intrigue deux
the blood tournament
Impurs, we welcome you. We salute your courage and your sacrifice... and we wish you... A Happy Blood Tournament ! And may the odds be ever in your favor.


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me and the dragon can chase all the pain away (garrett, 1994)
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Dim 7 Mai - 23:23
1994, dublin, irlande.

Les dernières vapeurs de l'été gravitent encore autour de Dublin castle, résidence millénaire des Archer. Brume de pollen sur les eaux du lac, canards dans les roseaux, le bruit du vent contraste avec le silence particulier qui règne dans le château. Assis dans la bibliothèque, le jeune Braam est affairé à lire. L’enfant taciturne qu'il est aime étudier le monde dans lequel il s'inscrit. En dépit de son jeune âge, il a l'ambition d'être un jour psychomage, de soigner les maux des sorciers dont parlent ses ouvrages. Tournant une énième page, il lève la tête vers la baie vitrée et aperçoit le reflet d’une silhouette familière s’esquisser derrière lui. Un sourire confiant se dessine sur ses lèvres tandis que son père approche. Il arrête un instant son regard sur le livre que tient son fils aîné. La voyance et l’hystérie, volume 3. Le patriarche ébouriffe les boucles ébènes de son aîné avant de murmurer : “Il est tard, Braam. Tu devrais rejoindre tes frères et te coucher.” Comme à son habitude, sa voix est douce mais ferme. Il répond à son père par un hochement de tête et met son livre de côté. Tandis que monsieur Archer referme sur lui une étreinte, il en profite pour approcher son visage de ses joues, et les embrasser affectueusement.

"Garrett, tu dors ?" Bougie à la main, le voilà qui s’infiltre dans la chambre voisine à la sienne ; celle de Garrett. Pas un son n’émane alors de la bouche de l’irlandais, qui s’étend calmement près de son frère. Seul flotte dans l’air le craquèlement du bois, qui se consume dans le foyer. Dans l’ombre, son regard pétillant se perd dans celui de son cadet. Toujours sans un mot, il réajuste ses lunettes rondes, un sourire vague pendu aux lèvres. Braam fait preuve d’une lucidité inhabituelle pour son âge. Il est épuisé, mais ne peut s’empêcher de garder les yeux rivés sur le bambin, conscient du terrible combat qu’il mène du haut de ses cinq ans. À mille lieux d’une quelconque forme d’inceste, Braam aime sentir la chaleur de son frère près de lui, et il espère que sa seule présence le rassure. Si la famille traite Garrett comme un infirme, lui voit en lui un héros tragique. Un combattant. Il soulève le drap de Garrett, et son visage s’adoucit : “Si on ne fait pas trop de bruit, on peut construire une cabane et lire des contes.” Le voilà qui lui dévoile les contes de Beedle le barde. Il place sa bougie non loin d’eux et recouvre leurs têtes du drap. Il commence alors: “Le conte des trois frères...
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Garrett Archer

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Lun 8 Mai - 0:20
Braam & Garrett
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1994, Dublin, Irlande.

Le silence avait presque quelque chose de rassurant. Tout comme le contact des draps qui recouvraient presque entièrement son visage. Comme si cela pourrait le protéger des chimères dévorantes, tentacules affamées de l'attirer, de le projeter dans ces ténèbres auxquelles personne n'avait pensé à le préparer. Il fermait les yeux, les serrant si fort comme si on lui avait demandé de dormir, d'oublier. La main douce de sa mère avait effleuré les mèches désordonnées de sa chevelure brune. Mais cela semblait remonter à des heures déjà. Oublie. Endors-toi. Fais confiance à tes songes pour chasser les monstres. Mais il n'y parvenait pas. C'était comme supplier un mourant de ne plus penser à une blessure qui le dévorait. Comme de lui ordonner de ne pas penser aux sucreries dissimulées dans le placard de gauche de la cuisine. Il en était incapable. De la même manière qu'il avait la sensation d'être malade. Pour qu'on le regarde ainsi, qu'on tente de le protéger, de le préserver, comme s'il était une statue de verre prête à éclater en mille morceaux sur le sol au moindre faux mouvements. Mais il ne l'est pas. Il le savait déjà. Même s'il voudrait ne jamais y retourner, il ne se sentait pas malade. Il ne se sentait pas fragile. Il n'aimait pas ces regards prudents que l'on posait sur lui, cette impression d'être observé, d'attendre les mots qu'il pourrait prononcer, donner une vision imparfaite des horreurs que ses doigts trop petits pouvaient effleurer. Mais inversement, les ténèbres pouvaient le dévorer, le dépecer, avec un réalisme qui l'avait fait hurler la toute première fois, celle qui imprégnait son esprit, qui avait attiré les adultes.

