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Lun 5 Juin - 18:44
VEGA O'HARA & THADDEUS O'HARA
SING ME A SONG OF A LASS THAT IS GONE

2015,
district trois, manoir O’Hara,
23 heures.

Toujours habillé, Tad se repose sur le lit conjugal, bras et jambes écartés. Ses yeux hagards se perdent dans la contemplation du plafond immaculé, un néant blanc qui l’aspire doucement. Il expire, songe à sa journée, écarte le sujet d’un froncement de sourcil. Il n’a pas la tête à cela. Il observe la chambre, ses décorations et l’absence de son second hôte. Sa femme s'est retirée dans sa suite et c'est mieux ainsi. Bête inutile. Thaddeus n’accorde que peu d’importance à son abstinence occasionnelle. La naissance de Ciaran s’est accompagnée d’une lassitude commune et palpable, les occasions se font rare. Il pourrait la faire dépêcher par le dernier des valets, lui sommer de rattraper ces vingt dernières années. (Ce qu’il a déjà fait) Mais pas ce soir.

Des petits pas feutrés agitent le parquet du couloir. C’est la démarche caractéristique d’un elfe de maison empressé. Cinq coups timides contre la porte indiquent la présence de la créature messagère. Thaddeus roule des yeux, inspire profondément et quitte le lit d’un balancement du corps. Il atterrit sur ses deux jambes, ajuste le col de sa chemise, époussette son cardigan cendré. La mine contrariée, il fait sauter le verrou de la porte d’un coup de baguette, et découvre un elfe plus frêle que la moyenne. Laid comme ses paires. Craintif comme pas deux. Mais d’où sort-il ? Qui est chargé de recruter les elfes, dans cette famille ? Il est ridicule, celui-ci ! On dirait un adolescent boutonneux, un gamin difforme dont la croissance des oreilles a primé sur le reste de son apparence. Sa voix fluette lui apprend que quelqu’un souhaite s’inviter en cette fin de soirée. Thaddeus jette un coup d’œil ennuyé à son poignet, sa montre indique vingt-trois heures pile. Il faut être un sacré abruti pour réclamer une audience à une heure si avancée. Il pénètre dans le couloir, balaie le misérable messager d’un coup de pied et se dirige droit vers la porte d’entrée. Il parcourt la demeure familiale à grands pas. Depuis leurs cadres d’or, les ancêtres somnolents tendent l’oreille, intrigués par cette apparition si soudaine. D’ordinaire, Tad  s’enferme dans son bureau ou la bibliothèque. Il y passe la soirée et un début de la nuit, puis regagne ses appartements en transplanant. Il ne reçoit jamais les convives, préférant les attendre dans le grand salon. Mais ce soir, personne ne daigne répondre à sa place, et l’elfe semblait impressionné par l’ombre du visiteur inopiné. C’est vrai qu’elle est grande, altière même. A contrecœur, Thaddeus se prépare à présenter ses excuses, à recolorer son visage pâle, à servir un sourire agréable. Il fronce les sourcils et ouvre la porte à la personne qui patiente depuis déjà trop longtemps selon la bienséance. La vitre opaque ne lui permet que de deviner un visage fin, peut-être trop. La lourde porte s’ouvre, illumine l’espace. L’air est froid, la nuit noire, les étoiles absentes.



Ne cherchez plus mon cœur; les bêtes l'ont mangé. Mon cœur est un palais flétri par la cohue ; On s'y soûle, on s'y tue, on s'y prend aux cheveux ! - Un parfum nage autour de votre gorge nue !
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Lun 5 Juin - 21:24
Long time no see
Thaddeus O'Hara ∞ Vega O'Hara

Elle attendait depuis plusieurs minutes à présent. Enveloppée des lambeaux d'obscurité que quelques lampes murales ne parvenaient pas à percer, elle se tenait droite, trop raide. Les traits tirés sur un visage d'une pâleur lunaire, les cheveux perchés sur le haut de son crâne en un chignon à moitié défait, Vega grelottait, épuisée, vidée de toutes ses forces. Elle venait d'arriver, à peine une heure plus tôt. Première fois qu'elle posait les pieds sur le territoire londonien depuis dix ans, première fois qu'elle revenait à la maison. Sous sa cape, toujours la même robe flamboyante qu'elle avait enfilé pour annoncer à Avery son départ. Sur sa peau, toujours les mêmes ecchymoses ci et là, invisibles pour un observateur extérieur, mais brûlantes dans sa chair ; elle les sentait encore palpiter au rythme de son cœur battant, bien qu'elles commencent à jaunir.

Elle avait peur. Elle désirait revoir les siens – son plus jeune frère, surtout – mais elle savait que ces retrouvailles n'auraient rien d'une partie de plaisir. Jamais avec les O'Hara. Encore moins avec ce qu'elle avait à leur annoncer. Son divorce. Elle tairait probablement sa stérilité pour le moment mais les rumeurs ne tarderaient à arriver jusqu'à eux et la situation ne ferait que dégénérer encore. Après tout, leur père, Thaddeus O'Hara, avait toujours été parfaitement clair sur son point de vue concernant les femmes. Elles n'étaient pas grand-chose. Si Vega ne pouvait pas procréer, à quoi servait-elle ? Qu'elle soit douée dans son métier ou sublime en société ne l'aideraient pas. Pas avec son père. Il ne la percevrait plus que comme un déchet, dont même un Serbe n'avait pas voulu. Ses phalanges devinrent livides, les ongles plantés dans ses paumes. Elle n'avait même pas une seule valise, juste son bagage d'espoirs encombrants : que sa mère soit celle qui ouvre cette maudite porte, qu'ils acceptent qu'elle reste un peu parmi eux, au creux de ce manoir rempli de fantômes invisibles. La pensée la fit sourire, un instant, avant qu'une ombre sévère ne se découpe sur la vitre floutée devant elle. Aussitôt, le souvenir se fana, le présent reprit ses droits et son souffle devint court.

Le battant pivota et se dessina sous ses yeux rougis la silhouette d'un homme qu'elle avait jadis admiré et craint. Aussitôt, son cœur se souleva et lui remonta jusqu'au bord des lèvres. Angoisse nouvelle et peur familière se mêlant au soulagement déplacé, étrange, qui l’assaillit. Dix ans qu'elle ne l'avait pas vu. Ils avaient bien échangé quelques mots, parfois, mais le voir face à elle, en chair et en os, était complètement différent. Dix ans. Le sol bascula sous ses pieds, elle se sentit prise d'un vertige face à ce saut dans le temps. Son visage dur s'était creusé de rides minuscules qui soulignaient le charme brut qu'avait toujours eu son paternel. Les cheveux gris avaient pris d'assaut sa chevelure sombre, ici légèrement ébouriffée, comme si elle l'avait dérangé dans son sommeil.

« Bonsoir, Père. ». Être polie, respecter les règles de bienséance, avant tout, même si débarquer en fin de soirée n'avait rien de convenable. Sa voix, basse, presque un murmure, trembla de peu, l'émotion reprenant le dessus. Elle se fit violence pour la durcir, pour ne plus laisser filtrer la moindre faiblesse : Thaddeus ne le tolérerait pas. « Excuse-moi de débarquer aussi tardivement, mais je ne pouvais plus attendre un jour de plus. ». Parce qu'elle n'avait encore nulle part où aller, si ce n'était le manoir d'Avery. Parce qu'elle voulait revoir les siens, retrouver un environnement familier, pour oublier ce qui s'était passé au moins cette dernière année.

Son menton se dressa légèrement, d'une fierté factice, le bout du nez en l'air, et elle annonça avec un sourire composé : « Je rentre à la maison. Pour de bon. ». Cette dernière phrase se fit plus douce, presque comme pour anticiper le choc de cette révélation et elle patienta, les poumons brûlants d'un manque d'oxygène dans cette nuit glacée trop noire.
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He supposed that even in Hell, people got an occasional sip of water, if only so they could appreciate the full horror of unrequited thirst when it set in again – Stephen King ©alas.

