intrigue deux
the blood tournament
Impurs, we welcome you. We salute your courage and your sacrifice... and we wish you... A Happy Blood Tournament ! And may the odds be ever in your favor.


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these violent delights have violent ends ㄨ winoma gardner.
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Mer 24 Mai - 23:27
Archibald échangea un regard avec son reflet. La porte ouverte de la salle de bains laissait pénétrer des airs de jazz vieillissants, musique tournoyant sur le tourne-disque old school qui ferait pâlir de jalousie tous ces joujoux de nouvelle technologie, abandonnés au profit d'un ancêtre. Une mousse blanche, élimée d'un côté, recouvrait le visage du Lancaster qui faisait sa toilette. Se raser de près. Le lion d'or était toujours propre sur lui, présentable, convenable. Ce soir cependant, aucun faux pas ne serait accordé. L'image familiale était en cause. Pourtant, il ne s'agissait rien de plus qu'une réception au Ministère de la magie. Un cocktail, comme le disait la nouvelle parole en vogue. Il aurait bien voulu éviter les mondanités, Arch. Il aimerait toujours pouvoir les éviter. Le choix n'était pas sien, pour autant. Comme la plupart des choses. Puis, il n'allait pas être dépaysé. Entre cousins et frère, le cocktail allait presque être familial. Heureusement que les invitations n'étaient adressées qu'aux membres du bureau des Aurors. Il n'aurait pas à croiser des personnes à qui poser les questions insignifiantes des premières rencontres.

Un linge vint frotter son visage frais, désormais apprêté. De nouveau, son regard tomba sur sa propre réflexion. Un visage pâle aux traits imperceptiblement tirés ; un visage illuminé lorsqu'il passa une chemise blanche autour de ses épaules élancées. Boutons fermés, une bande d'étoffe noire entoura son cou, qu'il noua de doigts agiles, habitués à l'exercice. Des boutons de manchette à l’effigie du fauve à crinière s'accordèrent au tout, tandis qu'il enfilait finalement la veste du costume, point final au déguisement de circonstance. Un dernier regard dans le miroir, accompagné d'un soupir, minime, alors qu'il réajustait d'un coup sec le smoking sur ses omoplates. Il était prêt à rentrer dans la danse mondaine, le masque impassible de sa fonction fixé sur son visage tel un portrait.

Quittant la salle d'eau, Archibald se saisit de sa fidèle baguette au bois de cèdre lissa, exempt de traces de doigts. Sans prononcer un mot, d'un mouvement rapide du poignet, il fit cesser les échos rythmés qui résonnaient encore dans son appartement, le plongeant dans un silence morne. D'un regard, il hésita un instant à se saisir de sa cape de sortie, avant de rabrouer l'idée. Inutile. La réception du soir se tenait dans l'atrium du Ministère, au cœur de la capitale. Il lui suffisait d'emprunter le réseau de cheminées pour se retrouver directement sur les lieux. Le feu crépitant dans la cheminée l'accueillit en léchant ses mocassins brillants, sans pour autant les brûler, tandis qu'il se saisissait de poudre de cheminette. Il lâcha les grains dans les flammes, qui virèrent au vert dans un tournoiement, alors qu'il annonçait distinctement :

« Ministère de la magie. »

L'ambiance ici était diamétralement opposée à celle de l'endroit qu'il venait de quitter. Musique harmonieuse de salon, obstruée par le brouhaha des conversations, par le bruit de couverts s'entrechoquant en provenance du buffet. Il eut à peine l'occasion de faire quelques pas dans l'atrium, délaissant les cheminées derrière lui, que déjà un collègue l'avait repéré. Plus âgé, bourru, pressé de faire grande impression auprès des serviables qui écoutaient sa bonne parole, il était fébrile à l'entrée de la silhouette filiforme.

« Monsieur Lancaster ! » Fichtre. Plus moyen de faire demi-tour, de tenter une bifurcation. « Quel plaisir de vous voir vous joindre à la fête. » Un délice.