Il avait vu un homme se faire tuer, le corps encore chaud, les larmes incapables de dévaler ses joues, le corps tremblant de la scène improbable. Il n'avait plus été capable de savoir où il se trouvait. Il n'était pas parvenu à dire le moindre mot censé. Il s'était simplement mis à hurler. Parce qu'un enfant ne devrait jamais être témoin de telles horreurs. parce qu'un enfant ne devrait pas supporter le poids d'une telle malédiction. Et dans ce lit qui était le sien, dans cette chambre bien trop grande, bien trop vide, le petit garçon se recroquevillait. Le drap recouvrant son nez. Ses yeux bien trop serrés. Et ses doigts qui se crispèrent sur le tissu lorsqu'il perçut un bruit en provenance de la porte. Son cœur s'embrasa, insaisissable cavalcade. Tambourins déchainés, alors qu'il se refusait à ouvrir les yeux, sinon les monstres prendraient vie, encore, toujours. Et puis ce fut le timbre de son frère ainé qui lui parvint. L'air s'échappa de ses poumons, sans qu'il n'ait réalisé qu'il l'y avait emprisonné. Ses paupières se relevèrent pour observer la silhouette familière qui s'approchait de lui, avant de se glisser à ses côtés. Sa chaleur, sa présence, cette proximité le rassurait, l'apaisait. Puis vint la proposition qui étira un sourire sincère sur les lèvres de Garrett. Ses prunelles s'agrippaient encore aux histoires, aux châteaux dressés presque par magie avec des draps au-dessus de leurs têtes, tandis qu'ils s'assirent en tailleur, et que Braam commençait à lire l'histoire des trois frères.

Garett l'adorait, c'était sa préférée. Il savait déjà qu'il jetterait la pierre aussi loin que possible... les morts ne lui plaisaient pas. La baguette n'avait pas vraiment d'importance, et elle provoquait des choses qu'il valait mieux éviter. Et puis, il y avait... « Tu crois que si je trouve la cape, je pourrai me cacher ? » Et que les monstres ne seraient plus capables de le trouver, de l'arracher à eux, de le précipiter dans un monde plus sombre, tellement éloigné de celui d'un enfant. Le château était déjà presque enterré. Les ailes des papillons jetées au sol tandis que les insectes autrefois volants se tordaient maladroitement sur l’asphalte. On sentait l'espoir à travers cette simple question, ce regard qu'il dardait en direction de Braam, comme s'il était capable de lui promettre que oui, ils la trouveraient, et que oui, elle le protègerait des affreuses chimères. « Parce que la pierre elle est nulle. Je te jure. Parce que c'est Merlin*, c'est nul. » ajouta-t-il, son regard se fronçant, son front se plissant, presque de cette moue boudeuse d'avoir été puni sans avoir rien fait pour le mériter.

* parce que c'est Merlin : par Merlin XD
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Mer 10 Mai - 1:01
1994, dublin, irlande.

