intrigue deux
the blood tournament
Impurs, we welcome you. We salute your courage and your sacrifice... and we wish you... A Happy Blood Tournament ! And may the odds be ever in your favor.


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rendez-vous en enfer (avec Oz)
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Mer 10 Mai - 11:21
rendez-vous en enfer
avec oz grierson

Poudlard - an 1999

Balai sur l'épaule, menton haut, Neve ouvre la marche jusqu'aux vestiaires. La rage latente fait froncer les sourcils et serrer la mâchoire. Elle fustige encore sur la défaite que les serpentards viennent d'essuyer contre les poufsouffles. C'est qu'un entraînement, détends-toi, Neve, qu'ils disent. La phrase boucle plus fort dans l'esprit, et elle envoie valser un grand coup de balai dans une chaise qui borde le couloir. Ce comportement de serpentard du pauvre l'excède au plus haut point. L'important c'est de participer, que les jaunes, tous guillerets, osent en plus lui cracher à la gueule. Faux. L'important, c'est de gagner. Et en écrasant l'adversaire, de préférence.

Le besoin d'extérioriser cette accumulation de colère commence à gronder, là, dans les entrailles. Hasard ou providence : au détour du couloir, ses yeux courroucés tombent sur une silhouette aux étoffes jaunes et noires.

« Tiens, tiens... Un blaireau qui s'aventure hors de son terrier. »

Elle articule de manière à être correctement entendue par le malheureux. L'inflexion qui enduit les cordes vocales offense et casse. C'est, de toute façon, son seul but. Ça et faire ricaner les trois équipiers de quidditch qui la suivent, on dirait. Les éclats de ses camarades ne lui sont pas communicatifs, et loin d'en rire, Neve revêt plutôt les atours d'un iceberg pour seule expression faciale. Son regard inquisiteur consume sa victime de fortune. Sa façon de baisser les yeux lui fait penser que c'est un impur. Et il lui semble, très vaguement, l'avoir déjà vu courir après les Gardner. Elle peut se tromper. Une certaine marge d'erreur incombe à ses réflexions. Il faut dire qu'elle prête une attention relative à tout ce qui n'est pas elle, ou dans une certaine mesure, McGregor. Qu'importe, vraiment : pur ou impur, le feu s'abattra sur lui. Parce qu'il était là, et parce qu'elle était là.

« Tu as assisté au match, non ? »

Les matchs d'entraînement sont souvent épiés, s'il est là, c'est forcément qu'il a dû y assister... Ou qu'il a une poisse légendaire. Etant donné la tronche de victime qu'il se tape, ça ne l'étonnerait qu'à moitié. Ce n'est pas faute de paraître plus âgé. Il doit avoir quoi ? Deux ? Trois ans de plus ? Quelle importance, au final ? Dix, douze, quinze ou dix-huit ans, le pauvre se serait quand même fait raboter. Une main se cloue à la hanche et l'autre ramène le balai sur l'épaule.

« Dis-moi... Sincèrement. Est-ce que tu nous as trouvé bons ? »

Sa voix porte un certain dédain et son visage reste figé dans un état mi-colérique mi-inébranlable. C'est typiquement le genre de question qui n'a que des mauvaises réponses. Les dérivés d'un oui ou d'un non sauront tous les deux déclencher les humeurs. Pourtant, la voila pendue aux lèvres. Une petite partie d'humilité la force véritablement à s'intéresser aux retours. L'autre segment, très loin de cette humilité fantôme, n'attend que la traversée des mots pour commencer à relâcher le flot de négativité qui lui pend aux tripes.