Un fin sourire de modalités se glissa tout de même sur les lèvres entraînées du Lancaster, suivi de hochements de tête brefs envers chacune de personnes en sa présence, en signe de respect, après qu'ils l'aient tous salué par des courbettes plus futiles les unes que les autres. La danse des conversations était lancée. Maître en la matière, Archibald n'eut aucun mal à jouer le jeu des babillages, des réponses satisfaisantes, de l’intérêt faussé pour amadouer les plus résistants. Jusqu'à ce que ces interlocuteurs soient assez rassasiés de sa présence, trouvent un autre sujet digne de leur curiosité. Un autre Lancaster, par exemple. Parfait.

Ses pas, mesurés, arpentèrent le cœur du Ministère en évitant d'entrer en collision avec un autre groupuscule, pendant que ses yeux observaient avec attention la scène qui se jouait devant eux. Le véritable intérêt d'une telle soirée, il l'ignorait. L'officiel était de nouer des liens plus étriqués entre membres d'un même département. Une jeune femme habillée de noire, portant un plateau, lui proposa une boisson sans oser croiser son regard. Il se saisit d'une flûte d'un liquide ambré qui laissait s'échapper des bulles dorées de son réceptacle, sans un remerciement. Ce n'était pas coutumier, pour lui. Une gorgée glissa le long de son œsophage, coup fatal, occasion toute trouvée pour qu'on l'agrippe des griffes d'une nouvelle discussion chiatique.

« Quand on parle du loup... Ou en l'occasion, du lion. » Rires gras bien que châtiés, polis pour ne pas vexer. Voix d'une femme qui l’agaçait d'ordinaire, qui n'allait pas remonter dans son estime, ce soir. « Miss Wright. » Un salut diplomate, sa gorgée avalée. « J'étais justement en train de vanter les mérites des Lancaster au service des Aurors. » Étonnant. « Votre famille est une grande source d'inspiration, surtout pour les apprentis qui nous rejoignent. »


Dans sa déclamation, elle désigna une jeune femme qui était jusque-là passée inaperçu aux yeux d'Archibald. Perdue entre deux carrures imposantes, elle détonnait dans l'endroit qui les entourait, bien qu'elle semblât être en toute maîtrise de soi. Sa silhouette menue et ses yeux de biche l'auraient plutôt fait passer pour la nouvelle femme d'un de ses sexagénaires en crise que pour une future Auror. Pourtant, le Lancaster était le mieux placé pour savoir qu'il ne fallait pas juger quelqu'un sur son apparence. Il doutait fortement, cependant, qu'elle voue une passion dévouée à sa famille, comme semblait le sous-entendre la Wright.

« Vraiment ? J'aimerais bien entendre de la demoiselle en question ce qu'elle en pense réellement. »

Silence gêné, bien qu'il n'ait pas parlé sur un ton provoquant. Il était sincèrement curieux de connaître la vérité, sans se douter une seconde qu'il pouvait potentiellement la mettre dans l'embarras.
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Jeu 25 Mai - 0:40


t'es douée pour faire semblant, toi, faire semblant que tout va bien, faire semblant que tu t'amuses, faire semblant qu't'aimes quelqu'un. mentir, jouer un rôle, la comédie, appeler ça comme vous l'voulez. t'es douée pour ça, c'est tout. tous les jours tu mens, tous les jours tu dis noir quand tu penses blanc, tous les jours tu fais croire qu'tu sais pas, qu'tu sais plus, qu'ça t'reviendra. qu't'avais trop bu, qu't'avais pas vu. et tous les jours on t'croît, on t'croît parce que t'es douée, on t'croît parce que tu sais y faire quand quelqu'un est récalcitrant. on t'croît parce que t'as qu'dix neuf ans, on t'croît parce que t'es trop une enfant, on t'croît parce que t'es trop supérieure, trop sûre de toi. même toi tu s'rais capable d'finir par te croire. et chaque fois qu'ta mémoire t'joue des tours, chaque fois qu't'oublies qu'tu mens, tu t'retrouves devant ton miroir, comme maintenant. cassée, bancale, paradoxale. idiotie qu'est l'cerveau, idiotie qu'a pu être l'alcool.
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come on let it go


