intrigue deux
the blood tournament
Impurs, we welcome you. We salute your courage and your sacrifice... and we wish you... A Happy Blood Tournament ! And may the odds be ever in your favor.


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I try to breathe but I'm frozen inside [Elain]
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Sam 6 Mai - 15:33
Elain & Garrett
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Suffocation. Imprévisibles lacérations qui se refermeraient comme d'anciennes plaies dont on aurait déjà oublié l'existence. Mais son esprit ne pouvait simplement oublier les nécroses, la gangrène qui dévoraient ses rétines à chaque fois que le doigt de Merlin se posait sur son front. Troisième œil qui s'ouvrait à la manière d'une réalité avide qui l'avalait, lui et l'ombre de sa réalité, dans celle plus dévastatrice d'un passé ou d'un avenir. Pas plus à un autre instant qu'à celui-ci. Il eut cette conscience trop précise du monde qui se modifiait, sans certitude malgré tout d'avoir sous les yeux une horreur prenant forme, finalement, ou bien une vision, loin d'être vaporeuse d'un autre temps. Avant que l'univers tout entier le dévore, il lorgna sur ce qui l'entourait, sur ce qui était son quotidien quelques années plus tôt, et il prit la direction de la sortie, d'une échappatoire. Explosion funeste, combats qui déjà faisaient rages. Il les contournait comme une réalité que les autres ne voyaient pas. Il sentait sa respiration s'assourdir, ses yeux papillonner sous la piqûre sournoise d'une fumée naissante. Et puis il y eut des cris, comme d'assourdissantes litanies qui lui vrillaient des oreilles presque devenues sourdes sous la détonation. A tâtons, ses mains effleurèrent un corps qu'il ne parvenait pas à discerner. Le monde s'affolait, ce qui n'était pas hallucination manquait de réalité, mais il sentit un instant plus tard la résistance d'une porte, une main qui lui agrippait le bras, des mots qui tentaient de se frayer un chemin jusqu'à lui. Il ne voulait pas avouer son infirmité, il ne voyait même pas cette poignée qu'il cherchait, mais qu'une autre main trouva avant lui, alors qu'il s'esquivait sans savoir avec qui. Pour le laisser découvrir des cadavres. Il sentait... il savait... lui aussi, bientôt. Le spectre captura son attention, laissant ses iris s'attarder sur le visage familier qu'il encadra brusquement de deux mains tremblantes. Presque fou. Il était l'inconstant, la chimère égarée sous les visions qui l'assaillaient, le prophète maudit qui donnerait tout pour que son héritage n'ait jamais pris forme dans son propre corps. Il voyait le sang, touchait cette chair qui brillait par l'absence de pulsation, flasque sensation de toucher un cadavre encore tiède, mais qui pourtant tenait debout et le fixait de deux yeux morts.

« Ton visage... Ton... Du sang... Il y a tellement de... » L'une de ses mains déserta sa joue pour venir chasser une mèche qui lui sembla poisseuse, le carmin imprégnant ses doigts. Mais le cadavre aperçu se mouvait, les yeux vitreux... Il laissa ses paupières chercher l'obscurité, chasser les illusions bien trop réelles. Ces prunelles avaient retrouvé l'éclat vivace d'un cœur palpitant dans sa poitrine. Une seconde. Il n'y avait pas d'inferi face à lui, ce n'était pas un cadavre froid qu'il sentait sous ses doigts trop pâles. Son palpitant se fracassait dans cette cage devenue trop étroite pour lui. L'air vicié quelques secondes plus tôt retrouvait toute la saveur des festivités. Garrett papillonna des yeux, relâchant les traits de sa cousine, reculant de quelques pas, avec cette impression terreuse qui le poursuivait après chaque hallucination, cette sensation d'avoir épuisé la moindre de ses forces dans cette aventure improbable. La nausée pulsait sur sa langue, alors qu'il observait le visage d'Elain, celle dont il avait vu le corps inerte, mêlant mensonge d'avenir et réalité de l'instant. Trouble de son âme déjà partiellement dévorée par le don, mauvais sort du destin se cramponnant à ses entrailles comme un charognard à un cadavre. Puis il détourna les yeux, tandis que sa main se faufilait entre les pans de son vêtement pour s'emparer de sa vieille amie, flasque trop familière dont la fraicheur lui fit du bien. La rasade de la potion de paix ne tarda pas à se précipiter dans sa gorge, comme s'il crevait de soif. Pour apaiser, noyer les tourments dont sa cousine était un témoin privilégié à cet instant. Elle faisait parti de ceux qui n'avaient jamais su, à qui on n'avait jamais donné la possibilité de saisir, de comprendre, pourquoi on se conduisait ainsi avec Garrett. Pourquoi il avait pris la décision de quitter la demeure familiale comme pour échapper aux regards des ainés, aux besoins altruistes d'aider le pauvre Garrett. « Ce n'est rien, Elain. Tu peux rejoindre les autres. » lâcha-t-il avec détachement, faisant fi des tremblements qu'il contrôlait par une tension rivée à ses muscles.


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Mar 9 Mai - 19:40
Elain & Garrett
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Elain circulait tranquillement parmi les convives présents ce soir. La lueur des chandelles apportait une atmosphère presque intimiste à la soirée donnée pour célébrer l’anniversaire de sa mère, mondanité de plus. La maison était bondée, Archer se mêlant avec grâce aux Gardner, et autres membres de familles de sang-pur conviés pour l’occasion. La brune glissait d’un groupe de personnes à l’autre, distribuant sourires affables et discussion courtoise. Elle s’excusa auprès de membres de la famille de naissance de sa mère, elle avait soif, et un verre lui ferait du bien. Sa robe noire parsemée de pierres précieuses lui collait au corps, nuit noire faite seconde peau qui l’étouffait presque. La salle avait beau être vaste, tout le beau monde que comptait la capitale britannique avait répondu présent à l’invitation, et même si la sorcière avait envie de prendre un peu l’air, elle devrait se contenter d’un verre. S’éclipsant vers un elfe de maison porteurs de rafraichissements si convoités. Sa main attrapa distraitement une coupe couverte de condensation avant qu’elle n’aille s’appuyer contre un fauteuil mis à disposition des convives fatigués de danser ou de rester debout. Croisant sagement les chevilles, elle porta sa boisson à ses lèvres carmines, observant la scène qui s’offrait à elle. C’était son petit jeu préféré, observer les grands de ce monde, voir les alliances se faire ou se défaire en fonction du degré d’alcoolémie de l’assemblée. Se lovant confortablement contre le velours de son assise, elle laissa son regard parcourir les couples de danseurs, un sourire aux lèvres. Elle se demanda un instant combien de ces jeunes gens se retrouveraient fiancés le lendemain matin, certains parents ne perdant pas une miette de ce qui se passer sur le parquet lustré. Ses parents discutaient joyeusement, son père ayant de toute évidence légèrement abusé du whisky pur feu. Et c’est alors qu’elle riait doucement de la légère ivresse paternelle, qu’elle le vit.

Garrett était non loin, parlant tranquillement avec un groupe lorsque ses traits perdirent toute trace de sourire, son regard se voilant. Le changement était subtil, a peine décelable pour quelqu’un qui n’y prêtait pas attention. Elle le vit s’éloigner du groupe et se diriger vers la porte menant vers le petit salon, le regard vide, totalement absent, poupée de chiffon voulant fuir la foule et s’esquiver. Délaissant son verre, Elain se leva et se dirigea vers son cousin. Le comportement de ce dernier n’était pas normal, et vu les nombres de voyants qu’il y avait dans leurs ancêtres, il y avait de bonnes chances que l’un des descendants Archer hérite du don. Cela pouvait tout aussi bien être autre chose, mais Garrett n’allait visiblement pas bien, et elle n’allait pas le laisser là, en proie aux regards avides et calculateurs des convives de sa mère. Souriante, elle se dirigea vers son cousin, d’un pas lent, histoire de ne pas attirer l’attention, un air lasse sur le visage. Elle attrapa le bras de Garrett d’une main, l’autre attrapant la poignée qu’il semblait chercher à tâtons, malgré ses yeux grands ouverts. Elle se mit sur la pointe des pieds pour se pencher vers son oreille. Elle se fichait bien de ce que les autres pourraient dire. Elle l’appela, sa voix à peine un souffle que seul lui pourrait entendre. Une fois, puis deux. Devant l’absence manifeste de réponse, elle ouvrit la porte, se glissant dans le petit salon plongé dans l’obscurité, entrainant son cousin derrière elle. Elle referma derrière eux, s’enfermant dans une pièce seulement éclairée par l’âtre ou ronflait tranquillement un feu.

Elle finit par se planter devant lui, son regard fixé sur le visage de Garrett. Elle appela encore son nom, tentant de l’éveiller de sa transe, sa main se crispant sur sa veste. Il avait l’air encore plus pâle ici, terrorisé. Elle ne savait pas ce qu’il voyait, mais pendant un instant, elle fut heureuse de ne pas le savoir. Elle voulait le mener au canapé, où il serait plus à l’aise, mais il ne bougea pas d’un pouce, masse immobile qu’elle ne pouvait bouger, frêle petite chose que le vent pourrait faire s’envoler. Elle sursauta légèrement lorsque Garrett s’empara de son visage, l’immobilisant aussi par la même occasion. « Ton visage... Ton... Du sang... Il y a tellement de... » Sa bouche se fit sèche alors qu’il chassait une mèche échappée de son chignon. Elle attrapa sa main, comme si ce geste pourrait suffire à l’ancrer dans la réalité. Et puis ce fut fini. Comme un mauvais songe que l’on chasse en un battement de paupières. Il se détacha d’elle, allant même jusqu’à lui tourner le dos. Depuis combien de temps cela durait-il ? assez longtemps si son choix de quitter la demeure familiale était liée au don funeste dont il semblait être affublé. Elle le vit boire quelque chose, quoi, elle l’ignorait. « Ce n'est rien, Elain. Tu peux rejoindre les autres. »  Elle resta plantée là, le fixant. Elle croisa les bras contre sa délicate carcasse, attitude de défi. Il tremblait de tout son corps et pourtant, il avait le culot de la congédier. Elle soupira, plus vexée qu’autre chose avant d’aller vers le canapé, ramassant ses jupes à une main, avant de s’y assoir, tapotant la place près d’elle. « Viens t’assoir Garrett. » Sa voix était ferme, et elle n’accepterait aucun refus comme réponse. Elle l’observa, sourcils froncés, perplexe et curieuse. « Potion de paix hein ? »  Imaginant sa situation, c’était le seul choix plausible en y réfléchissant. « Ça fonctionne ? »  Pas tant que ça si on pensait à l’épisode qu’ils venaient de vivre, mais s’il la buvait avec tant d’avidité, peut-être cela avait-il un effet quelconque, peut-être.


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Mar 9 Mai - 21:44
Elain & Garrett
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Il sentait l'aigre sensation qui suivait toujours ces hallucinations l'emprisonner entre ses serres acerbes. L'épuisement qui accablait tout son être, alors qu'il espérait que personne n'ait fait réellement attention à sa fuite laborieuse. Sa cousine était malgré tout intervenu, lui offrant cette porte de sortie qu'il ne parvenait que trop difficilement à trouver sous l'accablant mirage, où les monstres surpassaient les vivants. Il avait toujours imaginé cet autre monde, comme un univers qui n'était accessible qu'à lui seul. Un monde chaotique où tout semblait capable de l'ébranler temporairement, où les visions se faisaient plus invasives et lacérantes que le souffle libérateur du vent. Son appartement lui manquait à cet instant. Un lieu qu'il avait façonné à son image, capable de le préserver de la plus absurde des visions, de l'empêcher de se mettre réellement en danger, le jour où une hallucination manquerait de consommer littéralement son âme déjà froissée. Il exécrait cette réception mondaine où il regrettait déjà d'avoir mis les pieds, même s'il n'avait pas réellement eu le choix. D'un autre côté, il avait parfaitement conscience qu'un jour, on lui désignerait une épouse, malgré qu'il soit parvenu à y réchapper jusqu'à présent, brisant des fiançailles qu'il n'officialisa jamais avec Despoïna. Alors il y avait cette conscience. Celle qu'un jour on le précipiterait dans une ritournelle infâme de mensonges éternels. Neige qui se refuserait à fondre pour éviter les scandaleuses vérités de ses visions, et que l'on cherche à les utiliser, à les lui arracher. Et puis, qu'est-ce que cela ferait bien de lui ? Un monstre de foire ? Un infirme que l'on confinerait ? Un être que l'on savait voué à une folie destructrice ? Il ne s'y résoudrait pas. Jamais. Tout comme cette incompréhension que ce talent faisait résonner en ces êtres qui n'imaginaient pas un centième de ce qu'il endurait, vision après vision, tel l'aliéné s'abandonnant aux soupirs des ténèbres, ombres venues dévorer la moindre parcelle de sa raison.