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Mar 6 Juin - 21:15

Il ignore ce qui le frappe en premier. Ses traits familiers, ses yeux étrangers ? Cet aura sans fierté ? Thaddeus la dévisage sans vergogne, ses cordes vocales se sont raidies en silence. D’un ton mal assuré, elle lui sert un bonsoir vibrant et respectable. Il crisse des canines. Nulle joie en lui, il la toise durement, envisage de se foutre une claque à lui-même ou à elle. L’idée de la réprimander comme une enfant fait son chemin, mais cela fait longtemps qu’elle a quitté l’âge des péchés pardonnables. « Excuse-moi de débarquer aussi tardivement, mais je ne pouvais plus attendre un jour de plus. » Les joues de Thaddeus perdent ce qui leur restait de couleur. Un jour de plus pour quoi ? Explique-toi, Vega. Crache le morceau. Dégueule la vérité. Impassible, le coin des lippes agité de tics, il ne pipe mot. Il se contente de mordre sa lèvre inférieure, sans quitter des yeux sa fille aînée. Face à un tel désastre, il est sans voix, dans l’attente d’un verdict contre lequel répliquer. « Je rentre à la maison. Pour de bon. ». La phrase qui marque la défaite. Défaite stratégique qui heurte son ego. « Vega. » Dans d’autres circonstances, dans une autre dimension, il l’aurait peut-être flattée. Il se serait inquiété de sa santé, de ses activités, protocole filial oblige. Elle n’y aura pas droit. Elle n'aura droit à rien. Il va la déposséder de toute dignité. Mais avant... Thaddeus la saisit par le col de sa cape, la rabat violemment contre son torse, et claque la porte.

Les âmes du manoir se murent en un silence complice. Seul l'écho de deux souffles bien trop proches brisent cette harmonie glaciale. Il inspire furieusement, le poing serré sur le tissu délicat. Il expire, et d'un revers du bras, rejette ce corps qui le répugne. Oubliées, la grâce et la légèreté. Thaddeus ne perçoit plus une once de charisme en elle, ne reste qu'un mépris honteux et inavouable. Qu'elle s'écorche sur une étagère, un tableau ou une cheminée, qu'importe ! Que son sang souillé se répande, tant qu'on y est ! Ses oreilles sourdes à toute excuse lui informent d'un bruit mat, celui d'un corps rencontrant le sol froid. Les chambres des autres résidents sont trop éloignées, et les elfes n'oseront pas les déranger. Ils ont toute la nuit pour s'expliquer.

« Vega... » Rumine-t-il, l'oeil mauvais, d'avance écoeuré. Explique-toi. Devrait-il se remettre en question ? Non, ils ne l’ont pas vendue. Elle l’a choisi, son Serbe, son Fogarty. Et la vie, ce n’est que ça. Une série de choix. Un choix qui conduit à une nouvelle entité de choix, qui forgent une vie. Mais Vega ne semble pas avoir compris le sens de cette vie, du pourquoi de sa propre existence. Et quand bien même elle l’ait intégré, elle passe outre en se présentant ainsi, la tête haute et les yeux brûlants. Foi boueuse et fierté balayée. « Vega, Vega... Qu'as-tu fait ? » Ton plaintif, stupéfait, il n'est pas aussi dur qu'il l'imaginait. Elle bafoue leur tendre nom, souille leur fier blason. La mission de Vega ne diffère pas de celle des autres femmes : former des constellations, des unions fructueuses vouées à l’admiration, à la postérité. C'est cela, la vocation de tout sang pur. Contribuer à étendre et illuminer la carte céleste de la pureté. Il lui jette un regard, du dédain et une touche de désespoir mesquin. « Oh, Vega... Qui voudra encore de toi ? »



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Mar 6 Juin - 22:34
Long time no see
Thaddeus O'Hara ∞ Vega O'Hara

Elle comprit immédiatement. Avant même les paroles assassines, avant même les cris haineux, elle comprit tout de suite qu'il ne lui accorderait pas une seule seconde de grâce, ni de répit. Son regard lui indiqua les réponses aux questions muettes qu'elle se posait, trancha dans le vif de ses espoirs grinçants ; il la cloua sur place et elle se retrouva paralysée par les prunelles de glace, petite fille du passé, redevenue cette gamine apeurée, l'échine courbée sous le poids de l'autorité naturelle du patriarche. « Vega. ». Un mot, qui frappe, qui gronde comme un coup de tonnerre. Rien d'autre que son prénom, mais deux syllabes annonciatrices d'une tempête foudroyante à laquelle elle n'échapperait pas. Sa gorge se serra, comme si l'étau des mains de Thaddeus O'Hara se refermait déjà sur son cou délicat.

Néanmoins, si elle s'était attendu à un accueil mâtiné de fraîcheur, jamais elle n'aurait pensé qu'elle en aurait droit à un, souligné de violence. Pourtant, les doigts noueux de son paternel s’agrippèrent à sa cape telles des griffes acérées de rapace affamé et il l'attira brusquement dans le manoir, les écartant tout deux de cet extérieur, de ce monde qui n'était pas leur et qu'il craignait tous, bouffés par leurs secrets et leurs non-dits. Elle heurta son père au même moment qu'elle entendit le clac sec de sa seule issue de secours, à présent condamnée. Comment avait-elle pu croire que les choses ne se dérouleraient pas ainsi ? Comment avait-elle pu penser que son père accepterait son retour sans broncher ? Naïve, tu es, naïve, tu resteras. Stupide enfant qui n'apprend rien. Mais était-elle donc vraiment en tord d'avoir voulu espérer que sa famille se comporterait comme telle ? Oui. Tu es une O'Hara. Tu n'as pas de famille. Juste un clan. Un mirage qui s'évapore dans les lueurs du crépuscule, une fois que toutes les marionnettes sont rentrées se coucher derrière leurs murs épais.

Vega leva des yeux brûlants vers son père, un regard à la fois blessé et furieux. En colère surtout contre elle-même. Elle avait trahi tout ce en quoi il croyait. Pourquoi était-elle revenue ? Parce que tu n'as plus qu'eux. Ses lèvres s'entrouvrirent, un souffle s'en échappa. Elle voulut apaiser les tensions, murmurer des excuses au point de rencontre de leurs souffles, mais il ne lui en laissa pas le temps : comme si elle ne valait pas plus qu'un déchet dont il voudrait se débarrasser, il la jeta en arrière d'un coup sec. Le bas de son dos heurta la commode qui longeait le mur du hall d'entrée et elle s'écroula au sol, sa cape sombre s'étendant comme une corolle mortelle autour de sa silhouette trop fine, enroulée d'un rouge criant.

Elle aurait bien aimé rire  – si elle, elle est une fleur, elle s'est fanée depuis maintenant bien longtemps – mais tout ce qui sortit de sa bouche fut un cri étouffé de douleur, quand ses plaies les plus fraîches trouvèrent échos dans ce nouveau coup. Les souvenirs, vivaces, trop récents, d'Avery fleurirent en son sein comme une gangrène. Paupières closes, elle serra les dents et porta une main instinctive à son ventre. Comme si t'avais encore quelque chose à protéger, Vega. « Vega... ». Les deux voix se mêlèrent l'une à l'autre, passée et présente, celle d'Avery et celle de son père. Elle souleva son visage blafard vers lui et trouva inscrit sur les traits bruts du patriarche un dégoût qu'elle avait trop souvent contempler dans les yeux de celui qu'elle avait aimé. « Vega, Vega... Qu'as-tu fait ? ». Qu'ai-je fait ? C'était une question qu'elle s'était posée un milliard de fois. Quand les poings pleuvaient sur elle, en rythme avec les insultes et les mots dédaigneux. Est-ce que j'ai dis quelque chose qu'il ne fallait pas ? Est-ce que je ne suis pas assez bien ? Est-ce que ça ira mieux si je me comporte comme ça ? Qu'est-ce que j'ai fait, Avery ? Dis-moi. Parce que c'était toujours elle la fautive, la responsable de cette violence qui ne lui appartenait pas, n'est-ce pas ? Son père semblait le penser lui aussi, après tout.

