intrigue deux
the blood tournament
Impurs, we welcome you. We salute your courage and your sacrifice... and we wish you... A Happy Blood Tournament ! And may the odds be ever in your favor.


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(SINEA) call it magic.
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Sam 6 Mai - 0:32
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sinead&andrea

Dans un craquement assourdissant, Sylvi transplana après avoir salué d’une courbette sa maîtresse. La solitude chèrement acquise de Sinead ne lui avait rarement semblé aussi précieuse qu’en ce jour ; l’inventaire au bureau des Alchimistes se traduisait par des allées et venues excessivement nombreuses de sorciers sérieux, le nez plongé dans leurs gros classeurs pendant qu’une ribambelle d’ingrédients flottaient dans les airs dans un ballet parfaitement chorégraphié. La trentenaire préférait, et de loin, la quiétude d’une journée classique à cette effervescence. Réfléchir à des applications originales du sang de dragon ou au dosage qui pourrait convenir pour une amélioration de l’antidote au filtre d’amour était plus ardu sans ce calme précieux. Ce genre de potion revenait parfois à la mode, au grand dam des services de Sainte-Mangouste qui se retrouvaient parfois assaillis de hiboux quémandant les services de leurs Potionnistes – c’était toujours plus rapide que de le créer soi-même, puisque l’hôpital en avait une certaine réserve disponible. De temps à autres, on leur demandait de l’aide pour contre les effets d’Armortentia, mais il s’agissait généralement de canulars. En effet, quels parents iraient croire que leur fils unique s’était entiché d’une Impure ? Non, il fallait obligatoirement que cette pauvre fille ait usé d’un sortilège d’amour pour s’attirer les faveurs d’un Pur. C’était rare, malgré tout. A force d’essuyer des refus – dans les meilleurs des cas – les deux factions sorcières cessaient progressivement de rêver d’avenir commun. Il semblait être rentré dans les croyances populaires que les Impurs n’étaient bon qu’à servir ou à être humiliés, qu’ils n’avaient de valeur que pour faire marcher les postes les plus bas de la hiérarchie.

Un spectacle qui horripilait souvent Sinead, mais face auquel elle restait froidement silencieuse. Certains sang-mêlés étaient parvenus à se hisser dans des métiers importants, comme Ace qu’elle avait rencontré à Sainte-Mangouste, cependant ils demeuraient peu communs. D’un mouvement de baguette relâché, la sorcière s’assura que la porte de sa chambre soit scellée et que la pièce soit insonorisée. Un quidam serait sûrement surpris des précautions qu’elle prenait en sa propre demeure, mais mieux valait prévenir que guérir. La confiance qu’elle avait en certains membres de sa famille, notamment Xander, ne lui évitait pas la prudence. Il ne lui viendrait pas à l’esprit de laisser Caïn, ou n'importe qui d'autre, profiter d’une minute d’inattention et qu’il puisse ainsi découvrir son secret. Elle le protégeait comme elle le pouvait, se refusant toutefois à imaginer que c’était poussée par un quelconque sentimentalisme. Ce n’était pas le fait de perdre ces moments privilégiés qui la rendait craintive, plutôt la possibilité de subir un rejet total de la part de son propre sang. N’est-ce pas ? L’idée de perdre Andrea n’aurait probablement pas dû la chambouler autant, mais plus les mois passaient, plus elle peinait à réprimer ses doutes le concernant. Ce qui n’avait commencé que sur une note amusante devenait progressivement plus inquiétant. Plus passionnel aussi.

En y repensant, il s’était rarement absenté aussi longtemps. Leur liaison n’avait absolument rien d’officielle ou de régulière, alors cela ne devrait guère la surprendre dans le fond. Il était libre de ses actes, libre de ses pensées. Sans doute plus libre qu’elle ne le sera jamais, à cause du nom qui alourdissait ses épaules. Au final, Sinead ne savait rien de l’homme qui lui rendait parfois visite – une folie qui s’était autorisée les deux dernières fois et à laquelle il semblait avoir pris goût – mais elle estimait que poser des questions serait plus dangereux que rester dans l’ignorance. Ce n’était pourtant pas dans ses habitudes, d’opter pour le silence au lieu des réponses. S’il avait été question de n’importe qui d’autre, Sin n’aurait pas hésité à le questionner jusqu’à ce que sa soif de savoir soit temporairement étanchée. Mais Andrea portait le mystère comme un parfum enivrant, duquel elle ne pouvait décemment pas se sevrer. Lassée par ses propres pensées, la sorcière reprit son rituel nocturne. Une cascade aux reflets auburn tomba sur ses épaules pendant qu’elle disparaissait derrière un paravent pour revêtir une tenue plus décontractée, songeant à la douche interminable qui l’attendait et aux notes qu’elle pourrait prendre pour libérer son esprit de ses réflexions incessantes.


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I’m a princess cut from marble, smoother than a storm. And the scars that mark my body, they’re silver and gold; My blood is a flood of rubies, precious stones, It keeps my veins hot, the fire's found a home in me.  ▬ I move through town, I’m quiet like a fight, And my necklace is of rope, I tie it and untie.
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Sam 6 Mai - 1:54

Andrea connait le chemin, c’est peut-être la troisième fois qu’il le prend. Il ne sait plus très bien, ça dure depuis un moment cette histoire, il n’aurait jamais imaginé aller si loin à l’époque. S’introduire chez les O’Hara au milieu de la nuit pour rendre visite à leur fille est pure folie. Même lui est capable de le reconnaitre. Il a pris quelques précautions, dérisoires face aux risques. Quelques métamorphoses du visage avant de s’introduire dans la demeure, un hominium revelio pour vérifier que personne n’est debout à cette heure de la nuit. Un coup de chance, les rares présents ce soir dorment tous paisiblement dans leur lit, elle aussi et un sourire taquin nait sur ses lèvres. Il lui reste quelques pièges à éviter. Ne déclencher aucunes alertes. Eviter les elfes de maison. Il s’enfonce dans la maison, avec la discrétion féline qui le caractérise. Le silence de velours accompagne la nuit profonde, et personne ne vient le débusquer. Il a l’impression que leur petite liaison est à l’abri, qu’elle ne craint rien, il ne se doute pas qu’à l’intérieur de la famille se trouve un petit malin qui a débusqué plus d’un de ses secrets.

Il s’arrête brusquement en entendant un bruit. Il est tout proche, ça serait fort dommage de se faire surprendre maintenant. Il s’avère que ce n’est qu’un bruit de l’extérieur. Le monde moldu de la nuit qui s’éveille en même temps que les premiers coups de minuit. Face à la porte, le dernier obstacle est mineur, un mouvement de baguette, un contre sort informulé et les cliquetis discrets d’une serrure qui s’ouvre sont cachés par les derniers coups de minuit. Le silence reprend ses droits sur la nuit pendant qu’il se glisse dans la chambre et verrouille derrière lui avec précaution. Il faut un instant à ses yeux pour s’habituer à la pénombre et pour distinguer la raison de sa venue. Sinead se retourne dans son sommeil, tandis qu’il se débarrasse de ses frusques et des artifices pour masquer son identité. Il est un peu moins silencieux, et il va finir par interrompre sa nuit. Il en a la ferme intention.

Parfois, il se demande quand est-ce qu’elle va se lasser de le voir disparaître des mois durant pour réapparaitre sans trop d’explication à son retour. Mais il essaie de ne pas trop y penser la majeure partie du temps, on s’aveugle facilement de zes propres artifices. Ça fait un moment qu’il a tiré un trait sur l’attachement sentimental, il doute que ce soit un sentiment qui puisse survivre à un monde où les purs s’enchainent par devoir et où les impurs ne sont que des rebuts de la société. Pourtant, il faudra être idiot, ou aveugle, pour désigner autrement ce besoin de toujours revenir. Peut-être a-t-il été un peu idiot et aveugle au début, pour se laisser prendre au jeu si facilement. Le mal est fait. Il est là à nouveau, il va humblement demander pardon s’il le faut. Comme d’habitude.

Il se glisse doucement sous les draps, interrompant définitivement la nuit paisible de Sinead. Il a presque un plaisir coupable à la réveiller à une heure pareille. Un de ces petits plaisirs égoïstes de l’existance. « C’est moi. Pardon pour le retard. ». Un retard, c’était une étrange façon de définir les absences et les retrouvailles décousues qui rythmaient leur liaison, pourtant il ne lui venait aucun autre mot à l’esprit. Est-ce une manière de signifier que la prochaine fois, il reviendrait plus rapidement. Il y aurait alors une prochaine fois. Ou simplement, est-ce une manière assez égocentrique, de supposer qu’elle l’avait attendu, espéré. Il avait l’orgueil suffisant pour une assurance pareille. « Sin ». Assurément, dans sa bouche, le surnom prend un sens tout particulier. C’est son péché. Celui dont il n’arrive pas à se défaire. Il coupe court à toute récrimination d’une manière presque traitresse, en s’emparant de ses lèvres avec un plaisir coupable.
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Sam 6 Mai - 2:43
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C’était son odeur qui le trahissait toujours, à terme. Andrea semblait s’amuser de ses arrivées impromptues, de la façon dont il disséminait dans son existence ses parcelles de folie. Peut-être était-ce pour cela qu’elle appréciait autant ses visites en dépit de leurs quelques disputes. Il avait ce goût d’interdit, cette capacité à court-circuiter toutes ses pensées d’un baiser volé au coin des lèvres. La nuit était déjà bien avancée lorsque Sinead rendit les armes, déposant sa plume parfaitement nettoyée dans son étui, remisant ses papiers dans les multiples tiroirs de son bureau et se glissant sous les draps. La douche avait délié ses muscles endoloris, l’écriture allégé son esprit. Elle était enfin prête à saisir un repos bien mérité, quand bien même il ne serait que pour une poignée d’heures. Sa respiration commençait tout juste à s’apaiser lorsque les premiers coups de minuit retentirent, amenant dans leur sillage un parfum qui électrisa ses sens. Parfaitement immobile, les paupières closes, elle laissa le prédateur s’infiltrer dans sa tanière ; la bête en laquelle elle se changeait parfois l’aidait à comprendre ce qui se tramait dans la pénombre de sa chambre. Elle n’aurait eu qu’à tendre le bras pour s’emparer de sa baguette et illuminer les lieux, mais cela aurait brisé le charme de l’instant.

Fragrances musquées, exquises, enivrantes. Les premières notes d’une mélodie qu’elle ne connaissait que trop bien. Il avait ce pouvoir sur elle, indéfinissable, qui lui permettait d’oublier tous les enjeux de ce monde complexe. Tous ses désirs de grandeur et d’avancées scientifiques prenaient fin quand elle se laissait happer par son parfum. Il fallut peu de temps à l’Impur pour rejoindre sa place coutumière, effleurant si légèrement la courbe d’une hanche qu’elle en frissonna. Sa voix rauque s’éleva du silence complice de leur péché, berçant la femme d’excuses pourtant vaines à réparer les maux de l’absence prolongée. Il venait seulement quand il le désirait, repartait aux premières lueurs lorsqu’elle se retrouvait forcée de le chasser pour retourner à sa réalité. Une réalité où il n’aurait jamais dû poser ses lèvres sur les siennes, où leur comédie n’aurait de sens que dans une tragédie grecque. Si la sorcière osait poser les questions, les bonnes questions, sans doute prendrait-elle peur de la vérité. Alors lorsqu’il s’empressa de faire taire ses réprimandes d’un baiser, elle se laissa faire. Le sang de Sinead chanta à la manière dont il l’appela, s’échauffa au contact de son corps et vrombit dans ses veines. Elle ne chercha pas à résister, comme toujours, se contentant de sa présence en sachant pertinemment qu’un jour cela ne suffirait plus. Un jour, Andrea ne reviendrait plus ; un jour, ses parents trouveront le bon parti et cela devra cesser.