Ça aurait pu être n'importe qui, ça aurait pu être quelqu'un d'autre, mais c'est lui. Acculé par ces quatre serpentards aux sourires torves, le pauvre poufsouffle n'a plus qu'à endurer en attendant que ça passe. C'est que ça finit toujours par passer, d'une façon ou d'une autre.
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Mer 10 Mai - 15:55
Si Oz aime tant se tenir dans les gradins les jours de match, ce n’est pas par vénération pour le quidditch. Le poufsouffle n’accorde, en fait, qu’un très vague intérêt au sport en général et à celui-ci en particulier. Tout au long d’une enfance où la notion de travail a combattu celle de loisir, son père n’a pas manqué une occasion de dénigrer la discipline que, dit-il, on ne réserve qu’aux frustes et aux futiles. Ezra Grierson ignorait sans doute que nombre de bien-nés s’adonnent au quidditch et qu’ils en font, en plus, un motif d’orgueil capital. Il n’en reste pas moins que son fils respecte scrupuleusement sa défiance et qu’il ne s’installe dans le stade qu’à dessein de profiter de l’effervescence. Car, à l’inverse de la bibliothèque, piteuse de silence et de concentration, l’ovale grouille de conversations, de cris, de rires et d’invectives. Il y a, dans cette agitation, un bourdonnement constant, une sorte de soupir de bête gigantesque que les protagonistes ne forment que tous ensemble. De fait, la magie disparaît dès le vif d’or enroulé dans la paume du plus rapide des deux attrapeurs. Les règles ne sont pas assez subtiles pour qu’Oz ne suive rien du déroulement et de la fin d’un match mais, en fin de compte, il est toujours concentré sur le parchemin qu’il griffonne, le cul par terre et les mains sur le banc. De temps en temps, on lui demande bien ce qu’il fait là et, surtout, pourquoi il ne le fait pas ailleurs. Comme la plupart du temps, il ne sait pas répondre ou il ne répond rien, on finit par lui faire une tranquillité et un espace, si relatifs soient-ils.

Alors, bien sûr, Oz ne sait pas quoi répondre. Il n’a pas guigné la rencontre, même sous prétexte que l’une des équipes était de sa maison. Aux huées, aux éclats de joie et, plus aisément encore à l’attitude des quatre serpentards que l’impur a croisé à tout hasard et sans même leur porter un regard, on devine que les poufsouffles ont remporté cet affrontement – qui n’a d’amical que le nom. De toute façon, si ce n’était à raison de leur défaite, ils auraient trouvé autre chose. En sept années d’études à Poudlard, il ne s’est pas passé une semaine sans qu’un sang-pur s’autorise une oeillade, un sourire ou une réplique acerbe à son endroit. Alors, dès la seconde où Neve McGregor s’est adressée à lui, Oz n’a plus bougé d’où il se tenait et il a fermement enfoncé le menton dans sa poitrine sans le relever depuis.

Car il connaît Neve McGregor, comme il est tenu de pouvoir nommer chaque maillon de la classe qui le domine. Il y a, en partie, l’instruction farouche dont a voulu son géniteur pour que le fils ne l’embarrasse jamais en société. Ensuite, servir à la maison Gardner lui a fait côtoyer quelques uns de ces visages apprêtées, au port de tête altier. Elliot et Jeyne l’instruisaient, tour à tour, de ce qu’il devait savoir et, quelques fois, de ce qu’il était censé ignorer. Enfin, Poudlard brasse plus volontiers que le monde sorcier tout entier. Au sein de l’école, on côtoie les rois comme les vauriens. Et, pour le moment, loin de se côtoyer, la reine et le vaurien se rencontrent dans la douleur.

« Je ne sais pas, fait-il après un moment (trop long moment pour le tenir encore) à ne rien dire. Je ne regardais pas, pas vraiment. » À dix-sept ans, Oz se tient droit devant la plupart de ses camarades sous prétexte qu’ils sont simplement plus jeunes que lui. Neve McGregor n’échappe pas tout à fait à cette posture mais il y a, persistante, dans le regard de l’impur, une tentative de se soustraire. Comme il sait bien qu’aucune tournure et nulle incantation ne viendrait à bout de la cruauté ordinaire dont sont dotés les sorciers au sang-bleu, il s’essaie tout juste à minimiser : « Mais ce n’était qu’un entraînement, je crois. » À son souffle, on sait qu’il ne veut aucun mal. Au contraire. Néanmoins, le retrait de l’un de ses bourreaux et le sourire mauvais qui taillade plus fort dans la bouche des deux autres lui font dire que, plus que le mal, il a fait le pire.
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Jeu 11 Mai - 7:27
rendez-vous en enfer
avec oz grierson

