intrigue deux
the blood tournament
Impurs, we welcome you. We salute your courage and your sacrifice... and we wish you... A Happy Blood Tournament ! And may the odds be ever in your favor.


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Dim 14 Mai - 1:31
The Revenant
Ciaran O'Hara ∞ Vega O'Hara

Pour quiconque connaissait un minimum Vega à Poudlard, ne serait-ce qu'à travers les rumeurs agitées qui traversaient les couloirs glacés de l'école, chacun pouvait affirmer que médicomage n'était pas la profession dans laquelle il l'aurait imaginé travailler. Peu de compassion, des paroles acerbes, ses talons claquaient contre la pierre à un rythme militaire ; personne ne restait indifférent à sa présence. Certains la craignaient – n'osaient pas même croiser son regard – ou l'enviaient, elle et ses privilèges, elle et sa présence magnétique, d'autres la méprisaient, ne songeaient qu'à de douces vengeances ou la jalousaient. Parfois, il y avait même jusqu'à de la haine, profonde et viscérale, envers cette jeune femme qui ne connaissait rien à la vie et qui manquait cruellement d'humanité. Alors, médicomage ? Si elle restait l'une des élèves les plus douées de sa promotion dans certaines matières, cela n'empêchait pas le fait qu'elle n'avait aucune des qualités requises pour devenir médicomage, non.

Pourtant, elle avait choisi de suivre cette voie très tôt dans sa scolarité. Presque une évidence, ce n'était pas l'idée de sauver des gens qui l'avait attirée, ni même le fait d'apporter sa contribution à une société en mal de bons samaritains ; elle, ce qui l'avait aussitôt motivée, c'était la pensée qu'elle puisse détenir un pouvoir de vie ou de mort sur ses patients. Si elle ne maniait pas correctement sa baguette – un petit coup trop vif à droite, une étincelle rougeoyante de trop – la mort pouvait aussitôt survenir. De même, elle détenait sur la famille des patients un contrôle quasi-total : parfois, pour sauver un de leurs proches, un père ou une sœur était capable des plus viles actions et Vega avait toujours été fascinée de cette possible influence dont elle pourrait user et abuser, et une fois en poste, s'était toujours délectée de cette domination complète sur autrui. Médicomage ? Une fois sa blouse vert citron enfilée, elle devenait leur déesse ; on la suppliait de les aider, de les sauver. Et chaque fois, elle s'exécutait avec brio, alors on l'acclamait, l'admirait. Oh, comme elle s'était repue de cette gloire sanglante, de ce pouvoir affreux qui lui donnait tant de puissance douce-amère.

À présent, elle la ressentait encore, cette soif de pouvoir, ce besoin de jouer à la grande faucheuse clémente. En revanche, ce qui était nouveau, c'étaient les remords qu'elle pouvait éprouver. Les hésitations. Quand elle s'était rendue à l'hôpital en Serbie, comment aurait-elle réagi si on avait décidé de jouer ainsi avec sa vie ? Avec celle de sa fille ? Et ce, pour une simple question d’ego ? Vega repoussa aussitôt ce flot de questions. Elle ne pouvait pas se permettre d'y réfléchir, ni au boulot, ni à aucun autre moment. Jamais.

Elle prit une profonde bouffée d'air aseptisé, nettoya ses pensées des fantômes d'un passé trop récent, puis poussa la porte de la chambre où son patient l'attendait déjà, assis sur un de leurs lits au matelas bétonné et aux draps immaculés. Énième patient de son début de soirée. Bien souvent, à ce stade, sa ronde quotidienne des blessés lui permettait de se mettre en mode pilotage automatique. Aussi, elle lui lança un bref coup d’œil, nota qu'elle allait avoir à faire à un jeune homme, probablement la vingtaine, puis se pencha de nouveau sur le dossier que lui avait tendu une infirmière avant qu'elle n'entre. « Bonsoir, je suis la médicomage O'Hara. Je vais vous prendre en charge à partir d'ici. », se présenta-t-elle machinalement d'une voix ferme, tandis que son regard glissait le long de la première page. Ses yeux trouvèrent aussitôt la raison de son passage ici – blessure obtenue lors d'un match de Quidditch. Un grand classique. Puis, l'âge, la gravité de la situation, le district d'où il venait, le prén-

Elle eut l'impression de recevoir un stupéfix en plein dans les dents. Ses doigts, soulevés juste au-dessus du coin cartonné, prêts à tourner la page, s'immobilisèrent en l'air. Une raideur s'empara de son dos, de ses épaules et elle se retrouva bientôt incapable d'esquisser le moindre battement de cil. Une onde de choc puissante la frappa au cœur et seules ses pupilles se mouvèrent, un léger soubresaut vers la droite, pour vérifier ce qui lui apparut aussitôt comme la vérité. Le nom, sonorité familière aux voyelles suaves, s'accrocha à sa peau, s'y encra, reprit sa place dans sa poitrine avec la violence d'un ouragan. O'Hara. Ciaran O'Hara.

Brusquement déchirée par l'envie de relever derechef le visage pour se confronter au présent, pour admirer ce qu'était devenu celui qui avait toujours été l'objet de son admiration la plus dévolue, elle demeura néanmoins paralysée. Elle n'osait soulever le menton vers celui qu'elle avait abandonné, des années plus tôt, affronter une part d'elle-même à qui elle s'était présentée avec une froideur qu'elle ne réservait jamais aux siens. Terriblement effrayée, parce qu'il n'avait toujours rien dit et qu'elle ne bougeait pourtant plus depuis près d'une minute. Il sait, bien entendu. Et je sais.

Avec l'horrible sensation de se jeter du haut d'une tour, elle finit par relever les yeux et croisa les siens, qu'elle se rappelait rieurs, malins, un peu fourbes aussi, comme tout O'Hara qui se respecte. Aujourd'hui, son regard était celui d'un étranger ; il n'y avait ni joie, ni fourberie, peut-être juste une accusation muette, qui la mettait au défi de dire quoi que ce soit. Ses doigts tremblèrent et elle reposa sa main sur le dossier pour les stabiliser. Ses lèvres s'entrouvrirent, paroles délicieusement banales sur le bout de la langue, mais sa gorge était tellement sèche qu'aucun mot n'en sortit. Elle déglutit, une fois, deux fois, puis se lança de nouveau. « Ciaran. ». Le prénom, doux murmure, semblait provenir d'une autre bouche que la sienne. Une voix aussi douce, aussi fragile, n'aurait pu lui appartenir. Pourtant, quand elle ajouta « Je suis contente de te voir. », avec l'horrible impression de se payer sa tête, elle put constater avec horreur que cette voix vulnérable lui appartenait bel et bien et que, si les mots prononcés étaient d'un ridicule après dix années d'abandon, l'émotion restait toutefois intacte, forte et vibrante de sincérité.
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Lun 15 Mai - 2:41
(vegan) the revenant.
Let the rain wash away all the pain of yesterday I know my kingdom awaits and they've forgiven my mistakes I'm coming home.
Il avait vu le cognard le heurter de plein fouet, le faisant chuter de son balai. Il sentait déjà le sang couleur de son nez, la douleur lancinante au niveau de son bras et de son flanc droit. Il n’avait pas eu besoin de lever la tête pour savoir qui avait dirigé l’affreuse créature (oui, créature, ces choses étaient vivantes, et démoniaques) vers lui. Arès, et son foutu sourire en coin à peine dissimulé. Il allait l’anéantir dès le prochain entraînement. Tout ça parce qu’il avait malencontreusement renversé du café sur son équipement le matin dernier. La douleur l’empêchait malheureusement de lui lancer un regard noir, mais l’intention était là. Le reste de l’équipe se ruait déjà vers lui. J’ai pas fait exprès lança Arès. Mais oui, bien sûr. Ils se posèrent les uns après les autres sur le sol aux côtés du jeune attrapeur. Merde Max est pas là aujourd’hui Of. Fucking. Course. Arès avait bien choisi son jour, celui-là même où le guérisseur de l’équipe était en stage à l’autre bout du pays. Il leur avait bien dit de faire attention cette semaine, parce qu’en cas de blessure… Il faut l’emmener à Ste Mangouste. Les joueurs étaient tous relativement de mauvais sorciers. Ou en tout cas pas assez bons pour réparer un bras en miettes et une côte cassée. Ce n’était pas la première fois que ça lui arrivait, après tout, la relation conflictuelle entre Arès et Ciaran ne datait pas d’hier et avait déjà eu le temps de faire des ravages. Mais c’était la première fois que sa côte était touchée, et l’adrénaline coulant jusqu’alors dans ses veines commençait à refluer, lui arrachant un gémissement. Il ne lui fallut pas plus qu’un transplannage pour lui faire perdre connaissance.

Lorsqu’il se réveilla, il se sentait déjà mieux, malgré une mangue pâteuse et le goût amer d’une potion anesthésiante au fond de la bouche. Il jeta un œil à la fenêtre, il faisait encore jour, mais plus pour longtemps, le ciel commençant à s’assombrir, les premières étoiles faisant déjà leur apparition. Portant sa main à son visage pour se frotter les yeux, il constata sans surprise que son bras était en parfait état. Rien d’étonnant quand on savait que réparer une jambe ou un bras pouvait se faire chez soi en tout sérénité si on savait s’y prendre. Ce qui n’était visiblement pas le cas de ses coéquipiers. Bande de bons à rien. Quoiqu’il n’aurait sans doute pas fait mieux. Sa côte cependant le fit grimacer lorsqu’il se redressa dans le lit. L’anesthésiant et ses effets commençaient à se dissiper, laissant la douleur reprendre possession de son corps engourdi.