Mais pour le moment, la nuit leur appartenait. Sans prévenir, la douce caresse qu’elle exerçait le long de son bras se fit plus ferme et, d’un mouvement habile, la sorcière repoussa son amant sur le dos pour le chevaucher, mettant temporairement fin à leur étreinte. Ses prunelles brillantes sondèrent les traits de son visage, ses doigts explorant les territoires qu’elle connaissait par cœur. Par cœur, en dépit des absences. Par cœur, malgré le délit qu’il représentait. Une partie d’elle voulait le rejeter au loin pour ses manières décadentes, son irrespect permanent. « Cela ne suffit pas, Andrea. » Elle exhala son souffle dans le creux de son cou, inspirant dans une goulée profonde les multiples facettes de son odeur. Sa rudesse, sa passion, sa sauvagerie et sa douceur. Quelle sorte d’homme pouvait l’affecter autant ? Un guerrier, un séducteur, un Impur. Un révolutionnaire qui chamboulait tous les codes qu’elle appliquait au quotidien. Le visage de Sinead était sombre, la froideur de son regard contredisait la chaleur de ses mains. Frôlements intempestifs de l’interdiction charnelle.

« Fais-moi oublier, » ordonna-t-elle dans un soupir, laissant ses paupières s’abaisser. Elle se lova dans sa chaleur, contre son torse et dans ses bras tel un félin capricieux. Ses lèvres pleines cherchèrent les siennes, virevoltèrent vers la naissance de sa mâchoire avant de se refermer sur la peau fragile du cou. Juste sous l’oreille que son souffle agaçait. « Et peut-être que je te pardonnerais, encore une fois. » Comme à chaque fois.


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Dim 7 Mai - 23:00

Il est toujours un peu surpris qu’au bout de trois années de visites intempestives et de silences récurrents, elle continue de l’accueillir à bras ouverts. On ne peut pas vraiment parler de tromperies ou de fidélités, les règles du contrat implicites qui le liait à ses maitresses étaient toujours les même. Il n’y avait jamais rien de bien sérieux, jamais rien de trop personnel, de l’intimité oui, du sentimentalisme non. Andrea accordait un point d’honneur à la notion de respect, il ne leur cachait pas sa polyvalence, tout était su. Elles étaient multiples, mais il ne les fréquentait jamais en même temps. Il n’y avait aucune place pour la jalousie, aucune place pour l’exclusivité. Elles étaient libres de le rejeter lorsqu’elles le voulaient. Cela ne durait jamais plus de quelques mois. Alors, c’est sûr il n’y aurait jamais dû avoir ce goût de reviens-y qui persistait avec Sinead. Pourtant, il finissait toujours par lui retourner, coupable et pêcheur.

Lorsqu’elle  lui souffle « Cela ne suffit pas, Andrea. », il croit un instant que cette fois-ci, elle va le congédier. Que c’est fini, qu’elle se lasse de son amant indécis. Elle a l’air froide, là, perchée sur son torse, le visage sombre à peine éclairé par les lueurs lunaires. Il cherche son regard, un bref instant, il relâche sa vigilance et laisse apercevoir que ces quelques mots l’affectent plus qu’il ne le laisse croire. Ses lèvres se tordent dans une moue songeuse, et il effleure son poignet. « Je sais. ». Il n’en dira pas plus, que sait-il exactement ? Bonne question. Le sait-il lui-même ? Sans doute que non. Son pouce effleure la peau laiteuse de son poignet, non sans préméditation, il n’ignore pas grand-chose du frisson qu’il va déclencher le long de son bras, qui devrait se propager dans sa moelle épinière. Il sent battre un pouls irrégulier sous la pulpe de ses doigts. Un pouls qui agite le sang de Sinead a une fréquence inhabituelle. Son sang. Ce qui les sépare assurément. Pourtant, il est certain que sur les draps blancs, la couleur écarlate de leur hémoglobine serait identique, d’un beau rouge sombre, un éclat à faire défaillir les âmes les plus sensibles.

Il caresse son poignet et pousse un léger soupir de soulagement en la voyant prendre les devants. Finalement, cette nuit n’est peut-être pas venue. Il frisonne sous les doigts exquis, songeant avec un peu d’orgueil et de fierté mal dissimulée que c’est lui qui les a perverti. Une pensée inhabituelle lui affleure alors l’esprit. S’il n’avait pas la tête ailleurs, cela sonnerait comme un avertissement. Il espère bien être le seul à profiter de ses caresses. Si ce n’est pas dramatiquement ironique, le conjureur conjuré. Lui qui prône la non-jalousie devient possessif. Elle se love contre lui, et il rit doucement en ayant l’impression qu’un gros chat sauvage s’adoucit sous ses doigts. Il effleure les cheveux auburns. Elle demande à oublier, et il ne se fait pas prier. Avec une agilité un peu sauvage, il retourne la situation et la surplombe de tout son poids, de toute sa taille. C’est toujours un plaisir de lui fournir les éléments pour oublier son irrégularité. Le pardon est bien trop exquis pour ne pas se laisser tenter par un nouvel écart.

Il l’embrasse comme si c’était la dernière fois, parce qu’au fond de lui, il ne donne pas très chère de sa peau et qu’il n’est jamais sûr d’être bien vivant pour une prochaine visite. C’est un homme qui vit au jour le jour, la seule chose qu’il planifie c’est la Légion, la seule chose qu’il envisage c’est son succès. Et encore, succès tout relatif. Il se voit rarement vivant pour partager les joies de l’égalité, il doute de vivre encore plusieurs années. Mais ce n’est pas les pensées qui le traversent actuellement. Son sang bats furieusement dans ses veines tandis qu’il s’exécute à l’ordre de son amante. Il dépose des baisers dans son cou, le long de sa clavicule « Et peut-être que je te pardonnerais, encore une fois. ». Il relève le nez, un mince sourire voleur s’étire sur ses lèvres et tandis que ses mains cajolent les courbes féminines, il murmure « Sin, adorable péché ». Il ancre ses doigts sur les hanches de Sinead, presque sauvagement, blanchissant sa peau déjà diaphane. « Tu sais comme j’aime tes pardons ».
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Lun 8 Mai - 7:20
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sinead&andrea

Il n’était pas commun pour Sinead d’accorder autant de valeur aux tourbillons de doute qui dansaient dans les prunelles de son amant. D’une part, parce qu’elle les y apercevait rarement, et d’autre part parce qu’il n’avait jamais semblé manifester à son égard plus d’attachement qu’aux autres femmes qui parsemaient ses absences. Elle ne posait guère de questions à ce sujet, se sachant incapable de gérer une vérité trop crue ; alors elle se satisfaisait des moments qu’il lui accordait, s’imaginant l’avoir pour elle seule. La jalousie n’était pas le meilleur de ses parfums et pourtant, elle l’avait pourtant sur la peau de temps à autres. Jamais plus que le temps d’une dispute, d’un éclat orageux. Un coup de tonnerre dans leur vie erratique et jalonnée d’interdits. Pour autant, à terme, elle ne blâmait pas Andrea pour la vie qu’il menait. Elle ne pouvait exiger de sa part ce qu’elle ne pouvait elle-même lui donner. Un jour prochain, elle le savait, l’occasion de marier leur aînée se présenterait à ses parents et malgré sa trentaine entamée, elle devrait se plier à leurs exigences. Parce que c’était ainsi qu’elle avait été élevée – dressée. Parce qu’elle aimait sincèrement les siens, en dépit de leurs défauts et de leur affection pour les arts obscurs. Et malgré toutes ses certitudes à ce sujet, lorsqu’elle vit l’éclat de ses prunelles se ternir, Sinead fut tentée de balayer ses propres paroles. Mais elles n’étaient que pure vérité : cela ne lui suffisait pas. Ses excuses, ses paroles n’étaient rien comparées à ses baisers ou aux caresses de ses doigts. Tout son corps crevait d’une absence prolongée, un manque qu’elle s’était refusée d’exprimer jusqu’à ce qu’il daigne réapparaître dans ses nuits. Jamais aucun homme n’avait gagné l’accès de son lit, Andrea avait été le premier à briser les dogmes soigneusement établis. Il détruisait tout, et elle aussi, un peu plus à chaque inspiration. Son parfum lui envahissait l’esprit, occultant tout le reste, lui apportant ce mélange aphrodisiaque de réconfort et d’exaltation. A son injonction, il retrouva l’esquisse d’un sourire qu’elle ne lui retourna pas, décidée à lui rendre la tâche plus ardue cette fois. Pourquoi était-elle la seule à éprouver cette impatience ?

La façon dont les lèvres du sorcier dévalèrent sur sa gorge offerte auraient pu la contredire, mais elle ne savait guère si les visites d’Andrea ne concernaient que le plaisir de son corps ou celui de sa compagnie. Elle savait si peu, elle qui était curieuse de tout – elle qui avait l’habitude de tenir toutes les cartes en main, dans un jeu interminable. Malheureusement pour Sinead, les effets de la présence de son amant ne tardèrent pas à se manifester. Son rythme cardiaque s’accélérant, son souffle se faisant plus court et abrupt, ses propres mains se dérobant à sa volonté. Autant de signes qui trahissaient son besoin de le retrouver, contre lequel elle luttait par orgueil. Une fierté blessée, continuellement. Devait-elle être l’unique personne à souffrir des silences imposés par l’autre ? C’était toujours Andrea qui dictait les termes de leurs rencontres, leur arrivée, ainsi que la longueur de ses absences. Tout ce qui lui restait consistait en la longueur de leurs entrevues. Lesquelles finissaient rapidement écourtées par ses devoirs ou le jour à poindre. Il murmura encore, ses gestes se faisant plus pressants et elle soupira en se mordant la lèvre inférieure. Les ongles de sa main glissèrent le long d’un bras, remontèrent sur son épaule avant d’affleurer sur sa nuque, dangereusement. Sinead baissa la tête pour cueillir un baiser, le ballet empressant prenant des allures voraces. Un chemin qu’ils ne connaissaient que trop bien. Leur passion les consumerait, elle le savait. Et aussi soudainement que cette pensée la frappa, elle sut qu’elle ne voulait pas qu’il s’évanouisse à nouveau dans la nuit.

La sorcière l’embrassa plus avidement, cherchant à s’imprégner de sa chaleur et de sa fragrance si particulière, levant finalement les dextres à hauteur de son visage pour l’inciter à se reculer de quelques millimètres afin qu’elle puisse le dévisager. Une seconde, une minute entière aurait pu s’écouler en cet instant de grâce. « Reste. » Ne me laisse pas. C’était un caprice d’enfant, d’une gamine qu’elle n’était plus depuis longtemps et qui pourtant ressurgissait dans la pénombre de leur crime. Ses jambes se mêlèrent aux siennes, rendant leur étreinte plus étroite et plus quémandeuse ; délicatement elle revint presser ses lippes sur sa bouche, parsemant le contour labial d’arguments ardents. Fais-moi oublier, mais… « Ne m’oublie pas. » Elle demandait sans vraiment savoir ce qu’elle exigeait, une minuscule voix en elle lui sifflant que d’ici quelques heures Sinead aura totalement changé d’avis. Quand le feu aura déserté ses veines, sa froide logique reviendra lui dicter sa conduite – lui rappeler ses obligations et ce qu’elle ne pourra jamais posséder. En un sens, Andrea aimait sans doute le fait qu’elle soit inaccessible pour lui, car cela lui permettait de garder sa liberté. Dans tous les sens du terme. Sans un mot supplémentaire, Sin revint à l’assaut de ses lèvres, d’une façon plus décisive que les précédentes. Ses dextres explorèrent le dessin d’une omoplate, la descente des reins, le galbe d’un fessier et la courbe d’une cuisse. Elles virevoltèrent de-ci et de-là, sans s’arrêter plus de quelques secondes, affamées et délicieuses. Un frisson parcouru le derme de la sorcière livrée aux flammes, punie pour le péché qu’elle engendrait et auquel elle sombrait sans hésitation. Parce qu’il n’y avait qu’Andrea pour lui ôter tout désir de lutte. L’affrontement était bien plus agréable sous cette forme décousue.