« Je ne pouvais plus... rester, je devais partir. ». Les mots s'étranglèrent dans sa gorge, s'écrasèrent les uns contre les autres. Comment expliquer la réelle raison de son départ sans déclencher une nouvelle vague de fureur ? S'il n'y avait pas eu la fausse couche, peut-être qu'elle aurait pu continuer à aimer aveuglement, à encaisser avec des pardons et à prétendre qu'elle voulait tout ce qui lui arrivait. Sans doute. Mais plus après Anka. « Je te demande de me pardonner. Je trouverai le moyen de me racheter. ». Et la voilà, échappant à un bourreau en toc pour mieux retourner vers le vrai croquemitaine, celui qui l'avait forgée et qui n'avait jamais quitté un seul de ses cauchemars. La voilà, qui suppliait de nouveau une attention, une acceptation, qui ne viendrait jamais. Il se fout de savoir pourquoi tu es revenue, pourquoi tu as divorcé. Il se fout de te faire du mal. Et tu es là, à ses pieds, à lui lécher les bottes. Pathétique, Vee.

« Oh, Vega... Qui voudra encore de toi ? ». Son cœur, compressé, écrasé. Elle eut du mal à reprendre son souffle à travers ses lèvres serrées. Regarde-toi, Vee. Qui voudrait d'une loque pareille ? Les yeux plantés sur le sol carrelé, glacé contre sa peau brûlante, elle lutta contre des larmes acides qui dévorèrent néanmoins ses cils déjà humides. La colère battait, faiblement, trop faiblement, derrière sa cage thoracique et si l'homme n'avait pas été son père, elle aurait probablement explosé. Mais en face de lui, elle se sentait faible ; tous les arguments dont lui avait fait part Avery prenaient sens, éclairés sous un nouvel angle, éclairés par le regard méprisant de celui qui l'avait engendrée.

Elle poussa toutefois sur ses bras, puisant dans ses dernières forces, ignorant les douleurs fugaces qui se réveillèrent à chaque muscle contracté. Soulevant ses paupières, elle braqua son regard suppliant dans celui de son père, comme s'il était sa dernière bouée de sauvetage. Naufragée à la dérive, elle jura, s'excusa, prononça toutes les paroles qu'elle ne disait jamais. Abandonna le peu de fierté et de dignité qu'il lui restait. Parce que si tu pars, tu vas te foutre en l'air. « Plus personne, bien entendu, Père. », confirma-t-elle dans un murmure d'écorchée, « Mais je peux encore me montrer utile. Laisse-moi une chance de me racheter. Je suis douée en médecine et je connais toutes les ficelles pour bien me conduire en société. ». Sa voix avait retrouvé un semblant de stabilité, mais elle savait qu'elle ne faisait que retarder l'inévitable – la porte qui se refermait sous son nez. Elle tendit une main tremblante vers lui et s'accrocha à ses doigts avec une force qu'elle ne se soupçonnait plus, le regard franc. « Je suis une O'Hara, je suis ta fille. Ne me mets pas à la porte, s'il te plaît. », plaida-t-elle, la gorge nouée. Comme s'il t'avait un jour considéré comme sa fille. Tu n'as jamais été qu'une déception.
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Mer 7 Juin - 15:37

« Je ne pouvais plus... rester, je devais partir. » Tu devais rester. Tu devais y crever. C'était ça, ta destinée. Elle avait l'air de t'enchanter. Et maintenant, que m'annonces-tu ? Que tu déchantes ? Que tu désertes ? Sale égoïste, enfant ingrate ! La réponse de Vega est trop pauvre, trop maigre, trop faible. Mais qui est-elle ? D'où provient cette tare, des gènes maternels ? Oui, ça ne fait pas l'ombre d'un doute. Les O'Hara ne sont pas les Rosebury, ils comprennent la nécessité de mêler leur sang à d'autres familles britanniques. Mais en voilà le résultat, flagrant et indéniable. Sa fille bat en retraite, n'apporte qu'échec. La honte s'abattra et la maison foudroyée ne s'en remettra pas. Tadhg a toujours vu venir les emmerdes. Il a ce flair, cette seconde nature qui le fait douter de ses plus proches alliés. Car prudence et méfiance sont mères de sûreté. Jusqu'à aujourd'hui, ce sont ses adversaires qui ont coulé, noyés par les rumeurs, ou noyés tout court. Mais ce soir, il doit se rendre à l'évidence. C'est sa fille, la chair de sa chair, le sang de son sang, qui a péché. Oui, Thaddeus entend sa plaidoirie. Ses pleurnicheries. Ne m'abandonne pas, j'étais quelqu'un avant. Mais il ne l'écoute pas. Il en rirait presque, de cette candeur bousillée. « Ma fille, la société, ce n'est plus pour toi. Aussi savante sois-tu, n'espère plus. Soigne tes maux, expie tes péchés. Et peut-être qu'on pourra en rediscuter. » Ou te livrer aux Rosebury, à des ivrognes du marché noir, tu ne mérites pas tant. Un ton doucereux pour une promesse vaine et creuse. Jamais plus il ne la considérera. Comment peut-elle prétendre savoir guérir et rassurer, si elle-même est incapable de loyauté ? Comment rassurer lorsqu'on a tout abandonné ? D'un geste du menton, il désigne un couloir, celui qui donne accès à une cuisine impeccable. Le son ne traverse pas les murs, il serait fâcheux d'entendre des casseroles s'entrechoquer depuis la chambre à coucher. Ici, personne ne les entendra, les aïeux trop curieux n'en sauront jamais rien. Puis, leur réputation de vieux séniles les rattrapera, personne ne les croira. Il n'attend pas son accord ni un signe de compréhension. Il tourne les talons et pénètre dans la pièce, attendant de Vega ce moindre effort, elle devrait se souvenir du chemin. Elle qui souhaite tant se racheter, elle n'aura qu'à s'y traîner pour avouer ses méfaits.

Les deux O'Hara sont à présent confinés dans la pièce tiède. Le four ronronne, les ustensiles scintillent doucement. Thaddeus lui intime l'ordre de prendre place sur une chaise - confortable, parce qu'on est pas des barbares. Lui choisit de s'accouder au plan de travail glacé. « Et mise à part la fuite, que t'a appris la Serbie ? » Ces dix ans ont-ils une finalité ? Ton mari t'a-t-il bien éduquée ? Ou plutôt, t'a-t-il enfin domptée ? C'est une invitation tortueuse à la confession. Thaddeus est curieux, vorace, il ne s'arrêtera pas. Il lui arrachera chaque mot, syllabe par syllabe. Il n'enterre pas Vega, il la condamne. Elle et ses secrets épineux, ses excuses d'étoile déchue. Je t'ai tout livré. Belle gueule, bonne éducation. T'étais faite pour étinceler et t'as préféré te ramasser. Il lui en veut. Sans en comprendre la raison, l'affront du retour à lui seul se justifie. Vega tremblote. Elle est pâle, terriblement pâle. Lui, il a retrouvé ses couleurs. Pris d'un élan paternel, Thaddeus enveloppe ses épaules d'une couverture pourpre, couleur qu'il a toujours abhorrée. Le rouge de Gryffondor, de l'amour, de la passion niaise et éphémère... Couleur futile, encombrante, celle de ceux qui veulent se faire entendre. Couleur des révolutionnaires vains, de tous ceux qu'il exècre. Cela fait, il retourne à son poste, un mètre les sépare, c'est trop peu. Le père pose un regard pétillant sur sa fille. Il observe ses cheveux d'or tomber en cascade sur ce manteau rouge honteux. « A moi tu peux tout me confier. », lui assure-t-il.