Poudlard - an 1999

Le silence remue son impatience. La colère bouillonne et manque de déborder par les poings. La défaite est encore gravée partout dans ses chairs, et le mutisme du blaireau entame dangereusement son égo. Il n'est pourtant jamais brusqué oralement, mais le regard assassin lui fait comprendre que chaque minute qui passe se payera très cher et continuera de stimuler les enchères. Les doigts tapotent contre le manche du balai. La tension est palpable, aussi consistante que lui ou elle.
Quand l'impur daigne enfin la percer de ses mots, ce n'est que pour agacer davantage la fureur. Je ne sais pas. Il ne sait pas... En plus d'être un martyr, il est aussi stupide. A ce compte là, il aurait mieux fait de taire sa présence sur les lieux. Il se serait au moins évité l'insatisfaction d'une réponse comme je ne sais pas. C'est pire que oui, ou que non, c'est je ne sais pas. : la personnification même de l'indécision et de la soumission. Ça siffle entre les dents.

« On peut au moins te reconnaître ton honnêteté... »

De ses lèvres, c'est loin de sonner comme un compliment. Il y a, dans l'honnêteté, tout un processus qui lui échappe. C'est que le plus souvent, le mensonge ou l'omission rapportent davantage que la vérité. Celle-là n'est bonne qu'à donner aux proches, ou à la famille, puisqu'on peut aisément se faire poignarder avec. Cet impur, d'ailleurs, ne manquera pas de finir transpercé.
Ou complètement crucifié. Il croyait sûrement bon de renchérir après les résultats plutôt mitigés de sa première intervention. Ce n'était qu'un entraînement. Cette phrase de perdant... Par Merlin, si elle l'entend encore une seule fois, elle jure de ne plus répondre de rien.

Neve ne bouge pas tout de suite. L'espace d'une seconde, la colère paraît engloutie par le sourire sinistre qui étire les lèvres de la rousse. Cette façade là impressionne bien plus que l'évidence de la rage.

« Je crois qu'une mise au point s'impose... »

Elle entame une marche badine, tourne autour de l'impur comme un requin guette une proie. Son doigt levé et sa poigne fermement resserrée autour du manche à balai laisse entendre qu'il ferait mieux de ne pas ouvrir la bouche, que la suite le rattrapera bien assez tôt sans qu'il n'ait à la réclamer de lui-même. Ses camarades, très au courant de ses petits rituels, n'interviennent pas plus qu'en ricanant au dessus de la carcasse.

« Vois-tu, il y a deux règles essentielles que vous autres, pouilleux, semblez parfois oublier... Ou, plutôt, que vous ne semblez pas capables d'intégrer. »

A plusieurs reprises, son balai change d'épaule, ou de main, swingue d'un bout à l'autre sans rien toucher. Chaque geste laisse penser que ça sera pourtant le cas. Son sourire folâtre avec un peu trop d'innocence pour que ça en soit vraiment.

« En premier lieu, patauger dans la médiocrité comme vous pataugez dans la fange ne m'intéresse pas. Pire, ça me répugne. Ce n'est jamais, jamais qu'un entraînement, c'est une démonstration de force, un moyen... Disons... De ne pas finir complètement humiliés par ces abrutis de blaireaux, pour commencer. »

La danse au balai continue. A ressasser la défaite, elle se sent sale, ou minable, ou les deux. C'est, en tous les cas, un sentiment qui lui déplaît, et auquel elle a toujours cherché à pallier. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, la vie est un champ de bataille. Il faut s'y illustrer, ou croupir parmi les gueux. Autant dire qu'elle préfère nettement la première option, et qu'on ne lui a d'ailleurs inculqué que cette dernière.

« C'est très simple, dans n'importe quelles circonstances, perdre reste perdre. »

Le visage s'assombrit d'un seul coup. Le mot perdre empeste l'amertume. Il n'y a rien qui possède pire goût que la défaite. En tant que McGregor, elle est trop bien placée pour le dire. Ses pieds ancrés dans le sol, un juron silencieux part aux Lancaster. Elle arme le balai comme elle arme une batte de baseball. Ça part, vif et puissant. Puis le coup s'arrête là, à deux centimètres du visage. Un sourire carnassier fleurit au creux des lèvres.