et t'es là, wins, beauté enfantine dans ta robe de soirée, robe d'circonstance, robe qu't'avais oublié. d'un bleu pâle, d'un bleu fatale. c'est erin qui l'a choisi, erin qui t'a accompagnée faire les boutiques pour qu'tu sois parfaite pour cette soirée. erin qui a fait d'toi cette enfant parfaite, cette enfant qu'on veut être. ta cousine a toujours eu un chic fou pour t'habiller, pour faire d'toi la gardner qu'tu dois être. pas qu'tu saches pas comment faire pour être propre sur toi, mais c'est vrai qu't'as sauté dans des flaques de boue, quand les autres avaient l'regard tourné, et qu'tu t'es salie, parfois. mais ce soir, ce soir t'as pas l'droit à l'erreur. ce soir, y'aura tout l'gratin qu'tu t'farcies habituellement lorsque tu suis ta formation, tout c'gratin mondain qu'tu côtoies en partie d'puis ta naissance, tout c'gratin qu't'as clairement pas envie d'voir ce soir. et ce soir, ce soir encore, tu vas faire semblant, dire qu'tout va bien, qu'tout s'passe bien, qu'abraham lancaster est très bien, qu'ta formation s'passe bien et qu'rien n't'empêche d't'épanouir. tu mettra des visages sur des noms, t'associeras personne et anecdotes, tu refusera l'alcool qu'on te proposera et tu lâchera un sourire quand t'aura juste envie d'partir. faire semblant, tout l'temps.

t'es dans c'jour bancale, c'jour où tu sais pas trop qui t'es, mais pourtant, là, face à ton miroir, t'es prête. t'y as pensé, repensé, et t'es prête à affronter c'monde. ta brosse se glisse une dernière fois dans tes cheveux, tu vérifie une dernière fois qu'ta robe est bien mise, qu'tes joues sont suffisamment roses, qu't'es suffisamment jolie. anthea est déjà partie, elle t'as laissé soigner ton entrée, t'as laissé soigner ta présence. t'as tout d'même rendez-vous dans pas longtemps, tu dois pas arriver en retard, il en va de ta crédibilité. t'es trop jeune, wins, trop jeune, et t'es une gardner, une traître à la couronne. t'as envie d'tous les buter, ces lancaster, envie d'prendre leur place, d'les laisser pour compte. des lions, des fauves, mais pas invincible, tu l'sais. comme on dit chez toi, never a failure, always a lesson. t'as appris d'tes erreurs, appris d'ces choses qui auraient pu t'faire tout perdre, et t'es prête à t'battre pour le prouver.

et tu te retrouve, là, p'tite chose perdue, p'tite chose qui écoute, qui écoute, qui écoute. mais qui sait pas, au fond, qui sait pas. tu comprend pas tout, tu fais attention à rire quand il faut pourtant. on t'a présenté des gens, personne d'bien intéressant, et t'attend qu'la soirée s'finisse, ou qu'l'ambiance change, que quelque chose arrive. tu vois jaden de loin, tu vois anthea. ils s'débrouillent bien, eux deux, faut dire qu'ils savent y faire. toi, tu fais ta réelle entrée dans l'monde, ces temps-ci, alors faut qu'tu fasses bonne impression. pour autant, t'es assez discrète, entourée d'un groupe d'personnes qui parlent, qui parlent, qui parlent encore. t'écoutes pas trop, puis y'a cette voix qui s'lève, cette voix qui retient ton attention. nouvelle, polie, masculine. un r'gard en l'air et tu t'retrouves face au plus beau salaud qu't'ai bien pu rencontrer. enfin, salaud, t'en sais rien, en soit, tu l'connais pas. mais tu reconnais ces traits tirés, tu reconnais ses traits tirés, pour l'avoir déjà aperçu il y a quelques années. archibald lancaster, qu'il s'appelle. tu l'connais d'loin, tu l'as jamais vraiment côtoyé. t'es même pas certaine qu'il sache qui t'es, toi.

tu comprend vite qu'on parle d'toi, d'toi et d'ta formation, probablement d'abraham également. ton mentor, celui qui t'apprend. si certains auraient été ravis d'être à ta place, toi, tu sais pas quoi en penser. quand on est une traître, on s'fait petites sur nos opinions. pourtant, il semblerait qu'ce soir, t'as pas l'choix. si t'es pas spécialement à l'aise intérieurement, pour autant, en apparence, tu paraît assurée. on t'a toujours apprit à l'être, alors tu l'appliques. ta tête est haute, ton regard n'évite pas les autres, au contraire.