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Mer 7 Juin - 18:39
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Thaddeus O'Hara ∞ Vega O'Hara

« Ma fille, la société, ce n'est plus pour toi. Aussi savante sois-tu, n'espère plus. Soigne tes maux, expie tes péchés. Et peut-être qu'on pourra en rediscuter. ». Paroles doucereuses et traîtresses à son cœur vorace, à la fois trop crûes et trop douces. Elle le croyait – la société lui tournerait le dos, aucun doute là-dessus – mais une possible rédemption ? L'offre lui parut dangereusement alléchante, surtout aux yeux de sa naïveté grandissante. Comment expier mes pêchés, Père ? Dis-moi. Elle retint la question à la dernière seconde, la piégea entre le bout de sa langue et son palais : elle en avait assez de se ridiculiser devant lui. Elle attendrait, écouterait et agirait.

Il l'enjoignit de le suivre, bref mouvement du menton, et elle le fit sans hésiter. Parce que, malgré tout, Vega n'avait pas encore compris. Pas encore compris qu'il n'y avait plus d'issue pour eux. Et surtout pas pour elle.

Alors, elle l'écouta encore, docile enfant, quand il lui intima silencieusement de prendre place, tandis qu'il restait debout. Cette position de soumission qu'il lui infligeait parfaitement consciemment réveilla des ombres de colère gourmandes, mais elle n'y prêta pas attention. C'était son père. Ils allaient en rediscuter. Ne lui avait-il pas dit ? Il restait une chance, alors elle s'écraserait. Toujours plus bas. Du moins, l'avait-elle imaginé, une seconde avant qu'il ne lui demande : « Et mise à part la fuite, que t'a appris la Serbie ? ». Oh, Père, ne veux-tu pas plutôt me demander ce que la Serbie m'a pris ? Non, bien sûr que non, puisqu'il s'en moquait. Ils n'allaient pas en reparler, elle n'allait pas expier ses pêchés, ni soigner ses maux : il gagnait du temps pour la torturer. Curiosité malsaine plus que réel intérêt de sa part, il se jouait d'elle comme un gosse s'amuserait avec un vieux jouet retrouvé. Une dernière fois avant de le jeter.

La tête plongée dans un brouillard opaque, elle sentit à peine la douce couverture se poser sur ses épaules, remarqua tellement peu son père, penché sur elle, à la draper comme une enfant. Mais un sentiment affreux de révolte sèche la gifla quand il lui affirma avec conviction : « A moi tu peux tout me confier. ». Il te fait du mal, puis te réconforte en jouant l'homme attentionné. Ce rôle ne te rappelle-t-il rien, Vega ? Merlin, qu'elle était stupide ! Un sourire releva ses lèvres, abasourdi, frappé d'une amertume terrible. « Qu'ai-je appris, Père ? », demanda-t-elle d'une voix trop rauque, « et toi, que veux-tu apprendre ? ». Secouant doucement son visage pâle, elle enfouit ses mains dans ses cheveux en un geste intimement désespéré et rit encore. « Je pensais avoir appris à me taire, appris à me complaire dans ma propre misère, mais j'avais tord. ». Elle n'encaisserait plus en silence. Cette fois, elle avait bien rempli son cahier de vacances, elle connaissait ses leçons. « Et si je te disais ce qui t'intéresse vraiment ? ». Elle releva ses yeux embués vers les siens et décida qu'elle ne voulait plus de cette comédie entre eux.

« Je… Je ne peux plus-». Essoufflée, le cœur crevé, l’envie de se boucher les oreilles, de hurler par-dessus le silence qui s’installa dans cette cuisine trop grande. Le dire à haute voix, c’était l’admettre, prendre conscience que sa fille ne reviendrait pas remplir son ventre trop creux. En réalité, que personne ne viendrait plus arrondir ses formes décharnées. Ni fille, ni garçon. PersonneC’est un mot dur, un mot froid ; personne. D’un point de vue technique, elle était devenue inadaptée, poupée cassée. Inutile à la société. D’un point de vue sentimental ? Écartelée, engourdie, épuisée. Elle avait mal, partout, constamment. Chaque inspiration, chaque pas ; exister était devenu une douleur permanente.

« Tu vas me haïr… », murmura-t-elle, suffocante. A quoi bon continuer de jouer les faux-semblants ? Elle le lisait dans ses yeux vides et avides. « Mais tu me haïs déjà, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que c’est, un peu plus ou un peu moins ? ». Un rire sortit d’entre ses lèvres, aussi tranchant d’un débris de verre. Pourquoi garder le secret, après tout ? Dans deux jours tout au plus, toute la ville serait au courant, tout le monde se délecterait de ce retour en disgrâce et des rumeurs qui l’entoureraient. Dans deux jours, elle serait condamnée. Les mains frappées de tremblements irrépressibles, elle recroquevilla ses doigts contre la courbe défaite de son nombril. Ses paupières se gonflèrent de larmes nouvelles, mais ses prunelles se firent noires, directes et provocatrices. Avale-ça, papa, étouffe-toi avec. Parce que si ce n’est pas toi, c’est moi. « Je ne peux plus avoir d’enfant. ». Une vérité soufflée du bout des lèvres, si basse que les sifflements du vent manquèrent presque de l’emporter au loin. Sa voix resta toutefois solide, contrastant avec ses yeux rougis et ses joues noyées de pleurs silencieux. « Tout ce à quoi j’étais destinée pour ? C’est terminé pour moi. ». La nausée monta, monta, sa tête se mit à tournoyer et soudain, la colère flambait, l’embrasant comme un drakkar viking. En colère contre elle, parce qu’elle avait choisi Avery, parce que le karma l’avait punie et qu’elle avait sacrifié sa descendance pour de l’arrogance. En colère contre lui, contre ce père qu’il n’était pas et qu'il se plaisait à imiter pour mieux l'amadouer. Elle aurait voulu le frapper, le pousser. Elle se contenta de gronder, lionne tapie sous la vipère morte, mue étrange, anormale : « Alors, qu’est-ce que tu en dis, papa ? ». Elle cracha le mot avec tout le dédain que ce rôle lui inspirait, avec toute la haine qu’elle dédiait au monde entier. Mais surtout à toi-même. « Ça ne te plaît pas ? Je croyais que je pouvais tout te confier ? Alors, qu’est-ce que tu vas faire ? ». Elle se releva, jetant la chaise au sol et la couverture aux pieds de son père et répéta plus fort, criant à moitié : « Qu’est-ce que tu vas faire ? ». Parce qu’il ne lui restait déjà plus grand-chose. Et une partie d’elle-même espérait, étourdie, maladive, qu’il plante ses mains autour de son cou et serre, serre et serre encore plus fort. Alors, elle posa ses paumes contre le torse du patriarche et poussa, tremblante, hystérique, répétant sa question. Qu’est-ce que tu vas faire ? Dis-moi, père.
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Jeu 8 Juin - 2:03

« Qu'ai-je appris, Père ? Le grognement l’interpelle. Et toi, que veux-tu apprendre ? » Tout, ma belle. Absolument tout. Régale-moi. Son visage livide n’annonce pas la couleur de la révélation. Le rire, quant à lui, prédit qu’il tombera des nues, qu’elle devine ses faiblesses. Il observe sa fille se démener entre questions et réflexions, curieux de savoir ce qu’il se trame en dedans, la manière dont ses tripes frétillent en elle. Dilemme cornélien ? Démons perfides ? Les larmes dévalent le long de ses joues, joues qu’il a, parfois, effleuré des lèvres. Caressé d’un doigt distrait... Ces infimes gestes affectifs lui reviennent par bribes chaotiques. Il la revoit gamine, et ne peut associer l'enfant d'antan à cette jeune femme qui le déçoit. Dix ans, ça change les gens.