« En deuxième lieu... Quoi que tu dises, quoi que tu fasses, quoi que tu endures, sache que ça sera toujours vain. Et tu sais pourquoi ? Parce que vous ne valez rien. Rien du tout. »

Un rictus suffisant fait vibrer les lippes. Le morceau de bois s'éloigne de la mâchoire en même temps que Neve recule de quelques pas. Alors que la paix semble retomber et que les talons de la rousse sont d'ores et déjà tournés, elle pivote brusquement pour abattre un coup horizontal et virulent au niveau des chevilles.

Finalement, il y a peut-être un troisième point : derrière le sourire d'un pur se cache toujours un vice. Et derrière celui d'un McGregor se cache souvent un coup.
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Dim 14 Mai - 23:14
L’honnêteté est une qualité qui n’attire que des ennuis.
Ça doit être une loi paraphée, quelque part, avec le sang d’un impur.

Cette vertu ne figure pas très haut dans la pyramide des valeurs morales auxquelles Oz Grierson s’astreint. D’abord, les sang-pur veulent tout sauf de la franchise, spécialement à leur égard. Ensuite, et en général, on lui a plutôt présenté les risques de se montrer sincère en toutes circonstances. En dehors d’une certaine probité, Oz est aussi malhonnête et secret qu’il le faut pour survivre. Dans son intérêt, il doit savoir mentir et fuir, tordre ses convictions profondes et ses opinions inutiles. Il doit – devrait – anticiper les filles, pourries d’orgueil, comme Neve McGregor, qui ont déjà les crocs plantés dans sa chair quand il croit encore qu’il pourra détaler.

Pourtant, dès je crois qu’une mise au point s’impose... les jeux sont faits. Des câbles et des poulies s’ébranlent sous la peau de l’impur, et les neurones s’activent à se faire remplacer par l’instinct. Pareil à l’animal qui se sait, non plus seulement traqué mais, ferré, piégé, tout près d’être attrapé par la pogne de son chasseur, par sa lame ou son sort, Oz vibre sur place, les billes partout où pourrait paraître du secours. Quelques élèves se présentent bien d’un côté ou de l’autre du couloir cependant que, percevant l’attroupement et, quelques fois, l’identité même des protagonistes, ils renoncent à ce passage et s’en dégotent un autre, un peu plus loin. Personne ne va venir et, comme ce doit être inscrit aussi, personne ne va empêcher Neve de faire de lui ce qu’elle voudra.

Lui donner une leçon est un tel prétexte ; il préfèrerait qu’elle l’insulte ou qu’elle le frappe.

« Dans n'importe quelles circonstances, perdre reste perdre.
- Oui. »

Oz est à deux doigts de répondre oui, mademoiselle comme il le ferait s’ils se tenaient dans la demeure Gardner et qu’elle était une invitée. Poudlard est différent, pourtant. L’école est un sanctuaire. Depuis qu’Elliot y est entré, les jours lui sont encore plus supportables. Rien ne lui rendrait les années qu’il a passées, souvent seul, entre ces murs et dans ces jardins, mais rien ne lui rendrait sa vie non plus. Aussi retient-il les syllabes dans le nid de sa bouche et serre puissamment les mâchoires quand il est sûr qu’elle va le frapper. Car les joueurs de quidditch sont des brutes, d’une façon ou d’une autre, et que le sport n’extirpe certainement pas le meilleur d’entre eux. Alors le meilleur de Neve McGregor… Le balai interrompt sa course à si peu de distance qu’Oz ne prend pas tout de suite conscience qu’il ne respire plus. Ses billes, étonnamment, sont figées sur l’ennemie. Il n’aurait pas l’audace de se défendre. Il a le courage d’affronter. En un sens, il y a un peu de défi, car ses prunelles susurrent quelque chose comme si tu crois être la première... Ça lui vaut peut-être le faux départ de son assaillante, ou c’était là son intention depuis le début. C’est probable. Reste qu’un simili soulagement s’empare de sa poitrine avant qu’il ne se vautre, les genoux d’abord puis les paumes, à ses pieds.