Malédiction gravée à même sa chair à cet instant, son être tendu à l'extrême, le souffle ténu, presque dérobé quelques secondes plus tôt. Il se conduisait pourtant comme si cela ne comptait pas. Pure habitude du visionnaire qui se cramponnait à sa normalité, à cette image affichée de lui-même, y compris face à Elain. Il la congédiait, la chassait presque de cet instant dont elle n'aurait jamais dû être témoin. Mais au lieu d'obtempérer, l'élégante soupira avant de se diriger vers le canapé, le laissant pincer les lèvres à cette contradiction. Il n'avait jamais considéré les femmes comme ayant moins voix au chapitre qu'un homme, contrairement à ce que l'étiquette semblait suggérer. Mais ne pouvait-elle pas lui accorder la tranquillité implicitement demandée à travers ces mots arrogants ? Il fallait croire que non, puisqu'elle se plut à fermement lui indiquer la place à ses côtés. Fier, il n'esquissa pas un geste, la fixant attentivement. « Ai-je l'air d'un enfant à qui tu peux demander de venir s'assoir à tes côtés ? Encore m'aurais-tu demandé de te tirer une chaise... » répliqua-t-il, sarcastique, avant d'ingurgiter une nouvelle gorgée de la liqueur qui se trouvait dans sa flasque. Et pourtant, il savait qu'il finirait par y venir, à ce siège, que ce soit à sa demande ou non. La vision le tourmentait encore, il avait même la sensation que sa langue restait pâteuse, comme si de la fumée s'y était réellement attardée. Il étira les doigts de l'une de ses mains, celle qui ne tenait pas la flasque, celle qui avait chassé cette mèche, celle sur laquelle s'attardait encore l'impression poisseuse.

Mais déjà, elle faisait des hypothèses, assez juste, il fallait le reconnaître. Et cela ne le surprenait même pas, il ne l'avait pas éloignée de son existence pour rien. A tord ou à raison, le choixpeau lui avait évité l'intelligence trop acérée des aigles durant ses études, mais elle restait là, face à lui, dans leur demeure. « Ça fonctionne ? » osa-t-elle-même demander. Un rire sarcastique lui répondit, éclat rieur ancré au fond de ses yeux enfoncés dans un visage fatigué, comme s'il revenait d'un travail épuisant. Jugeant dans un même temps qu'il avait assez attendu, il s'avança prudemment, mais avec cette démarche à la fois nonchalante et aristocratique. Un poil trop raide pour son habitude, sûrement, mais cela se mêlait à l'effet à la perfection. Il avait l'habitude de donner le change. Il connaissait ses limites, celles de son âme, celles de son corps. Puis il se laissa glisser à ses côtés, savourant le confort du canapé. « Elle tente de remplir sa besogne, dirons-nous. » Et elle finira par y parvenir définitivement. Il n'avait que cela, au fond, en dehors du fait de chasser ses hallucinations en modifiant l'avenir, en le rendant moins sombre, moins ténébreux. Il comptait bien approcher une voyante dont on lui avait parlé, également, dans l'espoir d'apprendre des choses qui le feraient avancer. Mais pour le reste... il lui semblait avoir déjà tenté tant de choses que cela en devenait exaspérant. Pourtant, il ne parvenait à perdre espoir, à se départir de son éternel optimisme. Adossé à présent au canapé, il reposa son regard sur elle, intrigué par son attitude, puisqu'elle ne semblait pas montrer de l'inquiétude, bien au contraire. « Ma folie est-elle devenue une curiosité pour toi, ma chère cousine ? » Il tendit alors une main dans sa direction, se redressant avec souplesse pour effleurer la mèche qu'il avait chassée une première fois et qui venait de retomber, sauvage. Le contact était doux, soyeux, et par ce geste il chassait la chimère persistante, il atténuait l'angoisse tenace nichée au creux de son ventre. « Rassure-toi, je n'ai encore blessé personne. » souffla-t-il, taquin.


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Mer 10 Mai - 19:27
Elain & Garrett
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Elle aurait pu le laisser à sa tranquillité, demandée arrogamment, sans la moindre considération ou politesse.  Elle aurait pu lui laisser quelques instants pour se remettre, prendre le temps de récupérer ce souffle qu’il semblait encore chercher. Elle aurait pu, s’il ne lui avait pas parlé de la sorte. Congédiée comme une enfant indésirable que l’on envoie se coucher pour que les grandes personnes puissent discuter. Dans sa propre maison. Elle tolérait bien des choses, mais la condescendance venant de sa propre famille n’en faisait guère partie. Alors elle avait soupiré avant de s’imposer. Revêche mais également curieuse et souhaitant aider si cela était possible. Il avait beau avoir froissé son égo, il ne s’en tirerait pas à si bon compte. Elle l’invita, certes rudement (mais n’avait-il pas lui aussi manqué de la plus basique délicatesse ?), à s’assoir près d’elle. Il n’esquissa pas un geste, raide, ne bougeant pas d’un pouce. Bataille silencieuse de volonté. Et pourtant, elle n’avait pas eu pour but de le froisser. Elle avait malgré elle avait laisser parler sa fierté chagrinée. « Ai-je l'air d'un enfant à qui tu peux demander de venir s'assoir à tes côtés ? Encore m'aurais-tu demandé de te tirer une chaise... » Elle leva les yeux au plafond, sa langue claquant, agacée, contre son palais. Le sarcasme, palissade contre laquelle, elle-même se cachait bien souvent. Elle haussa les épaules avant de lui répondre, affichant la célèbre nonchalance familiale. « Tu reçois la même considération que celle que tu viens de m’offrir. » Elle le regarda boire goulûment une autre gorgée de sa potion. Elle ne voulait pas savoir ce qu’il avait vu qui puisse le mettre dans cet état. Elle ne savait pas ce que c’était de vivre ça, et elle n’était pas pressée de vivre l’expérience si on le lui demandait. Elle attendit, placide, alors qu’il riait jaune à sa question avant de s’avancer enfin dans sa direction. Gain de cause ? Pas vraiment. Reddition des deux parties serait plus juste. Elle l’observa se couler à ses côtés, donnant le change à merveille si ce n’était une démarche un peu plus raide que d’habitude. Combien de fois cela lui arrivait-il sans que personne ne le remarque ? Il était doué, elle devait le concéder.

« Elle tente de remplir sa besogne, dirons-nous. » Elle l’observa, manifestement perplexe. Car si effet il y avait, a quoi devait ressembler ses transes sans ? Ou bien l’effet de la potion s’estompait-il à force d’en prendre trop souvent ? Accoutumance désastreuse ? N’avait-elle jamais fonctionné du tout ? Son esprit se mettait en route, rouages se mettant en branle, habitude qui avait toujours été la sienne. Elle ne s’en rendait même plus compte à certain moment, c’était dans sa nature de décortiquer, d’analyser, de se poser éternellement des questions. Mais ses lèvres restèrent closes, elle lui poserait ses questions, s’il acceptait qu’elle fourre son nez dans ses affaires, ce qui n’était pas gagné connaissant son cousin. Lui qui était si distant de sa famille, si secret. Elle ne pouvait l’en blâmer, mais accepterait-il qu’elle travaille sur une amélioration de sa potion ? C’était possible. « Ma folie est-elle devenue une curiosité pour toi, ma chère cousine ? » Elle rit doucement, le poussant gentiment du coude. Folie. Se considérait-il vraiment comme fou ? « De un » dit-elle, commençant l’énumération en levant un premier doigt. « Tu n’es pas fou, si tel était le cas, tu ne serais pas assis à côté de moi, bien gardé bien au chaud dans une cellule de Sainte-Mangouste. » Car dans les familles de sang-pur, peut-être plus qu’ailleurs, la folie était soigneusement cachée des regards, enfuie bien loin du monde, dissimulée ce que les autres pourraient considérer comme une tare.  « De deux, cher cousin, oui je suis curieuse. Ça fait combien de temps que ça dure ? Car à ce que je sache tu travailles, vis ta vie normalement, alors, oui, je m’interroge. Et impressionnée, mais je m’interroge aussi. » Car elle se doutait que cela devait demander une formidable force de caractère pour dissimuler ce fardeau au monde, tout en continuant de vivre. Oui, impressionnée, elle l’était. Elle se figea lorsqu’elle sentit la main encore fraîche de Garrett écarter cette fichue mèche de son visage, espérant secrètement que la pénombre cacherait le rosissement de ses joues traîtresses. Elle buta sur ses mots, sa bouche soudainement sèche. « …Et puis, peut-être pourrais-je tenter de booster un peu le contenu de ta flasque, si tu m’y autorise et que tu n’as pas froid aux yeux. » Car ses expériences étaient connues de tous dans la famille, comme les dérapages qui s’en suivaient parfois. Sa sœur ne lui avait toujours pas pardonné le coup de la potion capillaire. « Rassure-toi, je n'ai encore blessé personne. » Lui souffla-t-il, et elle tenta de reprendre contenance en prenant un air taquin, le regardant à la dérobade.  « Faux cousin… Tu oublies mon orgueil tout à l’heure. » Termina-t-elle en prenant des airs de duchesse outrée.



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Ven 12 Mai - 20:37
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Elle se plut à rire lorsqu'il énonça l'hypothèse vraisemblable de sa folie, le poussant même du coude, comme deux enfants qu'ils n'étaient plus. Commençant à énumérer l'instant suivant les raisons qui faisaient qu'il n'était pas fou. Sa liberté actuelle pour commencer. Peut-être, bien qu'il n'était pas certain que les œillades de certains ne l'y auraient pas condamné si la première branche y avait concédé. Pour le protéger, bien sûr. Non, il n'était pas en capacité de lire dans leurs esprits, mais peut-être que ces faits les avaient effleuré à une période ou à une autre. Ponctuellement, comme un froissement d'ailes passager. Mais soit, il fallait reconnaître qu'une véritable folie aurait été bien mieux dissimulée que ses visions, ses hallucinations, sa malédiction, ce poison qui ruisselait dans ses veines jusqu'à gangrener son âme. Puis elle cessa d'énumérer quoique ce soit, comme si le premier argument se suffisait à lui seul, et qu'ainsi, elle avait deviné, que c'était l'héritage qui pulsait sous son crâne, lui qui prenait chair sous une forme la plus improbable qui soit. Oracle impossible, arraché au présent pour être précipité en des temps différents. Épuisants cheminements. Involontaires voyages. Ainsi, elle souffla sa curiosité, son étonnement, le fait qu'elle soit impressionnée par sa capacité à vivre normalement. C'était une nouvelle façon de le percevoir, lui-même connaissait l'effort, mais ne trouvait rien d'héroïque à tenter d'exister au-delà d'une malédiction.

Aussi, plutôt que de répondre immédiatement, tendit-il sa main vers cette mèche sauvage, s'ancrant par ce simple geste dans la réalité, chassant les chimères mortuaires loin de celle-ci, prouvant à ses sens qu'aucun fluide carmin n'était venu empoisonner ses doigts, sa sombre chevelure. Il la sentit hésitante, trébuchant sur ses mots, comme si elle craignait quelque chose venant de lui, que ce geste à nouveau présagerait la réapparition d'un tourbillon déplorable. Elle lui proposait de tenter de retoucher la potion de paix qu'il ingurgitait. Pourquoi pas après tout, cela pourrait être une solution, une possibilité, une nouvelle lueur dans son obscurité. Non, ce n'était pas de la crainte qu'il décelait en elle, mais cette douce roseur de ses joues à ce geste qui serait déplacé s'il n'était pas un membre de sa famille. De la même manière que la possibilité de se trouver dans cette pièce, sans l'ombre d'une tierce personne.