Thaddeus capte son souffle pénible, son rire frôlant la folie qui signe l'abandon de toute raison. Elle évoque la haine, comme un regret résolu, une formalité qui ne reste plus qu'à confirmer. Je ne te hais point, qu'il lui chuchoterait bien. Tu n'es qu'un fardeau, Vega, que je renie sans haine. Ma propriété que je lègue à la plèbe. La haine, c'est une forme particulière de l'amour. Le souffle court, elle murmure une parole qui lui cingle le visage, le coeur et l'honneur. « Je ne peux plus avoir d’enfant. » La bombe est larguée. Déflagration. Déformation du raisonnable et de l'imaginable. « Tout ce à quoi j’étais destinée pour ? C’est terminé pour moi. ». Paupières closes, il sent son propre coeur déchirer ses côtes, avide d'air tandis qu'il suffoque. Il sent la sueur dégringoler en trombe le long de son dos, ses mains moites s'agiter de tremblements. Il pâlit, rouvre les yeux, affronte le regard de l'effrontée, qu'il fusille. Souillure !

« Alors, qu’est-ce que tu en dis, papa ? » Oh, la réponse est simple, ma chérie... Papa va te faire ravaler tes mensonges par là où il pense. Les traits crispés, il digère ses paroles. Son ton hargneux lui griffe les tympans, il souhaiterait s'arracher les oreilles à mains nues. Il assiste au réveil de la bête. Vega émerge. La laisse est rompue, déchiquetée par son cœur présomptueux. Insolente !

Par Merlin, Swan aurait du enfanter d’une muette ! On n’aurait pas eu tant de problèmes. Cloitrée dans un couvent dès onze ans, on lui aurait inculqué la bonne conduite. Elle reconnaîtrait en Merlin l’exemple même, chanterait silencieusement sa gloire et sa grandeur. Pieuse comme pas deux, elle ferait bonne figure malgré ses lèvres closes, et peut-être que dans quelques siècles, on la canoniserait. Oui, même cela, tout cela, serait préférable aux horreurs qu’elle lui profère. A-t-elle conscience de la gravité de ses paroles ? Saisit-elle la portée de ses mots incendiaires ? A-t-elle idée des conséquences ? De la disgrâce centenaire qui s’apprête à les foudroyer ? Insouciante !

« Ça ne te plaît pas ? Je croyais que je pouvais tout te confier ? Alors, qu’est-ce que tu vas faire ? Chaise et couverture valsent dans les airs tandis elle s'embrase et s'approche dangereusement, sa voix lui perce les tympans. Il ne veut plus l'entendre. Elle retourne ses propres armes contre lui. Elle est trop maligne. « Qu’est-ce que tu vas faire ? » qu'elle répète comme une démente, une litanie d'adolescente. Il encaisse, Tad. Sa gorge le brûle, mais il la laisse parler. Parle donc, ma fille, tant que ta langue ne pend pas dans ma main. Parle, mon enfant, tu ne risques rien. Tadhg n’a jamais réglé ses problèmes à la moldue. Mais il y a un début à tout, et ce soir, il semblerait que toute la maisonnée ignore le retour de la tant aimée Vega O’Hara. Si elle venait à disparaître, on ouvrirait peut-être une enquête en Serbie. Ce serait facile à maquiller, et très vite oublié.

Elle se tient face à lui, le rejette de toutes ses forces. Elle crie, aussi. Encore. Il titube, abasourdi, sonné par l'audace, par ce regain d'énergie. Coriace ma petite étoile. La violence, ça ne doit aller que dans un sens. Thaddeus recule de plusieurs pas, instaure une distance raisonnable - il en a horreur. Ses yeux parcourent le corps furieux qui se dresse devant lui. Elle n’est pas imposante, elle n’impressionne pas. Son teint maladif s’explique enfin : elle avait besoin de vomir ses tares et ses déboires. Elle vide son sac, la vicieuse. Elle n’attendait que ça, une unique entrevue pour l’achever et lui faire perdre foi en la relève. La fourbe, elle a réussi son coup. Le vieux cerbère grimace et fulmine. Il peste, rassemble son ego meurtri et ses pensées explosives. Un mot assassin sifflé avec un déni certain. « Menteuse. » Enflure ! La harpie qu’est devenue sa fille lui force aversion et admiration. Presque fier d’avoir affaire à elle, à une pareille langue de vipère. Ou quand la jeunesse prend son élan pour mieux égorger les vétérans.

A l’aube, la harpie sera réduite en charpie. Sors les griffes, montre les crocs. Gronde plus fort. Il aimerait, Thaddeus. Il souhaiterait lui aussi rugir, cracher un venin plus mesquin. Au lieu de ça, son visage s’empourpre, ses poings se serrent à s’en faire saigner les paumes. « Tu serais capable du pire mensonge pour me voir perdre la face. Une femme accomplie, voilà ce que tu es devenue, Vega. Sois fière ! Mais laisse-moi te rappeler une chose : ta mère vaudra toujours mieux que toi. » qu’il l’accuse bêtement, sa voix pareille à un aboiement. La dernière phrase n'est quant à elle qu'un supplément vicieux. Swan, sa belle Gallagher, qui s’était tant réjouie de la venue de sa première fille, tomberait à genoux, parce qu'elle lui est fidèle. Parce qu'il la faite sienne. Il se remémore les paroles de sa fille, des notions de haine et de retour lui sont restées en travers de la gorge. « Je ne t’ai jamais haïe, Vega. » C'est la vérité. Elle l'a déçu, oui. Souvent, trop souvent. Mais à compté de ce soir, elle n'est plus personne. Vega est morte et enterrée. « C'est ce que tu souhaites, ma haine ? Tu devras te contenter du mépris de tes paires. » Au fond, il ne peut haïr sa fille, aussi honteuse soit-elle. Il reprend, en se massant les mains, chargé de ressentiment. « C’est pour cela que tu es revenue ? Pour attirer mon attention, pour te sentir exister parmi nous autres ? Tu es donc tombée si bas, en Serbie ? Au point de te nourrir du mépris de ton propre sang ? » Il ne songe pas une seconde à dégainer sa baguette, à la menacer si bêtement. Le pousser, qu'ils soient à deux ou dans une assemblée, c'était l'humilier. Il lui fera payer. « Allons, ma petite furie, ne fais pas ta timide », qu'il la nargue, mauvais, fort de son âge, de son poids. Il la piétinera.



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Jeu 8 Juin - 15:53
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Thaddeus O'Hara ∞ Vega O'Hara

Vega s’’était élancée, emportée par des flots noirs et putrides de colère acide et de douleur irrépressible. Elle avait poussé et il venait de reculer. Une victoire mitigée qui demeurait néanmoins une victoire. Si Avery s’était tenu à la place de son père, son poing se serait écrasé sur sa joue et il aurait soufflé sa rébellion en deux ou trois autres coups. Pas aujourd’hui. Aujourd’hui, elle ne se laisserait plus faire.

La première contre-attaque claqua, marquée par le seau du déni. « Menteuse ». Menteuse. Le mot écorcha ses oreilles délicates, effrita ce qui lui restait de raisonné. Menteuse. Oh, il ne pouvait deviner à quel point elle aurait aimé être une petite arnaqueuse à cet instant précis. Ne rien vomir d’autre que des inepties grotesques et des fables futiles pour le faire tomber raide mort d’un sursaut d’adrénaline. N’être que l’héroïne tragique de ses propres mensonges, de simplement crier au loup pour horrifier un patriarche déjà dépassé. Mentir ? Une tentation qui grandissait en son sein. « Tu serais capable du pire mensonge pour me voir perdre la face. Une femme accomplie, voilà ce que tu es devenue, Vega. Sois fière ! Mais laisse-moi te rappeler une chose : ta mère vaudra toujours mieux que toi. ».  Les poings de cet homme qu’elle ne reconnaissait que trop bien à travers le voile de sa méchanceté crasse, celle-là même qu’elle s’était targuée de reproduire des années durant, se serrèrent. Brave sotte, lui aurait-il probablement soufflé à l’oreille, s’il avait eu vent que c’était lui, son modèle. Pas cette mère qu’il jetait sur le tapis de la conversation comme si elle n’était rien de plus qu’un objet. Une jolie sculpture qu’il a taillée à sa convenance. Des angles sévères, taillés à la serpe. Une moue affable, parce que les apparences avant tout. Des yeux creux. Poupée de marbre.