À seulement huit ans, Braam accepte déjà le rôle le plus important de sa vie ; celui de frère aîné, dont découleront plus tard une myriade d’autres responsabilités. Avant même d’être un Archer, il se définit lui-même comme le meilleur ami de ses cadets, qui toujours tiennent une place de choix en son coeur. Aodhan et Garrett, Garrett et Aodhan. Lorsqu’il ne discute pas de ses récentes lectures, il n’a que leurs noms à la bouche. De noms qui lui plaisent et qui lui inspirent un glorieux avenir. En leur compagnie, l’Icare se sent pousser des ailes. Auprès d’eux, il n’a pas peur de l’avenir, ou c’est du moins ce qu’il pensait avant la première vision du Cassandre, que les adultes autour d’eux ont d’abord pris pour une hallucination. Enseveli sous un tas de livres portant sur la divination, Braam apprend, malgré les multiples mises en garde de son père, à connaître la signification des étranges visions dont est pris son frère, et surtout leurs effets dévastateurs. S’il ne partage ses craintes avec personne, il redoute déjà le futur qui attend Garrett. Une existence faite de persécution de la part des intéressés, mêlée à une psychose névrosée à laquelle son soldat le plus vaillant devra faire face. Rongé par les présages propres à la bibliothèque, Braam pense avant tout au voyant et à son bien être. Il veut croire qu’en plus des obstacles, un destin exceptionnel l’attend, lui le martyr et le guerrier des Archer, et il tient à l’accompagner à chaque étape de ce qu'il imagine être son apogée, s'efforçant tant bien que mal de faire abstraction de l’ombre tragique de leurs ancêtres oracles qui plane sur leurs têtes. L’espoir, voilà ce qui fait vibrer les hommes de leur lignée. L’espoir d’un monde meilleur où chacun trouve sa place, et surtout leur dynastie. En pénétrant sa chambre en pleine nuit, c’est un peu de cet espoir qu’il porte toujours en lui qu’il espère transmettre à Garrett. Une promesse silencieuse de coeur-à-coeur dont il ignore pourtant l’issue. Illusion illusoire et juvénile. Il n’est encore lui-même qu’un garcon. Il pense que ses lectures l’ont informé, mais il ne sait encore rien de la peine véritable. De la douleur. Du désespoir. Ces trois éléments n’interviendront au cours de sa vie que plus tard, toujours à une fréquence plus raisonnable que ceux qui frapperont son cadet.

Traversant le château de leur enfance, Braam le rejoint à pas de loups et commence à lui conter son histoire favorite. Un conte héroïque et moralisateur qui leur rappelle à juste titre la trinité qu’ils forment avec Aodhan. Une fierté. Là, dissimulés sous les draps, ils revivent des aventures palpitantes par proxy, coupées par la question innocente et bouleversante de l’enfant, qui laisse son aîné un instant songeur. Il finit par lui répondre d’une voix calme et assurée : “Tu n’as pas besoin d’une cape, Garrett. Je t’aiderai à te cacher, tout comme Aodhan.” Il étreint son petit-frère sans y penser, l’enveloppant de bras aimants, joueurs, cherchant par ses caresses et ses chatouilles à le rassurer et gommer sa mine boudeuse. “Nous représentons notre plus grande force. On mettra au point nos propres reliques, et si tu t’appliques bien tu pourras même intégrer l’Ordre de Merlin et y établir tes propres règles. Qu’est-ce que tu en dis ?” Il lui lance un regard de défi propre aux Archer avant de murmurer : “Peut-être les contrôleras-tu, un jour. Tu pourras peut-être les domestiquer comme des dragons.” Contrôler. Le verbe est lancé, et l’ambition est de mise. Elle coule dans leur sang, et le doux mensonge s'échappe de ses lèvres trop vite. Si on leur a retiré leur royaume, les Archer n’en restent pas moins les dignes héritiers d’une lignée de savants et d’hommes de science. Braam est persuadé que la créativité mêlée à l’intelligence des irlandais peut soulever des montagnes. C’est ainsi qu’ils ont tous les trois été élevés. C'est ainsi que les choses doivent se dérouler pour Garrett et ses visions, prophétie auto-réalisatrice avortée.
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Garrett Archer

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Mer 10 Mai - 19:33
Braam & Garrett
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1994, Dublin, Irlande.

La promesse fut dite, soufflée, sous l'écho de la parole donnée. Il serait sa cape d'invisibilité, il lui fournirait ce qu'il faudrait pour disparaître. Garrett ne s'imaginait ce que cela impliquait, cette impensable lumière dans laquelle ses ainés brilleraient et qui se désintéresserait de lui. Il serait ainsi le fils Archer qui attirerait le moins l'attention, et de ce fait, peu de personnes réaliseraient qu'il avait hérité le lourd fardeau des oracles des temps anciens, confinés dans des temples, préservés, protégés, étouffés pour que leur infirmité ne tombe jamais entre de mauvaises mains. Déjà, le petit garçon qui se terrait sous ses couvertures un instant plus tôt, n'aurait jamais supporté qu'on l'enferme, ce serait comme si on le condamnait à ne vivre qu'avec les monstres. Mais sa famille n'était pas ainsi, non, on les poussait à vouloir ce qu'ils désiraient, on les accompagnait vers cette fierté instruite, vers l'envie de ne jamais baisser les bras. Et pour le petit garçon de cinq ans, même s'il discernait l'inquiétude ténue face à l'envahissante malédiction, infirmité qui demanderait à leur sens qu'il soit protégé, il ne pouvait tout simplement pas en être autrement. Son grand-frère lui-même semblait lui promettre une vie normale malgré les tourments. Une vie de contrôle. L'ainé chatouilla son cadet, qui éclata de rire, retrouvant l'innocence et l'éclat joueur qui semblait s'être envolé jusque-là. « Arrête. Arrête. Tu triches ! » s'exclama-t-il en riant, tentant de retrouver une moue boudeuse sans y parvenir. A cette seconde, il avait presque oublié, que les monstres qui croupissaient sous les lits des enfants, n'étaient pas des chimères, mais pire encore, que ce n'étaient pas les plus fabuleux qui revenaient le hanter.