Il n’eut même pas à appeler le médicomage, celui-ci, ou plutôt celle-ci, entrant dans la pièce au moment où il s’apprêtait à se manifester. Elle lui lança un regard rapide avant de reporter son attention sur son dossier. Ciaran ne put s’empêcher de l’observer attentivement. Elle était absolument magnifique, il n’avait pas besoin de tergiverser pour en arriver à cette conclusion. N’importe quel homme aurait dû la trouver attirante. Sauf lui. Il soupira silencieusement. Pourquoi ne pouvait-il pas être comme les autres ? Elle devait avoir l’habitude qu’on lui fasse des avances. Peut-être s’y attendait-elle ? Etait-il censé lui faire une remarque salace pour cacher l’absence d’attirance ? Mais lorsqu’elle releva le nez de son dossier et que leurs regards se croisèrent, les pièces du puzzle s’assemblèrent d’un seul coup. Vega. Vega. Vega. Que faisait-elle ici ? Il avait eu vent d’un vague retour mais il avait cru comprendre qu’il n’était que temporaire, rien de suffisant pour l’alarmer. Il avait dû mal comprendre. Visiblement. La révélation s’était faite pour elle aussi visiblement, mais contrairement à lui, elle reprit vite ses esprits, son visage se refermant presque immédiatement. Ciaran, son prénom roula sur sa langue, résonnant dans  ses oreilles pour la première fois en près de douze ans. Il avait fini par oublier le son de sa voix, les traits de son visage, la douceur de son regard. Je suis contente de te voir. Ciaran arqua un sourcil, dubitatif. Aussi vite que son cœur s’était rouvert, ravivant de vieilles blessures, il se referma. Les murs se rebâtirent aussi vite qu’ils étaient tombés. Si elle pensait que ça serait aussi simple, qu’il allait tirer un trait sur dix années d’abandon comme si de rien n’était, elle se trompait. S’il avait réussi à oublier la rancœur, elle était toujours présente, dans un coin de sa tête, au fond de son cœur, l’alourdissant considérablement bien malgré lui. Il soupira et pinça les lèvres sans jamais détourner le regard. Si t’avais eu envie de me voir t’avais qu’à venir, je vis toujours au district 3 aux dernières nouvelles, répliqua-t-il, amer. Cinglant, il avait appris à ne pas passer par quatre chemins lorsqu’il s’agissait des O’Hara. L’art de la fuite coulait dans leurs veines et laisser rien qu’une possibilité de sortie à un cerbère revenait à le laisser gagner. Peu se rendaient compte de la dextérité avec laquelle les O’Hara pouvaient détourner un sujet qui ne les arrangeait pas à la moindre perche tendue. Une joute verbale entre deux membres de la famille était donc toujours un régal rhétorique, ou au contraire une démonstration de langue de bois plus que maîtrisée. Ciaran finit par baisser les yeux quelques instant, acte de faiblesse qui lui couterait surement cher par la suite, avant de les reporter sur Vega, le regard dur, décidé. Que ça soit clair, une fois cette côte réparée, ce sera comme si je ne t’avais jamais revue. Il appréhendait cependant déjà le moment où elle poserait ses doigts sur son flanc, contact encore trop familier à son goût. Il n’avait encore jamais réalisé à quel point elle avait pu lui manquer. Peut-être regretterait-il les mots qu’il venait de prononcer. Il n’aurait qu’à mettre le feu au balai d’Arès pour s’assurer un aller simple à Ste Mangouste avec une blessure suffisamment grave pour que Max ne puisse pas gérer la situation. Oui, c’était un bon plan, si jamais elle se montrait à la hauteur de ses attentes. Ce dont il doutait. Après tout, de tous les O’Hara, c’était elle qui l’avait le plus déçu.
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Dim 21 Mai - 2:56
The Revenant
Ciaran O'Hara ∞ Vega O'Hara

Les portes devaient s'être ouvertes pendant sa minute d'absence, brisées par des flots de souvenirs qui avaient inondé la petite pièce. Et maintenant, elle avait l'impression que son corps, de ses orteils jusqu'à sa gorge, se retrouvait immergé dans de l'eau glacée et putride. Elle se sentait ankylosée, incapable d'ordonner à ses mains de se mouver – de venir le toucher, pour s'assurer que cette apparition était bien réelle – ou à ses jambes de se mettre en marche, pour la pousser à courir et fuir loin de cette tragédie en devenir.

Comme un goût de cendres en bouche, prisonniers fatals d'une vieille photographie en argentique, piégés dans un morceau de temps amer. Ce n'était pas ainsi qu'elle imaginait leurs retrouvailles. Dans les scénarios qu'elle avait montés de toutes pièces dans son esprit fragile, elle trouvait les mots justes pour lui expliquer, pour lui faire comprendre. La base de ses arguments était en béton armée et leur pointe, assez aiguisée pour venir le toucher en pleine poitrine. Elle le serrait dans ses bras et il ne ressemblait pas à celui qui lui faisait stoïquement face aujourd'hui. Plus jeune, le visage encore arrondi des derniers vestiges de l'enfance ; dans ses scénarios, jamais elle n'était partie aussi longtemps que dans cette réalité qu'elle devait soudain affronter, sans y être vraiment préparée.

Aussi, les mots étaient sortis, bruts, déplacés. Atrocement banals dans ce contexte des plus chaotiques. Et la réponse ne tarda pas à pointer le bout de son nez, aussi tranchante que ce à quoi elle pouvait s'attendre. « Si t’avais eu envie de me voir t’avais qu’à venir, je vis toujours au district 3 aux dernières nouvelles. ». Une évidence douloureuse pour celle qui avait délibérément ignoré la maison familiale. Du moins, la plupart du temps. Elle s'y était rendue à trois reprises, au cours de ces presque-deux dernières années mais Ciaran avait brillé de son absence – un retour de manivelle pour elle, qui avait tant excellé en la matière.

Elle baissa les yeux, une poignée de secondes, incapable de soutenir celui trop direct de son jeune frère, puis avoua doucement : « Je m'y suis rendue, quelques fois, mais tu n'y étais pas et... ». Elle, qui se vantait de former de si jolies phrases, de toujours détenir le pouvoir par les mots, s'arrêtait maintenant en pleine semi-excuse, sans savoir comment agencer les mots pour qu'ils expriment ce qu'elle souhaitait transmettre. Elle humidifia ses lèvres sèches, fit rouler une épaule nerveuse, puis releva les yeux avec un léger sourire au coin de la bouche. « Et puis, tu connais les parents, non ? Ils ne sont pas satisfaits de mon retour. Ils ne veulent pas me voir au manoir. ». Leur bricoler – ou plutôt leur rappeler – un point commun aussi flagrant que celui des parents était désespéré mais elle ne mentait pas. Elle avait conscience que cela n'excusait en rien son comportement, ni le fait qu'elle n'ait pas essayé de reprendre contact avec lui plus tôt, mais elle ne pouvait avouer la vérité nue ; si Vega n'avait pas cherché à le revoir, c'était parce qu'elle avait été terrifiée de ce qu'elle retrouverait à la place de son petit frère. Non seulement de l'accueil qu'il lui réserverait, mais également de la façon dont il avait pu tourner. Elle se rappelait elle-même de celle qu'elle était à son âge et elle n'accordait aucune confiance à sa famille dans l'éducation de gamins.

À son tour, les yeux de Ciaran rompirent le contact, se baissèrent sur le linoléum propre. Un geste simple, infime, presque semblable à un soubresaut inconscient, qui lui laissa penser que, peut-être, il réfléchirait à ce qu'elle venait de lui dire et voudrait en savoir plus sur son départ. Elle songea que, peut-être, il venait de lui ouvrir une porte dérobée, qui pourrait tous deux les conduire jusqu'au pardon, mais aussitôt, son regard retrouva le sien et toutes ses peurs se cristallisèrent dans le brun de ses iris. « Que ça soit clair, une fois cette côte réparée, ce sera comme si je ne t’avais jamais revue. ». Ses poumons se vidèrent de tout souffle et ses tripes se nouèrent, lui donnant la nausée. Pourtant, elle esquissa un bref sourire et hocha la tête. Il venait de lui rappeler un point essentiel : il s'était blessé et la moindre des choses qu'elle puisse faire était de le soigner, même si cela signifiait ne jamais le revoir par la suite.