De sa rage pétrie de douleur, elle eut un rire cynique, bas et porteur d’un désespoir qu’elle n’osait pas qualifier. Me voilà maintenant une femme accomplie ? Te voilà fier, alors ? Pitié. Qui de nous deux est le menteur, Père ? Oh, comme elle aurait aimé entendre de tels compliments sur la courbe de ses lèvres, mais là, ce qui lui parvenait ? Des contrefaçons, destinées à le rassurer. Un écran de fumée, qui l’écartait encore temporairement de ce qu’il ne voulait affronter. Oh, comme elle aurait aimé avoir un vrai père. « Je ne t’ai jamais haïe, Vega. ». Son rire de démente pourrait continuer, se gonfler de tous ces mensonges, mais rire lui devenait douloureux. Les empreintes qui gravaient ses côtes se réveillaient sous toute cette agitation et de toute façon, elle n’avait plus le cœur à jouer les cyniques. Elle voulait mordre, griffer, mourir, partir. Elle n’était pas la bienvenue. Pourquoi la faire languir ? Pourquoi ne pas la bannir directement ? « C'est ce que tu souhaites, ma haine ? Tu devras te contenter du mépris de tes paires. ». Mais comment mettre un point final à l’hystérie quand des évidences aussi méprisantes ne cessaient de pleuvoir. Ton mépris ? N’est-ce pas déjà à ce sentiment que tu me nourris depuis toujours ? J’en deviens obèse. Overdose. J’en peux plus de ton mépris. J’en veux plus. La coupe est pleine. Une goutte de plus et si je dois le recracher, ce sera sur toi et personne d’autre. « C’est pour cela que tu es revenue ? Pour attirer mon attention, pour te sentir exister parmi nous autres ? Tu es donc tombée si bas, en Serbie ? Au point de te nourrir du mépris de ton propre sang ? ». Elle aimerait bien lui répondre que son attention, personne n’en voudrait. Sauf qu’elle l’avait recherchée, ça et son aval, pendant des années. Le satisfaire, être une bonne épouse et une excellente maîtresse de maison, arriver à ce stade qui était sa place. Il le lui avait promis. C’était là qu’elle trouverait son bonheur. C’était à ce moment qu’il hocherait la tête, qu’il serait fier. Sauf qu’en effet, elle était tombée bien bas. Avait plongé dans les lumières mortes de l’Ifrinn. Quant à revenir pour se sentir exister, ah ! C’était déjà pour cette raison qu’elle était partie. Ne pas se réduire à un simple nom. Etre Vega. Juste Vega.

« Allons, ma petite furie, ne fais pas ta timide ». Il n’avait pas compris, pas digéré la nouvelle. Il la refusait. Après tout, elle devait bien tenir sa couronne de reine du déni de quelqu’un dans la famille. Alors déjà, il la provoquait à nouveau, de sa langue cassante, de ses injonctions cruelles. Son cœur se mit à taper, taper, dans sa poitrine, véritable boulet fracassant sa cage d'os blancs. Elle serra les dents, puis demanda d’une voix blanche : « J’ai passé dix années sans vous. Penses-tu que je sois incapable d’en passer vingt de plus sous vos regards aveugles ? ». Vega, elle avait toujours su que sa famille n’était qu’une savante mise en scène, destinée à un vaste public nommé le monde. Mais elle avait appris à grandir dans cet environnement, s’y était habituée. Pour elle, c’était devenu ça une famille, un composé de non-dits et de trahisons sournoises. Toutefois, jamais elle n’avait songé qu’un jour, tout cela lui serait retiré. Même si elle l’avait déjà souhaité. Même si elle les avait déjà maudits. Jamais elle n’avait pensé qu’elle serait répudiée, pestiférée parmi les siens. Du moins, dans leurs beaux salons privés. Elle connaissait son père : aucun scandale familial ne viendrait entacher la réputation si savamment travaillée des O’Hara, il ne le permettrait pas. Toutefois, elle ne lui donnerait aucune satisfaction, surtout pas celle de la voir s’effondrer sous cette dernière chose qu’il lui retirait. « Jamais je ne me nourrirai de quoi que ce soit venant de votre part, et encore moins de la tienne. Je ne tiens pas à finir intoxiquée. ».

Elle s’avança vers lui, sa figure blanche, ses lèvres pâles. Tremblante sous ses larmes. Hystérique dans ses mots. Fatale dans son regard. « Pourquoi suis-je revenue ? Certainement pas parce que vous me manquiez. ». Elle se saisit de sa main, chaude contre sa paume glacée et la braqua contre son ventre. « Touche mon ventre, Père. Une femme accomplie, dis-tu ? Et toi, quels mensonges serais-tu prêt à proférer pour ne pas accuser le poids de la vérité ? ». Un sourire déconnecté, un peu fou, un peu trouble, vrilla les lèvres de Vega. A son tour de jouer. « Je me suis fait ça. Je voulais partir, alors j’ai trouvé une formule », commença-t-elle d’une voix doucereuse, les yeux remplis de larmes haineuses, « je l’ai accompagnée d’une potion concoctée par mes soins, puis ai avalé le tout avec un grand verre de whisky pur-feu. Depuis, adieu fertilité, bonjour liberté. ». Les lettres étaient devenues du feu liquide dans sa bouche, un poison qu’elle recrachait par volutes tout autant qu’elle avalait par gorgées entières. « Ingénieux ? Non, j’ai mieux. J’ai toujours été stérile et mon cher époux a fini par le découvrir. Le pauvre homme en a eu le cœur brisé.  Qu’en dis-tu ? ». Ses doigts se serrèrent contre les siens, ses ongles s’enfonçant dans le dos de sa main. Etourdie, elle tituba en arrière, relâcha la pression, manqua de s’écrouler sur le plan de travail. « Menteuse, je peux l’être, Père. A toi de décider ce qui est vrai ou faux. », conclut-elle d’une voix râpeuse.
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Sam 10 Juin - 14:53

Elle rit, sa fille. A gorge déployée, elle est complètement fêlée. Ses cordes vocales doivent être à vif ! Si on pressait ses poumons juteux, on pourrait sans doute mettre la rage en bouteille. Il tremperait volontiers ses lèvres dans ce breuvage enflammé. Il partagerait sa coupe avec Swan et quelques invités triés sur le volet. « J’ai passé dix années sans vous. Penses-tu que je sois incapable d’en passer vingt de plus sous vos regards aveugles ? » Sa voix manque de timbre, elle ne rime à rien. Pour être honnête - lui, franc ? - il n’en sait rien. Rien rien rien. Vega, il ne la comprend pas. Elle lui échappe, elle lui file entre les doigts. Terminé les jacasseries, les mensonges faciles. La voilà qui s’engage sur un front nouveau, Thad ne la suit plus. « Jamais je ne me nourrirai de quoi que ce soit venant de votre part, et encore moins de la tienne. Je ne tiens pas à finir intoxiquée. » Détrompe-toi, Vega. Le véritable mal, c’est toi et rien que toi. Thaddeus arque un sourcil, goguenard. Si c’est le poison familial qu’elle abhorre, elle n’est pas née sous la bonne étoile. Clamer que ses valeurs sont à des années lumière de celles du clan, ce n’est que du baratin. Elle est comme eux, Vega. Si ce n’est pire. Car les O'Hara sont une meute de solitaires orgueilleux, et le louveteau meurt sans sa mère, son alpha et ses frères. Ses sifflements vains encouragent le cerbère à broyer sa tête de couleuvre révoltée.