En dehors d’une douleur diffuse dans les chevilles, il n’a pas mal. Conclusion : il est hors de question de se relever. Sa fierté lui triture le crâne, et lui donne des idées curieuses de dignité, de colère et de violence. Pourtant, toute rebuffade lui vaudrait le double, ou le triple. Les autres serpentards s’y mettraient à leur tour. Au prix d’une souffrance constante dans son orgueil érodé par les ans, Oz parvient à se ramasser sur les genoux et sur les genoux seulement. Il feint assez bien la brûlure tout en la passant sous silence. Ses yeux s’élèvent jusqu’à la fille : « Je suis désolé. » Il le prononce sans déférence particulière ; des tas de mômes, même chez les moldus, se ratatinent devant les impuissants. C’est juste que s’il ne résiste pas, elle ne prendra aucun plaisir à le forcer.
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Mer 17 Mai - 8:55
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Poudlard - an 1999

La délivrance de sa frustration ne vient jamais. Ni quand le coup part, ni quand l'impur se contente de rester à terre sans résister davantage. Pire, il s'excuse. L'absence de combativité noie chez Neve toute envie de poursuivre. Toutefois, l'ombre du sourire cannibale continue de hanter les lippes. Si elle n'en a plus le désir, elle se refuse à le dévoiler. Il en va de sa réputation et de son égo mal placé. Là, encerclée de son cortège de serpents affamés, la rousse n'a d'autre choix que d'achever sa proie, ou au moins, à défaut, de l'amocher un peu avant de la laisser déguerpir. Son esprit a consumé de trop longues secondes pour s'adapter au changement de situation. Et elle sent déjà les regards avides et assoiffés de violence lui brûler l'échine.

« Et tes excuses sont acceptées. »

L'inflexion ne laisse présager rien de bon. Mais le balai est déposé contre le mur du couloir et les mains sont à moitié au ciel, comme pour signifier une reddition sans concession. Elle s'accroupit devant la carcasse de sa victime et attrape son menton pour le forcer à rencontrer ses yeux. Le silence s'éternise. La perfidie juge la peur, fouille les doutes et cherche la colère. C'est un adolescent, un garçon et un impur, par dessus le marché, c'est trois raisons suffisantes qui justifieraient sans mal l'emportement. Le voila, pourtant, à ramper devant l'humiliation et à se carapater dans la sécurité d'un désolé.

« Tu es tellement pitoyable... »

... Ce n'est même pas drôle, sous-entendent les mots. Son sourire de prédateur se dégrade quelque peu. Le regard, lui, perce et insiste sur les pupilles. Un soupçon de cynisme secoue les épaules alors que sa main lâche sa prise.

« Dis-moi, comment t'appelles-tu ? »

Neve demande sans le moindre intérêt. C'est un nom qu'elle oubliera probablement dans la journée, ou dans la semaine, si on est optimiste. Toujours à niveau avec l'impur, les coudes viennent se poser sur les genoux. Elle réfléchit à moitié. La violence n'a pas l'air de fonctionner sur lui. Les insultes, pareillement. Il reste la provocation. Pas le menu fretin qu'elle accordait au reste de sa démonstration, non. De la véritable provocation. Celle qui n'a à dessein que de blesser. Or elle ne connaît pas grand chose de cet impur, sinon qu'il est docile et qu'il est, d'une façon ou d'une autre, lié aux Gardner. C'est là qu'elle commencera.

« Ce ne serait pas toi, le valet des Gardner, par hasard ? »

Les bienfaiteurs de l'Angleterre sorcière, dit-on. Ça arrache un rictus moqueur à la McGregor. La bonne blague. L'égalité, quel concept futile. Au-delà du sang, l'humanité elle-même est inégale. Il y a ceux qui dominent et ceux qui sont dominés. Ça doit être inscrit quelque part dans les lois cosmiques de l'univers. Ainsi va la vie.