Elle savait à présent, ayant deviné, tandis qu'il laissait un sourire amusé naître sur ses lippes. Il ne s'était jamais réellement approché d'elle, intrigué par ce qu'elle avait toujours éveillé en lui, incertitude tenace d'une attirance résultant d'une multitude d'hypothèses aussi probables que rejetées par le principal intéressé. Pourtant, sa réaction ne le laissait pas indifférent, lui qui avait toujours trouvé son regard magnifique, sa liberté grisante, ou la possibilité qu'elle ait pu être plus proche, sœur qui n'était pas née, intéressante. Néanmoins, elle ne réagissait pas telle cette dernière possibilité. Une sœur aurait-elle laissé ses joues se colorer face à un geste si anodin ? jamais. Mais il n'était pas un fervent connaisseur de tous ces menus détails que ses frères maîtrisaient à la perfection, quand lui s'était toujours tenu à l'écart des femmes. Crainte sournoise d'être surpris au plus inconvenant moment par ses démons les plus ignobles.

Les mots taquins brulèrent ses lèvres, et elle afficha un air arrogant, pas assez trompeur malgré tout, affichant son orgueil blessé au-dessus du reste. Il laissa ses doigts retomber avec nonchalance sur sa cuisse, roulant des yeux à la réplique de sa douce cousine. Il affichait déjà ce sourire charmeur et taquin, tandis que les mots en suivaient le même chemin. « A-t-il réellement été blessé, ou n'était-ce qu'une absurde égratignure déjà résorbée par ton opiniâtre curiosité ? » Il était certain de viser juste à travers ces paroles. Froissée peut-être durant sa tentative de la congédier, son orgueil n'avait été que floué par les vagues du naufragé. « Mais si tu as envie de t'atteler à la lourde tache d'améliorer les effets d'une potion de paix, qui serais-je pour t'en empêcher ? Mes lèvres accepteront de goûter tes breuvages dans la solitude de mon appartement. » Après tout, en quoi cela pourrait-il être pire ? Et si, par miracle, cela se réalisait, l'effet ne serait pas permanent. Il s'inclina l'instant suivant vers celle dont il ne quitta les perles d'eau qu'à la dernière seconde, où il vint souffler à son oreille d'autres paroles encore. « Si ton orgueil était réellement blessé, est-il à présent guéri, Elain ? » Juste un silence qui ne dépassa pas la seconde, comme pour reprendre son souffle ou humer le parfum de son être. « Je peux adoucir encore la plaie en répondant à ton interrogation. » Une seconde. Un temps encore. Comme une éternité dérobée. « Crois-tu que j'aurais accepté de ne pas vivre ? A me limiter à cette parcelle entrelacée depuis toujours à mon être ? » souffla-t-il, arrogant, trop fier pour accepter de n'être qu'un voyant écrasé par le poids de la manifestation dévorante de ses visions. Hallucinations chroniques. Monstrueuses crises psychotiques. ... Dévorant désir d'effleurer sa peau, son souffle brulant s'écrasant sur cette gorge dégagée. Vampire improbable qui détacha son regard de la laiteuse chair de sa proie, avant de prudemment s'écarter, rejetant cette proximité qu'il évitait avec tant d'application jusqu'à présent. Par la faute d'un protocole, ou de cette vie isolée à laquelle il se condamnait.


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Lun 15 Mai - 16:44
Elain & Garrett
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Bravade dissimulant l’inconfort dans lequel elle se trouvait. Elain n’était pas douée pour ce genre de jeu, n’y ayant joué que fort rarement. Dissimulant sa gêne, et la réaction d’un corps traitre à ses yeux. Pourquoi avait-il fallu que son trouble se lise ouvertement sur ses joues d’ordinaire diaphanes ? Chairs félonnes qu’elle avait pourtant l’habitude de maitriser à la perfection lorsqu’il s’agissait de feindre l’ignorance ou la nonchalance. Elle garda ses prunelles braquées sur l’âtre, ses doigts enlevant sur ses genoux des poussières, pourtant inexistantes, de sa robe, geste trahissant nervosité et timidité. Tentant de reprendre ses esprits, elle tenta d’avaler sa salive, respirant aussi profondément que le fourreau de sa robe le lui permettait. Maudite robe, magnifique certes, mais pas des plus confortable dans ce genre de situation. Et en y réfléchissant, elle aurait pu se donner des gifles, il n’avait fait que replacer une mèche de ses cheveux par Merlin ! Geste innocent, rien de plus ! Aussi brandit elle l’étendard de son orgueil soi-disant froissé, chose bien plus facile pour elle a admettre que le trouble que la présence de son cousin faisait naître. Elle n’aurait eu cette réaction avec aucun autre de ses cousins. Braam, Aod’, Ambrose, des frères pour elle, des amis. Mais Garrett avait toujours été plus distant, ne la laissant pas s’approcher trop près de lui, ombre fugace qu’elle n’avait jamais pu saisir, glissant toujours entre ses doigts. Ils se parlaient de temps à autre certes, mais ils n’avaient jamais pu être proches. Et elle comprenait maintenant pourquoi. Ce mystère qu’il représentait lui permettant enfin de s’approcher, de tenter de comprendre. Et des questions, elle en avait, si jamais elle osait les lui poser un jour, mais maintenant n’était de toute évidence pas l’instant propice. Lui, rieur, taquin, affichant ce sourire qu’elle savait, pouvait faire fondre bien des résistances chez la gente féminine. Les souvenirs de toutes celles qui avait pu l’approcher elle, pour avoir des renseignements sur ce cousin qu’elle connaissait malheureusement si peu. « A-t-il réellement été blessé, ou n'était-ce qu'une absurde égratignure déjà résorbée par ton opiniâtre curiosité ? »  Elle lui lança un regard furtif par-dessus son épaule, remettant machinalement la mèche qu’il venait de remettre en place, comme pour l’empêcher de s’échapper de nouveau, craignant alors sa réaction, et ou cela pouvait la mener. Elle laissa son regard s’attarder sur le visage de Garrett plus longtemps qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle garda les lèvres scellées, ne souhaitant pas lui donner raison, pas tout de suite, même si elle apprécia qu’il embraie sur son orgueil que sur sa réaction digne d’une pucelle juvénile, qu’elle était, certes, mais ce n’était pas une étiquette qu’elle portait fièrement en public. « Mais si tu as envie de t'atteler à la lourde tâche d'améliorer les effets d'une potion de paix, qui serais-je pour t'en empêcher ? Mes lèvres accepteront de goûter tes breuvages dans la solitude de mon appartement. » Elle accueillit cette déclaration avec un sourire. Ses épaules relâchant une tension qu’elle n’avait pas eu conscience d’entretenir. Son souffle quittant ses lèvres bien plus aisément. Car elle revenait en terrain connu. Et à peine avait-il formulé cette autorisation, que son esprit s’était mis en branle, listant les différents ingrédients qu’elle pourrait mêler à la potion pour la rendre plus efficace. Sauge ? mandragore ? armoise ? Elle devait faire un effort pour ne pas se lever du canapé et d’entrainer Garrett à sa suite pour se rendre dans son laboratoire.  Mais c’est cet instant que choisit Garrett pour se pencher vers elle, ne la quittant pas des yeux, la clouant sur place, venant de glisser à son oreille, son souffle faisant frissonner la sorcière. Son souffle s’étranglant dans sa gorge. « Si ton orgueil était réellement blessé, est-il à présent guéri, Elain ? » Pour toute réponse, elle acquiesça d’un léger signe de tête. Elle était certaine qu’il savait quel effet il provoquait chez elle. En jouait-il ? Elle ne savait guère, mais elle voulut lui rendre la monnaie de sa pièce. Pourquoi serait-elle la seule à s’avouer vaincu devant les assauts adverses. Mais pour se faire, elle devait rassembler son courage. Car l’inexpérience la désservait, aussi le laissa-t-elle continuer.

« Je peux adoucir encore la plaie en répondant à ton interrogation. » Son cœur palpitant de manière insoutenable dans sa poitrine, elle attendit, n’osant bouger d’un pouce. « Crois-tu que j'aurais accepté de ne pas vivre ? A me limiter à cette parcelle entrelacée depuis toujours à mon être ? » Elle releva à peine le regard pour le fixer dans ses prunelles quelque part si semblables aux siennes. Tournant légèrement le visage, le bout de son nez effleura doucement celui de son cousin. Proximité insolente. Elle se permit même de lui prendre la main, son regard se posant alors, après quelques secondes, sur leurs mains liées. Celle de Garrett encore froide, comme trainant encore les horreurs qu’il avait aperçu avec lui, contre sa paume chaude et vibrante. « D’autres l’auraient fait tu sais. » Bon nombre de personne auraient tout simplement jeté l’éponge, ou auraient mis fin à leur triste existence. Mais pas lui, et il ne semblait même pas se rendre compte de la force de caractère que cela demandait de choisir la lutte, le courage que cela demandait. Elle releva le regard vers son visage, sa fichue mèche se libérant encore une fois, venant balayer son visage. Elle-même ne savait pas comment elle aurait réagi face à ce fardeau, si elle aurait eu la force de le porter.  « Considères ta dette envers mon orgueil… payée.» Ajouta-t-elle avec un sourire taquin ourlant ses lèvres.  « Du moins en partie. Elle le sera entièrement à une condition.»




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Jeu 18 Mai - 22:33
Elain & Garrett
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Il était l'ombre taquine, dans ce petit salon à l'abri des regards où ils avaient la possibilité de rester parce qu'ils étaient cousins. Le sang le clamant, mensonges assassins du désir qui nécrosait son âme, qui assoiffait ses lèvres de la saveur méconnue, songe si doux, capable d'ébranler les démons de ses visions. Ce n'était que d'impossibles possibilités. Que des excuses, des prétextes. Il s'était reculé en lui offrant une réponse sous l'écho d'une volonté tenace, relative à ce caractère si buté, affrontant les murs de son obstination, s'écorchant les doigts contre chaque obstacle dressé sur la venelle empruntée. De la même manière que ce simple recul pour lutter face à ce désir déplacé, il n'avait jamais courbé l'échine face aux ténèbres qui un jour, parviendraient à terrasser sa lucidité. Le jeu s'imprégnait d'un sérieux qu'il n'avait pas voulu, guère plus lorsque ce fut elle qui orienta ses traits en direction de son visage, laissant son nez effleurer le sien, caresse impensable. Intimité redoutable. Il sentit ses doigts s'emparer des siens, la laissant répandre sa chaleur sur sa peau à ce simple contact. Jamais ils n'avaient été si proches, jamais il ne lui avait permis de graviter si près de son être, et il regrettait le mur brisé dont les gravas s'étiraient à leurs pieds.

Il retint son souffle, caressa la peau diaphane de sa main, d'un geste presque involontaire, lorsqu'elle affirma que d'autres l'auraient fait. Qu'un esprit différent se serait laissé dévorer, mais il était né Archer, encouragé par un ainé protecteur, soutenu par une mère surprotectrice, considéré comme un être normal par son cadet, ... Il avait écouté les souffles improvisés des plus glorieuses destinées pour ceux qui le désiraient. Il s'était noyé sous les murmures compréhensifs de la volonté que chacun pouvait être ce qu'il désirait être. Il s'était effacé. Il avait cherché une issue dans chaque possibilité effleurée de ses doigts inquisiteurs. Il avait laissé ses pensées croire en un avenir différent de celui que ses iris ne cessaient d'entrevoir, que la fumée étouffante qui semblait vouloir lui arracher jusqu'à son dernier souffle. La gorge assoiffée... mais à cet instant, c'était à une autre source qu'il désirait s'abreuver, sous l'ombre d'un risque qu'il se refusait pourtant, mais à l'abri de laquelle il se trouvait malgré tout. Vision passée. Incestueuse possibilité qui se fracassait dans ses pensées qu'il ligotait pourtant avec application. Il le réalisait. Il ne l'effleurait pas comme on aurait pu le faire avec une sœur, pas même une cousine avec laquelle il aurait été élevé. Il ne réagissait ainsi que parce qu'il était sensible à chaque parcelle de sa chair, à chaque errance de son âme. Fascination frelatée. Angoisse possessive.