Vega s'approcha, posa le dossier sur le lit puis leva les doigts à hauteur du pull de Ciaran. « Tu permets ? », lui demanda-t-elle poliment, avant de soulever légèrement le pull. Elle n'eut pas besoin de relire cent fois le dossier pour trouver où se terrait la blessure : de larges ecchymoses s'étendaient sur ses côtés, formant un cercle presque trop net. Pour avoir déjà vu à de nombreuses reprises ce type de blessures, elle reconnut aussitôt la marque caractéristique laissée par le passage d'un cognard. Un du genre qui avait été envoyé avec assez de hargne pour lui traverser le corps. Elle fronça légèrement les sourcils et la question lui échappa, réflexe impulsif du temps où elle était encore une grande sœur ; « Est-ce que quelqu'un t'en veut dans ton équipe ? Parce que, c'est l'impression que ça donne. ». Ne pas lui demander avant tout s'il jouait au Quidditch la trahissait, mais elle le savait déjà – n'était-elle pas la reine pour glaner des informations par le biais de petits soldats-espions ? – et elle n'appréciait guère l'idée que quelqu'un puisse lui en vouloir au point de le malmener.
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Sam 3 Juin - 15:14
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Ciaran observa sa sœur un instant, priant pour que tout se fasse au plus vite. Il n’avait pas non plus besoin de centaines de soins : une potion et du temps, rien d’autre. Et un médicomage compétent qui ne le loupe pas. La vengeance serait terrible, Arès allait le regretter. S’il pensait que détruire ses équipements de Quidditch était la pire chose dont Ciaran était capable, il se trompait, se mettait le doigt dans l’œil et bien profondément. Naïf. Lui aussi sous-estimait le jeune sorcier. Mais en attendant, la douleur avait eu raison de sa dignité et seule l’apparition de Vega avait réussi à le distraire des nausées qu’il ressentait encore à cause des potions qu’on lui avait administrées. Ils se dévisagèrent pendant un petit moment, en silence, la tension palpable dans l’air. Ses mots avaient été sincères, douloureusement vrais. Il ferait tout pour oublier qu’il l’avait revue, et il ferait tout pour ne plus retourner à Ste Mangouste. Si pour ce faire, il fallait qu’il fasse renvoyer Arès de l’équipe, il n’hésiterait pas même une seconde. Il l’avait envoyé à l’hôpital, et en plus il l’avait jeté dans les bras d’une personne qu’il avait tout fait pour oublier. Alors lorsque la jeune femme s’approcha de lui, il ne retint pas un mouvement de recul. Il ne décela pas de douleur au fond de son regard, mais elle avait toujours su cacher ses émotions. Un peu comme tous les autres membres de cette foutue famille. Elle commença à soulever son pull tout en lui demandant la permission, question à laquelle il répondit par un grognement affirmatif. Avait-il seulement le choix ? Il n’avait pas encore eu l’occasion de voir l’étendue des dégâts, mais une fois le tissu soulevé, il ne put s’empêcher de jurer contre Arès. Ce n’était pas la première fois qu’un cognard le heurtait, mais le choc n’avait jamais été aussi frontal, aussi direct. Il s’était pris la créature de plein fouet, bousillant tous ses os au passage. Vega effleura sa peau du bout des doigts, et il bénit durant un instant les potions anesthésiantes. Il aurait sans doute hurlé de douleur autrement. Il l’observa observer la blessure, en silence, ne sachant trop que dire. Ce n’était pas le moment de commencer le small talk. Il n’avait rien à lui dire, et visiblement, elle non plus. Surement avait-elle trop de secrets à cacher pour pouvoir se permettre de dialoguer, surement préférait-elle se terrer avec ses hontes plutôt que de le laisser lui poser des questions gênantes. Finalement, elle leva les yeux vers lui, les sourcils froncés, le regard doux. Une telle vision lui fit presque mal au cœur. C’était comme si elle n’était jamais partie, qu’il avait encore neuf ans et le besoin d’être rassuré, protégé. Est-ce que quelqu'un t'en veut dans ton équipe ? Parce que, c'est l'impression que ça donne. Il arqua un sourcil. Comment savait-elle qu’il avait une équipe ? Pour ce qu’il en savait, elle avait quitté le pays et si Ciaran avait déjà une certaine notoriété dans les îles britanniques, son nom n’était certainement pas internationalement connu. Pas encore. Mais il déglutit difficilement, incapable de lui en vouloir. Elle avait cherché ce qu’il était devenu. Devait-il se sentir attaqué dans sa vie privée ? Blessé parce qu’elle n’était pas venue prendre de ses nouvelles, préférant glaner des informations par derrière ? Ou soulagé parce que, finalement, elle n’était pas indifférente à ce qu’il était devenu ? Il grogna et leva les yeux au ciel, dans une attitude absolument irrespectueuse qui ne l’étonnerait sans doute pas. Avec Vega, il s’était toujours comporté comme un enfant gâté, grognon. And old habits die hard. Mmh. répondit-il, confirmant les craintes de sa soeur qui ne tarderait sans doute pas à lui expliquer qu’il ne devait pas se laisser faire, qu’il devait en parler. Pas la peine de me faire la morale, je sais que c’est pas normal. T’inquiète pas, maman. Il cracha le dernier mot, mettant de ce surnom toute la haine qu’il avait toujours pour Vega, malgré les années, malgré le temps qui avait guéri les blessures. Il ne pouvait pas lui dire qu’il ne se laissait pas faire, après tout, cela reviendrait à avouer qu’il avait effectivement une relation un peu compliquée avec Arès, relation qui allait bien au-delà de la haine, tournant à l’obsession. Une discussion qu’il ne tenait pas à avoir, pas tout de suite, jamais en fait. Quand est-ce que tu comptes revenir au manoir passer le bonjour aux parents ? Histoire qu’il ne soit pas là, qu’il ne la revoie jamais. A moins qu’ils soient au courant de ton retour ? Contrairement à lui, qu’elle n’avait même pas pris la peine de venir voir une seule fois. Elle ne lui avait même pas écrit. L’indifférence dans ses yeux avait fait place à la haine, aux reproches muets qu’elle saurait évidemment entendre.
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Lun 5 Juin - 19:24
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Ciaran O'Hara ∞ Vega O'Hara

Soudain, Vega réalisait. Elle réalisait le prix de son absence. Réalisait que la vie avait continué de s'écouler tranquillement ici, sans elle. Que Ciaran avait grandi dans le cœur glacé d'un nid de vipères agressives et mesquines. Qu'il n'était plus le petit garçon auquel elle donnait toutes son admiration et sa confiance. Elle aurait aimé s'excuser, s'expliquer peut-être ou même plus simplement le serrer dans ses bras. Néanmoins, chacune de ses choses aurait été perçue comme un signe de faiblesse et à présent, elle devait garder à l'esprit qu'il avait évolué sous la coupe de leur père, implacable maître de maison, et en compagnie de son frère et de ses sœurs, menteurs et manipulateurs éhontés. Il était comme eux, maintenant. Comme elle, avant. Jadis, elle en aurait ronronné de plaisir ; lignée de serpents perpétuée. Aujourd'hui, une part d'elle en était horrifiée. Soudain, elle ne désirait plus qu'il soit un bourreau en devenir. Pas totalement. Pas tout à fait.

« Mmh. ». Même pas un mot, une réponse à peine marmonnée. Ses yeux roulèrent, dédain à peine voilé. « Pas la peine de me faire la morale, je sais que c’est pas normal. T’inquiète pas, maman. ». Le mot maman n'aurait pas dû la toucher. Pourtant, sa conscience lui souffla doucement mais tu ne le seras jamais, mère. Et son cœur se serra à l'idée. Preuve que Ciaran était devenu un O'Hara accompli : il n'avait pas même besoin de connaître les secrets d'autrui pour les blesser avec. Le souffle coupé, les tripes nouées, sa voix se fit plus mordante, plus sèche, quand elle répondit gravement : « Si je ne m'inquiète pas, Ciaran, qui le fera ? Nos sœurs ? Voyons, tu es plus malin que ça, ne te laisse pas leurrer. ». Ou leur mère, peut-être ? Tss. Une figure en pâte à carton qui faisait office de potiche au bras de leur père, lui-même incapable d'éprouver de la compassion pour qui que ce soit. Alors, oui, elle était partie ; elle n'en restait peut-être pas moins la seule personne qui s'était un jour inquiétée de son bien-être et qui continuait de l'être.

« Quand est-ce que tu comptes revenir au manoir passer le bonjour aux parents ? ». La question soudaine la désarçonna, non pas parce que Ciaran s'intéressait au moment où elle reviendrait vers eux, mais parce qu'il n'était pas au courant qu'elle était déjà revenue une fois. Le premier soir, quand elle était revenue de Serbie. Le dernier soir où elle avait eu une vraie famille. « A moins qu’ils soient au courant de ton retour ? ». Ses doigts, fins instruments de guérison, vacillèrent au-dessus des côtes de son jeune frère. La plaie qui s'était ouverte lors de ce soir, lorsque son paternel l'avait écartée des O'Hara sans scrupules, celle qu'elle avait pansé, des mois durant, et qu'elle s'était imaginée refermée, se rouvrit, l'écartela à nouveau de l'intérieur. Elle dissimula une grimace spontanée derrière un rictus amer et laissa lui échapper un petit rire amusé que même la plus attentive des oreilles n'aurait pu déceler comme étant une contrefaçon. Douée, la menteuse, adroite pour cacher ses peines et ses troubles. « Ils ne t'ont rien dit ? Je suis actuellement bannie du manoir. », annonça-t-elle simplement, sur le ton d'une évidence bénigne. Puis, comme si cette annonce n'était pas plus importante qu'une volée de poussières, elle murmura quelques incantations pour ses côtes brisées. À voix basse, à un rythme soutenu, la pointe de sa baguette venant presque toucher la peau abîmée.

Après une poignée de secondes, elle prit une pause, puis une inspiration profonde et ajouta entre deux sortilèges, le ton aussi léger que son cœur lui pesait lourd : « Ne me dis pas que tu n'as pas eu le mémo qui annonçait que toute la famille me reniait ? De manière privée, bien entendu. On ne voudrait pas causer de scandale public, n'est-ce pas ? ». Le sourire en coin, les pupilles moqueuses : prononcer ces mots lui arrachait le cœur. Ce faisant, elle s'ôtait une partie de son âme tellement importante et évidente – ses origines, ce qu'elle était et celle qu'elle était supposée devenir – qu'elle l'avait longtemps prise pour acquise. Mais cette fois, ce n'était pas un fait qu'elle pouvait renier juste parce qu'il ne lui plaisait pas : elle le vivait au quotidien, dans les réceptions manquées auxquelles elle n'était pas conviée, elle le vivait à travers les regards froids de Lorna et les accusations provocatrices de Roman. Elle le vivait là, maintenant, condamnée sous le regard haineux de celui qu'elle avait tant admiré.