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Mar 9 Mai - 1:45

Il avait fallu l’apprivoiser comme l’animal sauvage qu’elle pouvait être, et cela lui avait pris quelques mois d’une cour discrète mais assidue. Faire tomber les barrières dressées par une étiquette qui faisait la pudeur reine, montrer suffisamment de patience pour ne pas passer un vaurien. Convaincre, cajoler, attirer, désirer. Cela lui avait pris bien plus de temps que ce qu’il n’avait l’habitude de consacrer à une conquête réticente. Cela aurait peut-être dû être le premier signe qu’il lui aurait mis la puce à l’oreille. Pour n’importe laquelle autre, il aurait vite abandonné. Mais elle était différente des autres, et il allait s’embarquer dans des risques infiniment plus grands. Elle n’était pas la seule sang-pur de ses maitresses, mais elle était la seule pour laquelle il sous-estimait les dangers.

Entre deux baisers, elle lui ordonne de rester, il ne lui répond pas, préférant faire taire ses demandes en lui adressant ses ardeurs. Il se doute bien que l’injonction est à durée très courte et déterminée, et que lorsque l’aube poindra, ils auront tous les deux l’esprit assez clair pour ne pas prendre de risques supplémentaires. Il ne donne pas cher de sa peau si un elfe ou une impur le trouve nu dans le lit de l’ainée des O’Hara. L’injonction suivante est plus personnelle « Ne m’oublie pas. », plus surprenante à ses yeux. Comment peut-elle s’imaginer qu’il l’oublierait, alors qu’il finit toujours par lui revenir. Il a peine le temps d’y songer, déjà elle l’assaille de baisers.



Finalement, il retombe sur le dos, l’air frais le fait frissonner. Il remonte les draps moites sur eux, et il se souvient de son injonction un peu plus tôt. Rester. Il s’enfonce donc dans le matelas, un lit bien plus confortable et luxueux que le sien. Il l’attrape par la taille et l’attire conte lui. Son nez effleure les cheveux ébouriffés avec un sourire, le parfum familier l’apaise. Il reste silencieux, tandis que les minutes s’égrènent, guettant que la belle se laisse gagner par le sommeil. Mais rien de vient. Il ne capte pas l’instant où les muscles devraient se relâcher dans ses bras et où la respiration devient inaudible, relâchée. Il chuchote, comme si il ne voulait pas trop déranger le silence. « Tu peux dormir, je reste, c’est promis. ». Son pousse balaie le bas de son dos avec inadvertance. « Je ne t’oublierais jamais, tu sais … ». C’est un aveu en demi-teinte, il n’est pas certain qu’elle l’entende, qu’elle soit encore bien consciente.
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Mar 9 Mai - 8:00
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Il était impossible pour Sinead de s’imaginer être aussi intime avec un autre homme ; son éducation, ses valeurs personnelles faisaient d’elle une personne essentiellement monogame – bien que le terme soit assez flou concernant la liaison qu’ils entretenaient – et elle peinait à songer à d’autres amants. Pour autant, elle n’était ni insensible, ni aveugle. Elle appréciait les manœuvres séductrices, les mots galants, les regards langoureux. C’était davantage une sorcière de mots que d’actions abruptes, même s’il fallait avouer qu’elle changeait drastiquement une fois dans la chambre à coucher. Nulle violence dans ses gestes, seulement une profonde envie de s’imprégner de la chair de l’autre, de son parfum et de son essence. Était-ce l’influence d’Andrea, qui avait modifié lentement sa façon de considérer le monde ? Ou bien n’était-ce que l’expression de sa bête intérieure, goûtant à une nouvelle forme de liberté ? Plus de trois ans s’étaient écoulés depuis ce premier échantillon, et à chaque baiser qu’il lui donnait, Sinead avait l’impression de revivre cette expérience. La surprise dans ses yeux, l’électricité dans ses muscles, le brasier dans son âme. Le sorcier ne la laissait jamais indifférente, que ce soit dans leurs étreintes ou dans leurs rares disputes – et plus que tout le reste, l’Alchimiste se sentait comprise dans la façon dont il la regardait. Il ne la jugeait pas pour la pureté de son sang, il n’attendait pas d’elle qu’elle courbe l’échine devant sa supériorité masculine. Il la considérait comme son égale et ce simple fait l’enchantait depuis longtemps. Il n’y avait nul jeu de pouvoir entre eux, si ce n’était dans ceux susurrés au creux des draps.

Le souffle de l’Alchimiste était court, désordonné, mais quand elle releva le regard vers son partenaire, elle ne put réprimer un sourire presque tendre, enfouissant la seconde d’après son minois entre deux coussins. Le sourire d’Andrea était différent, apaisé, comblé. La douceur dans ses gestes était plus exquise encore que la plénitude qu’elle ressentait. Si elle devait faire preuve d’honnêteté, Sinead confierait probablement avoir une préférence pour ces instants suivants la libération des sens, là où les flammes retombaient en braises chaleureuses, refusant de se laisser mourir. Elles rougeoyaient plus fort encore quand il la serra contre lui, laissant la nuit retrouver lentement ses droits. Habituellement, Sin sombrait, bercée par le rythme de sa respiration calmée et rassérénée par son parfum. Pas ce soir, cependant. Il tenta de lui apporter un dernier réconfort, murmurant à son oreille les paroles tant attendues, mais cela ne suffit pas à lui faire lâcher prise. Elle aurait pu rester des heures encore dans leur silence, s’il n’avait pas rajouté ces derniers mots. La sorcière releva le menton, modifiant légèrement sa position pour lever la main gauche et dessiner du bout de l’index les traits de son visage. La rudesse de sa barbe, la courbe d’un sourcil, la finesse d’un nez, une lèvre bombée. Les pattes d’oie autour de ses yeux rieurs. « Pourquoi ? » Une simple question. Juste un seul mot, porteur de tous les maux du monde. Elle le savait pertinemment et il lui avait quand même échappé. Le chat était entré dans la cage aux lutins. « Tu le dois pourtant. » Un voile sur ses beaux yeux pâles. « De temps à autres, au moins. » Ce n’était pas son intention première que de mentionner les autres maîtresses de l’Impur, aussi préféra-t-elle presser ses lèvres – fautives de tant de vilenies – sur sa clavicule pour se faire pardonner. « Ce n’est pas grave, Andrea, » concéda finalement Sin sans amertume. Il fallait profiter des nuits où il était présent plutôt que de chercher à comprendre les raisons pour lesquelles il finissait par revenir. La vérité était toujours cruelle. C’était sans doute pour cela que les O’Hara la distillaient avec autant de parcimonie.


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Mer 10 Mai - 23:48

Le silence de la nuit a repris ses droits, il fixe le plafond d’un air songeur. Il l’a attiré contre lui, un bras qui l’enserre, une main qui effleure la crinière de Sinead. Il doit l’avouer, il aime la sentir blotti contre son flanc, peau contre peau, son souffle qui chatouille son omoplate. Il y a de la douceur, de la plénitude. Il ne cracherait sur cela pour rien au monde, même si il sait l’équilibre précaire, et la sensation éphémère. Les yeux rivés aux moulures du plâtre au-dessus de sa tête, il ne peut détacher le regard du luxe de la pièce, qui se révèle à la lueur de la lune. Andrea se rehausse légèrement sur les oreillers, il n’a pas l’intention de dormir. Hors de question. Si ils ne se réveillaient pas à temps et qu’on les surprenait, ce serait le drame, alors il préfère veiller. Guetter les premières lueurs du jour, les signes d’éveil de la maison. Profiter d’effet électrisant que lui procure le peau contre peau avec son amante. Ecouter leur souffles qui s’apaisent et leur cœurs qui reprennent un rythme plus habituel.

Ses yeux s’habituent de mieux en mieux à l’obscurité et il distingue les contours d’un paravent. Une pointe de frustration l’envahit en songeant qu’il ne pourra jamais rester assez longtemps dans la matinée pour la voir disparaitre derrière les fins panneaux pour s’habiller, qu’il ne sera jamais là pour voir son ombre de défaire des vêtements le soir. Il n’a pas sa place dans la vie quotidienne d’une Pure, et c’est la première fois qu’il le regrette aussi amèrement. Il essaie d’écarter ses pensées de ce terrain dangereux et elle l’y aide sans le savoir. Il pensait qu’elle avait suivi son conseil, qu’elle s’était endormie. Mais elle n’en fait rien, et il penche la tête vers elle pour offrir son visage aux caresses de Sinead. Il happe le doigt qui effleure le plein de sa lèvre supérieur et mordille la pulpe du pouce. Il n’en faut pas beaucoup plus pour ranimer le désir d’intimité qu’il ressent pour elle, ce n’est plus sauvage comme une heure auparavant. Il a besoin de la sentir toute proche. Il comble l’espace qui les sépare vaguement, raffermie sa prise autour de sa taille tandis que Sinead souffle un « Pourquoi ? » Il lui jette un coup d’œil surpris. C’est bien la première fois qu’elle pose ce genre de question. Son visage devient infiniment songeur, sa voix est chuchotée lorsqu’il réponds. « Je ne sais pas, j’ai besoin de toi j’imagine. ». C’est un aveux plutôt inhabituel, il semble envahir tout l’espace en silence.

La réponse ne semble pas lui suffire parce qu’elle persiste dans ses questions. « Tu le dois pourtant. De temps à autres, au moins. ». Il a le sentiment de prendre un chemin dangereux, qu’exprimer le besoin éternellement insatisfait de lui rendre visite était déjà une erreur, mais qu’ils s’apprêtent à s’engager dans des débats houleux, menant à des vérités difficiles à gérer auxquels ils ont évité de faire face jusqu’à présent. Son visage se ferme, et il secoue la tête « Ne t’infliges des tourments pareils, Sinead. Je te reviens malgré tout. La régularité est dangereuse pour un couple pareil. 3 ans … c’est déjà beaucoup trop. ». Il sous-entends que les années rendent leur liaison de plus en plus risquée, de plus en plus exposable par accident ou par inadvertance.  Il replace quelques mèches rebelles qui encadrent le visage de la brune, effleure sa tempe, puis sa pommette. Ses lèvres s’égarent sur la mâchoire de son amante, il finit par s’emparer des siennes. L’urgence de leurs baisers a disparu pour laisser place à plus de douceur, il soupire contre ses lèvres. Il espère repousser par la même occasion les questions fâcheuses.  
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Jeu 11 Mai - 15:14
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Sinead ne s’attendait pas à ce genre de confession de la part de son amant. Depuis plus de trois ans qu’ils se fréquentaient, ils étaient parvenus à laisser de côté leurs ressentis ; cela n’avait pas toujours été simple, surtout du côté de la sorcière qui se laissait parfois aveugler par la plénitude qui l’envahissait une fois à ses côtés, mais ils étaient devenus maîtres en l’art de la dissimulation. Que ce soit pour cacher leur liaison au monde entier ou pour se voiler la face quant aux raisons qui les poussaient à continuer cette mascarade. Ils y réussissaient si bien, en vérité, que l’Alchimiste peinait à réaliser la portée des mots de l’Impur. Et si elle le faisait, si elle leur accordait l’importance qu’ils méritaient, elle serait bien obligée de se rendre compte qu’ils s’engageaient sur un chemin autrement plus dangereux que celui des non-dits. Ni lui ni elle ne pouvaient se permettre d’être francs en ce qui les concernait. Car ils n’étaient rien de plus qu’un navire à la coque trouée, voué à faire naufrage. Ils venaient de deux milieux extrêmement différents, ne savaient en définitive rien l’un de l’autre, si ce n’étaient qu’ils avaient besoin de ces nuits fauves et illégales. Rien ne l’enivrait davantage que la sensation de sa peau contre la sienne, son souffle chatouillant le derme sensible, l’expression sur son visage lorsqu’il la regardait. Personne n’avait jamais posé les yeux sur elle de la façon dont Andrea le faisait. Sans rancœur et sans préjugé inhérent à sa position sociale. Sans haine et sans curiosité déplacée. Il la voyait, tout simplement, pour la femme qu’elle était et non ce qu’elle représentait en tant qu’héritière des O’Hara.