« je dois reconnaître que c'est dur, évidemment. » t'as même pas réfléchit à la réponse que t'allais donner qu't'as déjà commencé à parler. automatisme inculqué dès ta plus tendre enfance, winoma. « apprendre un métier, d'autant plus celui d'auror, est toujours une tâche compliquée. néanmoins, je dois reconnaître que l'enseignement que l'on m'inculque est particulièrement bien menée. il est plaisant de voir une telle passion envers une carrière. » mots clairs, mots concis, mots supérieurs. est-ce que tu mens, est-ce que tu dis la vérité ? même toi tu saurais pas dire. tu l'détestes, évidemment, si ce n'est pour son attitude, c'est au moins pour son nom. mais tu dois reconnaître qu'abraham, il connaît son métier. il sait c'qu'il t'apprend, c'qu'il vous apprend, à elijah et toi. alors, si une partie de c'que tu viens d'dire t'donne envie d'gerber, tu dois bien avouer qu'c'est pas l'cas pour tous les mots s'étant échappés d'tes lippes.
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Ven 26 Mai - 1:41
Elle se tenait là, devant lui, l'incongrue. Droite de prestance, dans sa robe bleue qui faisait ressortir le marron de ses boucles, le rosé de ses joues et se mariait à l'azur de ses yeux qui ne le lâchaient pas du regard. Aucun cillement, alors qu'elle lui répondait sans détourner le regard du sien, et qu'il le soutenait, évidemment. Malgré lui, un sourire se faufila jusqu'aux lippes du Lancaster, alors qu'il dissimulait son intérêt derrière une gorgée de son whisky amélioré. Ceux qui les entouraient avaient cessé leurs discussions pour entendre la réponse de l'apprentie, qui ne se fit pas prier pour faire part de son ressenti. L'entraînement était des plus ardu, c'est ce que les oreilles d'Archibald perçurent de la voix posée de la demoiselle, qui continua sur sa lancée, terminant sur la passion que représentait la profession. Archibald recula le verre de ses lèvres après sa gorgée, tandis qu'il acquiesçait à ses paroles d'un mouvement de la tête. Elle était restée plutôt superficielle, dans son exposition de ses pensées. En soit, elle avait répondu exactement ce qu'on attendait d'elle, sans se mouiller. Pourtant, le lion percevait qu'il y avait encore tellement plus à en apprendre, à entendre.

« Qui s'occupe de votre enseignement, par ailleurs ? » Car certes, on vantait les mérites des Lancaster lorsqu'il était arrivé, mais on vantait toujours leurs mérites lorsqu'il débarquait quelque part. Comme par hasard. Son mentor aurait très bien pu s'avérer être un membre d'une autre famille, qu'en savait-il ? « C'est votre frère, monsieur... » Une voix hésitante qu'il ne reconnut que trop bien.

Un sourcil haussé se dirigea en la direction de Miss Wright, qui venait de s'adresser à lui. Elle ne continua pas sa phrase, comprenant qu'elle venait d'interrompre une question qui ne lui était pas directement adressée. D'un simple regard, Archibald lui avait fait comprendre qu'il n'appréciait pas du tout cette intrusion. À quoi cela servait-il de faire les présentations, si elle répondait à la place de la concernée ? Néanmoins, il ne s'attarda pas sur l'incident, et reporta son attention sur la jeune femme, tandis que les autres resserraient leur emprise sur leurs verres, aux aguets.

« Abraham... », lâcha-t-il en faisant tournoyer distraitement le liquide ambré entre ses doigts. Signe de réflexion. « Passionné, il l'est, c'est certain. Nul doute que vous ressortirez de votre apprentissage avec le meilleur des bagages. » Arrêt du tournoiement, comme du fil de sa pensée.