Il lui donnait raison, raison d'avoir eu peur de revenir, presque aussi peur que de partir loin d'Avery. Il s'était fermé, endurci. Sans lui laisser plus aucune chance pour qu'elle revienne dans ses pensées les moins viles. Elle haussa une épaule, puis se concentra de nouveau sur les ecchymoses violacées. « Au final, pourquoi serais-je venue te voir, Ciaran ? Il n'y avait aucune raison pour que tu me réserves un accueil différent. », conclut-elle d'une voix redevenue professionnelle.
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La réponse vint, un peu trop douce, accompagnée d’un regard ferme, qui le maintint sur place, comme scotché, souffle coupé. Si je ne m'inquiète pas, Ciaran, qui le fera ? Nos sœurs ? Voyons, tu es plus malin que ça, ne te laisse pas leurrer. Il arqua un sourcil, une habitude qu’il avait prise un peu trop rapidement à Poudlard pour indiquer son interrogation teintée de mépris. Il avait raison, ne pouvait s’empêcher de remettre en question l’accusation sous entendue de sa sœur. Lorna était devenue sa plus proche alliée, la sœur qu’il pouvait presque dire jumelle. Bien sûr, elle avait ses défauts, son amour du pouvoir entre autres, ambition démesurée qui finirait par lui couter cher. Mais ne l’étaient-ils pas tous, chez les O’Hara, des ambitieux démesurés ? Ciaran le premier pouvait avouer désirer tout contrôler, s’élever aux côtés de Caïn et Lorna, de préférence. C’étaient eux qui l’avaient choisi, l’avaient recueilli quand Vega l’avait laissé derrière elle pour s’enfuir il ne savait trop où. Alors oui, il préférait se laisser berner par Lorna. Elle ne le protégerait jamais, se faisant passer avant quiconque d’autre, tout comme lui se ferait toujours passer avant elle. Mais elle était restée avec lui, elle. Elle avait fait front commun avec lui, face aux parents, face aux frères, aux cousins. Elle avait été une épaule sur qui compter. Ce que Vega n’avait décidément pas été. La seule chose que Vega avait su surpasser était leur mère. Evidemment. Parce qu’elle avait beau être sa mère, Ciaran la haïssait presque autant qu’il était possible de détester quelqu’un. Abandonné, laissé pour compte, toujours, même pour sa propre génitrice. Il soupira, chassant les idées noires de son esprit.

Le petit ricanement qui franchit les lèvres de son aînée lorsqu’il aborda la question de son retour lui tordit le cœur. Lui qui avait souvenir d’une femme douce et attentionnée, un peu trop protectrice, il ne put s’empêcher de se demander si elle était morte là bas, peu importe l’endroit désigné. Il avait quelque chose d’amer, d’acide, même, dans ce ricanement qu’il ne connait que trop bien pour avoir le même lorsqu’il en venait à parler de sa mère, de son grand frère. C’était le rire de celui qui avait tant à dire, parce qu’on ne lui avait jamais rien demandé, on ne l’avait jamais écouté. C’était le rire de celui qui avait dû survivre, déception après déception, qui avait dû s’en sortir seul parce que personne ne lui viendrait en aide. Ils avaient beau apparaître comme une famille unie, les O’Hara n’auraient pas pu être plus déchirés même s’ils essayaient de l’être, et même face à Lorna, Ciaran ne pouvait s’empêcher de douter de la sincérité du lien qui les reliait lorsqu’il l’entendait parler des Impurs. Mais la voix de Vega le tira rapidement de ses pensées. Ils ne t'ont rien dit ? Je suis actuellement bannie du manoir. Il manqua de peu de s’étouffer avec sa salive, s’étranglant pendant un instant à cette annonce. Non, non il n’était pas au courant. Sans doute parce qu’il n’était pas rentré depuis longtemps et que les réunions de famille étaient rares ces derniers temps, et que la dernière fois qu’on lui avait dit de venir il avait prétexté une maladie. Cela faisait d’ailleurs plusieurs mois qu’il n’avait pas à proprement dit parlé à son père ou à quelqu’un d’autre que Lorna. Et encore. Des années depuis sa dernière conversation avec sa mère. Encore que la nature sérieuse de ladite conversation pouvait être remise en question. Ne me dis pas que tu n'as pas eu le mémo qui annonçait que toute la famille me reniait ? De manière privée, bien entendu. On ne voudrait pas causer de scandale public, n'est-ce pas ? Il la retrouvait là, l’acidité, l’amertume qu’il retrouvait dans sa propre voix lorsqu’il parlait de sa mère. Ou de Vega. L’ironie cinglante du ton de ne le laissait pas dupe. Il aurait voulu dire quelque chose, mais il ne trouvait pas les mots. Il avait toujours été considéré comme le plus jeune, le petit dernier à protéger, ou plutôt à ignorer. Et s’il avait eu ladite lettre, il ne l’avait surement pas lue, perdue au milieu des courriers de fans. Il soupira, réfléchissant à la meilleure manière de se tirer de là au plus vite. Parce que rentrer en contact, d’une manière ou d’une autre d’une reniée n’était pas la chose la plus intelligente à faire. Son regard se posa une seconde trop longue sur la porte, ce que Vega ne manquerait surement pas de remarquer.

Au final, pourquoi serais-je venue te voir, Ciaran ? Il n'y avait aucune raison pour que tu me réserves un accueil différent. Il haussa les épaules, automatiquement, sincèrement, avant de grimacer. Foutue blessure. Mais au moins cela lui faisait gagner du temps, avant qu’il n’ait à s’exprimer… Avant qu’il n’ait à… Mais finalement, les mots sortirent presque seuls de sa bouche, lorsque son esprit se fixa sur une information manquante. Pourquoi ? Parce que s’il avait eu vent de son départ, il était trop jeune à l’époque pour voir autre chose que l’abandon, sentir le vide qu’elle avait laissé derrière elle. Il n’avait jamais pensé à demander de ses nouvelles par la suite, laissant la rancœur prendre de plus en plus de place dans tout son être. Elle était partie se marier, quelque part, dans un lieu qu’il n’avait pas même demandé. On ne parlait pas vraiment d’elle pendant les rares repas qu’il avait partagé avec sa famille à la sortie de Poudlard. Son retour avait été aussi clandestin à ses yeux que son regard et on ne lui avait rien dit. Comme d’habitude. Alors si elle avait été reniée, et qu’il était censé être au courant, on ne lui avait cependant surement pas dit pourquoi. De toute manière, la raison important peu lorsque la décision venait du patriarche. Sauf que si, à ses yeux, cela important. Plus que n’importe quoi. Alors il répéta sa question, le regard planté dans celui de sa sœur. Il a envie de lui hurler qu’il en a assez qu’on lui cache tout, que du début à la fin, son absence aura été un mystère à cause d’eux, à cause d’elle, alors que parmi tous les O’Hara, c’était Ciaran qui en avait le plus souffert. Pourquoi ils t’ont bannie ? T’as fait quoi ? Il voit tous les scénarios se dessiner dans sa tête. Vega au bras d’un Impur, Vega enfantant d’un Impur, Vega… Il arqua un sourcil. Et s’ils étaient dans le même cas ? Et si elle avait elle aussi une préférence inavouable en matière de sexe ? Ciaran ne se l’était jamais avoué, pas à voix haute, pas consciemment, mais la vérité était là, bien enfouie sous un tas de mensonges, d’espoirs qu’il se murmurait à l’oreille. Et si Vega était dans sa situation ? Et si elle était la preuve, le cobaye qui lui fallait pour définitivement choisir de s’enfermer dans le placard et de jeter la clef, s’assurant qu’aucun O’Hara ne mettrait jamais la main dessus.

Ciaran serra les dents un instant, baissant les yeux avant de les plonger dans ceux de Vega à nouveau, n’écoutant pas vraiment son explication, les oreilles bourdonnant. C’était le moment de lui demander, de tâter le terrain. Après tout, elle était bannie, personne ne l’écouterait si jamais l’idée de faire part soupçons à son père lui venait en tête. Et puis s’il y avait bien une chose dont il ne doutait pas, c’était de sa loyauté envers lui. Malgré le ressentiment, ils savaient leurs secrets en sécurité avec l’autre. Alors il la coupa dans son explication. Vega ? Elle lui intima de continuer, ayant sans doute remarqué le trouble agitant son regard. C’est pas parce que tu es lesbienne, hein ? Il ne put retenir l’espoir dans ses yeux, dans sa voix. Peut-être qu’avoir quelqu’un à parler serait plus simple, peut-être que… Et si elle lui disait que non, alors il aurait à improviser, à nier, à dire que c’était parce que vraiment, l’homosexualité était un affront qu’il ne pouvait pas pardonner. Le seul qu’il ne pouvait pas lui pardonner. Juste pour mieux se couvrir, s’assurer que même elle ne saurait pas.
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Mer 19 Juil - 18:58
The Revenant
Ciaran O'Hara ∞ Vega O'Hara

Ciaran était assis, il était là, juste devant elle. Sous la pulpe de ses doigts, elle pouvait éprouver la chaleur de sa peau, palper la gravité de ses plaies violacées. De même, ses paroles lui parvenaient tranquillement, portées par les courants aseptisés de la pièce, et il entendait ses réponses, ses rires acerbes et ses aigreurs. Pourtant, jamais elle ne s'était sentie aussi loin de lui. Un mur s'élevait entre eux, invisible, intangible, haut et implacable. Elle le voyait à travers les fissures, l'écoutait, mais aucun ne parvenait à atteindre l'autre. Lui, plus O'Hara que jamais. Elle, brebis galeuse parmi les siens.