Mais déjà ses prunelles gagnaient les siennes, désertant la vision de leurs mains entrelacées, réalité presque aussi déplacée que les mortuaires illusions. Il vit cette mèche qui l'arracha à sa contemplation silencieuse, son visage se fermant presque froidement, comme un masque d'habitude et d'arrogance. Mais celui-ci s'effrita à ses mots, ainsi, il venait de payer sa dette, elle en revenait à cela. Pourtant, à l'écoute des paroles qui suivirent, il laissa un rire chaud s'esquiver de ses lèvres. « Vraiment ? Que d'arrogance, miss Archer. » s'exclama-t-il subitement, en laissant ses prunelles revenir étreindre les siennes. « Ou chercherais-tu à profiter de ma loyauté, ainsi que de ma volonté à apaiser ton orgueil blessé pour obtenir ce que tu souhaites ? » Il lui offrit alors un sourire taquin, tandis qu'il levait sa main, délaissant nonchalamment la sienne pour venir chasser une nouvelle fois cette mèche si joueuse, le laissant effleurer la soie délicate de ses traits sous ce geste. Caresse déplacée qui n'aurait pas plus dû prendre forme que l'entrelacement brisé la seconde précédente. « Mais soit. » souffla-t-il à celle à laquelle il concédait finalement cette faveur qu'elle désirait lui réclamer en paiement de son outrage... alors qu'il en réalisait tant d'autres en parallèle. Lui. Elle. Il sentit presque l'angoisse nécroser, dévorer ses entrailles sous le jeu frelaté de ces secondes, le désir qu'il veillait religieusement à étouffer, et qu'il entendait gronder, animal sauvage trop pieusement emprisonné. « Quelle condition mets-tu au paiement de cette dette ? » La vérité voulait qu'il n'y ait rien de chaste dans ces secondes, ces instants dérobés. Elle, que l'on offrirait sur l'autel de ces liens à tisser, de ces alliances... auxquels il serait à son tour fatalement confronté. Elle, qu'il avait déjà laissé bien trop s'approcher.


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Mar 23 Mai - 17:14
Elain & Garrett
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Elle attacha son regard sur leur mains entrelacées. S’esquintant le regard, alors qu’elle bridait cette imagination bien trop fertile qui était la sienne. Car le simple effleurement du doigt de Garrett sur sa peau suffisait à rendre sa gorge étroite, son souffle court. Aussi chassa-t-elle ces pensées colorées et bien trop vivaces, mettant de côté également l’inconvenance de la situation. Car Garrett avait beau être son cousin, elle ne réagissait pas ainsi avec Braam, Aod’ ou même Ambrose. Frères qu’ils étaient à ses yeux, et si ce n’est de sang, n’ayant pas partagé le même ventre maternelle, mais de cœur. Elle avait, de tout temps, été proche d’eux, ses grands-frères d’adoption. Garrett ne l’avait jamais laissé s’approcher, restant distant, froid. Les adultes l’empêchant également de devenir trop proche de ce cousin énigmatique. Il était toujours resté ainsi, en périphérie, ne s’approchant que de peu de monde, même au sein de la demeure familiale qu’il avait quittée alors qu’Elain était toujours scolarisée à Poudlard. La jeune femme fronça légèrement les sourcils en voyant le visage de son cousin. Elle allait lui demander ce qui n’allait pas, lorsqu’un rire chaud et grave sortit de ses lèvres alors qu’elle lui annonçait, taquine, que sa dette était en partie réglée. « Vraiment ? Que d'arrogance, miss Archer. » Elle haussa les épaules légèrement. Elle ne pensait pas qu’il s’agisse d’arrogance, et elle se doutait bien qu’il plaisantait, du moins en partie. « Ou chercherais-tu à profiter de ma loyauté, ainsi que de ma volonté à apaiser ton orgueil blessé pour obtenir ce que tu souhaites ? » La main qu’il venait de délaisser se porta vivement sur son buste. Surprise feinte de manière exagérée. Mais en un sens, il n’avait pas tort. Bien qu’elle lui laisserait toujours la possibilité de refuser, mais la tentation était trop grande pour la négliger. Pourrait-elle vraiment les choses redevenir ce qu’elles avaient toujours été ? Cela lui paraissait tout bonnement inconcevable. Alors, elle ne voyait pas les choses ainsi, elle voulait juste tirer le meilleur de la situation, et cela également pour lui. Et elle aurait pu vouloir s’expliquer, lui dire qu’elle ne cherchait pas à abuser de sa loyauté, si le sourire taquin qu’il lui adressa comme le fait qu’il remette sa mèche rebelle en place ne soulignait pas la douce ironie dans laquelle ils s’étaient plongés tout deux. Elle sourit donc doucement, appréciant l’effleurement fugace de la main de Garrett contre sa peau, ses joues restant teintées de carmin.

« Mais soit. » Elle fit s’étirer ses lèvres en un doux sourire triomphant, qui dissimulait mal son trouble, comme si cela pourrait suffire à détourner l’attention de son teint rosie par l’émotion. « Quelle condition mets-tu au paiement de cette dette ? » Elle plongea ses prunelles brillantes dans le regard de son cousin.  « En vérité, cher Garrett, pas beaucoup plus que ce que tu m’as accordée si gracieusement… » Souffla-t-elle sur le ton de la confidence. Car elle voyait bel et bien le fait qu’il accepte qu’elle travaille sur sa potion comme une faveur. Elle se racla la gorge doucement, reprenant contenance alors qu’elle pivotait doucement sur elle-même, s’asseyant de manière à lui faire face. « Vu que je dois travailler sur le contenu de ta flasque, je me disais qu’il serait bien plus sage que l’on se rencontre régulièrement… » Elle fit mine de réfléchir quelques secondes, son index tapotant distraitement sur son menton. « Disons une fois par semaine ? Si cela te semble possible aux vues de ton emploi du temps. » Pas de demande extraordinaire ici, mais qui l’empêcherait de reprendre ses distances. Elle venait d’entrouvrir une porte, et elle ne voulait surtout pas la laisser se refermer. Car elle craignait que si elle lui en laissait le loisir, il chercherait à retrouver cette rassurante distance qui avait toujours été la sienne. «  Et durant ces entretien, j’aurais la possibilité de te poser à chaque fois une question à laquelle tu te devras de répondre. » Avec quelqu’un d’autre que lui, elle aurait ajouté honnêtement. Mais Garrett, tout comme elle, était un Archer, et on ne pouvait pas dire que le manque de franchise était un trait courant dans la famille, loin s’en faut. « Pour rendre cela plus équitable, tu pourras m’en poser une toi aussi si le cœur t’en dit. » Car elle ne voulait pas d’un interrogatoire qu’un simple verita serum pourrait obtenir. Non, elle voulait qu’ils apprennent à se connaitre.





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Mar 30 Mai - 22:46
Elain & Garrett
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Il la vit sourire, plisser ses joues qui semblaient avoir dérobé leur couleur aux roses délicates des jardins de la demeure. Jamais ils n'avaient été si proches, pas même par les mots, et encore moins par l'indécence des gestes. Seul leur lien de parenté le leur autorisait, mais rien dans ces instants n'auraient soufflé la vérité à ce sujet, l'incestueuse irréalité de ce désir qui semblait brûler leurs prunelles, et l'électricité capturer leurs épidermes opposés. La caresse infligée à ses traits s'était pourtant dissipée, volatilisée, tandis qu'il resserrait le poing qu'il éloigna. Si lointaine qu'il avait pu la tenir de lui jusqu'à présent, son regard, fasciné, s'était parfois égaré dans les méandres de sa contemplation, alors qu'il ne quittait pas l'éclat de son regard ancré dans le sien. La réponse qu'elle lui adressa lui fit plisser les yeux, intrigué par ce qu'elle était en train d'avancer. Guère plus que ce qu'il lui avait déjà accordé. Mais encore ? Qu'avait-il fait précisément de si particuliers ? Il la vit tenter de reprendre contenance, laissant un sourire amusé étirer à nouveau ses lèvres tandis qu'il continuait à la contempler pivoter pour se trouver réellement face à lui. Elle avait beau jouer à celle qui réfléchissait, il avait cerné qu'elle le guidait petit à petit, à l'aide d'arguments faits pour lui rappeler qu'elle allait tenter d'améliorer la potion qu'il n'avait plus touchée depuis déjà de trop longues minutes.  

Alors qu'ils ne faisaient jusqu'alors que s'entrevoir, que se côtoyer au besoin, elle semblait réclamer une régularité relevant de la semaine, si cela pouvait coller avec son emploi du temps. Immobile, l'esprit affuté comme un rasoir, il réfléchissait à cette demande qui la laisserait pénétrer réellement dans cet univers duquel, elle, comme tant d'autres, il l'avait tenu à l'écart, claquant la porte de ses ténèbres. Mais ce n'était pas tant ses visions qui semblaient le retenir, lui souffler qu'il serait plus sage de simplement s'éloigner, de ne la retrouver que pour lui faire un retour de la boisson trafiquée. Les visions n'étaient pas le problème. Étrangement. C'était ce besoin déplacé de l'effleurer qui brûlait son âme. Par Merlin ! Il ne s'agissait que de ce qu'il n'avait cessé d'enterrer avec avidité. De ces gestes involontaires qui n'avaient aucun sens. Plus encore lorsqu'elle ajouta vouloir introduire un nouvel élément à tout cela. Une demande qui laisserait s'évaporer la distance gravée dans la roche de leurs existences au fil du temps. Qui comblerait ce précipice déjà bien trop insignifiant à cet instant. Elle voulait des réponses, apprendre à le connaître réellement. S'il acceptait, ce serait sa parole qu'il donnerait, celle qui avait une véritable valeur, et ils le savaient parfaitement tous les deux. S'il répondait, et l'accord l'exigerait, ce ne serait qu'avec l'honnêteté de leur sang. Alors qu'elle s'offrait en retour à ces mots qui pourraient venir quémander de son propre chef des informations.

Il sentait encore la lassitude de sa crise précédente irradier tout son être, fardée de cette tension qui semblait vouloir affirmer qu'il avait fait de puissants efforts. Pourtant, cela s'effrita au profit d'une autre sensation, cette angoisse familière de laisser s’immiscer quelqu'un dans les ténèbres de ses pensées, dans le miroir de ses visions, verres brisés prêts à lacérer les imprudents avec trop d'application. Ses poings se contractèrent, son visage se ferma, s'offrant un voile glacial familièrement trop fier qui seyait parfaitement aux membres de cette famille. « Pas beaucoup plus, Elain ? » souffla-t-il sous un écho sarcastique, croisant l'azur de son regard. « Je crois que nous n'avons pas les mêmes références de ces termes. » souligna-t-il encore, tandis qu'il se relevait, plaçant corporellement cette distance qui s'étiolait déjà, alors que son regard s'avérait incapable de déserter ses traits, ou bien encore sa silhouette. « Si se voir une fois par semaine est envisageable. Ce que tu demandes ensuite, pour un langue de plomb, c'est plus de mystères qu'il n'est prêt à en révéler. Voilà ce que tu réclames. » affirma-t-il avec l'obstination de l'orateur qu'il était, se tenant à quelques pas seulement. « Tout en te proposant d'en lever d'autres. » Ces mots, il les ajouta presque du bout des lippes, aveu venant trahir sa propre curiosité qui brillait dans ses iris glacés. Fêlure qui sembla disparaître au profit d'une autre interrogation. « Que penses-tu que cela va t'apporter d'entrer dans ma tête ? » Un pli amer vint narguer le coin de ses lèvres, tandis qu'il ajoutait... « Ce n'est pas une bonne idée. Il y a des choses qui n'ont pas besoin d'être dites. » Et pour prouver sa théorie, la précipiter elle-même dans ce piège qu'elle venait de tendre, et qui n'en était initialement pas un. Pour qu'elle saisisse qu'il avait raison, il revint vers elle, de cette nonchalance féline, vif tel un prédateur, ses doigts redessinèrent l'arrondi de ses traits, caresse aussi improbable que l'attrait risible de ces secondes. « Me dirais-tu, par exemple, pourquoi tes joues prennent cette teinte de rose à peine éclose lorsque je t'effleure ainsi ? » L'encre captivée par l'océan, iris prisonniers. « Non. » souffla-t-il à sa place, pour se donner raison, alors qu'il restait figé face à elle.