Ses lèvres se soulevèrent machinalement lorsqu’il mordilla son doigt, la dextre s’échappant du piège pour continuer son exploration. Les aveux du sorcier la laissaient davantage perplexe que ses marques d’affection, lesquelles provoquaient invariablement un effet miroir chez Sinead. Elle mêla distraitement ses jambes aux siennes, rapprochant tant et si bien son corps qu’elle sentait l’écho de son cœur battre dans sa poitrine. Cette mélodie aurait suffi à l’apaiser autrefois, l’incitant à s’endormir dans les bras de son amant, mais ce n’était pas le cas ce soir. Qu’est-ce qui avait changé, au final ? Peut-être sa faculté à mettre de côté le plaisir qu’elle ressentait à ses côtés, le bien-être inhérent à sa simple odeur qui s’éparpillait entre les draps comme autant de délices. La pureté de son sang ne la rendait pas moins humaine, même si les lignées royales aimaient à prétendre le contraire. La seule parcelle de divin qu’elle pouvait avoir se manifestait dans les étreintes d’Andrea. Il la libérait de tous ses fardeaux, la dépouillait de tous ses titres pour n’en faire qu’une sorcière parmi d’autres et, en même temps, la rendait unique. Alors lorsqu’il tenta de soulager ses maux, elle fut tentée de le laisser faire. Il y parvenait toujours, soit à éteindre la rage qui l'animait, soit à lui soutirer un sourire dans la pire des peines. Deux termes lui firent cependant dresser l’oreille, comme un renard à l’affût de la moindre menace. Couple ? Beaucoup trop ? Etait-ce réellement ce qu’ils étaient, alors ? N’avait-il pas également raison sur la durée de cette liaison indécente ? Il l’embrassa plus tendrement, marquant son désir d’éviter la conversation qui se profilait. Dans la douceur de ses gestes se dessinait aussi autre chose, qui incita Sin à se soulever sur un coude pour l’embrasser plus longuement encore, approfondissant la chose avec la langueur caractéristique d’une âme comblée.

« Je pensais juste que tu finirais par disparaître. » La bouche rosée s’invita à la commissure de ses lippes, sur sa joue râpeuse. « Beaucoup trop, tu l’as dit. » Elle n’aurait jamais songé un seul instant, trois ans auparavant, qu’elle aurait encore l’Impur dans ses nuits, tel un visiteur inopportun. Un songe duquel elle s’éveillait avec de plus en plus de difficultés. « Il y a des rumeurs qui viennent… » Cette fois, Sinead se laissa choir sur le dos, fixant le plafond avec une moue contrite. « Je ne sais pas lesquelles sont vraies, mais, Andrea… » Instinctivement, sa main vint se lier à la sienne. Comme si son corps se faisait une joie de trahir ses propres mots. « Si elles se concrétisent, tu ne pourras plus revenir. » Parce qu’elle serait forcée d’accepter les demandes qui viendraient, celles supposées effacer l’opprobre d’Edward Lancaster aux O’Hara. La sorcière n’en tenait pas rigueur à l’héritier d’avoir préféré un mariage d’amour, fusse-t-il avec une Impure, néanmoins les convenances exigeaient une forme de réparation. Si Sinead avait eu son mot à dire, elle aurait balayé tout cela d’un revers de la baguette. Mais les femmes n’avaient guère le dernier mot dans sa lignée. Et si mariage il devait finir par y avoir, Andrea ne pourrait plus lui servir d’échappatoire. Discrètement, elle tourna les yeux vers son visage, tentant de discerner à travers les ombres son expression. Etait-il mécontent de la voir lui échapper ? Ne ressentait-il qu’une vague déception, qu’il comblerait dans les bras d’une autre ? Une pointe de jalousie traversa l’impassibilité coutumière de Sin, toutefois elle la garda sous silence. Elle ne pouvait rien lui apporter, alors qui était-elle pour exiger sa fidélité ?


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Jeu 11 Mai - 20:10

La conversation prends un ton sérieux, l'atmosphère qui était chargée de désir quelques minutes plutôt s'alourdit, la chaleur devient brusquement irrespirable. Il tâtonne dans les draps, finit par intercepter une baguette sur la table de nuit sans trop savoir si c’est la sienne ou celle de son amante. Un coup de baguette ouvre légèrement une fenêtre, laissant passer pénétrer la fraicheur de cette nuit de printemps et berce la pièce des bruits feutrés de l’extérieur. Le contact du courant d’air avec leurs peaux brulantes les fait frissonner, Andrea remonte le drap et ils se blottissent l’un contre l’autre. « Je pensais juste que tu finirais par disparaître. ». Il reste silencieux, ses doigts s’enroulant machinalement autour d’une mèche auburn. En s’engageant là-dedans trois ans plus tôt, il ne pensait précisément pas s’engager dans une liaison longue et tumultueuse. Il croyait naïvement ne pas revenir à chaque départ. Chaque retour suscitait plus de remise en questions.

« Beaucoup trop, tu l’as dit. ». Il avait à peine prononcé ces phrases, qu’il regrettait déjà d’avoir utilisé ce champ lexical. Il ne sait pas trop ce qu’elle a compris, quelle signification donne-t-elle aux mots. Il souffle « Je ne voulais pas dire ça, Sinead. La situation est délicate … ». Il embrasse sa tempe et la serre contre lui. Il ne saura pas dire depuis combien de temps exactement il a des gestes tendres pour elle, mais si il devait faire preuve d’honnête, il reconnaitrait que c’est loin d’être nouveau. Si il réfrénait ces gestes au début, il a arrêté de lutter contre maintenant. Comme si il baissait la garde.

A son ton, il comprends tout de suite qu’il ne va pas apprécier « Il y a des rumeurs qui viennent… » Il se relève légèrement, un peu inquiet. Des rumeurs ? Sur qui ? A quel sujet ? Il espère que rien ne lui soit parvenu à propos de la Légion. « Je ne sais pas lesquelles sont vraies, mais, Andrea … Si elles se concrétisent, tu ne pourras plus revenir. » A leurs regards qui se croisent dans l’obscurité, à cette main qui serre la sienne, il comprends le non-dit. Ce n’est pas une surprise. Il avait été surpris de la savoir encore célibataire lorsqu’il l’avait rencontré à 30 ans. Lorsqu’il l’avait croisé sur cette foire, il avait été attiré vers elle comme un aimant, certes, et l’information n’avait été que la goutte faisant déborder le vase. Attraction irrésistible, il avait sauté dans le piège à pieds joints. Elle aussi. Il embrasse leurs doigts entrelacés, assimilant l’information en silence.

Un ange passe, une longue minute qui s’égrène durant laquelle elle a tout le loisir de sentir que son amant devient de plus en plus tendu. « Qui est l’heureux élu ? ». Sa voix est froide et rigide, il essaie d’avoir l’air détaché, insouciant, mais la bataille intérieure ne lui donne qu’un air particulièrement austère. Il sait que lui éprouvant de la jalousie, c’est Saint-Mangouste qui se fout de la charité. Pourtant, il combat difficilement ce sentiment envahissant. D’humour ombrageuse, il pose son index sur ses lèvres avant qu’elle est le temps de révèler quoique ce soit. « Non. Ne dis rien. Je ne veux pas savoir finalement. ».

Il sait aussi qu’il n’a pas son mot à dire, qu’il ne l’aura jamais. Mais il ne peut pas retenir cette remarque digne d’un gamin capricieux : « J’suis pas d’accord. » Il se rends instantanément compte de l’absurdité de cette réflexion, s’écarte d’elle et plonge son visage dans un oreiller en poussant un long soupir. Il finit par relever le nez pour prendre une expiration d’air frais, grogne comme un enfant contrarié, puis il cale sa joue contre sa poitrine. L’oreille juste au niveau du cœur de Sinead, il capte chaque battement infime. Ses doigts dessinent des arabesques sur la peau diaphane de son ventre. Un nouveau soupir va chatouille son nombril, puis il grimace « Dis-moi les noms, je veux savoir. ». Il prends soudainement conscience que la jalousie finira par le consumer si il n’y prend pas garde.
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Ven 12 Mai - 0:59
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La fraîcheur de la nuit avait le mérite d’éclaircir les pensées de la sorcière, qui accueillait finalement ce changement de température avec gratitude. Le brouillard de ses pensées se levait doucement, la laissant incapable d’ignorer la tension qui envahissait progressivement Andrea aux mots qu’elle prononçait. C’était probablement la première fois qu’elle le voyait aussi contrarié, même s’il était vrai que le mariage n’était pas un sujet des plus communs pour eux. Elle lui laissa le temps d’assimiler son aveu, tournant à peine le menton vers lui pour détailler discrètement la manière dont son regard se fermait. C’était une réaction plutôt étrange venant de l’Impur qui, à peine quelques minutes plus tôt, qualifiait ses écarts charnels comme une habitude à pardonner puisqu’il finissait invariablement par revenir auprès d’elle. Jusque-là, Sinead avait tenté de ne pas laisser libre-court à la jalousie qui embrasait parfois son cœur, par respect pour leur contrat tacite et parce qu’elle ne voulait pas être hypocrite envers lui. Et maintenant, qui faisait preuve d’hypocrisie ? C’était inattendu… et si elle devait le confesser, cela lui plaisait autant que cela la déroutait. Il y avait ce plaisir indécent de le savoir incapable de réprimer une certaine possessivité à son égard. Etait-ce le cas avec toutes ses maîtresses, cependant ? Il y avait tant et trop de choses qu’elle ignorait sur le mode de vie d’Andrea qu’elle n’était pas certaine de pouvoir s’attribuer tout le mérite de l’agacement qu’il éprouvait.

Il la pria de lui dévoiler le nom du prochain soupirant et la froideur dans sa voix lui arracha un frisson. Même s’il imposa rapidement son index sur ses lèvres pour l’empêcher de lui répondre, elle le fixa longuement en sondant les nouvelles ténèbres dans ses prunelles. Sinead doutait qu’il soit très prudent de dévoiler ce genre d’informations, car même si elle ignorait l’allégeance de son amant pour la Légion, elle n’était pas femme à divulguer aisément les projets de sa famille. Le dilemme qu’éprouvait le sorcier était presque palpable pour l’Alchimiste, qui se tint pourtant silencieuse devant son trouble. Ce n’était pas le genre de réactions auxquelles elle était accoutumée ; elle était plutôt celle qui perdait pied dans leur simulacre de relation. Celle dont les colères étaient dévastatrices et éphémères. Andrea était l’apaisement, l’œil de l’ouragan. Subitement, le pli sur son front se mue en expression butée et il lâche un « J’suis pas d’accord » qui aurait probablement fait rire la sorcière si elle n’avait pas perçu le sérieux derrière ce caprice. Il ne voulait pas la partager, quand bien même elle se pliait à cet exercice. N’était-ce pas lui, en premier, qui l’avait rassurée sur le fait qu’il ne chercherait jamais à lui imposer sa présence ? Sans doute l’avait-il fait pour glisser plus furtivement son besoin de s’éloigner et d’aller conter fleurette à d’autres. Elle n’était pas contrariée par ce revirement de situation. Mais elle se gardait bien de laisser ce sourire amusé traîner sur ses lippes, parce qu’il était inapproprié et qu’il fallait qu’elle dise ce qu’ils savaient déjà tous les deux.