Si son exclusion lui avait toujours été douloureuse ; pour la première fois depuis que Thaddeus O'Hara lui avait montré de son doigt la porte pour qu'elle parte définitivement, elle en avait littéralement le souffle coupé. Son frère ? Non, plus à présent. Un étranger avec lequel il semblait vain de converser tant la rancune qu'il lui tenait était vigoureuse. Une marionnette, dont leur père tenait habilement les fils. Et tu es la fautive, tu es le monstre d'égoïsme qui a laissé ce changement se produire. Félicitations, Vee.

Au moins ne paraissait-il pas au courant de son exil ; elle avait craint que toute la famille ne se soit réunie pour un vote en bonne et due forme. Mais que croyait-elle ? Que son père évoluait dans une démocratie ? Si elle devait choisir un gouvernement pour le qualifier, la tyrannie serait celui le plus adapté. Jamais il ne laisserait décider des femmes ou des enfants à sa place. Même si elle savait que bon nombre de ses sœurs et frères avaient suivi sa décision sans sourciller. La grande Vega avait essayé et elle s'était plantée. Elle restait certaine que l'idée plaisait énormément à Roman ou Lorna.

Et bien que Ciaran n'apparaisse pas emballé par l'idée, elle vit nettement que lui aussi aurait préféré se trouver ailleurs, n'importe où, plutôt qu'en sa compagnie, ici. Ses yeux volèrent un instant jusqu'à la porte, issue de secours qu'il n'atteindrait pas, tant qu'elle n'aurait pas soigné ses côtes, puis il finit par demander, simplement, presque naïvement : « Pourquoi ? ». Ce mot unique la désarçonna. Tant de réponses pouvaient être formulées face à lui, qu'elle se sentit soudainement nue, vulnérable. Pourquoi être partie ? Pourquoi être revenue ? Pourquoi avoir été bannie ? Elle serra les lèvres, ses phalanges blanchirent sous la pression de ses poings. La liberté, Ciaran. Je suis partie pour être libre. Je suis revenue pour être libre. Et notre père m'a bannie pour avoir été un peu trop libre. Il porta sur elle un regard franc, gorgé d'une colère bâtie au fil des mensonges et des absences – et pas juste les siennes, soupçonnait-elle – et elle comprit qu'elle ne pourrait lui fournir une réponse aussi évasive, pas à lui. Si elle espérait un jour non pas regagner son affection, mais faire diminuer sa haine envers elle, il lui faudrait aller contre sa nature de serpent et arrêter de siffler des paroles en toc.

« Pourquoi ils t’ont bannie ? T’as fait quoi ? », insista son jeune frère. Bannie. Amusant : c'était la première fois qu'elle entendait le mot sortir d'une bouche qui n'était pas la sienne. Son cœur se ratatina, asséché à l'idée, et elle finit par hausser les épaules à son tour. Elle voulait prétendre que ce n'était pas grand-chose, vraiment trois fois rien, mais ses lèvres demeurèrent scellées, incapables de s'ouvrir sur la vérité. Elle baissa la tête, ses pupilles dévorant les nuances bleutées de ses ecchymoses, les avalant pour ne pas avoir à faire face au reste. « Je suis devenue inutile. », finit-elle par avouer d'une voix d'écorché. Oh, Vega... Qui voudra encore de toi ?, chantonna la voix de son père dans les bas-fonds de ses pensées. Le résultat d'une déception, c'est qu'on n'attend plus rien d'elle. Sa gorge s'assécha, ses muscles se tendirent et ses jambes émirent les premiers sursauts de tremblements ; la cerbère se préparait à la fuite, à la retraite précipitée, incapable de digérer ce qui constituerait probablement la réaction de Ciaran à son égard – dédain, mépris, honte. Elle allait lui dire et à son tour, il l'abandonnerait. La boucle bouclée. Quel meilleur moyen de conclure à leur relation fraternelle ? « Je ne peux plus avoir- ». Les mots s'entassèrent avec précipitation, mais Ciaran la coupa : « Vega ? ». Elle releva les yeux, un profond soulagement s'épanouissant dans son cœur défaillant. Un soulagement qui s'éteignit presque aussitôt face à la mine concerné de son frère. La mine des mauvais jours, celle qu'il gardait pour annoncer les mauvaises nouvelles. Elle haussa un sourcil, l'incitant à poursuivre, mais rien n'aurait pu la préparer à la question qui suivit. « C’est pas parce que tu es lesbienne, hein ? ».

Ses paupières papillonnèrent, ses lèvres s'entrouvrirent, prêtes à jeter un non sonore inconscient, mais des souvenirs s'imposèrent à elle – l'impure, Siân, dont la blondeur s'étalait sur son oreiller, puis la McGregor, à la douce chaleur insatiable, puis d'autres encore – et sa bouche se referma sur le mensonge, l'avalant et le faisant disparaître aussi rapidement qu'il lui était venu. « Qu'as-tu entendu à mon sujet ? », lui demanda-t-elle à la place, peut-être un peu trop sèchement. Les rumeurs sur son compte glissaient de bouche à oreille depuis son passage à Poudlard, elles s'épanouissaient, gagnaient en importance. Que son jeune frère en ait capté le chuchotement n'aurait guère été étonnant. Mais elle ne pouvait lui permettre de les répandre ; cette fois, assurément, son père tiendrait sa menace et lui ferait couper la langue, pour qu'elle cesse d'en faire n'importe quoi. Sauf que le regard de Ciaran l'accrocha, la paralysa. Le voile de sa paranoïa se gonfla, se souleva assez pour permettre à d'autres idées de l'atteindre, et elle comprit qu'un détail lui échappait.

Dans son élan désespéré, elle avait presque manqué de saisir la soif injectée aux paroles du jeune homme, l'attente qui débordait de ses prunelles intenses. Elle eut un mouvement de recul, sourcils froncés, et modéra son ton quand elle reprit : « Je ne voulais pas paraître agressive, mais je ne m'attendais pas à cette question. ». Une semi-excuse plutôt légère, mais de nouveau, les rouages de son crâne s'étaient mis à tourner, rouler et rugir, ses doigts palpitants figés au-dessus des blessures. « Pourquoi as-tu tout de suite pensé à cette option ? », l'interrogea-t-elle, réellement curieuse. « J'étais en train de t'expliquer les vraies raisons, mais tu as... ». préféré m'interroger sur ma sexualité. Avec espoir. L'idée la frôla, l'effleura, et un frisson la traversa. Se pourrait-il que... ? Le tambour dans sa poitrine reprit ses embardées. Elle humidifia ses lèvres devenues sèches et leva une épaule, comme si ce n'était pas grand-chose. Sauf que c'était énorme. Parce que si son hypothèse se révélait être exacte, les préférences de son jeune frère pourraient lui coûter tout ce qu'il possédait. Comme moi.

Elle braqua de nouveau ses yeux sur ses plaies, y appliqua quelques autres formules, tout en continuant de réfléchir. Elle n'était sûre de rien, mais pour une fois, elle préférait prévenir que guérir. « Père ne doit pas être au courant. », dit-elle d'une voix douce mais ferme. Elle ne précisa rien, l'avertit simplement. S'il voulait s'épandre sur le sujet, elle le laisserait faire, mais elle ne voulait pas prendre le risque de lui poser la question de but en blanc, de peur de le braquer. Au final, elle n'avait répondu à aucune de ses questions, mais ses angoisses s'étaient dissipées au sein d'une nouvelle : soudain, l'idée que Ciaran subisse ce qu'elle avait subi lui était insupportable. Or, c'était exactement ce qui l'attendrait, si on apprenait qu'il était gay.
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Jeu 20 Juil - 0:37
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Son cœur battait à un rythme effréné, bien trop vite pour que Vega ne le remarque pas. Elle était bien trop proche pour l’ignorer, pour ne pas sentir la tension dans ses muscles, ses mains moites, sa mâchoire serrée. Tout dans son comportement criait appréhension, nervosité. Vega avait toujours été observatrice, reconnaître les signes, relier les points ne serait pas un problème pour elle et s’il ne se reprenait pas vite, elle se poserait vite des questions. Mais peut-être avait-il envie qu’elle se les pose ? Peut-être était-il enfin temps que quelqu’un finisse par s’intéresser suffisamment à lui pour mettre le doigt sur l’imperfection derrière le masque lisse. Fatigué, las, Ciaran l’était, mais suicidaire, surement pas. Fatigué de se cacher, de nier, fatigué de mentir, de se mentir jusqu’à lui-même, se voiler la face. Il y avait des jours où il se surprenait à regarder les courbes féminines de ses sœurs, ou de diverses admiratrices, cherchant à trouver un quelconque intérêt pour la douceur des femmes. Il y avait des moments durant lesquels il continuait de rêver, espérer que le jour viendrait où ses hormones commenceraient à répondre à la vue d’une poitrine généreuse, de lèvres pulpeuses. Puis il y avait la chute, la réalisation qui finissait toujours par le heurter, plus ou moins durement. Certains jours étaient plus doux que d’autres. Une chose était sure, il avait fini par se détester, trouvant ça difficile de croiser son reflet dans la glace, ne pouvant plus guère supporter le dégout que son propre regard lui inspirait.