Puis Braam s'arrêta, Garrett souriant légèrement, pas assez pour avoir chassé ses craintes légitimes d'enfant. Mais assez pour écouter presque religieusement son ainé lui parler de fabriquer leurs reliques... nul besoin de la mort pour cela, nul besoin que la faucheuse tende entre ses doigts décharnés celles qu'ils pourraient convoiter. Ils seraient plus forts et plus rusés, ils parviendraient à faire aussi bien qu'elle. Et puis il ouvrit de grands yeux... l'Ordre de Merlin ? Il y avait plusieurs récompenses, mais Garrett n'arrivait pas à savoir laquelle. Mais qu'elle importance, il serait vraiment fier d'en faire parti, d'être l'un de ces sorciers dont on prononce le nom avec révérence et précaution, presque un murmure face à tout ce qu'ils ont pu apporter à la société magique. Fumisterie de l'avenir. Ou peut-être que non. Peut-être que le destin lui soufflerait un jour cette opportunité. Peut-être. Mais l'enfant ne savait rien de cela, ses visions ne le concernaient pas directement, du moins jusqu'à présent. Et puis il y eut cette notion de contrôle qui revint. Contrôler ses visions comme s'il s'agissait de dragon... l'enfant voudrait y croire, relever le défit, le cœur battant, tambourinant subitement dans sa poitrine. Il hocha la tête, mais sa lèvre inférieure trembla légèrement, tandis que le voile retombait, souvenir trop vif qui lui rappelait ce qu'il avait pu voir, frisson désagréable qui lui gravissait l'échine. Il secoua la tête, comme si cela pouvait faire disparaître les horreurs aussi simplement que cela, et préféra s'accrocher à l'espoir que son frère ainé puisse avoir raison. Il était plus grand, il savait plus de choses, alors forcément, il ne pouvait pas se tromper. « Oui, j'y arriverai. Et plus personne dira que je suis fragile ! » Parce qu'il ne l'était pas. Non, il ne l'était pas. « Tu savais qu'il y avait de grands chevaux noirs dans le parc ? Des... » Il hésita, se tordit les lèvres sous la réflexion, pour ne pas faire d'erreur. « ... sombrals, maman m'a dit que ça s'appelait. » Il leva ses grands yeux bleus sur Braam, comme dans l'espoir qu'il dirait que oui, mais rien n'était moins sûr. Il fallait avoir vu la mort pour cela. Il fallait presque avoir effectué une valse avec la monstrueuse décharnée. « Ils font même pas peur. » ajouta-t-il, comme pour conjurer ses premières craintes, déjà étouffées par les explications de leur mère.

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Dim 14 Mai - 3:37
1994, dublin, irlande.