Ses doigts se perdirent dans la courte crinière de l’alpha légionnaire, venant par la suite masser délicatement les tensions dans sa nuque et ses épaules. Andrea revint sur sa propre décision, et elle s’humecta les lèvres en cherchant les mots. Elle qui n’en manquait jamais se retrouvait souvent à entendre ses pensées s’entrechoquer devant lui. « Qu’est-ce que tu ferais, si tu savais ? » Un demi-sourire souligna sa bouche dans la pénombre. « Est-ce que tu les défierais tous en duel, un à un, simplement pour prouver que tu es meilleur qu’eux ? Est-ce ce que tu surgirais au beau milieu de la cérémonie pour m’enlever à mon funeste destin ? » Un rire, léger, de gorge, à des lieux d’une quelconque espièglerie. « J’admets que ça ferait une bonne histoire, mais nous savons tous les deux que ce n’est pas possible. » Pas dans leur monde en tout cas. « Et puis tu sais, tu ne devrais pas réagir comme ça… ça pourrait donner de fausses impressions. » Qu’il tenait réellement à elle, à ce qu’ils étaient parvenus à créer malgré les absences et les difficultés. Cela pourrait laisser croire que derrière les silences, des mots restaient à dire. Et ce ne serait bon pour aucun d’eux, de lâcher la bride de ces sentiments-ci. N’est-ce pas ?


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Ven 12 Mai - 2:22

Il sait bien qu’il n’a aucun droit, ni sur elle, ni sur aucune autres. Que son comportement le délégitime pour tous sentiments de jalousie ou d’exclusivité. Il sait aussi qu’en trente-neuf ans d’existence, il  n’a jamais éprouvé de jalousie pour quinquonque. C’est un homme pragmatique, il a compris depuis longtemps que jalouser son voisin pour sa femme n’aller pas lui permettre de la prendre. La convoiter discrètement avec une cour minutieuse était un moyen bien plus efficace de s’assurer une place dans son lit. Et il appliquait ce raisonnement à toutes les situations. Plutôt que de jalouser stupidement les purs en ressassant sa rancœur, il avait intégré la Légion pour passer à l’action. Pourtant, il se heurtait ici à un obstacle plus complexe, et il avait tant à perdre alors qu’il possédait en réalité si peu. « Qu’est-ce que tu ferais, si tu savais ? » Il ne réponds que par un énième grognement, un bruit qui ressemble plus au feulement d’un félin au colère qu’autre chose.

Il se détend à peine sous les doigts de Sinead qui massent délicatement sa nuque. Il est rarement aussi têtu et obtus en sa présence, et il songe qu’il doit absolument se détendre avant de finir par déclencher la furie qui sommeille chez sa maitresse. Il n’a aucune idée de ce qu’il ferait du pauvre bougre. Il a besoin d’un peu de temps et d’un esprit calme et apaisé pour y réfléchir calmement. Il n’a présentement ni l’un ni l’autre. Les plans qu’elle suggère raisonnent étrangement à ces oreilles. Il ne s’agit que de pures folies, pourtant l’idée lui semble agréable. Un coup d’éclat. Une action d’ampleur. Un enlèvement au nez d’une des familles les plus influentes. « Nous savons tous les deux que ce n’est pas possible. ». Il balaie l’objection d’un revers de main, même si il sait qu’elle a raison. « Je suis ouvert à toutes les idées … ». Il pourrait continuer à faire sa mauvaise tête, mais finalement la remarque suivante retient son attention. « Et puis tu sais, tu ne devrais pas réagir comme ça… ça pourrait donner de fausses impressions. ». Il relève la tête et finit par remonter à sa hauteur. Il se penche sur elle, félin qui couve sa proie d’un regard frappant, ne laissant qu’un infime espace entre leur corps. « Quelles diables de fausses impressions font encore illusions ici, Sinead. Dis-moi tout, ma douce. ». Il brise toutes les barrières, il semble impossible à arrêter, comme si un barrage avait cédé un instant dans la nuit et qu’il ne pouvait plus retenir les non-dits de se déverser entre eux, affaiblissant le vernis poli d’une liaison qui se fait essentiellement charnelle.

Andrea cale sa tête sur l’oreiller, puis il la fixe imperturbable. Il se souvient de sa première question. Que ferait-il ? Un premier élément de réponse se distingue dans son esprit. Ses prunelles s’assombrissent d’une nouvelle teinte pécheresse. « Que ferais-je … ». ll dépose quelques baisers sur sa peau, ses doigts effleurent ses hanches puis dessine son aine avec légèreté. Il n’y a rien de pressant dans ses caresses, mais rien d’innocent non plus. La lascivité suinte de chacun de ses pores, il a l’impression de revenir trois ans auparavant alors qu’il l’éveillait aux délices de la chair.  Si elle le délaisse par devoir, il a la ferme intention de se rappeler à elle à chaque fois qu’elle laissera le malotru s’approcher d’elle. Qu’elle finisse par le regretter et le réclamer. Est-ce son orgueil d’amant prochainement éconduit qui s’affirme ? Oui, sans aucun doute. Son genou se fraie un passage délicatement entre les cuisses de Sinead et il glisse sur elle. Le murmure qui comble l’espace entre eux est rempli d’une luxure à peine dissimulée. « Je vais d’abord m’assurer d’envahir chacune de tes pensées à chaque fois qu’il aura l’indécence d’effleurer ta peau. ».  Egoïsme sans nom qu’il endosse sans ciller, ses doigts glissent toujours plus bas en exerçant une légère pression qui laisse une impression brûlante sur la peau cristalline.
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Ven 12 Mai - 5:42
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L’Alchimiste ne s’attendait pas à des réactions aussi ombrageuses de la part de son amant, lequel n’avait finalement jamais manifesté un sentiment aussi proche de la jalousie à son égard. Encore une fois, n’était-ce que parce qu’elle était sur le point de lui échapper à présent ? Il l’avait eu pour lui seul, parce qu’elle le voulait bien, parce qu’aucun parti ne se présentait à ses parents, seulement à présent la donne pourrait bien changer sans leur consentement. Et quelque part, cela devait frustrer Andrea de voir la situation lui échapper – ce qui expliquait les grondements frustrés, l’œillade sauvage qu’il lui adressa lorsqu’elle le conseilla de ne pas en dire davantage. Il s’éloigna en la considérant, ayant parfaitement conscience du trouble que ses mots jetaient sur leur mensonge parfaitement lisse. Sinead pouvait oublier le reste, s’il jouait son rôle, mais dès l’instant où le masque de l’Animagus tombait, elle était impuissante à endiguer les questions et les doutes. Ses propres sourcils se froncèrent, d’une contrariété qui se lisait jusque dans sa façon de pincer les lèvres, et elle lui rendit son regard concupiscent avec indifférence. Son corps réagissait pourtant à la flamme nouvelle, s’étirant vers les mains cajoleuses, ondulant sous les caresses avec nervosité. Les baisers étaient là pour lui faire perdre son air sombre, et Andrea s’attela à répondre à sa première question d’une voix rendue rauque ; sa dextre glissa plus bas, arrachant à la sorcière une inspiration rapide. Mais presque immédiatement, elle vint refermer ses doigts autour de son poignet, le repoussant autant qu’elle luttait contre sa pulsion lascive.

« Vraiment ? » Il aurait pu, s’il le désirait, avoir entièrement le dessus sur elle. Mais ce n’était pas l’homme qu’elle connaissait qui abuserait ainsi de sa force. C’est pour cela qu’elle parvint à le pousser contre le matelas, prenant appui sur son torse pour le surplomber avec un éclat revanchard. « Tu penses que je ne suis pas suffisamment punie par tes absences ? Hantée par toi ? » Son œil était terne, un avertissement quant à l’orage qui couvait dans ses paroles mesurées. « Tu crois que je ne ressens pas déjà le manque de ta présence ? » Elle n’était pas un jouet qu’il pouvait marquer simplement par fierté, quand bien même le destin de Sinead était d’être définie par sa lignée ou son mariage. Andrea lui offrait l’illusion d’un choix, et qu’il puisse ainsi s’enorgueillir de l’effet qu’il avait sur elle lui donnait envie de le lui faire payer. Son égoïsme éveillait finalement l’impétuosité du cerbère d’argent, lequel étouffa un grognement en se redressant, manifestant clairement son envie d’avoir le dessus. « Il aura ma main. Il aura tous les droits, Andrea. » Un haussement de sourcils moqueur. « C’est plutôt toi l’indécent, et tu le sais pertinemment. » Vive comme le renard dont elle revêtait de temps à autre les traits, Sin attrapa la première baguette qui lui tomba sous la main pour la pointer sous la gorge de l’Impur. Nulle menace dans ce geste simplement destiné à lui montrer sa supériorité, au moins temporaire. Le bois entre ses doigts ne lui était pas familier, mais elle ne comptait pas l’utiliser contre son propriétaire. Sauf s’il tentait de la renverser, auquel cas elle avait un sortilège tout prêt au bout des lèvres. Lesquelles s’étirèrent en un sourire railleur quand elle se pencha à son oreille, sa poitrine se collant contre son torse et ses cuisses se resserrant autour de sa taille.

« Dis-moi, tu penses que je devrais faire pareil ? » Les phalanges de sa main libre tapotèrent un biceps, trouvèrent un refuge sur sa nuque. « M’assurer d’envahir toutes tes pensées à chaque fois que tu auras l’indécence de poser les yeux sur une autre ? » Ses dents se refermèrent, sans doute une once trop fort, sur le lobe de son oreille. Sa langue fut une caresse plus tendre et vicieuse qu’elle lui donna pourtant pendant que sa silhouette s’alourdissait sur la sienne. « A chaque fois que tu t’en iras, lassé, pour en retrouver d’autres ? » Sa dernière question fut gémie dans une supplique, le ton demeurant toutefois autoritaire et distant. « Dis-moi, Andrea, quel choix me reste-t-il ? »


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Sam 13 Mai - 2:52

Ses doigts commencent à peine à atteindre leur but, à se faire taquins qu’il sent une main fine se fermer sur son poignet. Il hésite un instant, puis sentit qu’elle cherche à l’éloigner de l’objet de ses intentions, son cœur se serre un peu. Il n’oppose aucune résistance, il n’a jamais cherché à forcer quiquonque. Ce n’était pas dans sa vision des choses. Alors il s’éloigne à regret, sans trop oser même effleurer sa peau. Peur de devenir un intru. Il réalise à l’instant de l’importance qu’il peut accorder à son acceuil, et comme tout rejet lui semble terrible. Elle lui parle, d’absence, de manque et d’être hanté. Il lui faisait donc cet effet-là. Il se sent soudainement bien moins seul. Il imagine que chacun gère les choses à sa manière. Lui se réfugie derrière de très vieilles habitudes et de multiples maitresses. Homme de courage, il est lâche en amour.

La suite ne lui plait pas beaucoup plus que le précédent échange. Elle persiste et signe, elle le mets au supplice en lui rappelant que son statut est vil, celui d’un amant interdit, un secret honteux à dissimuler. Le haussement de sourcil moqueur qu’il distingue lui fait l’effet d’une douche froide. N’est-ce pas ce contre quoi il lutte dans l’ombre qu’il distingue ? La supériorité d’un sang pur face à un impur. Son regard s’assombrit et son visage se ferme à son tour. La vivacité avec laquelle il se retrouve une baguette sous la gorge n’en ai que plus exaspérante. Constater qu’il s’agit de sa baguette à lui n’en ai que plus humiliant. A la détermination qu’il perçoit dans son regard, il comprend qu’il n’ira pas bien loin même si il la bouscule. Alors il se résigne. Son visage se ferme et il grogne sur un ton implacable. « Veux-tu bien retirer cette baguette de ma gorge, Sinead ? » Il insiste sur le Sinead, une prononciation parfaite, prononciation qu’il utilise rarement, pour ne pas dire jamais.