Vega sembla hésiter un instant, suffisant pour que Ciaran cesse de respirer. L’hésitation caractéristique de celle qui réfléchit, du cerbère qui flaire quelque chose sans trop savoir quoi. Elle doute, se doute de quelque chose, sans trop savoir quoi. Elle est sur la bonne piste, sans avoir commencé à arpenter le chemin pour autant. Attitude logique. Tiraillé entre l’espoir de l’entendre dire oui, et la peur de la voir comprendre. Qu’as-tu entendu à mon sujet ? Finit-elle par demander. Il ne put s’empêcher de remarquer la sècheresse dans sa voix, le claquement brutal du son qui le fit presque sursauter. La colère comme moyen de défense, Ciaran l’avait vu bien trop souvent dans son propre comportement. Ne pas s’accepter passait par le rejet de l’autre, l’isolation. Les deux cerbères se toisaient à présent, comme en attente d’un signe de faiblesse de l’autre. Rien, il n’avait rien entendu à son sujet. Il lui fallut quelques instants pour commencer à froncer les sourcils, la compréhension se peignant sur son visage.

Y avait-il quelque chose à entendre ? S’il n’avait jamais vraiment imaginé Vega autrement que comme une mère aimante et résolument normale, sa voix alarmée, la révélation de l’existence d’informations circulant sur sa sexualité finirent par lui mettre la puce à l’oreille. Il secoua toutefois la tête de droite à gauche, lentement, les yeux plissés, suspicieux tandis que l’espoir se faisait doucement grandissant alors que ses muscles finissaient par se détendre, la douleur refluant grâce aux formules murmurées par Vega. Jamais leurs regards ne se détachèrent, cependant, trop intenses pour pouvoir fuir. Je ne voulais pas paraître agressive, mais je ne m'attendais pas à cette question. Il haussa instinctivement les épaules. Il en fallait plus pour le blesser. Disparaitre pendant dix ans par exemple. Pourquoi as-tu tout de suite pensé à cette option ? Merde. J'étais en train de t'expliquer les vraies raisons, mais tu as... Il observa, et il aurait pu être amusé s’il n’avait pas été aussi terrifié, la compréhension se dessiner sur les traits de la blonde. Elle avait compris, et dans les minutes à venir, il jouerait sa place au sein de la famille. Oui, elle avait commencé à lui expliquer, mais il n’avait pas écouté, bien trop occupé à penser à lui, à laisser l’espoir naître en lui, enfin. Désolé Marmonna-t-il plus pour la forme que réellement sincèrement. Le silence se fit un instant lorsqu’elle finit de rafistoler ses côtes en morceau, lui permettant de respirer normalement à nouveau. Et puis finalement, elle finit par rompre le silence pesant qui s’était installé. Père ne doit pas être au courant. Il failli s’étouffer, levant un regard plein d’espoir sur sa sœur. Ne pas être au courant de quoi ? Il voulait en avoir le cœur net, mais lorsque leurs yeux se croisèrent, il comprit. Et ses doutent moururent aussi vite qu’ils étaient nés. Soudainement, c’était comme s’il pouvait à nouveau respirer, comme si la lumière se faisait enfin, au bout du chemin. Il n’était plus seul.

Il n’était plus seul mais sa seule alliée était sa sœur toute fraichement bannie. Magnifique. Il cligna des yeux, son espoir retombant comme un soufflet. Je dirai rien. Il pinça les lèvres, ses méninges tournant à plein régime alors qu’il additionnait a plus b. Alors comme ça, Vega n’avait pas été bannie pour ça, parce que son père n’était pas au courant. Mais elle l’était. Lesbienne. Ou en tout cas intéressée par les femmes. Puisqu’aux dernières nouvelles, elle était bel et bien partie se marier à un homme. Je t’ai coupée, pardon. Ajouta-t-il, tentant de gagner du temps alors qu’il laissait son esprit vagabonder. Devait-il lui avouer qu’il était plus que probable qu’il ne soit pas aussi normal que leur père aurait voulu qu’il soit ? Devait-il enfin arrêter de mentir, si ce n’était à lui-même, au moins à Vega, brebis galeuse à la dangerosité moindre ? Ou devait-il continuer à se méfier, de l’ambition légendaire des O’Hara ? Devait-il oublier tout ce qu’il avait cru savoir de Vega, de son tempérament maternel, de leur amour partagé pendant onze longues années ? Elle n’avait pas pu changer suffisamment pour faire désormais passer sa place au sein d’un clan comme les O’Hara avant le bonheur de son petit frère adoré. S’il y avait bien quelque chose dont il ne doutait pas, dont il ne douterait jamais, c’était de l’amour qu’ils ressentaient l’un pour l’autre, malgré toute la rancœur toujours bien présente dans son cœur. Si ses mots avaient été une invitation pour qu’elle continue là où il l’avait arrêtée, Vega ne semblait pas décidée à le laisser s’en tirer aussi facilement. Il soupira finalement, baissant les yeux, les posant sur ses mains avant de tourner la tête vers la fenêtre, fuyant le regard perçant de sa grande sœur. Puis murmurant enfin, le cœur serré, l’estomac noué et les yeux embués. Lèvres entrouvertes, il mit quelques instants avant de pouvoir enfin émettre un son, gorge bloquée. T’aurais jamais dû revenir Pas une accusation, juste une constatation. S’il avait pu fuir, lui aussi, il l’aurait fait. T’aurais dû rester aussi loin que possible de cette… famille. Famille, oui, c’était ça le nom. Sauf que les O’Hara n’étaient pas une famille. Un clan, une meute, oui. Pas une famille. Aucune once d’amour n’était éprouvée entre ses membres. Sauf peut-être entre Vega et Ciaran, fut-il une époque. Profite de ta liberté, au moins tu pourras aimer qui tu veux. Demi-confession, parce qu’ils jouaient au même jeu, et que les mots étaient trop durs à prononcer, bruts. On a pas tous cette chance. Marmonna-t-il pour finir, dans un souffle, le regard toujours perdu dans le vide, au loin, partout, sauf sur Vega qui l’écoutait attentivement, il n’en doutait pas une seconde.
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Dim 23 Juil - 12:14
The Revenant
Ciaran O'Hara ∞ Vega O'Hara


Vega ne l'admettait toujours pas. Pas à voix haute. Elle serrait les lèvres, ravalant ce qui tentait d'échapper à son contrôle. Les femmes, ces douces furies, qui captivaient jadis son regard. Non. Les enchanteresse d'un autre monde, blondes, brunes, rousses, celles qui ravissaient son attention et qui continuaient d'attiser ses regards. N'y pense pas. Les souvenirs arrivaient pêle-mêle, s'empilaient devant sa vision embrumée, des images auxquelles elle avait consciemment arrêté de penser quand elle s'était pliée au joug d'Avery. Des images anormales. Arrête. Ses paupières se froissèrent, ses sourcils se froncèrent. Il y avait tant de gens, comme elle, attirés par ce qui leur était interdit, trop semblable. La voix de sa mère, fermement, doucement, résonna en son sein. Une femme se doit de trouver un homme. Seul un homme pourra la combler, la protéger, subvenir à tous ses besoins. On n'avait pas idée qu'une femme en aime une autre, ou qu'un homme éprouve le besoin de trouver un autre homme. N'est-ce pas ? C'est contre-nature, pourquoi voudrais-tu bouleverser l'ordre établi ? Un sourire amer se développa sur ses lippes. Tant de gens... alors pourquoi s'était-elle sentie aussi isolée ?

À Poudlard, elle n'avait pas souhaité se poser de questions, avait simplement profité des opportunités, des occasions, épousé des corps pour une nuit qu'elle n'aurait jamais dû toucher aussi intimement. Elle ne s'était jamais consciemment considérée comme anormale, car elle ne s'était jamais autorisée à y songer davantage. Chaque fois qu'une idée en relation avec le sujet avait fleuri en son sein, elle en avait coupé la tige puis brûlé les pétales. Et elle avait continué à vivre dans un secret dont elle ne prenait pas conscience, sans jamais remettre en question ce mode de vie. Car il ne s'agissait pas de son orientation sexuelle, simplement de distractions. Bien entendu. Pourtant, alors que Ciaran l'observait attentivement, la dévisageait avec cet espoir insensé qui marquait ses traits juvéniles, elle s'apercevait soudain du poids qui avait pesé sur ses épaules ; celui de la culpabilité. Je ne peux pas le dire à voix haute. Et il existait une raison toute simple à ce mutisme. Une raison qu'elle avait ignoré durant des semaines, des mois, des années, gagnant sa couronne de reine du déni. Parce que tu savais à quel point votre père t'en voudrait, te mépriserait jusqu'à la dernière goutte de sang, pour ne pas être rentrée dans le rang. Pour n'avoir pas suivi son exemple. Tu sais qu'il t'en voudrait encore de ne pas être normale. Tu sais que tu étais en tord tout ce temps.

« Je dirai rien. ». La voix de Ciaran lui fit relever les yeux et un sourire étrange, indulgent, se peignit sur ses lèvres. Il ne comprenait pas. Elle ne lui avait pas demandé de se taire pour elle, mais pour lui. Que son père sache ou non les milles secrets qu'il lui restait lui importait bien moins que par le passé. Bannie par ses bons soins, que pouvait-il encore lui réserver de pire ? C'était son frère qui avait tout à perdre. Réputation, famille, fierté. De tout cela, il ne lui restait rien à elle, alors que Ciaran possédait encore le monde à ses pieds. « Je t’ai coupée, pardon. », reprit-il distraitement, ce à quoi elle haussa les épaules. Elle ne savait quel sujet elle préférait aborder, entre les raisons de son bannissement ou sa sexualité erronée, mais il avait choisi pour elle et elle préférait ne pas revenir sur leur première conversation.