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Mer 31 Mai - 19:50
Elain & Garrett
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Sa peau, rougit par l’émotion, lui sembla glaciale après que la main de Garrett se fut éloignée, se refermant en un poing bien trop agressif à son gout. Quelque chose le perturbait dans cette situation, elle le voyait bien. Etait-ce la régularité qu’elle lui demandait pour leurs entrevues ? Peut-être. Après tout, il avait toujours été libre, vivant en dehors de l’immense bâtisse familiale. Non pas que les membres de la famille manquent de liberté, il en avait à foison, mais vivre avec autant de membre de sa famille enlève indubitablement de l’intimité. Sa requête aurait pu sembler dérisoire pour tout autre personne, et pourtant, elle savait qu’elle lui réclamait un effort. Lui qui ne laissait que fort peu de personne à pénétrer ce sacro-saint qu’était sa sphère privée. Et elle avait beau être de sa famille, toute sa vie durant, elle en avait été exclue. Peut-être était-ce les questions qu’elle réclamait qui le mettait mal à l’aise ? Cela lui semblait si innocent qu’elle ne voyait pas ou était le problème. Et si c’était leur nouvelle proximité physique, il était celui qui à chaque fois quasiment avait été l’instigateur de ces contacts pourtant si éphémères. Simple caresse passagère si vite effacée. Elle remit machinalement sa mèche, qui n’avait pourtant pas bougée depuis, derrière son oreille. Geste reflexe traduisant son trouble. Aurait-elle eu une plume sous la main qu’elle aurait joué avec cette dernière, s’amusant à la passer contre sa joue lorsqu’elle travaillait et qu’elle était contrariée. Toc dont elle n’avait jamais réussi à se détacher. Encore aurait-il fallu que Garrett la connaisse davantage pour savoir que ses mains étaient toujours actives lorsqu’elle se sentait mal à l’aise ou contrariée.

Son visage se ferma aussi rapidement que ses mains l’avaient fait. Masque glacial qu’elle ne connaissait que trop bien, possédant le même. Mais c’était autre chose de se le voir adresser. « Pas beaucoup plus, Elain ? » Elle resta impassible, laissant passer le sarcasme. « Je crois que nous n'avons pas les mêmes références de ces termes. » Cela pouvait être vrai, mais il était question pour elle de question innocentes, ou du moins les jugeait-elle ainsi, jeu d’enfant pas bien méchant, dont les conséquences ne pouvaient être désastreuses et qui pourtant, lui permettrait de mieux saisir l’homme qui se levait maintenant du canapé, étirant sa longue silhouette. Elle se retient à grand peine de lever la main pour l’empêcher de s’éloigner, de recreuser le fossé qui l’avait de tout temps, repoussée. Mais l’expression de son visage, comme l’intonation de sa voix l’en empêcha aussi surement qu’il s’il avait esquissé un geste malencontreux. « Si se voir une fois par semaine est envisageable. Ce que tu demandes ensuite, pour un langue de plomb, c'est plus de mystères qu'il n'est prêt à en révéler. Voilà ce que tu réclames. » Elle pencha la tête sur le côté, n’ôtant ses prunelles de son visage une seule seconde. Etait-ce donc cela qu’il craignait ? Jamais elle n’avait songé à lui poser des questions sur ce qu’il pouvait bien faire au Ministère. Cela ne lui était même pas venu à l’esprit. « Jamais je n’oserai te poser des questions sur ton travail Garrett. » Lui répondit-elle en un souffle. Et c’était vrai, car elle savait qu’il y avait des mystères qu’il fallait mieux laisser enfouis, bien profondément, au neuvième étage du Ministère de la magie. « Tout en te proposant d'en lever d'autres. » Elle arqua délicatement l’un de ses sourcils, ainsi donc, lui aussi n’était pas étranger à cette vieille amie qu’elle ne connaissait que trop bien, la curiosité. « Que penses-tu que cela va t'apporter d'entrer dans ma tête ? » Elle fronça les sourcils en voyant le plis amer qu’avait pris sa bouche. Que croyait-il avoir sous le crâne ? De quelles horreurs s’imaginait-il être le gardien ? Mais plus encore, comment pensait-il qu’elle se voulait si intrusive avec lui alors qu’elle voulait juste ne pas le laisser se cloitrer de nouveau dans froide distante qu’était la sienne. Elle n’avait jamais songé à lui infliger ce genre de violation, n’étant pas legilimens, cela limitait de toute façon cette option. Etait-ce donc si terrible de vouloir le connaître un peu mieux ? De vouloir se rapprocher ne serait-ce qu’un peu de lui ? « Ce n'est pas une bonne idée. Il y a des choses qui n'ont pas besoin d'être dites. » Elle n’avait même pas le temps de répliquer qu’il avançait dans son cheminement, trouvant des arguments pour valider sa théorie au passage et les avançant implacablement. Logique désastreuse dont elle devinait la fin et qu’elle ne pourrait jamais approuver. Il cherchait une échappatoire. Comme une bête acculée dans un coin et qui ferait n’importe quoi pour retrouver sa liberté. Et elle allait le lui dire, qu’elle trouvait sa réaction disproportionnée et puérile quand il combla l’espace entre eux et que sa paume vint de nouveau se poser sur son visage. Caresse brulante qui chassa tout air de ses poumons. « Me dirais-tu, par exemple, pourquoi tes joues prennent cette teinte de rose à peine éclose lorsque je t'effleure ainsi ? » Elle planta ses yeux dans ses prunelles. Perdant l’espace d’une seconde l’usage de la parole. Elle avait espéré qu’il ne remarque pas son trouble, ou que mieux, que la pénombre ambiante la dissimule. En vain. Et alors qu’elle cherchait quoi répondre, il le fit encore à sa place. « Non. » Ce qui eut le don de la mettre hors d’elle. Qu’il veuille se dérober, soit, mais qu’il ne projette pas cela sur elle. Elle agrippa sa main avant qu’il n’ait eu l’occasion de se dérober encore une fois. Se levant lentement, ses prunelles flamboyantes ne le quittèrent pas un instant. « A ce que je sache, j’ai encore une langue pour répondre moi-même à tes questions. » Son ton s’était fait également plus froid, et elle se rendit compte qu’elle était bel et bien vexée. Qu’il cherche à se dérober comme si la simple éventualité de passer du temps avec elle et d’apprendre à la connaître le répugnait. Ou qu’il le fasse en lui renvoyant sa propre faiblesse au visage. Peut-être bien les deux, mais dans tous les cas, cela la blessait. Peut-être bien plus qu’elle n’était prête à se l’admettre elle-même. Elle garda prise sur la main de son cousin, l’emprisonnant dans la sienne, comme pour l’empêcher de s’enfuir loin d’elle. « Et je te répondrais si tu me dis quel est ton livre préféré. » Demande tout ce qu’il y avait de plus innocent devant l’impertinence de sa question. Et pourtant, ce détail, aussi menu soit-il, contribuait à faire ce qu’il était. Et elle espérait qu’en collectionnant précieusement ces petites bribes de préférences ou d’anecdotes anodines en apparence, qu’elle pourrait dresser le portrait de Garrett. Mais pour cela, encore faudrait-il qu’il accepte sa demande. Et pour cela, aujourd’hui, elle était prête à lancer le jeu en lui accordant bien plus qu’elle ne lui en demandait. Ses doigts exercèrent une légère pression sur les siens avant de les lâcher, libérant cette main qu’elle avait retenue captive. « Le choix est tiens Garrett » Ajouta-t-elle en un souffle. « A toi de voir si cette cela est acceptable ou si tu penses que me fréquenter de manière régulière t’es tout simplement intolérable. » Elle resta là, face à lui, si proche. Et pourtant, il ne manquait pas grand-chose pour que ce qui la faisait ainsi tenir debout face à lui se brise. Elle ne se détournerait pas, se refusant cette alternative. La fuite ne serait pas son choix, a voir si cela serait le sien.



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Mer 31 Mai - 22:12
Elain & Garrett
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Elle resta silencieuse à sa première diatribe, avant d'incliner ses traits délicatement sur le côté, comme si elle tentait de percer l'insondable mélasse de ses pensées. Comme si par un simple regard, sans même être capable de s'introduire volontairement à l'intérieur de son crâne, elle parviendrait à le percer à jour, à déterminer le pourquoi de cette réaction, presque en parfait miroir des secondes précédentes. A croire que deux silhouettes se dressaient à l'intérieur du sorcier, que le monstre était prêt à dévoiler l'une ou l'autre, à dresser la seconde tel un mur imprenable. Pourtant elle tenta de l'effriter, d'en gratter la pierre si dure, pas assez poreuse, pour l'atteindre et laisser le masque de froideur se fracasser à leurs pieds en un millier d'éclats. Sans succès. Non, il n'avait pas fait référence à son métier pour lui interdire de le questionner à ce sujet, il n'aurait de toute façon pas pu lui répondre. Pas sciemment en tout cas. Néanmoins, c'était sur ses recherches personnelles qu'il effectuait avec un Irvine qu'il mettait le doigt, celles qui laissaient la curiosité entailler l'hermétisme des visions qu'il ne soufflait que trop rarement. A quoi bon parler des morts, des horreurs, de l'étouffante sensation, du sang, rivière au carmin tournoyant, des cadavres, pourriture captivant chaque pore de son épiderme saturé. Mais il maniait les mots avec ce désagréable talent qu'il ne mettait jamais en avant, sombrant dans cette discrétion dont il se contentait volontairement depuis tellement longtemps. Ainsi, il poursuivit, reprenant la litanie des ténèbres brumeuses qui nécrosaient son âme. Puis il y eut la preuve, ses doigts qui retrouvaient la douceur soyeuse de ses traits sous une caresse plus appuyée, mille fois trop volontaire, et la réponse qu'il affirmait comme étant celle qui aurait dû être la sienne.

Dernier mot de trop. Il le vit, le sut à l'instant où le regard d'Elain changea, restant toujours ancré dans le sien. Elle se redressa, mais retint ses doigts des siens, comme pour l'empêcher de s'éloigner une nouvelle fois. Pourtant, s'il l'avait réellement voulu, qu'elle n'aurait pu le retenir. Il ne chercha pas à deviner la raison de son inertie, de ses doigts acceptant de rester les prisonniers de siens. Fallait-il y voir le reflet de l'éducation offerte par sa mère, ou bien un autre mystère insoluble, que Garrett préféra jouer au demiguise. Silencieux envers ces incompréhensions qu'avait toujours trouvé le moyen de faire naître en lui sa cousine. Il avait toujours préféré ignorer, étouffer, quitte à les érafler, à s'écorcher l'âme dans ses tentatives fructueuses de ne pas vouloir savoir. Elle lui reprochait de faire les questions, mais surtout les réponses, de ne pas lui laisser l'occasion de souffler une autre vérité. De faire mentir ses arguments si précisément détaillés, affirmés, sous l'ombre torturée de ses propres angoisses. Plus froide que ces instants précédents. Le monde s'écroulait. L'univers tissé presque sous des plaisanteries et les souffles égarés. Pourtant, sa main s'agrippait toujours à la sienne, et leurs iris se cramponnaient sous l'affrontement silencieux de leurs âmes qui n'avaient fait que s'effleurer jusqu'alors. « Et je te répondrais si tu me dis quel est ton livre préféré. » affirma-t-elle alors, le surprenant par cette détermination qui la pousserait à se dévoiler en retour. Prête à sacrifier une parcelle de son intimité pour un détail presque grotesque. Pourtant, le chercheur n'était pas un idiot, et savait pertinemment que c'était grâce à ces miettes insignifiantes que les plus grands mystères finissaient par se révéler face à la persévérance de son intelligence. Elain l'était, intelligente, s'il ne la connaissait pas assez pour retenir ses petites manies, il connaissait d'improbables détails qui s'étaient gravés dans son esprit sous l'intérêt qu'elle avait toujours éveillé en lui.

Il se murait dans le silence, ne la quittant pas des yeux, immobile face à celle qui semblait tenir, sans doute un peu trop, à rester dans ce monde à peine aperçu dans l'intimité de ce petit salon à l'écart de la réception voisine. Elle relâcha ses doigts après une subtile pression, comme pour lui faire prendre conscience de son geste. Mais il aurait senti ce lien qui se dissipait, même sans, sa chaleur quittant la fraicheur de ses propres doigts. Elle lui laissait le choix. Entre l'accepter ou la rejeter. Les termes étaient presque douloureux, mais ils devaient avoir ce poids, il en avait conscience, pour marteler son esprit. Lui qui n'était que froideur en cet instant, dominé par une raideur arrogante qui s'avérait être plutôt efficace pour se fondre dans la masse des purs, comme s'il ne s'agissait que du vrai visage des Archer. Pourtant, c'était une lave incandescente qui irradiait son esprit, tourbillon dévastateur qui brûlait, dévorait la moindre pensée inconvenante. S'il avait été un homme comme les autres. S'il avait été Aodhan. S'il avait été Braam. Non, la situation ne se serait pas esquissée, elle n'aurait jamais pris forme, et plus encore, Elain n'aurait pas été la source de l'improbable.