« Je constate qu'ils se sont bien perdus dans leur charité... Ce ne serait pas la première fois. Toute une éducation à refaire... Ces sales traîtres à leur sang ne retiennent jamais rien. »

La voix raille. Neve ne connaît pas spécialement les Gardner en dehors de leur réputation. Même s'ils ont, paraît-il, une haine commune pour les Lancaster, au final, la seule référence qu'elle en ait réside en sa tante par alliance. Encore qu'elle est maintenant trop naturalisée McGregor pour servir quelconque étude. Ce ne sont, de toute façon, pas des questions qu'elle pose. Et les insultes ne sont jamais fabriquées que pour faire réagir l'impur. Ce n'est pas personnel pour elle, mais ça l'est certainement pour lui. Il réagira.
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Mer 24 Mai - 16:17
Il y a de la déception dans les pupilles des protégés de Salazar lorsque Neve McGregor abandonne son balai. Ils ont eu l’air de trouver le premier acte, avec ses décors, ses acteurs et ses accessoires, extrêmement divertissant. Pourtant, elle est loin de débarrasser l’impur de sa présence et il est le premier à deviner que c’est fort loin d’être terminé. Combien y’en a-t-il eu, au juste, qui se sont amusés à cela avant elle, combien dont le plaisir consistait à décortiquer et triturer de petites bestioles moins coriaces qu’eux-mêmes ? Et, elle, combien de vauriens et de gens de peu a-t-elle ennuyé sans jamais se lasser ? Elle invente, c’est probable, de nouvelles variantes à chaque fois, de même qu’elle agrémente les grands classiques de quelques excentricités, parfois, pour voir ce que ça fait.

Oz n’a pas tellement peur d’elle. À Gardner’s House, il a pris de ces corrections… Ça rendait la magie superflue, très incapable d’apporter la souffrance comme les jointures l’inscrivaient dans le corps. Néanmoins, la violence a deux faces et ne s’attaque pas uniquement à la chair et au sang. Il semble que cette palette-là non plus n’échappe pas à l’héritière des McGregor. Or, quand elle approche et qu’elle plie les genoux, Oz se tend. La proximité le révulse. (Ça a toujours été le cas, avec n’importe qui.) Le contact est pire encore. D’une paume implacable, elle l’oblige à la regarder droit dans les yeux et il déteste cette audace à laquelle il ne peut se dérober. Oui, il est pitoyable. Oui, il est faible. Oui, il est insignifiant. Il ne mérite et ne demande aucune attention particulière, et l’impur est forcé de croire que c’est la raison pour laquelle il est toujours en vie.

Sa tête pèse une tonne lorsque Neve le libère. Il ne parvient pas tout de suite à relever le crâne, et son silence buté est fait d’une bile frustrée et angoissée, roulée en boule contre ses cordes vocales. « Ossian Grierson, s’entend-il répondre machinalement. » Quand un sang-pur l’exige d’un sang-mêlé, le sang-mêlé obéit sans réfléchir. Du reste, les Grierson ne nourrissent pas le moindre orgueil à propos de leur nom. Ils ne sont rien ni personne, rien que les serviteurs des Gardner, et Oz est l’un des chiens les mieux dressés de toute la meute. Alors, pour toute réponse, ledit valet acquiesce sans sourciller. S’il ne sait pas de qui la jeune serpentard se moque (des Gardner ou de lui), la simple évocation de ses protecteurs lui porte un trop-grand soulagement dans la poitrine pour qu’il s’attache à s’offusquer.

En revanche, Oz voit ce qu’elle veut faire – ce qu’elle va faire – et, même doté d’une telle prescience, il tressaille de l’entendre. On ne traite pas impunément les Gardner, nobles entre les nobles familles de Grande-Bretagne, de traîtres à leur sang, l’impur le sait bien. Ce n’est pas exactement à lui qu’échoue pour autant de défendre leur honneur… Son habile tortionnaire compte sur sa domestication et sa servilité. Et si les Gardner (à commencer par Elliot et, plus avant, son père) ne seraient plus contrariés qu’il s’en soit pris, verbalement ou physiquement, à une descendante d’un sang bien supérieur au sien, Neve McGregor obtiendrait de lui ce qu’elle veut. Or, Oz est trop rompu au sale petit exercice et, un long moment, il ne dit rien du tout. On dirait qu’il accuse réception des mots proférés et qu’il se contentera, plus tard, de le rapporter à qui de droit. C’est loin de ses intentions, mais n’est-ce pas ce qu’un chien bien conditionné ferait… ?