Le sourire railleur qu’il aperçoit dans l’obscurité l’irrite, il blesse son orgueil. Il ne s’agit pas là de l’orgueil d’un homme ou d’un amant, mais d’un être humain dévalorisé depuis sa plus tendre enfance. Un être humain qui pourtant tire une certaine fierté de son sang, la fierté d’avoir un monde à faire changer. Lorsqu’elle se penche en avant, il maudit son corps si facilement influençable pour réagir aux sollicitations. Il regrette rarement sa sexualité assumée, mais en cet instant il voudrait rester de marbre à la sensation de ses seins qui s’écrasent contre son torse et à ses cuisses féminines qui enserrent sa taille. Il tourne la tête dans une action de repoussoir, mais ne pas lâcher un feulement rauque de plaisir lorsqu’elle happe son lobe d’oreille. Il frisonne de tensions sans trop savoir si il s’agit de désir ou de colère. Sans doute un savant mélange des deux. Un cocktail explosif.

Elle veut lui rendre la monnaie de sa pièce, se rendre indispensable. Mais le cœur d’Andrea se serre subitement lorsqu’il comprend qu’elle a réussi ce tour de magie depuis plusieurs mois déjà, qu’elle n’est jamais bien loin de ses pensées. Plus la soirée passe, plus il prend conscience que tout lui échappe, que tout devient extrêmement dangereux dans leurs étreintes. Il tourne le visage vers elle de nouveaux, leurs nez se frôlent, leur souffle se mêlent, mais il garde une distance prudente entre leurs lèvres. Il s’apprête à lui souffler que pour sa part, il est déjà trop tard, lorsque la question suppliciée le remue de fonds en comble. Percevant son désarroi il ne peut rester de marbre. Il la serre avec violence contre lui. Il n’a aucune idée de réponses à donner. La seule chose certaine qu’il perçoit, c’est que la mort les séparera un jour. Et que ce jour viendra vite s’ils continuent leur folie. Il la préfère éloignée mais bien vivante. C’est une certitude, alors il caresse son visage, un bras au creux de sa taille. Choisissant ses mots avec précaution « Peut-être est-il temps d’un choix raisonnable. ». Raisonnablement déchirant. C’est différent de toutes ces fois où il a disparu sans crier gare pour revenir quelques mois plus tard. Il ne voyait que deux issues : être extrêmement raisonnable, ou au contraire extrêmement déraisonnable, la seule invariable qui restait était les conséquences fatidiques.
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Sam 13 Mai - 19:44
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Il ne vint pas une seule fois à l’esprit de Sinead que ses manœuvres pourraient être mal perçues par son amant. Ou en tout cas, que cela pourrait lui faire éprouver le profond malaise qui le fait se tortiller, le regard fuyant. Elle ne le remarqua même pas, blessée dans sa propre fierté, inapte à réaliser que son désir de soumission pourrait être comparé à la façon dont les Purs traitaient ceux qui ne l’étaient pas. Ceux qui étaient différents. Sans doute en fut-elle incapable parce qu’elle n’avait jamais agi ainsi avec Andrea, et de fait, ne pouvait pas concevoir qu’il se méprenne ainsi sur ses intentions. Elle voulait simplement qu’il comprenne, lassée d’être confrontée à ses absences en ayant le sentiment d’être la seule à éprouver le manque. Chaque départ était plus difficile que le précédent, laissant en elle un arrière-goût d’inachevé, comme une enfant que l’on aurait privée, non pas de son jouet favori, mais du seul objet lui apportant le réconfort tant voulu. Celui qui l’aidait à trouver le sommeil au beau milieu d’une nuit noire et pleine de terreurs. Depuis quand avait-elle accordé à Andrea cette place dans sa vie ? Depuis quand ses visites lui étaient-elles devenues si indispensables ?

C’est affolée par cette révélation qu’elle tenta de renverser la vapeur, de lui faire comprendre maladroitement sa détresse. Par des moyens détournés, par une dominance qui ne lui ressemblait pourtant guère, par une frustration qu’elle lui faisait payer au centuple. Le contrat qui les liait avait pourtant été sciemment consenti par les deux parties. Et si, dans le fond, elle en souffrait, Sinead ne pouvait légitimement ne s’en prendre qu’à elle-même. Seulement, quand il grogna pour lui demander d’enlever la baguette, elle fronça les sourcils, son ego parlant pour elle. En raffermissant sa prise sur le morceau de bois, sur l’homme qui se soumettait volontairement à son caprice. La sorcière surplombait la bête, crachant son venin sans réaliser la portée de ses attaques, tentant simplement d’évacuer sa propre souffrance. Et sans qu’elle ne s’y attende, Andrea referma subitement ses bras autour d’elle pour la confiner dans une étreinte désespérée – quelque part, Sin étouffa un soupir qui la fit trembler de tous ses muscles, de toute son âme. Comment en étaient-ils arrivés là ?

« Peut-être est-il temps d’un choix raisonnable. » Elle cligna des yeux, une fois, puis deux, réalisant avec lenteur ce qu’il sous-entendait. Comme à chaque fois, l’un et l’autre évitait précautionneusement de prononcer certains mots qui pourraient sceller leur destin. Au fil des années, des visites impromptues, des baisers échangés, ils étaient devenus des virtuoses de l’illusion et du mensonge. Jamais le nom des O’Hara n’avait été si lourd de sens pour Sinead, qui en finissait à se demander si manipuler son monde était inscrit dans ses gènes. L’on disait que le mal n'était jamais né, qu’il était créé… qu’en était-il de la sournoiserie ? Qu’en était-il du serpent vicieux et fourbe ? Avait-elle, quelque part, cette souillure qui contaminait chacune de ses pensées, chacun de ses gestes, sans même qu’elle ne s’en aperçoive ? « Tais-toi, » souffla-t-elle dans un agacement irrépressible, se laissant porter par la vague colère qui s’écrasait sur sa patience. Dans un mouvement rageur, elle s’arracha à son étreinte, lâchant baguette et draps pour s’éloigner de lui, absolument indifférente à sa propre nudité. Avec un autre, elle le serait, mais Andrea la connaissait par cœur. Il savait à quel moment l’apaiser, il savait comment attiser les flammes d’une caresse, il savait que la sensation de ses doigts le long de sa poitrine la rendait fébrile et qu’une morsure dans la nuque lui ôtait toute résistance. Il savait que ses colères étaient aussi flamboyantes qu’elles étaient éphémères. Il savait, et pourtant à cet instant il était celui qui provoquait sans comprendre.

« Pourquoi serais-je la seule à devoir choisir ? Tu t’en accommodes très bien, que je sache ! » De ses maîtresses dont elle ignorait le nombre, la pureté du sang ou la douceur de leurs baisers. Dont Sinead ne voulait, en définitive, rien savoir. « Tu ne sais pas ce que tu veux, Andrea, tu t’en rends compte ? » Sa démarche vive et désordonnée ressemblait à s’y méprendre à celle d’un félin en cage ; elle attrapa rapidement un peignoir d’intérieur en soie qu’elle enroula autour de son corps, sans cesser de fulminer. « Tu veux que je me souvienne de toi, et tu veux ensuite… » Que je sois obligée de t’oublier pour apprendre à en aimer un autre. Non, certains mots ne devraient jamais être dit. « Tu es un hypocrite. » Tout comme elle, Sin le savait pertinemment. Ils étaient tout autant fautifs l’un que l’autre, mais cela n’apaisait pas sa rage. Elle posa les mains sur sa coiffeuse, s’appuyant lourdement sur le meuble, laissant sa crinière retomber sur son visage crispé par les émotions trop vives. Trop douloureuses. « Je ne peux pas. » Elle en était purement incapable. « Je ne peux pas, tu comprends ? » Que Merlin lui vienne en aide, parce que Sinead était incapable de mettre fin à cette folie – elle ne pouvait pas l’oublier, tout comme elle ne pourrait jamais l’aimer. Condamnée pour des non-dits, par une vérité artistiquement dissimulée sous des comédies toutes plus extravagantes les unes que les autres. Comment cela avait-il pu se produire ? Quand avait-elle cessé de se protéger ? Quand était-il parvenu à rompre tous les charmes ? Il y a longtemps. Il y a bien trop longtemps, Sin.


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Sam 13 Mai - 20:59

L’ordre sifflé le mets enfin sur le qui-vive. Il comprend qu’il a finalement réussi à la faire sortir de ses gonds, qu’elle fulmine de la suggestion qu’il a osé soulever. Quand elle s’écarte, il essaie de la retenir sans succès. Il ramène les draps sur lui et s’assoit en tailleur dans le lit tandis qu’elle le quitte. Il récupère la baguette qui tombe sur le matelas, sa main commence à tapoter nerveusement sa cuisse par-dessus des draps de lin. Andrea fronce les sourcils en la voyant faire les cent pas devant lui, tel un félin agacé. Si il est d’abord inquiet du déroulement des choses, son humeur change rapidement. Les accusations tombent, les unes après les autres, comme autant de coup de marteau. Il encaisse en silence. Ce n’est pas un homme qui sort facilement de ses gonds, il a la colère froide et austère. Un point qu’il ne partage visiblement pas avec sa maitresse, qui s’agite en attaquant. « Tu ne sais pas ce que tu veux, Andrea, tu t’en rends compte ? ». Le reproche l’agace, et il lui jette un regard d’exaspération glacé. Elle se drape dans sa soie, elle se recouvre d’orgueil ; mais il ne perçoit que l’opprobre de l’ingratitude. « Oh qu’elle est belle la pure qui s’enorgueillie d’avoir des volontés propres et précises, drapée dans sa soie onéreuse ! Parce que tu as répondu à mes questions peut-être quand je t’ai demandé quelles fausses impressions faisaient encore illusions ici ? ». Si elle croyait qu’il n’avait pas noté d’ellipse, elle était bien naïve. « Tu n’en sais pas plus que moi, Sin, et les rares certitudes te font peur parce qu’elles risquent de bouleverser ton petit monde bien rangé. ».

La lumière vive d’un lumos les éclaire d’un coup de baguette et il plante ses yeux dans les siens, sans ciller face aux accusations. Hypocrite ? Hypocrite ! Il éclate d’un rire sec, sans joie. « Parce que Madame ne l’est pas peut-être, elle ! ». Il en a marre des non-dits et des illusions, il veut une opération à cœur ouvert, soigné le mal par le mal, qu’importe. Il a tendu des perches, il ne voulait pas forcer les confidences, il avait trop de fierté pour être le seul à avouer les fautes. Mais il s’était déjà laissé à quelques aveux cette nuit.