« Te fréquenter ne m'est pas intolérable. » souffla-t-il, en se retenant de faire le moindre geste. Pourtant, il ne voulait pas la blesser, lui laisser penser qu'il ne supportait pas sa présence, alors que la situation était toute autre. Et puis elle venait de lui promettre la plus impensable des réponses, celle qu'il n'aurait jamais dû souhaiter découvrir, et qui pourtant lacérait l'idée qu'il serait préférable de s'arrêter là, de la rassurer, sans lui permettre de s’immiscer dans son existence plus que nécessaire. « Les Contes de Beedle le Barde. » finit-il par lâcher à brûle-pourpoint, presque rattrapé par celui qui avait toujours eu sa préférence. « C'est idiot, je sais que c'est un livre pour enfant, mais j'ai toujours aimé le conte des trois frères. » précisa-t-il finalement. Mais il ne lui soufflerait aucun des souvenirs associés à ce livre, à moins que la question se profile, à moins qu'elle trouve judicieux de pousser son interrogatoire plus avant. Il aimait d'autres livres, mais celui-ci aurait toujours sa préférence, même le jour où sa barbe serait blanche. « A toi. » Précision inutile qui se faufila malgré tout à ses lèvres, car il venait d'accepter. Le jeu venait de commencer, et même s'il serra le poing au lieu de céder à l'envie de revenir ébaucher ses joues, il réclamait cette réponse qu'il n'était pas certain de vouloir connaître malgré tout.

I know where you stand
I can feel your breath
I want to know you


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Jeu 1 Juin - 22:23
Elain & Garrett
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Son cœur martelait ses côtes comme s’il était bien décidé à les briser sous l’effort frénétique de ses assauts hâtivement répétés. Colibri encagé qui n’aspirait qu’à la liberté. Et cela était aussi bien dû à la promesse qu’elle venait de lui faire que du silence dans lequel il s’était muré après qu’elle l’est interrompu dans son monologue. La colère lui avait donné l’audace de formuler ce serment, et même si son irritation se calmait lentement, elle n’en tiendrait pas moins parole. Parce que parole donnée n’est jamais reprise. One ne se parjure pas chez les Archer, jamais. Aussi lui répondrait-elle honnêtement. Et ce, même si sa réponse serait subjective, sa vérité à elle en somme. Et même si cela l’effrayée, l’idée de se mettre à nue si rapidement et pour lui prouver qu’il avait tort, elle ne recula pas, ne baissa pas le regard une seule seconde. Affrontement silencieux de volonté, et elle n’accepterait d’autre compromis que celui qu’elle venait de lui donner. Après tout, ils devraient tous les deux faire des efforts. Lui pour accepter le jeu dont elle avait fixé les règles, et elle, en acceptant de partir avec un désavantage certain. Car ce soir, elle en dévoilerait plus que lui, elle lui dévoilerait ce qu’elle n’avait jamais confié à qui que ce soit. Seuls ses journaux avaient été les témoins de ses rares émois et de ses fantasmes nombreux et vivaces. Mais la plupart avaient de toute façon fini dans l’âtre de sa cheminée, précaution qu’elle prenait depuis que l’un de ses frères était tombé sur l’un d’eux. Les plus compromettants étant ainsi devenus cendres depuis longtemps. Et pourtant, elle s’apprêtait à lui dire ces choses à haute voix. Et il était fort improbable qu’il les oublie ensuite. Car elle ne lui lancerait pas un sort d’oubliette, car un échange asymétrique n’était pas son but premier. Et il avait beau lui avoir posé la question, il devait de toute façon se douter de la réponse, et malgré cela, il acceptait de la rencontrer pour qu’elle puisse travailler sur sa potion.

Elle relâcha sa main, son bras retombant le long de son corps alors qu’elle lui laissait le choix. Elle préférait ne pas songer à l’opportunité qu’il s’en saisisse pour ne plus jamais à la rencontrer en dehors des mondanités familiales. Le rejet serait douloureux, elle s’en doutait bien, mais elle préféra chasser ces idées de son crâne alors que le silence s’éterniser entre eux, le temps de secondes qui s’étiraient affreusement, lui tordant les entrailles. « Te fréquenter ne m'est pas intolérable. » Elle libéra un souffle qu’elle n’avait pas eu conscience de retenir. Elle inspira profondément, soulagée de sa réponse. « Les Contes de Beedle le Barde. » Lâcha-t-il enfin, acceptation tacite de ce jeu qu’elle venait de lancer. Et la boule présente dans son abdomen se fit plus dense, alors qu’elle savait, maintenant qu’il lui avait fourni sa réponse, qu’elle devrait elle-même délivrer la sienne. Un léger sourire vint tout de même fleurir sur sa lippe, car ce n’était pas vraiment une réponse qu’elle attendait. Tous sorciers connaissaient ce livre, et tous l’avait apprécié durant leur enfance, mais rares étaient les adultes admettant encore apprécier ces histoires qu’on leur récitait le soir et l’heure du coucher venus. « C'est idiot, je sais que c'est un livre pour enfant, mais j'ai toujours aimé le conte des trois frères. » Ce conte n’avait jamais été son préféré. Non pas parce qu’elle n’en appréciait pas l’histoire ou sa morale qu’elle trouvait particulièrement poétique, mais parce qu’elle trouvait qu’il était trop facilement apprécié. Beaucoup étaient ceux qui aimaient ce conte, délaissant parfois les autres récits de ce recueil. Elle-même ayant toujours eu une préférence pour l’histoire du Sorcier et de la Marmite Sauteuse, et la morale pro-moldue qu’elle renfermait. Son sourire se fit plus franc alors qu’elle imaginait Garrett en train de lire ce livre pour enfant, elle laissa s’étirer les secondes, profitant simplement de cet instant, le savourant, avant de devoir affronter la promesse qu’elle devait honorer.

« A toi. » Précision utile, puisqu’elle mit fin à ses divagations. Son visage retrouva lentement son sérieux alors que la sécheresse prenait possession de sa gorge. Elle le regarda une dernière fois avant de détourner son regard vers la porte qu’ils avaient franchie ensemble il y a peu. Elle regretta l’espace d’un instant son verre abandonné, ayant alors apprécié la rassurante brulure de l’alcool le long de sa gorge. Elle inspira profondément, entourant les bras autour de son frêle buste, comme si cela pouvait la protéger. « Je rougis parce que je n’ai pas la même relation avec toi que celle que j’ai avec tes frères. » Répondit-elle faiblement. Elle finit par se rassoir sur le canapé, fuyant encore son regard, les bras encore enroulés autour d’elle. Elle n’aurait pas été engoncée dans cette robe qu’elle aurait remonté ses genoux contre elle. « Soyons honnêtes, avant ce soir, on ne peut même pas dire que nous ayons eu une relation. » Ajouta-t-elle avant de lâcher un léger rire triste. « Parce que j’aime la façon dont tu replaces cette satanée mèche, parce que j’aime te regarder sourire quand tu penses que personne ne te regarde. » Elle se passa une main nerveuse dans les cheveux avant de terminer la fin de sa confession. Elle savait fort bien que ses joues devaient maintenant avoir dépasser le stade du cramoisie, et elle s’enterrerait sans doute sous terre pendant quelques jours après cette soirée, mais elle se força tout de même à finir. « Parce que sont peu ceux qui m’ont touché comme tu viens de le faire Garrett, et encore on ne pouvait pas dire que cela comptait pour grand-chose. Je…Je ne suis pas très douée avec les hommes en général » Elle n’allait tout de même pas admettre sa virginité ouvertement, il y avait des limites à ce que sa fierté pouvait endurer, elle lui avait avouer le considérer comme un homme plutôt que son cousin, c’était bien suffisant. Elle se focalisa sur sa respiration, n’osant pas lever les yeux tant qu’il n’aurait pas dit un mot.



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Ven 2 Juin - 0:21
Elain & Garrett
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Il lui avait avoué sa préférence pour un livre pour enfant, celui que son frère ainé lui lisait parfois, cherchant à le rassurer face à ce destin particulier qui était le sien. Alors noyé sous la malédiction d'un don qui avait déjà cette saveur de cendre sur sa langue, brûlant ses rétines de gamin qui n'avait rien demandé. Celui qui écoutait avec une confiance aveugle celui qui lui donnait ce courage optimiste qui persistait encore aujourd'hui dans les tréfonds de son être. Il lui avait soufflé que ses frères seraient sa cape d'invisibilité, qu'ils façonneraient eux-mêmes leurs reliques sans avoir besoin de l'aide de la faucheuse décharnée pour en obtenir. Et peut-être qu'une partie de ce destin grandiose s'était réalisé, prenant forme dans les existences des trois frères si différents du conte. Il l'avait aimé pour une multitude de raison, ce conte trop apprécié des enfants rêveurs, mais il ne l'aimait que pour ce qu'il représentait réellement, ce lien de sang trop précieux, et cet avenir à sculpter à travers leur propre volonté. Une histoire qu'il avait apprise, mémorisée comme s'il n'avait besoin que de la psalmodier pour assassiner les chimères et ancrer d'autres illusions à ses rétines. C'était un aveu comme il n'en faisait jamais. Comme l'idée de savoir que dans sa bibliothèque, se trouvait ce livre aux pages mille fois froissées de ses doigts enfantins, mais aussi de l'adulte qu'il était aujourd'hui. Sa source d'inspiration. Sa baguette de cuir. Comme celle de Merlin. Celle qui pourtant, si elle atterrissait réellement entre ses doigts pourrait avoir, sans doute, une utilité réelle.

Mais il ne s'évada que trop brièvement à cette idée, tandis qu'il percevait ce sourire qui accompagnait sa révélation, laissant les mots venir préciser qu'il avait conscience que c'était un livre pour enfant. Elle souriait, rêveuse, ailleurs, bientôt rattrapé par les mots impatients de Garrett, qui cherchèrent cette promesse qu'elle lui avait faite un peu plus tôt. Il voulait savoir. Il ne voulait pas vraiment. Ou peut-être un peu trop. Il en avait conscience, comme de son regard qui sembla vouloir brusquement fuir le sien. Il la vit s'envelopper de ses bras d'une manière si fragile, qu'elle lui donna l'impression de vouloir se protéger des mots qui ne tarderaient plus à s'évader de ses lèvres délicates. Colorées par son sang. Soufflées avec finesse. Il ne s'y attarda pas, enterrant l’innommable besoin qu'il venait inconsciemment de provoquer en lui arrachant une promesse qui n'aurait jamais dû naître. Au premier aveu, il sentit sa gorge se faire aride, sècheresse avide qui dérivait sur sa langue, pulsations tenaces du tambourin prisonnier de sa cage. Pas la même relation. Non. C'était un fait. Il étouffa mentalement son imagination, préférant conserver cette posture stoïque, statue de sel au regard acéré qui se refusait à la quitter. Alors qu'elle rebroussait chemin, rejoignait le canapé déserté si âprement, les quelques secondes précédentes et déjà oubliées. La peine qu'il sentit dans les mots qui suivirent rampa sur son épiderme, alors qu'il n'avait jamais voulu la blesser. Pas même en la tenant à l'écart de son existence, sans jamais la trainer dans ses propres ténèbres, dans cette folie qui finirait par dévorer son âme jusqu'à ce qu'il ne reste de lui que les tourments insatiables que les miroirs du temps lui rabâcheraient, et qui ne seraient plus que la seule réalité à ébaucher. Vérité dont il avait douloureusement conscience. Son optimisme le poussait à continuer à vivre et à sa battre, mais ne venait pas assassiner la réalité de la malédiction.

Il avait beau avoir eu un millier de bonnes raisons de la tenir à l'écart de sa vie, il n'aimait tout simplement pas l'idée de l'avoir inconsciemment blessée. Mais son souffle s'évapora lorsqu'il l'entendit parler d'instants volés, de sourire qu'elle avait aperçu sans qu'il le sache, confession de regards qu'il n'avait pas découvert. Et plus elle parlait, plus ses joues se teintaient de l'embarras de souffler tout haut ce qu'elle n'avait jamais osé. Ce qu'elle n'aurait jamais dû oser. C'était une mauvaise idée, il le savait, le lui avait dit. Les confessions, se découvrir, se... désirer. Il avait eu conscience de cet effet, pas des œillades à la dérobée qui lui rappelaient bien trop les siennes. Elle aurait pu s'interrompre, finir ainsi qu'il ne lui aurait pas reproché de ne pas avoir tenu parole. Au contraire, Elain lui en avait déjà trop dit, les murmures échoués semblaient contracter son ventre, faire enrager le palpitant contre les barreaux d'os. Mais il restait là, les poings serrés, le visage inerte, le regard envieux du sien, sans trop savoir quoi répondre à ces révélations. Mais à quoi bon, il allait pivoter, secouant déjà la tête à toutes ces idioties qui n'avaient pas de sens. Faire semblant que cela ne s'était jamais produit serait plus sage, que les paroles n'avaient jamais été dites. Mais le mouvement de ses lèvres attira son regard, avant que les mots viennent frapper ses tympans, les laissant devenir presque sourds aux roulements frénétiques des tambours. Elle avouait son inexpérience. Elle  avouait que cela n'avait pas vraiment compté en comparaison. Elle avouait ce qui aurait dû rester tu. Mais elle n'osait pas relever les yeux, et il aurait facilement pu pivoter, quitter cette pièce comme il avait l'intention de le faire un instant plus tôt.