Au final, et provocation pour provocation, il répond sans l’ombre d’un sourire ailleurs que dans le timbre : « Je leur suis très reconnaissant de ce qu’ils font pour moi. »
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Ven 26 Mai - 11:19
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avec oz grierson

Poudlard - an 1999

Longtemps, Neve ne sait pas quoi répondre. La servilité de ce Ossian Grierson l'estomaque, la dérange, même. Au-delà de sa servilité, c'est aussi qu'il semble vraiment tenir aux Gardner. Ce n'est pas quelque chose qu'on voit souvent, dans les yeux des impurs. Alors elle se contente d'analyser, de toiser pendant de longues, très longues secondes. Finalement, un grand sourire fleurit sur les lèvres. Ça a l'air sincère. Mais ça ne ressemble pas franchement à Neve McGregor. Ni à aucun autre McGregor, d'ailleurs. Ses mains agrippent la mâchoire de chaque côté pour que le contact visuel soit maintenu.

Elle a changé d'avis. C'est un nom qu'elle n'oubliera pas.

« Tu sais quoi ? Je crois que je t'aime bien. »

La voix badine. D'une certaine façon, c'est accorder de l'intérêt que d'emmerder. Les serpents ne paraissent pas comprendre. Et pourtant, là, les yeux dans les yeux, l'impur doit comprendre, lui, que sa tortionnaire n'oubliera jamais, jamais son visage. Ce face à face, c'est la promesse qu'il y en aura d'autres. Longs. Douloureux. Il croyait peut-être que Poudlard serait un havre... Elle se fera un devoir de lui prouver que non.

Des soupirs et des grognements d'ennui sont lâchés dans le dos. Malgré les jugements qui carbonisent l'échine, elle décide qu'elle s'en fiche. Pour le moment, c'est entre eux deux. Elle ne veut rien gâcher de ce savant échange de regards. Une partie de la colère s'est estompée, disparue dans les interrogations entrelacées à, peut-être, une lueur de défi. C'est qu'elle aimerait vraiment qu'il réagisse. Qu'il la frappe. Qu'il se mette en colère. Qu'il lui donne un peu plus de fil à retordre. A quoi bon briser quelqu'un qui l'est déjà ? Les mains tapotent les joues et puis partent au repos. Le sourire s'étend d'une manière inquiétante.

« Bien, puisque tu m'as répondu, je vais te retourner cette faveur : mon nom est Neve. Neve McGregor. Tu dois probablement déjà le savoir, ou t'en foutre comme de l'an 40... Je peux comprendre. Mais je te le dis quand même. »

Le ton arbore des teintes amicales, presque bienveillantes. Au moins, on ne pourra pas la traiter de malpropre. L'introduction faite, elle se redresse de toute sa hauteur et laisse tomber la risette aussi sec. Son visage commençait à tétaniser dans le trop plein de bonheur, à force.

« On en a fini pour aujourd'hui, Grierson. »

Elle annonce comme pour signifier à sa suite qu'il est temps de se disperser. Un regard lancé dans la direction de ses camarades et tous commencent à traîner les pieds vers les vestiaires. Elle paiera sans doute le manque de sang, mais tant pis. Sa vision s'installe loin, à plus long terme qu'un simple passage à tabac. Ils finiront par comprendre. Pas tout de suite, pas demain, oui.

« En attendant, n'oublie pas de transmettre mes plus sincères salutations aux Gardner. Ça fait un petit moment que je ne les ai pas vus. »

Le calme est retombé. Il y a un sérieux dans la gorge qui laisse vaguement penser au respect. Et puis, sans crier gare, Neve envoie valdinguer son pied dans la mâchoire. Quand même. Le minimum syndical pour une carte de visite McGregor. Ce n'est pas contre lui, ou contre les Gardner. C'est juste qu'elle a une certaine réputation à tenir et une peur à inspirer. Il n'y a pas de témoins, pas un œil qui traîne aux extrémités du couloir. Son témoin, c'est sa victime. Le seul qui compte et qui a besoin de savoir. Ossian Grierson. Elle le contourne avec un ultime regard dédaigneux et dépasse sa sale carcasse.

« A la prochaine. »

Parce qu'il y aura forcément une prochaine fois. Promesse de McGregor.
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