Mais chaque chose en son temps. Une phrase pour lui cingler le visage, elle lui plaque la main contre son ventre. Le contact est froid, électrisant. Il réprime tant bien que mal sa surprise, sa main tâte avidement cette chair si semblable à  la sienne. A la recherche de quoi ? Vega le devance, larmoyante, terrifiante. « Touche mon ventre, Père. Une femme accomplie, dis-tu ? Et toi, quels mensonges serais-tu prêt à proférer pour ne pas accuser le poids de la vérité ? » Rien. Il n’y a plus rien. Ventre informe, pas une  courbe maternelle en vue. Certes. Peut-être a-t-il toujours été désert, ce ventre blanc. Il faudrait l’ouvrir pour découvrir. Thaddeus est animé d’une furieuse envie de griffer à tout rompre, de déchirer cette peau trop jeune, de plonger ses doigts dans des tripes fumantes et des boyaux sanguinolents. Il s’imagine triturer ses organes palpitants, son cœur battant. Son cœur de lâche ! Il le remplirait bien de paille, tout comme son ventre indigne. Pour combler ce vide bientôt source de tous les mépris.

Vega se décompose. Sa raison s’effrite, ses mots s’entrechoquent sans donner de sens à sa pensée. Sa conscience dérape, se noie dans un trou noir. « Je me suis fait ça. Je voulais partir, alors j’ai trouvé une formule... » Il devrait la faire interner. Oui, la boucler dans une aile de Sainte-Mangouste, ignorer ses appels et blâmer ses péchés. « ...je l’ai accompagnée d’une potion concoctée par mes soins, puis ai avalé le tout avec un grand verre de whisky pur-feu. » Etouffer ses mensonges au chloroforme, c’est ce que font les moldus dans leurs hôpitaux, non ? C’est à eux qu’on devrait livrer cette dépravée. Elle délire, elle le perd ! Une potion pour brûler ses entrailles et faire fondre un bout d’héritier ? Thaddeus lui lance des regards furieux, tente de démêler le vrai du faux dans ses mots pervers. Ses mots qu’il comprend de travers. « Depuis, adieu fertilité, bonjour liberté. » Il la toise, fou d’incompréhension. Liberté. Qu’elle prétende ne jamais y avoir goûté ! Elle, l’adolescente insatiable, la jeune femme indomptable. En épousant son Serbe, elle s’échappait du carcan familial et désignait sa nouvelle autorité. Les phrases assassines s’enchaînent et le font battre en retraite. Il ne s’écrase pas, il courbe l’échine malgré lui.

« Ingénieux ? Non, j’ai mieux. J’ai toujours été stérile et mon cher époux a fini par le découvrir. Le pauvre homme en a eu le cœur brisé.  Qu’en dis-tu ? ». Thaddeus ne croit pas aux cœurs brisés, à la foi trahie. Il croit en l’honneur entaché, à la honte engendrée. Lui aussi, aurait répudié Swan si elle s’était montrée aussi fertile qu’une terre brûlée. Il sent les ongles de Vega s'enfoncer dans sa chair, il grimace, contenant sa rage. « J'en dis que je suis un menteur comme toi tu es ma fille », qu’il se contente de souligner, d'une voix trop calme. « Une empoisonneuse, une femme… C’est du pareil au même. Tu bousilles nos vies, tu enterres ton propre nom. N'as-tu pas honte ? » Le ton monte, ne se contrôle plus. Entre quatre murs, sous son propre toit, Thad ne se censure pas. Il enrage, bouillonne devant sa fille livide aux mots entêtants.

Et puis finalement, il ne tient plus. Il voit rouge. Sa pensée défaillante donne raison à Vega. Oui, ses yeux sont aveugles, de fureur et d'orgueil. « Tu sais ce qu’on faisait aux menteurs, Vega ? On leur coupait la langue. » qu’il la menace comme une enfant. N'était-ce pas son souhait le plus cher ? Qu'il la considère comme sa fille, qu'il devienne paternel et rassurant ? Tadhg s'avance et l’empoigne par la gorge, ses doigts s’emparent de sa mâchoire, de son menton délicat. Oh oui, il lui sectionnerait volontiers cet infâme bout de chair, cet instrument de traître. « Tu l'as sans doute tué toi-même, ton Serbe. » Silence. « Et comment comptes-tu laver ton honneur, Vega ? Par de belles et vides paroles, ton charme stérile ? ». Il n’y croit toujours pas, Thad. Il n’a jamais eu vent de cette grossesse, de cet avorton qui aurait pu être son petit roi. Tout d’un coup, il se sent mutilé, dépossédé, égoïste qu’il est. Il la relâche, son emprise se mue en rougeurs qui contraste avec sa pâleur. « Pourquoi es-tu revenue, Vega ? Qu'espérais-tu de moi ? Ne me connais-tu pas ? » Il songe à ce présumé héritier, son prince crevé. Pourquoi m'as-tu fait ça ?



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Mar 13 Juin - 17:06
Long time no see
Thaddeus O'Hara ∞ Vega O'Hara


Elle avait lancé un jeu, un jeu aussi terrible et dangereux qu'une peste noire en pleine crise financière. Elle avait étouffé tout ce qui faisait d'elle un être raisonné. Déchiré son carcan poli et mesuré. Menti implacablement, comme si ses mots n'avaient pas plus d'importance que de la poudre de cheminette. Et elle lisait dans le regard écarquillé du patriarche qu'elle avait été trop loin, aussi bien en paroles qu'en actes, mais peut-être que le pire, c'était qu'elle s'en moquait. Parce que dans ses yeux à elle, ne se reflétait plus qu'une douce folie, jolie demoiselle prête à rompre. « J'en dis que je suis un menteur comme toi tu es ma fille ». Ce coup bas n'aurait pas dû pas la frapper aussi fort, cette affirmation aurait dû glisser sur elle comme un courant d'air, mais elle avait soudain l'impression d'affronter une tempête.

 « Une empoisonneuse, une femme… C’est du pareil au même. Tu bousilles nos vies, tu enterres ton propre nom. N'as-tu pas honte ? ». Honte ? Oh oui, la honte lui mordait les chairs, chaque fois que les souvenirs de son cauchemar éveillé lui revenaient. Un sentiment qu'elle avait de si nombreuses fois éprouvé qu'elle en connaissait le goût salé par cœur. Quand elle n'était pas assez. Quand elle était trop. Lorsqu'un coup tombait et que c'était elle qui s'excusait. La honte s'était lovée contre ses côtes glacées, des années durant. Pensait-il en détenir le monopole ? Il ne savait rien de la honte, n'en avait qu'une vague idée, pensait en comprendre le concept mais sa honte à lui n'était nourrie que d'une pensée égoïste. Elle ne désirait pas même s'attarder sur sa conception des femmes. Voilà des siècles qu'elle en avait pris connaissance et elle doutait qu'il en change un jour. Il était devenu trop vieux, peut-être même avait-il toujours été trop vieux, trop fier. Tiré d'une autre époque, où les hommes écrasaient chaque femme, ignorant sciemment que, sans elles, ils n'auraient pas pu exister. Elle le comprenait à présent, possédait une vision un peu différente de celle qu'il avait tenté de lui inculquer. Quant à bousiller leurs vies, de ce qu'elle se souvenait, ils n'avaient jamais eu besoin d'elle pour cela. Néanmoins, elle ne dit rien de tout cela, se contenta d'attendre patiemment, la main de son père recroquevillée contre son ventre infertile. Son regard de démente planté dans le sien, enragé, à l'éclat adamantin.