Mais il s'avança silencieusement vers elle, s'immobilisant lorsqu'il n'aurait qu'à lever la main pour ébaucher sa joue s'il le désirait, le visage incliné vers le sien, le regard irrémédiablement ancré sur sa silhouette. Que faire pour enterrer un besoin ? Que faire pour tenir éloigné la nécessité de l'effleurer, de l'ébaucher ? Que faire pour ne pas refermer cette porte entrebâillée ? Que faire pour que les instants où elle viendrait... chez lui ? Partir. Mettre un terme à tout ça. Pourtant, il vint s'asseoir à ses côtés après une brève seconde d'hésitation, sans que le moindre mot n'ait traversé ses propres lèvres. « J'aurais préféré ne rien savoir. » soupira-t-il faiblement, le regard égaré dans un coin du salon, avant de revenir se déposer sur elle. « Je ne suis moi-même pas familier des femmes, Elain. Et je ne le serai jamais si on m'en laisse le choix. » Pas de mariage. Pas d'intimité. L'angoisse narguait son être avec avidité. « C'est l'une des raisons pour lesquelles je t'ai tenue éloignée... il n'y avait rien de personnel. » L'honnêteté se déversant de ses lippes, ultime attention vis-à-vis de celle qu'il avait blessée sans même le réaliser. « Ma malédiction n'a pas besoin d'entacher la vie d'autres personnes. » Parce qu'il l'était, maudit. Pourtant, alors qu'il la regardait, il était terriblement conscient de la trop récente manifestation de ses crises pour qu'une autre se déclenche encore. Ses doigts revinrent ébaucher sa joue comme s'il s'agissait d'une rose délicate dont il regretterait de froisser les pétales. Son pouce venant effleurer le bouton soyeux de ses lèvres, creux de la fleur, centre d'une corolle attractive. « Je n'ai toujours pas le droit de t'infliger ça. » Ce n'était plus son regard qu'il désirait fixer, mais l'interdit teinté d'un rose délicat. La brûlure d'un désir capiteux étouffant son souffle.  « Je t'attendrai chez moi dans une semaine. » lâcha-t-il simplement. Souffle retenu. « Bonne nuit, cousine. » Adieu nocturne. Mais il restait encore, ses doigts repoussant une mèche imaginaire cette fois-ci.


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Sam 3 Juin - 16:32
Elain & Garrett
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Elle n’osait bouger ou détourner le regard de l’antre de la cheminée qu’elle fixait obstinément. Elle se serait mise en position fœtale si cela avait rendu cette confession plus facile. Elle pouvait pourtant apercevoir, en périphérie de son champ de vision, sa longue silhouette. Il n’avait pas bougé, les poings toujours serrés, le corps aussi immobile qu’une statue de marbre. Elle ne savait quoi songer de ce manque de réaction, ne sachant comment réagir face à ce mutisme alors qu’elle lui concédait des parties de son âme que nul n’avait jamais entrevue avant lui. Les mots se déversait, dévoilant toujours un peu plus, en taisant d’autres qui restait pourtant sous entendues. Vérités à moitié dévoilées mais qui en disait tellement déjà. Peut-être trop même. Elle s’attendait presque à le voir déguerpir de la pièce sans lui lancer un dernier regard ou lui adresser une dernière parole. Parce qu’il venait de lui exposer de A à Z pourquoi se fréquenter et apprendre à se connaitre pourrait, selon lui, être une mauvaise idée. Et par ce que ses lippes venaient de souffler, la conversation prenait un tournant bien plus intime qu’il n’aurait dû le souhaiter. Et pourtant il restait là, ombre impassible qu’elle aurait pu penser avoir rêver si elle n’avait su de qui il s’agissait. La raison lui soufflait de se taire, de ne pas trop en dévoiler, de ne pas le faire fuir. Et pourtant, elle lui confia bien plus que ce qu’elle avait prévu au départ. L’exquise sensation lorsqu’il ne faisait que l’effleurer, les œillades qu’elle se permettait lorsqu’elle était certaine de ne pas se faire prendre. Car de tout temps, elle l’avait trouvé attirant, parfait exemple de ce que la génétique avait concédé à leur famille. Alors bien sûr qu’elle le trouvait beau, cet homme distant qui se murait derrière sa froide indifférence. Et ce qu’elle avait découvert ce soir, cette ébauche de ce qui se terrait derrière le masque de glace, ne faisait que renforcer cette inclination déjà bien plus vivace qu’elle ne s’en était rendue compte. Ce qu’elle avait appris la poussait maintenant à repousser le mur, combler le gouffre qui les séparait depuis toujours. Mais elle ne s’étendit pas outre mesure. Parce qu’il y avait une soirée à côté avec bon nombre de personnes étrangères à la famille qui pourrait se servir de tout cela contre elle. Et n’étant pas certaine de sa réaction, il y avait certaine chose qu’il valait sans doute taire encore un peu.

Elle se tendit subtilement en apercevant un mouvement du coin de l’œil alors que les mots avaient fini par lui manquer et qu’elle était devenue silencieuse après cette confession finale. Et pourtant, à sa surprise, il ne se dirigea pas vers la porte, mais vers elle. Elle posa subrepticement son regard sur ses mains avant d’aller poser son regard sur le tapis, appréhendant les moments qui aller suivre, alors qu’il venait s’assoir à ses côtés après un moment d’hésitation. « J'aurais préféré ne rien savoir. » Cela, elle pouvait facilement le concevoir. Car la bombe était lâchée. Les choses ne pourraient plus facilement redevenir ce qu’elles étaient avant, si jamais elles le pouvaient un jour. Mais Elain en était satisfaite quelque part. Parce que les lignes étaient en train de bouger entre eux, et que c’étaient à eux deux maintenant de les définir. « Je ne suis moi-même pas familier des femmes, Elain. Et je ne le serai jamais si on m'en laisse le choix. » A ces mots, elle concéda enfin de poser le regard sur son visage, surprise. Car c’était une chose que de s’attendre au rejet pour x raison, mais pas parce qu’il appelait la solitude de tous ses vœux. Qui voudrait d’une vie solitaire ? Sans personne sur qui se reposer ? Car la famille était une chose si profondément ancrée chez elle, qu’elle ne concevait pas facilement que l’on veuille finir sa vie sans être entouré de cette dernière. Et elle n’ôta plus ses prunelles de son visage alors qui lui aussi concédait à lui faire des confidences, lui expliquant pourquoi elle avait, avec tant d’acharnement, été maintenue à l’écart de sa vie, arguant que nul autre que lui ne devrait porter ce fardeau qui était le sien. Elle le regardait avec intensité, n’osant bouger, se doutant que ces émotions devaient s’étaler librement sur son visage. L’incompréhension, la tristesse que ce choix de vie provoquait en elle. Car la solitude était une bien mauvaise amie, et elle ne souhaitait cela à personne.

Son souffle s’étrangla alors que sa main revint dessiner encore une fois la courbe de son visage. Et après les propos qui venaient d’être échangés, elle s’autorisa à venir à la rencontre de cette main caressante, appuyant sa peau contre cette caresse qu’elle craignait trop vite envolée. Pourtant après avoir esquissé l’arrondi de sa joue, les doigts taquins vinrent effleurer les courbes de ses lèvres, tentation qu’elle s’était toujours interdite de considérer en dehors de ses journaux sulfureux. « Je n'ai toujours pas le droit de t'infliger ça. » Aurait-elle eu le contrôle total de son corps, ce dernier étant incapable de prononcé un seul mot sensé, son cerveau étant comme court-circuité par cette caresse, elle lui aurait dit qu’elle était bien assez grande pour prendre ses décisions seules, de savoir ce qui était bon pour elle ou non, ce qu’elle était capable d’accepter ou pas. Tout ce qu’elle réussit à faire, ce fut de souffler son prénom. Mais elle espérait cela pu peut-être se lire sur son visage, autrement, elle le lui dirait, le lui écrirait si cela pouvait finir par le convaincre qu’il n’était pas la onzième plaie d’Egypte et qu’il fallait le maintenir à l’écart à tout prix. « Je t'attendrai chez moi dans une semaine. » Un sourire étira ses lippes doucement. Leur accord tenait toujours et il venait de fixer leur tout premier entretien. Acceptation qui l’ôta de sa torpeur, électrisant ses terminaisons nerveuses aussi bien que le contact de Garrett sur sa peau.

« Bonne nuit, cousine. » Elle attendit qu’il prenne congé, mais il resta sur place, chassant une mèche imaginaire de son visage. Elle pencha de nouveau le visage sur le côté, l’observant. Il serait plus sage en effet de se retirer. Elle-même devrait se rendre dans sa chambre sur le champ et s’y enfermer jusqu’à ce que ses pulsions soient couchées sur papier pour l’en délivrer, ne serait-ce que quelques heures. Elle inspira profondément, la respiration tremblotante alors qu’elle se penchait vers lui, n’osant le quitter des yeux jusqu’à la dernière seconde. Moment où ses lèvres se posèrent sur sa joue, chaste baiser, presque fraternel si elle ne s’était pas ensuite permis d’appuyer un instant sa joue contre la sienne, inspirant profondément son parfum, avant de murmurer à son oreille. « Bonne nuit cousin. » Déception presque perceptible dans la voix alors qu’elle s’éloigne et se redresse pour prendre congé. Mais elle ne fait que quelques pas avant de se retourner de nouveau vers lui. « Tu devras par contre me faire parvenir ton adresse. » Un sourire amusé vient danser sur ces lèvres. « J’ai bien peur de ne pas savoir où me rendre la semaine prochaine le cas échéant, très cher cousin.. »



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Lun 5 Juin - 20:36
Elain & Garrett
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Son visage contre ses doigts, à la recherche de cet effleurement improbable, dont on ne saisirait pas l'incongruité. L'illégitime existence qui pulsait sans cesse à travers ces secondes arrachées au destin. Bafouant les ténèbres désastreuses qui les avaient poussés jusqu'ici, dans cette pièce, précipitant ce rapprochement de deux êtres, étouffant les efforts de Garrett de ne jamais la laisser pénétrer dans son univers. Il avait l'impression de l'y traîner, ou plus précisément de lui permettre de se noyer à ses côtés, tentative désespérée... Elle souffla son prénom, désertant ces lippes qu'il se mit à fixer, recevant l'innommable besoin de l'autre, alors qu'il conservait cet impensable contrôle, celui qui lui demandait sans cesse de s'éloigner de celles qui pourraient le percer à jour. Mais elle savait. De celle... qui ne méritait pas les ténèbres envieuses de son existence. De celle qui murmurait son prénom, crachotant cette étrange sensation dans son ventre, presque douloureuse s'il y prêtait réellement attention.

Elle l'observa, silencieuse, le visage incliné, attendant qu'il se lève, déserte cette pièce et sa présence. Mais il semblait piégé par l'absurdité de son regard. Ce n'était plus le sang qui ruisselait sur ses traits. Ce n'était plus l'obscurité brumeuse de la mort qui rampait sur sa chair. Mais ses doigts, qui jouaient de ce visage si longuement observé, tel un aveugle désirant mémoriser chaque aspérité qu'il pourrait redessiner lorsque ses paupières lui permettaient de faire s'évaporer le monde. Et tout ce qui l'entourait, au profit de songes moins brutaux, moins invasifs que ceux qui le submergeaient éveillé. Lorsqu'il la vit finalement s'incliner vers lui, son visage se rapprochant du sien, sa respiration se suspendit. Envie. Besoin. Incestueux désir qui crépita dans son bas-ventre, affirmant l'attrait qu'il ressentait pour le beau sexe, pour l'irréelle peau diaphane de sa douce cousine.