Le pensait-il réellement, d'ailleurs, ce qu'il venait de déclarer ? Le doute était possible. Il échangea avec l'inconnue un regard qui en disait long. Toi et moi, on se comprend, on joue le même jeu parmi ces gens.

« Je vous plains, tout de même... », ajouta-t-il, l'air de rien. « Entourée de Lancaster durant le jour, voilà qu'on vous en impose un de plus ce soir. »

Les respirations se retinrent, jusqu'à ce qu'un coin de ses lèvres s'étirent en un goguenard sourire. Une plaisanterie. Les rires s'élevèrent comme prévu, bien que tout ce qui importait à Archibald était la réaction de la nouvelle venue. Une réponse, dans le meilleur des cas. Qui ne vint pas. Un tintement de couvert contre le cristal vint mettre fin à la conversation qui annonçait seulement de devenir intéressante. Un toast. Les regards se tournèrent vers le trouble-fête, excepté celui de l'homme qui restait intrigué par la menue devant lui. Peut-être, car elle lui rappelait quelqu'un avec trop de véhémence.

« Chers Membres du Ministère, chers collègues, ... » Bla. Bla. Bla.

Encore une tirade répétée avec brio, remplie de mots qui sonnaient creux, qui revenaient dans chaque proclamation, auxquels le Lancaster ne prêtait même plus d'attention, après autant d'années. Les personnes qui l'entouraient jusqu'à présent se décalèrent, se resserrèrent pour ne manquer aucune miette de ce discours sans saveur, alors que lui-même se déplaçait dans la direction opposée. La débutante oscillant entre suivre la foule ou le reclus. Il décida donc de trancher la décision pour elle, et repris la parole, sans se soucier qu'un homme était en train de déclamer quelques mots non loin d'eux.

« Il ne me semble pas avoir entendu un nom à associer à votre visage. » Il connaissait pas mal de monde, Archibald, et n'oubliait jamais un prénom. Il s'en serait souvenu, s'il avait déjà conversé avec elle. « Archibald Lancaster », ajouta-t-il finalement, par simple politesse, par devoir d'étiquette. « Bien que j'imagine que vous l'avez saisi depuis longtemps. »
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Mar 30 Mai - 11:47


On t’a toujours appris à te tenir droite, à jamais trop en dire, à jamais trop en faire. Fallait qu’tu sois parfaite, winnie, petite chose fragile dont on devait être fière. Il fallait que les autres aient envie d’être toi, il fallait que tu sois à la hauteur de la pureté de ton sang. C’est pour ça que ta présence à cette soirée n’est pas facultative, pour ça que tu fais attention à tout et n’importe quoi. Il faut que tu sois attentive, Winoma, que tu sois certaine de ce que l’on te dis, de ce que tu dois dire. Pour autant, on te laisse rarement la parole. Probablement dû à ton jeune âge, d’ailleurs. Comme si une fillette de seulement dix-neuf ans pouvait avoir un quelconque avis fondée sur quoique ce soit ? Ah, s’ils savaient. S’ils savaient que tu n’es pas si innocente qu’il n’y paraît, s’ils savaient que ton avis est bien tranché, s’ils savaient que tu retiens la bête qui sommeille en toi du mieux que tu le peux. Tu les trouve agaçant, ces gens, ils pensent tout savoir alors qu’ils ne savent rien. Toi, Wins, t’es une Gardner, t’as du sang pur. Mais regardez Miss Wright, par exemple, qui se permet de répondre à la question du jeune Lancaster. Question qui, bien sûr, t’es adressée à toi, et uniquement toi. Regardez la, cette Miss Wright, qui d’un regard de l’homme, se ratatine sur elle-même. Elle n’est rien, et elle en a conscience.