Comme elle ne pouvait se résoudre à briser le silence par crainte de renverser le fragile équilibre qui s'était instauré entre la demi-révélation et la réaction, elle laissa les minutes s'égrener sans qu'aucun ne prenne la parole. Ses yeux s'imprégnaient de ses traits, les avalaient, les dévoraient, notant chaque imperfection qui, dans son regard, devenait la perfection. Elle se remémorait l'enfant et juxtaposait cette image incertaine par-dessus le jeune homme qui lui faisait face, tête baissée. Et ce pressentiment grandissait, enflait, la terrassait ; c'est la dernière fois que je le vois.

« T’aurais jamais dû revenir », finit-il par dire d'une voix serrée. Oh, il n'était que le troisième à lui dire, et probablement le dernier d'une longue liste à le penser. Ses lèvres se pincèrent et elle essaya d'ignorer la douleur dans sa poitrine. « T’aurais dû rester aussi loin que possible de cette… ». Elle croisa les bras, haussa un sourcil incertain, tenta de se donner une contenance, alors que le malaise gonflait, menaçant de faire craquer la cage d'os sous sa peau. Si les mots qui avaient précédé lui étaient familiers, ces derniers l'étaient beaucoup moins. Un regret, un conseil... elle n'aurait trop su dire. « Profite de ta liberté, au moins tu pourras aimer qui tu veux. ». Aimer. Les sangs-purs détenaient de nombreux privilèges mais aimer n'en faisait pas partie. Vega avait essayé et le pire, c'était peut-être qu'elle avait presque réussi. Toutefois, elle retenait la leçon chèrement acquise et s'inclinait à présent face à d'autres idoles, s'abandonnait à la haine et aux ressentiments plutôt qu'aux espérances délivrées par l'amour. Quant à sa liberté, ah, qu'elle était douce, bercée dans ses illusions les plus futiles ! Elle restait publiquement une O'Hara, dont chacune des actions était commentée et contestée ; son sang ne lui permettrait jamais d'être libre. Ne l'autoriserait d'ailleurs à aucun d'entre eux. « On a pas tous cette chance. ». Elle ferma les yeux et ses paupières se gonflèrent de larmes. Un aveu en silence, comme le sien ; ça lui était suffisant. Elle comprenait. Compatissait.

Son premier réflexe fut de tendre la main, comme lorsqu'il se blessait enfant, de saisir ses doigts entre les siens pour les presser et le rassurer, le réconforter. Mais son bras retomba, pressentant qu'elle serait repoussée. Elle recula d'un pas, inspira profondément, se perdit quelques instants dans les méandres de cet instant, puis finit par annoncer platement : « J'en ai fini avec tes blessures. Tu peux fuir, maintenant. Notre grande spécialité, n'est-ce pas ? ». La fuite. Elle la lui offrait sur un plateau d'argent. Pour elle, pour lui. Pour ne pas qu'il soit témoin de ses larmes, pour ne pas le forcer à continuer à lui avouer une nature qu'il semblait accepter tout autant que refouler. Parce que c'était ce qu'il avait désiré depuis le début de ces retrouvailles et qu'elle n'avait plus de motif valable pour le retenir. Parce que s'il ne partait pas, elle finirait probablement par le serrer dans ses bras.

Elle releva les yeux, hésita une seconde. « Ciaran, je... » suis fière de toi. « Quand je te disais de ne rien dire à Père... je parlais pour toi. ». Ce n'était peut-être pas le meilleur moyen pour lui rendre compte de sa fierté envers lui, mais c'était certainement le plus sûr moyen de lui dire qu'elle continuait à se soucier de lui. « Tu as la chance d'être accepté. De mon point de vue, la liberté, à côté de ça, ce n'est rien. ». Elle rangea sa baguette, se détourna de lui pour organiser des instruments qui s'avéraient déjà parfaitement rangés, puis laissa échapper un soupir. Une goutte acide roula sur le pâle arrondi de sa joue, puis tomba sur le dos de sa main et elle l'en chassa d'un coup de poignet rageur. Sans qu'elle n'en prenne conscience, Ciaran continuait de s'infiltrer sous sa peau, de s'insinuer dans sa chair, à se faire une place entre muscles et tendons, et à évoluer comme un véritable virus au sein de sa cage thoracique. Et soudain, la pensée l'effleurait avant de disparaître, insaisissable. Pourtant, elle se rendait compte – peu, trop peu – qu'il était peut-être l'unique personne pour laquelle elle serait capable de ne pas se faire passer en premier. Ciaran était celui qui la rendait humaine. Comme autrefois. Et comme ce serait visiblement toujours le cas. « Et puis... nous sommes des O'Hara, nous ne serons jamais vraiment libres. ».
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Mar 25 Juil - 20:01
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Il aurait dû se méfier. Sa condition de bannie pouvait la pousser à trahir n’importe qui pour redorer son blason. En fait, si la personne en face d’elle avait été Caïn ou Lorna, Vega n’aurait sans doute pas hésité une seule seconde avant de les dénoncer au patriarche, Ciaran en était certain. Après quelques minutes de silence, elle finit par murmurer : J'en ai fini avec tes blessures. Tu peux fuir, maintenant. Notre grande spécialité, n'est-ce pas ? Effectivement, la douleur lancinante qui avait animé son corps quelques minutes auparavant avait fini par disparaître comme par magie. Par magie, en fait. Il rabaissa son pull et s’accroupit sur le lit alors que Vega s’éloignait, lui laissant une chance de s’en aller, sans rien à dire. Mais il y avait tant de choses à dire, de silences non remplis dans ces dix dernières années, il ne pouvait pas fuir ainsi. Il était un cerbère, la fuite, la retraite était une spécialité, elle n’avait pas tort. Mais Ciaran avait quelque chose que les autres O’Hara n’avaient pas : une âme de Gryffondor. La lâcheté caractéristique des Serpentards lui était inconnue, ou en tout cas moins naturelle qu’à ses pairs. Choisissant de rester quelques instants de plus assis sur son lit, il attendit que sa sœur se retourne pour pencher la tête sur le côté, lui indiquant clairement que non, il ne comptait pas fuir. Pas après toutes ces années, pas comme elle. C’est peut-être ta spécialité et celle de papa, mais c’est Caïn qui m’a… élevé. Et il m’a toujours appris qu’on ne fuyait pas les siens. Il planta son regard dans celui de son aînée. Peut-être n’était-ce qu’une demi-vérité. Si Caïn lui avait effectivement servi un discours semblable, il ne parlait à l’époque que de Lorna et de lui, de leur trio devenu inséparable depuis le départ de Vega.

Ce fut donc à elle de fuir la première, de détourner le regard, d’ajouter : Ciaran, je... Quand je te disais de ne rien dire à Père... je parlais pour toi. Il haussa un sourcil. Il n’était pas complètement débile, encore moins suicidaire. Malgré son âme de lion, il n’était pas non plus fier au point de courir à sa propre perte. L’héritage d’une éducation faite par des Serpentards. Au moins avait-il sa confirmation. Vega ne le dénoncerait pas pour récupérer sa place au sein de la famille. Son secret était sauf entre ses doigts. Tu as la chance d'être accepté. De mon point de vue, la liberté, à côté de ça, ce n'est rien. Ciaran choisit de rester silencieux. Accepté. Un bien grand-mot. Accepté dans une famille tant qu’il resterait le fils parfait, banni aussi vite qu’ils apprendraient sa légère déviance. Peut-être était-il trop naïf, mais une vie de liberté lui semblait bien enviable à côté de l’acceptation d’êtres détestables tels que Roman. Vega se retourna pour ranger ses instruments qui, au final, ne lui auraient pas servi à grand-chose avant d’ajouter : Et puis... nous sommes des O'Hara, nous ne serons jamais vraiment libres. Elle n’avait pas tort. Être un Impur avait quelque chose d’enviable de leur point de vue. Point de vue que Caïn ou Lorna n’auraient jamais. Si parfaitement normaux. Rien à cacher, sinon les atrocités qu’ils pouvaient commettre. Et encore, elles seraient sans doute bien mieux acceptées que sa propre tare. Les O’Hara pouvaient pardonner la cruauté, la barbarie. La différence ? Non.