Mais le baiser ne gagna pas ses lèvres, s'égarant sur sa joue. Pas assez. semblait hurler son âme prisonnière de son crâne. Pas assez. semblait clamer son être, frustré de cette si chaste démonstration, qui, pas plus qu'un autre baiser, n'aurait dû prendre forme. Il ferma un instant les yeux au contact de sa joue. Torture insidieuse, contrôle taciturne. Il ne pouvait pas lui faire endurer son univers, pas ainsi. Il ne pouvait se permettre de la déshonorer d'une quelconque manière, elle qui finirait promise à un autre. Elle qui lui souffla une salutation similaire à la sienne, écorchant ses oreilles moins que la bienséance respectée. Ce fut elle qui se leva, s'éloigna, marquant la fin de ces instants, brisant ce qui finalement méritait de ne pas s'être produit.

Pourtant, elle s'immobilisa au bout de quelques pas, se retournant vers celui qui fixait un livre sur une bibliothèque, pensées volages, tout plutôt que de la suivre des yeux. Mais elle captiva le sorcier par ces simples mots, ceux qui avouaient sa méconnaissance de son habitation. Il fallait reconnaître qu'il ne la soufflait pas vraiment, à moins que les êtres fassent la démarche d'eux-mêmes d'en apprendre plus, ou fassent parti de son entourage le plus proche. Appartement conçu pour préserver le secret des déviances de son âme, de l'inconcevable ébauche d'un destin passé ou futur. Crises assassines qui finiraient par le détruire entièrement, dévorer sa stabilité mentale, inverser l'intemporel et le réel. Un jour, s'il ne parvenait pas à maîtriser sa malédiction, ou bien encore à l'étouffer... il disparaîtrait. Il vivait normalement. Il ébauchait l'univers, mais ne réalisait ce dont il se privait, réellement, en étant si proche d'Elain, alors qu'elle était là, sa peau répondant à la sienne. Douloureux tourments qu'il laisserait pourtant entrer dans sa vie, son existence. Et le sourire qui se dessina sur ses lèvres ne gagna pas ses yeux.

Il se leva à son tour, partagé, torturé. Ses mains s'enfonçant dans les poches de son pantalon, son regard braqué sur elle, incapable de dévier. Trop sérieux. La réalité pour gifle, il s'avança malgré tout vers elle. « Tu l'auras. » souffla-t-il en hochant naturellement de la tête. Il l'observait, l'hésitation maculant son âme, ses pensées tourmentées nécrosant ses traits. « Pardonne-moi. » insista-t-il en s'arrêtant face à elle, sans plus s'expliquer, fixant la mer brûlante de son regard de l'instabilité de l'océan du sien. Un instant, une seconde, avant de glisser une main volage sur sa nuque, l'écho de ses lippes venant s'abîmer contre les siennes. Besoin impérieux de découvrir la saveur de ses lèvres, de l'associer à cette fragrance qui était déjà sienne dans son esprit, gravée à l'encre inviolable. Secondes dérobées au destin. Erreur passagère. Torturante action qui viendrait le hanter. Il ne tarda pas à s'écarter, sa mâchoire se crispant. « Bonne nuit, Elain. » Souffle venu saccager le monde, dissimuler le rythme saccadé de ses palpitations désordonnées, la tension malvenue de l'homme. Il pivota, se dirigeant vers la sortie, pour déserter la pièce, son geste, la soirée, et regagner les ténèbres familières.


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Mer 7 Juin - 15:07
Elain & Garrett
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Souhait innocent en guise de prise de congé nocturne. Mots si anodins pourtant pris dans un jeu dangereux. Tentation quasi intolérable rendant l'air impossible à respirer. Moment qu'elle laissa trainer pour savourer chaque seconde de ce simple contact. Joue contre joue. Rien de répréhensible. Rien que l'on puisse lui reprocher. Si ce n'est ces secondes qu'elle laisse s'écouler, douce torture qui emprisonne ses sens et la fait crever d'envie. Et pourtant, elle se recule, se lève même. Pour placer de la distance entre eux. Parce qu'elle ne sait pas ce dont elle pourrait être capable si elle ne quitte pas ce satané canapé. Parce que ses doigts brûlent de parcourir son visage, ses traits, ses lèvres de gouter autre chose qu'un lointain coin de joue. Alors elle se lève et se prépare à partir, imaginant déjà sa main tenant fermement la plume qui lui permettra d'exorciser toutes ces pensées pour lui permettre de dormir. Douce catharsis qu'elle appelle de tous ses vœux. Et elle a beau savoir qu'il faudrait mieux sortir, car on ne sait qui pourrait entrer en ces lieux et surprendre ce moment qu'elle tient à garder jalousement pour elle. Elle ne veut pas voir ce qui se passe entre eux, frêle pousse qui commence tout juste à naître, être piétiné par qui que ce soit. Il suffirait pour cela qu'un convive enivré pousse cette simple porte qu'elle n'a pas verrouillée, trop obnubilée qu'elle était par l'état de Garrett. Il faudrait partir, calmer ses pauvres nerfs et ne le revoir que la semaine prochaine à tête reposée. Oui cela voudrait mieux. Et pourtant, ses pieds s'arrêtent de bouger. Immobilité qu'elle pense juste momentanée, juste pour lui demander où il vit. Absurde nécessité. Car depuis qu'il a quitté le domicile familial, elle ne s'est jamais posée la question de savoir où son cousin résidait. Elle le voyait de temps en temps à la demeure Archer et cela lui suffisait. Mais pour tenir sa promesse, elle aurait besoin de cette information. Oui c'est pour cela qu'elle s'est arrêtée, pas pour poser une dernière fois son regard sur les traits de son cousin, à moitié plongés dans la pénombre et sur lesquels joue la lueur des flammes.

Elle reste figée sur place alors qu'il se lève à son tour, fourrageant ses mains dans ses poches. Elle se mord l'intérieur de la joue pour ne pas aller à sa rencontre, se force à ne pas bouger alors que chaque parcelle de son être n'aspire qu'à ce simple contact. Elle fixe ses prunelles dans celle de son cousin. « Tu l'auras. » Réponse soufflée du bout des lèvres. Elle le remercie en inclinant délicatement la tête. « Pardonne-moi. » Sa tête s'incline alors que ses sourcils se froncent. Pardonner quoi ? Elle ne voit pas de quoi il parle et sa perplexité se lit sur son visage. Livre ouvert dont il peut tourner les pages à sa guise. Ses lèvres n'ont pas le temps d'esquisser sa question que sa main vient lui agripper sa nuque, comme pour la rapprocher, pour l'empêcher de se dérober alors que ses lèvres viennent à la rencontre des siennes, possessives. Baiser interdit dont elle ne veut pas se soustraire. Car une fois la surprise envolée, elle veut se lover contre lui, goûter cette bouche dont elle n'a jamais fait que rêver. Son souffle se fait saccadé et elle peine à restreindre le gémissement qui veut s'écouler de sa bouche alors qu'il se retire. Déjà. Ses sens sont en feu alors que déjà il se détourne, le visage fermé, après avoir répété ces adieux.

Elle perd une seconde, le laissant s'approcher de la porte, pour calmer la tempête qui la déroute. Elle veut le rattraper, le prendre dans ses bras, respirer son odeur profondément avant de réitérer cette expérience trop fugace qu'elle craint de l'avoir rêvée. Le manque est déjà là, cruel, lui tordant les entrailles alors que ses paupières papillonnent alors qu'elle tente de reposer un pied dans la réalité, faire taire ces sens traîtres, ces pulsions destructrices et si puissantes qui hurlent à ses oreilles de l'arrêter, de tout faire pour qu'il reste à ses côtés. « Te pardonner quoi ? » La question quitte ses lèvres, car elle ne sait toujours pas ce qu'il voulait dire par là. Et elle à besoin de savoir. Regrette-t-il déjà ces précieuses secondes volées ? Ou voulait-il dire tout autre chose ? Elle n'a pas la patience ce soir, de laisser passer de longues journées avant d'exiger une réponse lors de leur prochain rendez-vous. Son esprit enfiévré ne le supporterait surement pas. Peut-être irait-elle chez lui, dès qu'il lui aurait communiqué son adresse, juste pour avoir cette réponse et revoir ce visage qui certainement allait hanter ses nuits.


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Dim 11 Juin - 16:12
Elain & Garrett
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La saveur de ses lèvres encore imprégnée à ses lippes, Garrett s'éloignait, ses pas maculant le sol de ses adieux glissés à nouveau sous la tension presque palpable qui dévorait ses traits. Visage fermé, de tout son être qui avait terriblement conscience d'avoir dévié de la venelle qu'il avait toujours considéré comme l'unique, la seule, l'ultime. Venait-il de pervertir celle qu'il avait toujours veillé à tenir éloignée ? Venait-il de braver le précipice, incitant les falaises à combler le canyon, à chasser l'océan, vagues sauvages et assassines qui ondulaient contre les montagnes implacables ? Il lui avait offert le souffle malmené de son poison, il l'avait attirée dans l'écho taciturne de ses choix, cette légion rejointe en parfaite connaissance de cause. Il s'excusait, sans réellement savoir ce qu'elle devrait lui pardonner. Tout, peut-être. Rien, sans doute. Le tumulte n'ayant que des conséquences encore impalpables qui finiraient par faire écho dans son esprit. Ce pardonne-moi. prendrait alors tout son sens, tandis que les tourments lui donnaient l'impression d'étouffer. Un jour, il n'y aurait qu'obscurité, mais il voulait changer les choses, le destin. Pourtant, il s'oubliait dans l'équation. Il se négligeait.

Ses doigts s'ancrèrent sur la poignée, geste qu'il aurait pu oublier au profit d'un acte plus magique, mais il avait cette nécessité de s'enterrer dans la réalité. Le besoin de s'éloigner d'elle, de ne pas perdre ce temps ridicule. Il n'était pas infirme, il le hurlait, le clamait suffisamment fort dans le creux de son âme depuis qu'il lisait ces regards chargés d'une sorte de pitié protectrice. Il haïssait le monde lorsqu'il pensait ainsi. Lui, qui, comme Elain l'avait dit, survivait à ses démons, flouait le sol, invariablement, malgré les visions qui obscurcissait son regard. « Te pardonner quoi ? » l'entendit-il souffler. Question qu'il n'imaginait pas troubler le silence retombé sur les murs témoins d'un égarement. Il suspendit son geste, les doigts crispés sur la poignée, le regard braqué sur le bois finement sculpté, venant rappeler toute la richesse sobrement exposée des Archer.

Les lèvres closes, le corps tendus, les muscles crispés, il ne soufflait pas le moindre mot, pas plus qu'il ne faisait mine de lui adresser un seul regard, même éphémère. Parce qu'il ignorait, se méfiait, de ce que sa propre volonté fatiguée serait capable de décider. Il ne regrettait pourtant pas l'étreinte précédente. Comment le pourrait-il, alors que c'était tout ce qu'il avait souhaité, cette normalité trop éloignée des regards bien pensants. Il n'avait jamais pensé à elle comme à une cousine. Du moins, pas comme deux êtres ayant grandi avec ce tabou des gênes, du sang qui s'éternise, voisin, consanguin. Les impurs avaient ce regard intransigeant envers cette pureté qui ne prouvait qu'une chose... le sang qui ne se renouvelait pas, qui étouffait. Garrett n'aurait eu aucune difficulté, aucun remord à éprouver une attirance pour une personne dite indigne de lui, mais c'était à celle qui se trouvait dans cette pièce qu'il pensait. Le trouble malsain d'un destin malmené. Elle... qui serait promise, tôt ou tard, à un autre. Lui... il ne voulait pas y réfléchir. Aux mensonges qui lui brûleraient les lèvres. A la dissimulation de sa promesse à une légion qui, il le croyait jusqu'au plus profond de lui, permettrait d'éviter les horreurs dont il ne cessait d'être témoin.

« Tu pourras choisir ce que tu veux, quand tu le voudras. Mes excuses valent pour tout ce qui te dérangent, pour l'avenir que je risque d'assombrir. » Il n'était pas assez stupide pour ne pas savoir qu'à pénétrer dans son univers, c'était ce qu'elle risquait de subir, cette obscurité pugnace. « Pour ce baiser qui aurait dû être celui de ton futur époux. » ajouta-t-il, le souffle s'éteignant, les mots se perdant presque. Il n'y avait qu'elle pour l'entendre, l'écouter. Sans attendre qu'elle ajoute quoique ce soit. Sans lui donner l'opportunité de le faire, il ouvrit finalement la porte et se laissa engloutir par le couloir. Ne refermant même pas derrière lui, il quitta simplement les lieux, dès qu'il put transplaner.

To be continued
...

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