« Tu sais ce qu’on faisait aux menteurs, Vega ? On leur coupait la langue. », gronda soudain Thaddeus. Sur ses lèvres, le rire eut à peine le temps de fleurir que déjà il l'empoignait par la gorge. Ses doigts trouvèrent son menton et l'enserrèrent avec la force d'un rapace qui se saisit enfin de sa proie. Ils s'imprimèrent sur sa peau trop pâle, firent naître des larmes usées dans son regard de fillette perturbée et le souvenir d'Avery s'imposa à son esprit. Comment n'avait-elle jamais pu voir leur ressemblance ? Si frappante. « Tu l'as sans doute tué toi-même, ton Serbe. », cracha-t-il. Vega ne put s'en empêcher, elle rit et surenchérit aussitôt : « Tu m'as démasquée. Je l'ai poussé dans les escaliers. Mort sur le coup. Fragile sang-pur. ». Ses lèvres s'écartèrent, sa langue s'échappa, le nargua. Coupe-moi, si ce n'est que mensonges. Coupe, qu'on en finisse. « Et comment comptes-tu laver ton honneur, Vega ? Par de belles et vides paroles, ton charme stérile ? ». Les mots, lames affublées, l'entaillèrent, plus qu'elle n'aurait aimé l'admettre. Ses yeux clignèrent, cils-papillons. L'étreinte sur son cou se relâcha et aussitôt, le vide reprit quartier. Une sorte de désespoir aussi futile que carnassier s'empara d'elle. Vega chancela, étourdie. Il n'aurait pas dû la laisser filer. Soudain, ses doigts se tendirent en avant, attrapèrent la main souhaitant la délaisser, l'agrippèrent avec force et la portèrent de nouveau à son cou. Mes poumons ont besoin de s'asphyxier. Ça n'a aucun sens, mais rien n'en a plus. « Oh non, Père... », murmura Vega, folie incoercible, « C'est ta dernière chance. Serre. Serre, sinon tu n'en auras plus jamais l'occasion. Serre ou la prochaine fois que tu me toucheras, tu en perdras des doigts. ». O'Hara, le nom scarifié ; c'est moi qui lui ai fait ça, n'est-ce pas ? Alors, pourquoi ne pas me donner une punition à la hauteur du crime ? La menace coula de sa bouche, déferlante de poison turbide. Ne me laisses pas te parler ainsi. Serre. Ses ongles s'enfoncèrent dans la peau ridée du poignet, puis soudain elle l'écarta brusquement, se recula. Fuyant ce qu'elle n'osait pas terminer.

« Pourquoi es-tu revenue, Vega ? Qu'espérais-tu de moi ? Ne me connais-tu pas ? ». Une moue tremblante sur les lèvres, les yeux rougis, elle haussa les épaules. La naïveté était sa propre malédiction, bien plus que d'être une O'Hara. « J'espérais qu'il te restait un minimum d'affect pour ta fille. », répondit-elle en un souffle difficile, « J’espérais que le lieu que je quittais ne serait pas pire que celui vers lequel je revenais. J'espérais que les années, à défaut de t'avoir rendu clément, t'aient inculqué comment être un père. ». Ses yeux embués balayèrent le corps de son père en un jugement non dissimulé. Sa voit se durcit, ses sourcils se froncèrent et elle réalisa soudain. « Peut-être que tu es ma déception, autant que je suis la tienne. ».
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Mar 13 Juin - 23:35

Le pater familias est éreinté. Prêt à sombrer dans les bras de Morphée, à abandonner sa conscience au profit de rêves désirables. Il invoque Merlin, implore son pardon, une rédemption, une explication. Il crève d'envie de quitter cet Ifrinn, cette cuisine suffocante. L'oxygène peine à faire son chemin dans son organisme, comme alourdi par les mots déclamés, son gosier asséché hurle au secours. Honteux du spectacle, il affermit sa rage. Le retour de Vega effraie le cerbère, fait rejaillir la crainte et la peur qu'il croyait avoir éliminées. Que murmurera-t-on dans son dos, qu'entendra-t-il durant les futures réceptions ? Que sa fille est une catin indomptable, qu'il n'a pas su l'asservir comme il se doit ? Qu'avant d'offrir une jeune femme, il faut l'avoir maté et conformée à la haute société ? Qu'elle est le boomerang d'une éducation erronée ? Que les O'Hara, malgré tout l'or du monde, ne parviennent plus à honorer une bête alliance ? Adieu belles parures et faux semblants, on les méprisera comme on crache sur l'impur des bas fonds de Londres. Le divorce de Vega signe leur suicide social.

La vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants ? Cet adage vieux comme le monde gagne tout son sens. Il abandonne doucement ses positions, concède qu'un soupçon de vérité doit bien siéger dans toutes ses salades. Une fille stérile, c'est une bête inutile, nuisible à la horde, tout juste bonne à l'abattoir. Et sa riposte ne tarde pas ; « Tu m'as démasquée. Je l'ai poussé dans les escaliers. Mort sur le coup. Fragile sang-pur. ». Face à son retour, il se sent fragile, vulnérable et nu comme un ver, que faut-il faire ? Certainement pas avertir Swan, la folle serait trop heureuse de briser ses chaînes pour jouer les mères héroïques. Une dépravée à tolérer, c'est suffisant et étouffant. Mais la voilà qui revient à la charge. Elle lui prend sérieusement le chou, ou plutôt la main, qu'elle porte à sa gorge blanche, rougie par l'étreinte. « Oh non, Père... » Il se contiendra. Il résistera. Il ne la tuera pas. Il ne s'abaissera pas à cela. Sa mise à mort attendra. « C'est ta dernière chance. Serre, sinon tu n'en auras plus jamais l'occasion. » Ne te leurre pas, Vega. Un O'Hara parvient toujours à ses fins. « Serre ou la prochaine fois que tu me toucheras, tu en perdras des doigts. » Il la considère, pédant et sur les nerfs. C'est toi qui fixe les règles ? Qui prononce la sentence ? Il ne serrera pas. Un. Deux. Trois. Il expire, de furieuses pulsations battent ses tempes et lui font plisser des yeux. Elle ancre ses ongles dans sa peau et s'efface. La main libérée, il l'observe, écoute ses espoirs avortés. Père indigne, ça oui. Je ne m'en suis caché. Moi aussi, je déçois. Mais j'assure mon honneur. Je maquille mes déboires. Je considérais ma fille, je lui avais bâti un empire, c'était ça, mon affect. Ma dévotion pour toi. « Je reconnais mes torts. Je n'ai pas toujours été là pour toi. C'est ça que tu veux entendre ? Ça te console ? Tu me pardonnes ? Sa voix doucereuse est illustrée par un sourire prédateur, il la toise, enfin calme. Toi aussi, tu n'as pas le pardon facile, je me trompe ? Tel père telle fille, comme on dit. » Qu'il se plaît à lui rappeler. La mimique meurt sur ses traits, qui se creusent pour en finir. « Le résultat d'une déception, c'est qu'on n'attend plus rien d'elle. Alors, va, Vega. Je ne te retiens pas. » Ultime regard, acéré et résolu. Il désigne la porte du bout des doigts, encore brûlants du contact froid. « Mais n'oublie pas qui tu étais. » Simple prévention, prononcée d'une voix usée, sans éclat, presque éteinte. Tu as gagné cette manche, ma fille. Dégage de notre manoir. Hors de ma vue. O'Hara tu es née, O'Hara tu mourras. Sèche tes larmes, exhibe ton résidu de dignité, mime ta superbe passée. Régale la société.

Ou crève au prochain faux pas.



Ne cherchez plus mon cœur; les bêtes l'ont mangé. Mon cœur est un palais flétri par la cohue ; On s'y soûle, on s'y tue, on s'y prend aux cheveux ! - Un parfum nage autour de votre gorge nue !
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Long time no see
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