Ciaran soupira. Elle avait gouté à la liberté, et prétendait à présent préférer l’acceptation. Peut-être était-ce le choix le plus judicieux à faire ? Après tout, il avait pensé suivre cette voie depuis toujours, mais l’étincelle d’espoir qu’elle avait réveillé en lui lui faisait reconsidérer ses plans initiaux. Peut-être Caïn l’accepterait-il ? Ne lui avait-il pas dit qu’il ne fallait pas fuir les siens ? On pourrait toujours changer de pays Il ricana, plantant ses yeux dans ceux de Vega. Pas vraiment sincère, il ne put guère cacher les traces d’amertume dans sa voix. Tu imagines si t’étais restée ? On aurait peut-être pu être un peu plus libres tout en restant des O’Hara. Regard assassin. Parce que malgré la délivrance, la rancœur restait, vivante, et plus vivace que jamais, maintenant qu’il savait ce qu’elle aurait pu lui apporter. Grandir aux côtés de Caïn lui avait apporté de l’influence, de la confiance en lui, l’avait fait devenir un homme plutôt qu’un adolescent, peut-être un peu trop vite. Grandir avec Lorna l’avait rendu plus froid, plus hautain, lui avait appris à quel point les O’Hara étaient supérieurs. C’était un chemin qu’il avait emprunté sans trop se poser de question, peut-être que si Vega était restée, il aurait choisi une voie différente, plus douce. Peut-être aurait-il été tout aussi malheureux, peut-être pas. Il ne le saurait jamais. Parce que Vega était autant une O’Hara que lui, voire même plus. Lâcheté imprimée dans les veines. Il finit par balancer ses jambes sur le côté de son lit avant d’en sauter, attrapant sa veste posée sur la chaise à côté de lui. Il l’enfila en passant à côté de sa sœur, sans un regard de plus. Il l’avait revue, s’était assuré qu’elle ne dirait rien, avait eu un petit moment de faiblesse. Il pouvait fuir sans un mot de plus. Elle ne le suivrait pas, ne tenterait pas de le contacter, il le savait. Je pense en parler à Caïn, il a toujours été là pour moi. Regard appuyé, lourd de sens. Si ça se trouve je me retrouverai dans la même situation que toi dans pas longtemps. Il soupira, posa une main hésitante sur l’épaule de son aînée. Il y avait la rancœur, la haine, même, l’amertume, mais il y avait aussi, au fond, un reste d’affection, et d’amour. Si Caïn venait à mal réagir, elle serait sa seule alliée. Et si ça arrive, je suis heureux que ça soit avec toi que j’aurai à affronter les autres. J’aurais voulu personne d’autre. Pas ses cousins, pas ses sœurs, encore moins son frère. Ca avait toujours été Vega et lui contre le monde, bien avant Caïn, bien avant Lorna. Un sourire narquois naquit alors sur ses lèvres alors qu’il ouvrait ses bras, ne voulant pas la forcer à une quelconque étreinte dont elle n’aurait pas envie. Tu m’as manqué, Vega.
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Lun 31 Juil - 19:54
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Ciaran O'Hara ∞ Vega O'Hara


À sa proposition alléchante, à cette sortie qu'elle lui offrait sur un plateau d'argent, le silence seul lui répondit. Pas de cliquetis qui aurait indiqué du mouvement sur le lit, pas de couinements de semelles contre le linoléum lui indiquant que Ciaran venait de s'échapper pour de bon et sans plus rien ajouter. Qu'y aurait-il eu à ajouter ? Tout avait été dit. Ou plutôt non-dit. Toutefois, là encore, c'était un domaine dans lequel chaque O'Hara excellait. Alors, quand le silence devint trop lourd à porter, elle se retourna.

Et de trouver son frère, toujours assis bien sagement là où elle l'avait laissé, lui donna soudain l'impression que son cœur pesait lourd, organe de plomb aux battements secs derrière ses côtes d'acier. Elle n'avait pas entendu la moindre fuite, pourtant elle n'avait osé espérer qu'il soit vraiment resté.

« C’est peut-être ta spécialité et celle de papa, mais c’est Caïn qui m’a… élevé. Et il m’a toujours appris qu’on ne fuyait pas les siens. ». Le coup porté par cette première affirmation, par cette comparaison aussi cruelle qu'implacable, se retrouva apaisé sous le baume appliqué par ce dernier mot. Pour lui, elle faisait encore partie des siens. Elle n'avait besoin d'aucune autre vérité, celle-ci lui suffisait amplement. Si parfois le sentiment de ne plus être O'Hara l'avait déjà envahie, Ciaran lui rappelait qu'elle restait sa sœur, que le même sang bleu coulait dans leurs veines et que ce fait était immuable. Malgré tout ce qu'elle avait pu faire ou ne pas faire.

« On pourrait toujours changer de pays. », déclara-t-il soudain, les yeux assassins et le ton acide. Un ricanement sur le bout des lèvres, si semblable aux siens qu'elle ne put s'empêcher de sourire faiblement. La génétique était parfois une belle salope sacrément imprévisible. Néanmoins, aujourd'hui, elle s'avérait vraiment réconfortante. Les piques amères, les rires sans joie, les accusations muettes ; Ciaran avait changé, mais soudain, il lui paraissait bien plus familier qu'elle ne l'aurait cru. Comme elle. Comme eux. « Tu imagines si t’étais restée ? On aurait peut-être pu être un peu plus libres tout en restant des O’Hara. ». Plus libre, elle ne savait pas. L'idée lui paraissait risible, tant les chaînes refermés sur leurs poignets de bien-nés semblaient solides. La liberté, leur père ne l'aurait jamais permise. Qu'il soit seul ou s'ils soient mille. Parce que les O'Hara étaient avant tout un nom, plutôt qu'une famille. Une réputation davantage qu'un foyer. Et la liberté ? Un ennemi mortel que le paternel paraissait prêt à éliminer, quel qu'en soit le prix.

Profonde inspiration, haussement d'épaules ; Vega détourna ses yeux humides et murmura : « Est-ce que j'imagine si j'étais restée ? Je passe mon temps à le faire depuis des années, Ciaran. ». Comme le monde aurait été plus beau si la tentation d'être plus qu'un simple nom ne l'avait pas submergée. Si les paroles de sa mère n'avaient pas encore une fois résonner au creux de ses oreilles. J'ai trouvé un homme, maman. Et comme tu me l'as promis, je vais être heureuse. Comment aurait-elle pu savoir qu'elle l'était déjà, elle qui détenait le monde dans le creux de sa paume ? Je serais peut-être déjà mère. J'aurais des enfants blonds. Anka serait là, à mes côtés. Un sang-pur se serait tenu à mon bras et mon frère aurait été fier de moi, comme je suis fière de lui. Elle n'aurait pas été libre, certes. Mais elle aurait été entière. Pas cette simple reconstitution de pièces brisées que plus personne n'osait approcher.

« Je pense en parler à Caïn, il a toujours été là pour moi. ». Ses paupières se froissèrent, un soupir lui échappa. Elle ne savait pas si c'était une bonne idée, mais au moins, c'était la sienne. Cette décision lui appartenait et s'il jugeait bon de confier le secret à son cousin, qu'il en soit ainsi. « Si ça se trouve je me retrouverai dans la même situation que toi dans pas longtemps. ». Elle doutait qu'il puisse jamais être dans une situation semblable, lui, le fils prodigue qui avait encore tant à offrir. Elle imaginait qu'il y aurait toujours moyen de cacher cette tare si jamais elle parvenait aux oreilles de Thaddeus. Il nierait, proclamerait ne pas y croire, puis lui chercherait une jolie sang-pure à épouser. Lui demanderait d'assurer la lignée et irait l'acclamer au stade, fêtant sa réussite glorieuse dans les loges. Et on oublierait jusqu'à cette confession, la réputation intacte, les yeux brillants. Le secret remis au placard, là où il appartenait réellement.

« Et si ça arrive, je suis heureux que ça soit avec toi que j’aurai à affronter les autres. J’aurais voulu personne d’autre. ». Son sourire chancela, flamme vacillante soufflée par la confession de son jeune frère, et elle baissa les yeux quelques secondes pour tenter de reprendre son souffle, la poitrine frappée. À la fois émue et furieuse contre toute cette bienséance qui les obligeait à se retrouver dans cette situation précaire. « Je ne veux pas de toi à mes côtés. », finit-elle par souffler. Ignorant la fêlure dans sa voix, elle précisa : « Pas dans ces conditions. ». Sauf qu'il ne reviendrait jamais vraiment à ses côtés dans d'autres conditions. Alors, prononcer ces quelques paroles volages, renoncer à sa nature profondèment égoïste, l'écorchait vive, l'interdisait de reprendre ce souffle qui lui manquait tant, depuis quelques secondes. Elle aurait aimé lui dire de foncer, de tout raconter, de se confier aux tabloïds s'il le fallait, juste pour qu'elle le retrouve à ses côtés le lendemain, mais elle ne pouvait pas. Ce qui lui restait de bon à l'intérieur de la poitrine le lui interdisait catégoriquement. « J'ai raté mon tour. On s'est ratés et c'est ma faute. ». Elle était partie et, peu importait la distance physique qui les séparait ou non, elle ne reviendrait jamais vraiment. Comme avant n'était qu'une mélodieuse utopie dont elle ne goûterait plus jamais le parfum.

Le sourire de Ciaran se fit soudain moins agressif et sans qu'elle ne comprenne bien ce qu'il faisait, il étendit ses bras autour de lui. « Tu m’as manqué, Vega. ». Elle resta plantée sur place, ses pieds enfoncés dans des sables mouvants carrelés dont elle n'avait pas eu conscience jusque-là. Sa vision devint brouillée et c'est maladroitement qu'elle s'approcha de son frère. Depuis combien de temps n'avait-elle pas serré quelqu'un dans ses bras ? Depuis combien d'années Ciaran et elle n'avaient pas échangé une étreinte ? Elle savait qu'elle n'avait pas regagné son affection, et encore moins sa confiance, mais il faisait un pas vers elle et c'était déjà une bataille de remportée.

Abandonnant sa posture rigide pour de bon, elle laissa glisser ses bras dans le dos de son frère et l'attira à lui pour le serrer contre elle. Elle posa son front sur le haut de son crâne, comme elle le faisait lorsqu'il n'était encore qu'un enfant et les larmes coulèrent dans ses cheveux cendrés. À moi aussi tu m'as manqué. Pourtant, ce fut une phrase encore plus puissante qui s'éleva de ses lèvres. « Je suis désolée. ». Des mots chuchotés, qu'elle n'avait plus prononcés depuis son départ de Serbie. Des mots qui lui brûlaient la langue mais qu'elle se devait de dire. Des mots vrais que Ciaran accepterait peut-être un jour.
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