C’est un battant, un homme qui ne se laisse pas abattre, alors la voir se cacher derrière une cascade de cheveux auburn ne fait que l’irriter d’avantage. Il envoie balader les draps d’un geste sec, des draps trop luxueux pour lui, qui ne connait que des tissus rêches de coton, des paillasses dures et bien de confort. Il saute hors de lit avec agilité, puis en quelques enjambées, il la rejoint proche de cette coiffeuse, qu’il ignore d’un air dédaigneux. Il aurait aimé offrir des meubles aussi inutiles aussi futiles à ses sœurs, mais il n’en avait jamais été question. Chez les Vasilyeva, on se serrait les coudes pour joindre les deux bouts à la fin du mois. Sa patience s’effrite minutieusement, fragilisée par les reproches, les nuits blanches et le manque. Il lui relève le menton, dégage son visage des mèches folles derrière lequelle elle le dissimulait. Ses yeux vrillent dans les siens tandis qu’elle supplie « Je ne peux pas. Je ne peux pas, tu comprends ? » Encore des mystères, toujours plus d’énigmes. Son point s’écrase sur la tablette ouvragée, sa force fait tomber les produits de beauté et vibrer la coiffeuse. Il rattrape une Sinéad surprise juste avant qu’elle ne s’effondre sur le sol. Son ton est fulminant, et les ordres impérieux. « Tu ne peux pas quoi ? Parle, dis-le. Que l’on en ait conscience, que l’on voit les choses en face, qu’on en finisse ! ». Il plisse les yeux et secoue la tête d’un air désabusé. « Qui crois-tu tromper ainsi ? ».
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Lun 15 Mai - 2:56
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La violence qui exultait de la moindre expiration d’Andrea lui était étrangère ; Sinead sursauta vivement devant son coup d’éclat, son teint de porcelaine perdant ses dernières couleurs une fois confrontée à ses prunelles enragées. Elle ne l’aimait pas ainsi, colérique, imprévisible et presque étranger. Des deux, la sorcière était celle dont les orages étaient les plus fréquents, quand bien même ils demeuraient fort rares en sa présence – et pourtant ce soir, ils semblaient tous les deux perdre la tête. Elle aurait pu comprendre qu’il soit excédé par leur comédie, laquelle n’avait décidément que trop duré. Seulement, quand il lança ses représailles en mentionnant le statut qu’elle occupait, en lui rappelant la pureté du sang qui hurlait dans ses veines, l’Alchimiste sentit sa propre colère se glacer dans sa cage thoracique. Il aurait pu la traiter d’irresponsable, d’hypocrite, de menteuse et de manipulatrice s’il le voulait, mais supposer qu’elle agissait simplement ainsi poussée par une quelconque dignité inhérente à son sang… C’était pire, pire que le reste, pire que leur jeu illogique de sentiments inavoués. Alors quand il frappa, quand il questionna, Sinead se contenta de lui rendre son regard avec le plus de froideur possible – le plus d’impassibilité aussi, dissimulant le léger tremblement de ses mains en les enfonçant dans les poches de son peignoir. Un mouvement désinvolte de ses épaules l’incita à la relâcher. Elle ajouta d’une voix à des lieux de celle, caressante, qu’elle utilisait habituellement à ses côtés. Le ton de la O’Hara était impeccable, neutre. Perfectionné par des années, des décennies à côtoyer d’autres vipères. « Tu me fais mal, Andrea. » Second geste pour se libérer, et pas en arrière. « Tu devrais t’en aller, avant d’ajouter quelque chose que tu pourrais regretter. »

Ce n’était pas une menace. Andrea savait qu’elle serait parfaitement incapable de lui faire du mal, que c’était contre sa nature la plus profonde. Ou en tout cas, il était supposé le savoir. Tout comme elle avait espéré qu’il la sache différente du reste des Purs, moins attachée à leurs valeurs qu’à la loyauté envers sa famille. Et dans ces derniers mots, il lui démontrait pourtant qu’il ne la connaissait pas si bien que ça. « Et puisque tu appelles à un choix raisonnable, considère que tu l’as obtenu. » Ses mâchoires lui faisaient mal à force d’être serrées. Les lèvres de la sorcière bougeaient à peine lorsqu’elle énonça la sentence – car ç’en était une, à n’en pas douter. « C’est comme ça que devrait réagir une Pure comme moi, n’est-ce pas ? Visiblement, c’est la seule chose que tu as retenu en trois ans. » Un sifflement étouffé par une virevolte abrupte, et Sinead se détourna du sorcier. Pendant quelques secondes, qui devinrent finalement une ou deux minutes, elle garda un silence glacial. Ses pas la ramenèrent vers le lit, qu’elle ignora tout aussi superbement qu’elle avait rayé Andrea de son champ de vision, le contournant simplement pour s’emparer de sa baguette qu’elle fit rouler entre ses doigts agités, de temps à autres, d’un imperceptible soubresaut. Sur sa langue, un reste acide qui lui collait au palais. Et tout aussi soudainement qu’elle avait tenté de l’occulter, elle reposa ses prunelles fauves sur lui.

« Dis-moi une chose, avant. » Ses fins sourcils sombres se froncèrent lorsque, d’un mouvement léger, elle ralluma toutes les lumières de sa chambre. Il avait beau être affreusement tard, elle ne voulait pas d’ombres sur ce tableau. Dût-il être le dernier de leur tragédie. « Ma vie est-elle, à tes yeux, si fade et si terne du haut de ma tour d’ivoire que je me suis sentie obligée de t’accueillir à chacun de tes retours ? Que je ne me suis pas lassée de la compagnie d’un Impur, en lui préférant finalement celle d’un autre ? » Elle pencha légèrement la tête sur le côté, le renard en elle transparaissant dans cette simple action. « Tu penses que je t’utilise pour mon bon plaisir, comme les autres peuvent le faire ? » Les autres. Les Purs qui n’avaient pas de considération pour les sentiments et les désirs des Impurs. « Je ne suis pas celle qui disparais à chaque fois, je ne suis pas celle, non plus, qui admet sans honte que d’autres hommes partagent mon lit. » Un rictus, qu’elle ne put réprimer. « Ce n’est pas un reproche : tu n’as aucune raison d’être fidèle à une femme qui ne pourra jamais s’afficher à ton bras dans la rue. A une femme qui finira, un jour ou l’autre, par être confrontée à un choix raisonnable. A une femme dont la famille considérerait comme un affront, un déshonneur total, qu’elle ose fréquenter un Impur même s’il ne s’agissait que d’une histoire de sexe. » Il voulait qu’elle cesse de déguiser leur vérité ? Hé bien soit. « Parce que c’est de ça qu’il s’agit, Andrea. Je suis l’une de ceux que tu hais viscéralement, auxquels tu ne peux pas t’empêcher de me comparer dès que je n’agis plus de façon complaisante. Dès que mes omissions t’incommodent. » Ses dents crissèrent quand elle contracta les muscles de sa mâchoire.

« Je suis Pure, que ça te plaise ou non. » Un bref éclat de rire, sombre et rauque, lui échappa. « Par Merlin, je n’ai même pas eu le choix moi-même. » Sinead leva une main pour repousser ses mèches aux reflets ardents. « Je suis Pure et ça change tout ce que je peux ressentir pour toi. » Quelque part dans son long discours, sa colère avait laissé place à une certaine lassitude qu’elle ne dissimulait pas. La sorcière était fatiguée de se battre, fatiguée de prétendre et d’étouffer ce qui faisait battre son cœur plus vite. Qu’elle l’assume ou non, c’était là. Tous les jours et toutes les nuits. « Aucun Pur n’a fait la fierté de sa famille par amour, Andrea. Aucun. »


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Mar 16 Mai - 1:35
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Ils ne se quittaient pas des yeux, mais ils avaient connu des œillades plus tendres et complices. Les regards sont ombrageux. Puis il voit son visage se métamorphoser, elle impose un masque d’impassibilité, un masque qu’il ne lui a jamais connu. Un instinct profond lui indique qu’il ne va pas sortir indemne de cette confrontation. Elle lui lacère le cœur d’un premier coup de griffe. « Tu me fais mal, Andrea. ». Le sang commence à perler du tendre palpitant, et il la lâche comme électrisé par un éclair foudroyant. « Excuses-moi, ce n’était pas vou… ». Elle l’interrompt, et écorche un peu plus la plaie. « Tu devrais t’en aller, avant d’ajouter quelque chose que tu pourrais regretter. » . Il reste surpris. C’est peut-être la première fois qu’on le renvoie dans des circonstances pareilles. C’est lui qui s’évanouie dans la nuit habituellement. Oh, il a l’habitude d’être remercié. Les impurs, ça se congédie, ça s’oublie comme son premier sortilège raté.

Il la dévisage, surpris, la colère est retombée subitement. Il ne sait quoi dire, quoi faire pour retenir ce qui lui file entre les doigts. « Et puisque tu appelles à un choix raisonnable, considère que tu l’as obtenu. » Il ne sait pas très bien ce qui s’abat sur lui à l’instant où il entends sa voix ferme prononcer la sentence. Il n’a pas de peignoir pour dissimuler les réactions instinctives de son corps, lui. Alors il ne peut pas cacher que la chape de plomb qui fait fléchir ses épaules. Il se retient à la console et demeure sans voix. Il ne saurait dire ce qui le surprend le plus. Qu’elle soit capable de clore leur mascarade ainsi ou qu’il soit si affecté par une suggestion qu’il avait lui-même soulevé quelques minutes tôt. Il est incapable d’amorcer un geste pour la retenir lorsqu’elle se détourne.

Finalement, la sorcière hors de sa vue, il reprend ses esprits. Il se met en marche comme un automate et ramasse ses frusques sans demander son reste. Il pourrait prétendre que c’est son orgueil qui est touché, un orgueil d’homme éconduit. Pourtant, il faut reconnaitre que la blessure est bien plus profonde. C’est une douloureuse opération à cœur ouverte, où l’on décortique minutieusement ses sentiments en prenant soin de n’anesthésier aucun éclat. Il se rhabille machinalement, jetant un coup d’œil hésitant à sa maitresse qui erre près du lit, lui tournant le dos ostensiblement. Il ne peut rien lui dire ainsi, il ne peut pas chercher à croiser son regard pour lui exprimer ce désarroi qui le laisse sans voix. Lorsqu’il arrive à la porte et qu’il s’apprête à rompre sans doute définitivement ces alliances étranges qu’ils n’ont jamais portées, sa voix l’arrête. Il refuse de se laisser porter par toutes sortes d’espoir, mais il se retourne.

Comme Orphée s’est retourné sur Eurydice, il s’attend à la voir disparaître sous ses yeux. Elle est bien là, majestueuse. Il se sent plus malheureux que jamais quand elle allume toutes les lumières. Mais il soutiendra son regard pendant tout son monologue. Il cillera une ou deux fois, lorsqu’elle évoque ses autre maitresses puis lorsqu’elle emphase sur le choix raisonnable. Il écoute mais ne comprends pas. C’est pourtant un homme de bon sens, doté d’un esprit pratique et pragmatique. Il a eu à mettre au point des plans aux idées plus complexes que ce qu’exprime Sinéad actuellement, et malgré tout, cela s’embrouille. Il reste terriblement silencieux, avec gravité comme c’est souvent le cas lors de leurs disputes. Il voit la transition lente de la colère qui devient une lassitude, il voudrait la prendre dans ses bras pour la réconforter, mais il n’ose plus s’approcher d’elle.

Lorsqu’elle lui assène qu’elle est de ceux qu’il haït, il veut rétorquer, assurer qu’il ne haït pas les purs. Oh bien sur, ils lui tapent sur les nerfs ; bien trop souvent à son humble avis. Mais il n’a aucune espèce de rancœur contre les purs en général. Il haït les privilèges, il honnit les blood tournaments, il ne supporte plus les traitements et les railleries, il peut lui arriver de jalouser le confort et le luxe. Mais il se targue aussi de connaître l’espèce humaine et de savoir que le pouvoir avilie tout. Il différencie les sorciers sur leur valeur, et non sur leur sang. Il doit reconnaitre qu’à ce titre il ne porte pas la maison O’Hara dans son cœur, mais aussi que Sinéad s’est révélé une perle à conquérir puis à chérir minutieusement. Peut-être a-t-il échoué sur ce dernier point. Elle marque une pause.

Un court silence s’installe, suivi immédiatement de deux phrases qui le plonge dans la confusion la plus complète. « Je suis Pure et ça change tout ce que je peux ressentir pour toi. Aucun Pur n’a fait la fierté de sa famille par amour, Andrea. Aucun. ». Elle appelle donc cela de l’amour. Mais n’est-ce pas là précisément ce qu’elle ne peut ressentir pour lui parce qu’elle est pure. Il est perdu. Il ne se sait plus ce qu’elle veut. Peut-être n’a-t-il jamais su. Il prend alors une décision inattendue. Une décision qui ne lui ressemble pas. Il fuit.