Les traits juvéniles des deux garçons ne retirent rien au lien fort qui existe entre eux. Un lien de frères, tissé dans une famille particulièrement soudée. À seulement huit ans, Braam imagine la relation privilégiée qu’il entretient avec Garrett durer. Sûr de son implication dans la vie de son cadet, il ignore encore les difficultés et le silence auxquels ils devront faire face. L’ainé n’est pas dupe, il sait que le futur qui attend Garrett n’est pas le plus simple, mais il ignore la douleur profonde qui l’accompagnera tout au long de sa vie. Une douleur d’autant plus intense et poignante que celle dont parlent ses ouvrages de psychomagie, de quoi lui insuffler de bien sombres cauchemars. Pour l’heure, les éclats de rire de son frère cadet l’encouragent à poursuivre son récit et ses promesses. C’est le torse bombé d’espoir que Braam lui promet un tas de balivernes auxquelles il veut lui-même croire, l’ambition des Archer coulant en ses veines. À l’abri sous le drap de l’enfant tout semble encore possible, y compris ses songes les plus fous. Mais rapidement les rires se transforment en silences, et en regards inquiets, une scène digne des plus vibrants films d’horreur. À seulement cinq ans, Garrett Archer inquiète déjà son frère aîné pour tout un tas de raisons. Le brun fronce les sourcils en entendant les paroles de son frère. Il y a tout d’abord la mention de sa fragilité qui l’exècre. Il ne manque pas de commenter sur un ton solennel : “Qui t’a dit ça ? Tu n’es pas fragile, Garrett. Ne laisse jamais personne te faire croire ça. Tu es fort et courageux, et tu le resteras. Quiconque te dira le contraire n’est pas digne d’être ton ami.” Il resserre leur étreinte et plonge ses iris vertes dans l’ambre de ses yeux, soulignant la sincérité de ses paroles. Braam ne supporte pas qu’on le prenne pour un infirme. Il ne supporte pas non plus l’idée qu’on le juge en raison de ce qu’il est. “Il ne faut jamais parler de tes visions aux autres, Garrett. Ils ne pourront jamais comprendre ce que tu vis. Il faut te servir de ta langue comme d’une cape d’invisibilité.” Il s’apprête à partager avec lui une plaisanterie lorsque le gamin mentionne soudainement d’étranges chevaux noirs qui l’intriguent. Des sombrals. Aussitôt Braam frisonne, apeuré pour son frère. L’histoire des sombrals, il la connait. Il n’y a rien de plus tragique qu’un enfant de cinq ans capables d’en voir. Qui plus est lorsque cet enfant n’a en soi encore jamais vu un mort de chair et d’os, ou du moins il le pensait encore jusqu’à ce jour. Lentement, l’irlandais comprend que ce à quoi Garrett a affaire est nettement plus grave que ce à quoi il pensait, et il reste interdit un bref moment avant de finalement lui répondre par une question : “Les sombrais sont des chevaux ailés très spéciaux. Notre mère a raison, ce ne sont pas des animaux dangereux s'ils ne sont pas provoqués. Ceci dit, seuls ceux qui ont vu la mort peuvent les voir. J'en suis personnellement incapable.” Une pause. “Est-ce que tu… T-tu as vu la mort, Garrett ?” Il s'apprête à poursuivre leur conversation lorsque la porte de la chambre s'ouvre et laisse apparaître une silhouette familière.
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Garrett Archer

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Ven 19 Mai - 12:42
Braam & Garrett
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1994, Dublin, Irlande.
Angleterre, début des années 60.

Qui lui avait dit qu'il était fragile ? N'importe qui aurait posé ses yeux sur lui, et compris la malédiction qui trônait sur ses frêles épaules le clameraient. Il n'avait que cinq ans après tout... comment un enfant si jeune pouvait ne pas l'être face à de telles horreurs dont on ne mesurait jamais la véritable portée. Il voyait bien la manière dont les adultes le fixaient, certains avec cet éclat protecteur, d'autres avec cette inquiétude qui barrait le front face à un problème, d'autres encore, se cantonnait dans une observation silencieuse. Garrett se contenta simplement de hocher la tête au discours de son frère... ceux qui le prendraient pour un infirme, ne seraient pas dignes d'être ses amis. Et tant qu'il le pourrait, il ne parlerait pas de ses visions. C'était déjà sûr et certain, il n'aimait pas être le centre de l'attention, pas de cette manière-là, pas en ayant l'impression d'avoir un problème. Si encore c'était en éveillant de l'émerveillement ou de la fierté, mais ce n'était pas le cas. « Je dirai rien. » Il n'avait pas l'intention de souffler cette vérité, tout du moins, pas à des êtres qui ne le mériteraient pas, qui n'auraient pas prouvé leur valeur. Son jugement s'affinerait en grandissant. Sa façon de percevoir le monde également. Puis le sujet dévia sur les sombrals... theatrals à d'autres lèvres. Garrett en avait vu dans le parc, il les avait même caressé sous la volonté de sa mère de le rassurer, malgré leur aspect décharné et mortuaire. Braam expliqua qu'il fallait avoir vu la mort pour les percevoir, et que lui... Non, c'était bien vrai, les enfants n'étaient pas sensés être capable de les voir, pas sans une bonne raison. Aussi, sa question fut presque normale, naturelle... est-ce que lui avait déjà vu la mort ? La réponse était déjà donnée, non ? Première inclination vers le bas pour répondre par l'affirmative, mais son visage pivota vers autre chose, un bruit, une silhouette dans sa vision périphérique.