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Ça t’amuse, toi. De les voir, ces gens qui se sentent si importants, alors qu’au final, entouré de personnes comme le Lancaster et toi, ils ne sont personnes. Alors t’esquisses un sourire, tandis que ton attention reste sur l’homme face à toi. T’as pas forcément l’temps d’en placer une, mais peu importe. Ce qu’il te dit t’amuses également. Ses mots sonnent faux, à peu près autant qu’les tiens. La comédie, qu’vous jouez. Que d’la comédie. Mais est-ce réellement possible que ça soit autre chose, vu l’monde dans lequel vous avez évolué, dans lequel vous avez grandis ? Sales gosses privilégiés qui, pourtant, se retrouvent dicté les moindres faits et gestes qu’ils pourraient avoir. Et encore, t’as bien conscience que ça doit être pire pour lui, qui est directement issu de la famille royale. Quoique, en tant que Gardner, faut avouer que t’es pas mal scrutée également. T’es une traître, après tout, c’est normal. Tes parents, tes oncles et tantes, tes grands parents… Ils t’ont tous conditionnés à faire ce que l’on attendait de toi, ils t’ont tous conditionnés pour que personne ne doute de toi, de ta sincérité, de ta loyauté envers la couronne – loyauté qui n’existe pas, soit dit en passant. Ce qui fait que tu te retrouves dans ce genre de situation, à jouer un rôle, celui de Winoma Gardner, alors qu’en réalité tu n’es que Winnie, une fille qui n’a rien de plus qu’une autre. Banale, comme t’aimes à le dire.

Est-ce que tu regrettes d’avoir du sang pur ? Non, pas vraiment. Bien sûr, à certains moments ce n’est pas évident. T’aurais aimé être plus discrète, pouvoir ne pas avoir le regard des autres sur toi. T’aurais aimé que ta vie ne soit pas ainsi dicté, que tu puisses péter un câble en publique sans que personne ne dise quoique ce soit. T’as jamais connue la vraie tranquillité, t’as jamais pu ne pas t’inquiéter de ce que les autres pensaient de toi. Mais ça va, ça te va, c’est pas si grave. T’en survivra, et ça t’a apporté des bonnes choses, également. Ça t’apporte le regard du Lancaster, et ça, ça te fais rire. Non pas que ça soit comique en soit, simplement que t’as conscience qu’il ne sache pas qui t’es, et que ça rend ta soirée bien plus intéressante. C’est drôle, de jouer les anonymes.

Quoiqu’il en soit, tu te désintéresses assez vite de la conversation. Lancaster vient de faire une blague, si on peut appeler ça ainsi, et au même moment, un homme rondouillet a voulu porter un toast. Un véritable débat a alors pris place en toi : rester, ou fuir ? Tout le monde s’est désintéressé de ta petite personne, chose qui ne te déplaît pas soit dit en passant, et rien ne te retiens désormais vraiment à cette célébration. Anthea et Jaden sont bien trop occupés pour s’occuper de toi, et si ce n’est eux, tu n’as pas vraiment d’amis ici. Alors tu pourrais aussi bien fuir, ça serait presque plus malin, plus simple aussi. Moins de tracas. Tu commences même à faire un pas vers l’arrière, prête à détaler, quand tu te rends finalement compte que tout le monde ne s’est pas désintéressé de toi. Et le voilà qui déclame son nom, comme s’il avait besoin de le faire, comme si tout le monde ici ne savait pas déjà qui il est. Archibald Lancaster, quel nom idiot, qui plus est.

« En effet, il ne me semble pas que nous ayons été dûment présenté… » Ta voix enfantine se fait assurée, comme on t’a toujours demandé de l’être. T’hésites presque un peu à lui répondre, t’hésites presque un peu à vraiment lui répondre. « Winoma Gardner. Ravie de faire officiellement votre connaissance. » Tu t’étends pas, ça fait bien longtemps que t’as arrêté de trop parler. L’étiquette, tu la respectes toujours à la lettre, mais tu dois bien reconnaître que ça n’est pas ta tasse de thé.

L’étiquette te hurle d’ailleurs de rebondir, de profiter de cet instant pour lui parler, voir qui il est, voir si, qui sait, tu ne pourrais pas te servir de lui pour aider les Gardner à réaliser leur but. Pour autant, la seule raison pour laquelle tu restes là n’a rien d’intéressée. En réalité, la seule raison pour laquelle tu restes là, c’est parce qu’il t’intrigue, ce Lancaster.

« Je trouve d’ailleurs étonnant que nous ne nous soyons jamais croisé auparavant… Mais j’imagine qu’il faut une première fois à tout. »


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