intrigue deux
the blood tournament
Impurs, we welcome you. We salute your courage and your sacrifice... and we wish you... A Happy Blood Tournament ! And may the odds be ever in your favor.


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The Last Secrets || Caitlin & Artur
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Ven 26 Mai - 20:11
"Car nous sommes tous faits de rouille et d'os"
Caitlin & Artur


Mélopée lancinante, entêtante, parfois même écœurante, qui ne cessait d'être jouée. Mélancolique partition qui s'échinait à être parcourue par le tremolo grandissant d'un pianiste branlant, comme une étrange ironie du sort qui rendait la chose bien plus grandiloquente que tragique. Brouhaha tonitruant d'idées indistinctes s’entremêlant aux sentiments acerbes d'une musique déconstruite. Ronde blanche sur croches noires qui se heurtent et se brisent dans un fracas infernal, tempêtes abyssales s'abattant sur les ondées glaciaires d'un caractère à l'abandon. Bientôt de tout cela ne reste plus rien. Plus rien si ce ne sont les tambours grondant d'un cœur qui s'échauffe et d'une âme qui s'échaude tandis que s'envolent les éclats. Cris dans la nuit qui déchirent la noirceur obsidienne pour mieux en faire brûles les colères, plus encore les fureurs qui veillent à peine au sein de leurs esprits gangrenés. Rage et enrage ces ombres qui glissent sur les vieilles pierres. Souffle et grogne en chœur ces esprits qui jamais ne trouvent la paix. C'est bien, là, le secret de ces spectres qui hantent ces lieux, aujourd'hui et à jamais.

Silhouettes furtives qui fuit la réalité, trop encrée dans ses rêveries pour ce monde à la vérité morne et dramatique. Fuite en avant, émerveillement soudain pour ce monde qu'il ne foulera jamais et qu'il a pourtant apprit à rêver. Comme un livre ouvert dont les lignes s'étendraient devant lui sans que ses yeux puissent en soutenir les écrits, comme aveuglé par une beauté qu'on ne saurait lui accorder tant le vice ronge leur sang. Perversion âcre qui donnait un goût amère à toute ces choses qu'il pouvait vouloir apprécier, aimer, envier, et qui le laissaient davantage désœuvré à mesure qu'il comprenait que rien ne lui serait jamais donné. Perdu dans les limbes de sa propre inexistence, il en oubliait presque la raison de sa venue.

Pourtant, les cris et la rage de ses aïeuls que les larges murs peinaient à étouffer finirent par le ramener là où il se devait être. D'un soupir il expulsait tout l'ennui qu'il éprouvait à l'idée de ce trouver en ces lieux, d'une expiration il se laissait tanguer sur les rives d'une expiation naïve de ses péchés autant que dès leurs. Il n'y avait plus rien à pardonner, pas plus qu'il y avait quoi que ce soit à sauver en ce troupeau d'agneaux maladifs et de vieux boucs aigris. Et, à dire vrai, s'il était encore en ces lieux ce n'était pas tant pour entendre leurs jérémiades incessantes au sujet de quelques trônes envolés et d'un pouvoir jadis convoités, mais bien parce qu'il avait depuis longtemps pris la mesure du changement qu'il devrait affronter. Il n'avait, bien sûr, jamais pensé que la tâche serait simple, mais il avait tout de même sous-estimé la tâche qui lui incombait, tant est si bien qu'il en était aujourd'hui épuisé.

Le pas lent, traînant, et lourd qui martelait le dallage antique de cette demeure faisait état de son air asthénique qui donnait à la bête de somme qu'il était un air assommé, presque alangui. Les sens endormis, comme pour ne pas s'astreindre à cet entêtante mélodie chaotique qui était reine en ces lieu, il ne prenait garde en rien et se laissait tomber au creux d'un de ces fauteuil aux airs de batraciens. Un nuage blanchi s'en élevait alors faisant danser dans les raies d'une lumière déclinante mille et une féeries poussiéreuses auxquelles il ne prêtait pas la moindre attention. Ces yeux clairs désormais clos, il pinçait avec une certaine contrition nerveuse l'arrête de son nez tout en tentant d'effacer les dernières heures de sa mémoire. Il n'y avait, de toute façon, rien à en retenir, rien à garder de ces discussions stériles qui ramenaient toujours tout à un rapport de force qu'aucun d'entre eux ne pouvaient remporter.

Fourmillant de quelques assentiments acerbes, déconcentré sur ces alentours qu'on lui avait apprit à ne jamais sous-estimé, il n'arrivait plus à concentrer assez d'attention pour remarquer qu'il n'était désormais plus seul au cœur de cette cache qu'il avait érigé en point de chute. Pas de chat, ou de loup, qu'importe le prédateur qui portait déjà sur lui un regard qu'il n'aurait su darder, et pourtant ce fut le craquement traître d'un parquet vieux comme le monde qui finit par éveiller son attention parmi ses absences. D'un sursaut, il se levait de son fauteuil, extirper à son repos de façon bien cavalière, et fit face à cet assaillant qui le jaugeait et sans nul doute le jugeait. Figure familière qui était aussi semblable à la sienne, et qui partageait autant père que mère sous ce toit délabré. Une sœur dont la présence, quant à elle, était source de bien des maux pour celui qui déjà cherchait un angle de fuite pour n'avoir guerre à la supporter.

Encore une fuite. Besoin coupable de ne pas avoir à la voir, à lui parler, à la toucher. Frissons d'un danger dont il ravalait à peine le tressaillement. Déjà, il s'avançait pour mieux la contourner, armé d'une dignité sommaire et pourtant bien calculée. Il était des secrets qu'il valait mieux ignorer et ne jamais plus réveiller, même si pour cela il lui fallait se mentir à lui-même, s'étrangler un peu plus avec les voiles tissées des cachotteries sibyllines de leurs existences.



the bloody throne - toute copie interdite


L'enfer est pavé de bonnes intentions
Et leurs pas, ébranlant les arches colossales, troublent les morts couches sous le pavé des salles. L’aube pâle a blanchi les arches colossales. Il fuit, l’essaim confus des démons dispersés ! Et les morts, rendormis sous le pavé des salles, sur leurs chevets poudreux posent leurs fronts glacés. Victor Hugo

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