et interprète le calme apparent pour de l'alchimie nostalgique. « Tu m'as manqué. Dix années, c'était une éternité. » répète-t-il sans reproche. Oui, il a connu et abordé d'autres femmes, mais il n'a jamais su leur prénom (il y avait bien une Rosebury, l'autre jour sur le toit de Londres), et ne lui viendra jamais l'idée de se tatouer en honneur d'une simple soirée. Il décide de se confier à elle, accoudé au cadran, la tête inclinée, le visage pensif, vrai. « Elle ne m'a pas mis en cage, elle m'a canalisé et a trop attendu de moi. Je ne suis pas fait pour cette vie, à en croire ses dires. Il triture son alliance. Maintenant qu'elle est partie, je veux bien la croire. Parce que toi aussi, tu ne me supporterais pas. (...) Quoique tu en dises. C'est comme ça. Ce sera toujours comme ça. On ne me changera pas. » Triste vérité qu'il avoue à mi-voix. Ses lèvres charnues tutoient sa chair trop claire, là où se cache ses veines jugulaires. Allons, profitons. Abandonnons-nous. Son aveu fait, il l'embrasse. Silencieusement ou pas, il ne s'entend pas. Il passe ses mains dans sa chevelure, cascade divine dans laquelle il se perd. Il caresse tendrement son dos, enlace sa taille délicieuse, ne songe plus à s'en détacher. Thybalt... Je t'avais dit d'être raisonnable, pas de la... Va au diable. Ses mains rugueuses sculptent son corps à l'enveloppe pourpre. Candide idée que de s'imaginer pouvoir la faire voyager à force de baisers. Il s'interrompt, assailli de doutes, tout honteux, plus écarlate que la décapotable noyée par la nuit. « Je m'excuse. Je ne le referai plus, promis. » Si tel est ton souhait, je m'y plierai. J'attendrai.



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