Braam ne broncha pas vraiment, pourtant, lui aussi aurait du pouvoir voir la silhouette, sentir l'air frelaté qui s’agrippait déjà à sa langue. Ses muscles se raidirent, tout son être se tendit. « Tu la vois pas ? » murmura-t-il du bout des lèvres, les yeux braqués vers cette silhouette fantomatique derrière le drap. Celui-ci sembla perdre en tangibilité, comme s'il n'existait déjà plus, que seul comptait ce que son esprit devait voir. Une boule anxieuse au creux du ventre, une crainte redoutable venant se graver dans ses yeux, aussi les ferma-t-il, clos avec trop de ferveur pour ne pas parvenir à faire disparaître les chimères. Et pourtant... cela ne marchait pas, n'avait jamais fonctionné. Il avait déjà essayé de ne plus voir ainsi, mais ses paupières ne parvenaient à jeter un voile que sur son environnement premier, et non pas sur ses visions, hallucinations qui firent glisser le long de sa colonne vertébrale un frisson glacé. « Parfois... c'est pas aussi pire que d'autres. » laissa-t-il s'évader dans un souffle, comme s'il venait de courir un cent mètre ou qu'il craignait que des monstres puissent l'entendre. Mais à mesure que la silhouette se précisait, que l'univers vacillait, le cœur de Garrett s'affolait. Ses doigts se refermèrent avidement sur la main de son frère ainé, dernière conscience de l'endroit où ils se trouvaient, quand le passé le dévorait dans ses étrennes, manteau de velours à la sensation étouffante.

« Viens... viens. Faut partir. » murmure presque inaudible qui s'échappa de ses lèvres, de ce timbre pourtant pressé qui lui brûlait la langue face à ce visage qu'il semblait reconnaître. Mais qui n'était pourtant pas le même, la couleur du regard brillait d'une autre teinte, les vêtements étaient également différents, l'époque hurlait un autrefois étranger au gamin qui n'y voyait qu'un descendant d'aujourd'hui. Ce n'était plus sa chambre, mais celle d'un autre enfant, d'une baguette dressée dans le dos de la silhouette familière. Garrett recula, tombant finalement au sol de sa propre chambre qui n'était plus la sienne. Le regard affolé, il scrutait la bâtisse improbable, avait l'impression de sentir le crépitement des flammes qui commençaient à grignoter ce qui dissimulerait le forfait orchestré par les Lancaster. Il lui sembla croiser le regard de cet autre enfant, cette relique d'autrefois, ces os qui finiraient calcinés et qu'il scrutait à travers ceux de son ainé. Mais déjà tout son être revenait scruter le reste de la scène, tandis qu'il toussait, des larmes désertant ses prunelles sous la piqure acide de la fumée tenace. Il se frotta les yeux de ses poings fermés, cherchant une sortie, un endroit... « Y a pas d'issue ! » hoqueta-t-il en repoussant une main qui tentait de s'agripper à lui, alors qu'il reculait en s'aidant de ses pieds, loin du bourreau qui se dressait un peu plus loin, le cadavre de la femme à ses pieds, les sanglots de l'enfant  qui résonnaient si proches, le cri de douleur d'avoir vu sa mère crever de la main d'une nouvelle menace. La première silhouette ricana, souriant, amusé. « La fenêtre... » marmonna l'illusion, alors que Garrett buttait contre un meuble qui n'était qu'un autre mirage trop tangible. Brusquement, il se débattit contre une réalité qu'il ne discernait plus derrière les chimères de sa vision, comme si sa vie en dépendait. Coups de pieds, coups de poings. Il entendit la silhouette formuler distinctement le sortilège qui bloqua la fenêtre, tandis que Garrett continuait à se débattre pour l'atteindre, le visage tourné vers l'enfant qui essayait désespérément d'ouvrir l'unique issue, tandis qu'un nouveau rire glaçant résonnait. « On va mourir ! Lâche... Lâche-moi ! » Son front ruisselait de sueur, sous l'effort, mais plus justement sous la chaleur tenace de sa vision, son corps réagissant comme si tout ceci était réel.

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