Sa main cherche la poignée de porte, en une seconde il est dehors et elle est seule dans la chambre. Il fait le chemin inverse, il n’aurait jamais imaginé en arrivant ici aux douze coups de minuit qu’il serait cendrillon quittant le bal en haillon. Cette fuite effrénée lui laisse un sentiment d’inachevé. Un sentiment de danger aussi, il n’a pris aucune précaution pour s’enfuir, il parcourt les couloirs comme un voleur. Voleur d’âme et valet de cœur. Finalement, la porte de service par laquelle il s’est introduit est là face à lui. Il a le sentiment qu’elle cèlera tout derrière lui, qu’elle émiettera leur sentiment en morceaux. Sous l’influence d’un cœur inconstant et d’une lune capricieuse, le voilà qui rebrousse chemin. Il fait marche arrière, avale quatre à quatre  les escaliers, manque de perdre l’équilibre. Ce sont ses instincts qui parlent, qui lui chuchote que si une page est à tourner, le livre n’a pas à se finir ainsi. Peut-être un nouveau chapitre à écrire, ne sert-ce qu’un feuillet à cacher dans la surpiqure. Que l’histoire n’a pas à bruler dans les flammes pour ne demeurer qu’un ramassis de cendre de rancœur et de déceptions.

Il se retrouve face à la porte de cette chambre pour la deuxième fois de la soirée. Il n’arrive plus à l’ouvrir, alors il effleure le carreau de bois brut, il frappe doucement et chuchote. « Ouvre-moi, s’il te plait. C’était une erreur. ». L’erreur est humaine assurément. « Sinéad, je vais me faire surprendre. » La voix est pressante tandis qu’il calcule, qu’il s’inquiète du temps qui s’égrène devant cette porte hermétique à ces suppliques. Il n’y a plus les mêmes attentes, mais il y a mille fois plus d’espérances.
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Mar 16 Mai - 9:03
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Sinead se souvenait d’avoir lu une pièce de théâtre française, où l’une des phrases devenue par la suite célèbre l’avait intriguée à l’époque, sans qu’elle n’en comprenne l’entière signification. L’enfer, c’est les autres, écrivait Jean-Paul Sartre. Et il n’y avait finalement que devant le départ d’Andrea qu’elle réalisait la profondeur de ces simples termes. Quand la porte se referma sans un bruit derrière sa silhouette à la démarche féline, la sorcière laissa tomber le masque d’impassibilité pour afficher la tristesse qui emplissait son cœur. Son âme toute entière souffrait de cet abandon. Mais n’était-ce pas ce qui était le mieux pour eux ? Ce qui était le mieux pour l’Impur, qui avait cru pouvoir convoler auprès d’une Pure ? Ce qui était le mieux pour cet amant, qui revenait toujours en dépit des dangers et qui ne pourrait jamais s’afficher dans la lumière ? Elle tentait de s’en convaincre à chaque inspiration, douloureusement extirpée de sa gorge serrée, elle essayait même de voir la scène d’un point de vue purement égoïste. Combien de temps aurait-elle pu continuer cette mascarade sans risquer de se faire compromettre auprès de sa famille ? Sans risquer l’opprobre, pour un peu de tendresse volée au creux des draps ? Le sexe n’était finalement devenu qu’une excuse pour ressentir la caresse de son regard, la douceur d’un baiser déposé au coin des lèvres. Elle ne savait plus à quel moment la passion irrationnelle, irrépressible, s’était changée en ces braises incandescentes et réconfortantes. Mais cela ne changeait finalement rien à cette nuit désastreuse ou à leur affligeante réalité : le départ – la fuite – d’Andrea lui brisait le cœur, elle le sentait clairement s’éparpiller dans sa poitrine. Néanmoins, c’était… la bonne chose à faire. Un choix raisonnable. Jamais deux mots ne lui avaient paru si diaboliques.

Alors, avec un froissement de soie, Sinead se détourna vers la fenêtre qu’il avait ouverte à peine une dizaine de minutes plus tôt. L’acte semblait pourtant remonter à des siècles. Quittant la chambre dont les parfums autrefois enivrants lui donnaient à présent la nausée, elle vint s’appuyer contre la balustrade de son balcon en s’offrant volontairement à la fraîcheur nocturne. Sinead ne pleurerait pas. Elle ne supplierait pas, ne hurlerait pas. Elle n’avait pas été élevée ainsi. Qu’importaient les circonstances, il fallait qu’elle soit seule maîtresse à bord ; que sa logique l’emporte sur ses sentiments, que sa raison et que l’étiquette lui dictent la marche à suivre. Cela paraîtrait probablement d’une insensibilité inconcevable à la plupart des sorciers – même aux autres Purs dont les sourires parfaits alimentaient leurs éternels mensonges. Elle n’était qu’un pion de plus dans ce jeu d’échec version sorciers, au sein duquel les reines n’hésitaient jamais à trancher les têtes des téméraires cavaliers. Plus d’une vingtaine d’année à suivre des enseignements froids, destinés à faire d’elle un instrument des O’Hara, qui finissaient par ressurgir au plus opportun des moments. Sans cela, Sin aurait succombé à ce qui étreignait son cœur, à ce qui l’empêchait de respirer, à ce qui la dévorait depuis que la porte s’était refermée. Elle se raccrochait aux parcelles glacées que son sang charriait depuis sa naissance, s’essayant à ce fabuleux poison qu’était le jeu de la manipulation. Aucun marionnettiste ne s’en sortait en s’inquiétant pour les pantins ou les fils qu’il était obligé de sectionner. Est-ce que ce départ serait plus aisé à assimiler, si elle tentait d’oublier la chaleur de son étreinte ?

Perdue dans sa lutte intérieure, Sinead n’entendit pas les premiers coups, légers, à sa porte. Elle n’entendit pas non plus l’appel déchirant d’Andrea, ou la détresse qu’il exprimait. Elle était trop loin, trop loin dans sa propre tourmente. Mais Sylvi, l’elfe de leur famille qui lui était entièrement dévouée, l’entendit elle. Le craquement qui retentit dans la chambre lorsqu’elle apparut, tordant ses grandes oreilles dans ses petites mains, fit sursauter l’Alchimiste qui se retourna vivement vers elle. « Maîtresse. Il y a un homme à la porte. » Devant le silence de la femme, la minuscule créature se tortilla de plus belle, tirant à qui mieux-mieux sur ses oreilles, ses doigts, le pagne qui lui couvrait les jambes. « Maîtresse… Les autres elfes vont le voir ! Que doit faire Sylvi, maîtresse ? Le renvoyer dehors ? Le punir ? » « Non ! » L’exclamation sortit brutalement d’entre ses lèvres entrouvertes, propulsée par sa crainte de ne voir Andrea souffrir par sa faute. L’elfe se recroquevilla sur elle-même, ses grands yeux vert bouteille écarquillés, ne sachant si le comportement de sa propriétaire était dû à sa proposition ou à des problèmes différents. Dans le doute, elle tenta de se taper la tête contre la balustrade, mais Sinead la rattrapa au dernier moment par le bras. « Ne fais pas ça : tu n’as pas besoin de te punir, Sylvi. » « L’homme est toujours là, et Sylvi ne sait pas quoi faire maîtresse ! » Sa voix couina sur la fin, ses oreilles libérés frémissant au-dessus de son crâne. Entendait-elle les autres elfes bouger, s’inquiéter de la présence inconnue ? Ou pire, savait-elle que d’autres membres de la famille allaient croiser la route de l’Animagus à sa porte ?

« Fais-le rentrer, Sylvi. » « Chez lui ? » Le simple fait qu’elle demande des éclaircissements laissait supposer que cette petite chose en savait bien trop pour son propre bien. Sin se fit la remarque d’en discuter avec elle plus tard, et secoua doucement la tête. « Ici. » « Bien, maîtresse. » Un claquement de doigts plus tard et la cloison pivotait sur ses gonds, laissant juste le temps à Andrea de se faufiler à l’intérieur avant qu’elle ne se referme. Sa main toujours posée sur l’épaule de la créature, la sorcière s’accroupit à sa hauteur pour plonger dans son regard verdâtre. « Ne parle de ça à personne, tu m’as bien comprise ? » Sylvi hocha vigoureusement de la tête, ses oreilles donnant l’impression qu’elle allait s’envoler si elle acquiesçait un peu trop vite. « Maintenant, va-t’en. » Sinead ne la remercia pas verbalement, mais elle tapota le sommet de sa tête avec douceur, laissant finalement l’elfe disparaître dans un nouveau craquement. Toujours isolée sur le balcon, elle s’autorisa un long soupir avant d’oser rejoindre l’Impur à l’intérieur – il ne pouvait pas prendre le risque d’être surpris à l’extérieur par des yeux curieux. « Tu peux transplaner d’ici, je lèverais les protections. » Elle fuyait son regard, préférant lever sa baguette pour préparer le sortilège. Nul doute que cela intriguerait son père ou leur personnel, s’ils s’en rendaient compte, mais elle trouverait une excuse. Elle était douée pour les mensonges. « Et ne t’inquiète pas pour Sylvi. » Un léger froncement altéra les traits neutres de son visage. « Je devrais peut-être songer à l’Oublietter, pour qu’elle ne se retrouve pas obligée de garder ce secret. Au moins, l’une d’entre nous pourra vivre dans l’insouciance. » Devant l’absence de commentaire ou de réaction, elle redressa le menton dans sa direction, s’interrogeant sur les prunelles agitées qui la contemplaient. Avait-il craint pour sa vie, en essayant de la fuir ? Ou était-ce un trouble différent ? S'attendait-il à la trouver écroulée sur le lit défait par leurs ébats, en pleurs et brisée ? Elle aurait aimé pouvoir évacuer ce qui la rongeait de cette façon, mais elle en était tout bonnement incapable. « Qu’est-ce que tu as ? » Des regrets ou des remords ?


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Mer 17 Mai - 1:50
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L’attente lui permet de retrouver son calme. Aucun bruit ne filtre de l’intérieur, alors il s’adosse contre le battant, et se laisse glisser à terre. La tête baissée, il a tout le temps de réfléchir. Il est plus exposé que jamais, sa baguette tressaute nerveusement entre ses doigts. Mais au fur et à mesure que les minutes s’égrènent, il prend cette étrange décision ne pas repartir tant qu’ils n’auront pas tiré les choses au clair. La résolution prise, il se détend et reprends pieds.  Son cœur retrouve un semblant de rythme, son souffle s’apaise. L’attente est bien trop longue à ses yeux, mais il ne bougera pas. Si il le faut, leur dernière entrevue sera celle où l’aînée des O’Hara devra le confronter, expliquant à sa famille pourquoi un impur créchait devant sa porte à une heure si tardive et si incommode. Si scandaleuse.

Il attends en silence, il finit par se faire à l’idée qu’elle n’ouvrirera pas. Que résolu comme il l’est, il va attendre ici, jusqu’à ce qu’on l’y trouve. C’est égoïste, cela mettrait en danger tout ceux pourquoi il ressent une sorte d’attachement, tous ses projets. Sa vie, son amour, sa famille, sa cellule. C’est un homme de bon sens, et pourtant, il faut croire que pour elle, il braverait mille folies. Et finalement, la porte s’ouvre toute seule. Il se faufile à l’intérieur et referme derrière lui sans demander son reste. A la lumière crue qui inonde la pièce, il remarque tout de suite que son occupante ne s’y trouve pas et qu’une porte qui donne sur l’extérieur est entrouverte. Il ne s’y avance pas, prudent, et attends qu’on vienne le trouver, sans brusquerie. Il tamise l’éclairage et tire les rideaux d’un coup sec pour occulter la vue aux curieux, puis baisse sa baguette en la voyant pénétrer dans la chambre. Andrea la dévisage un instant, cherchant à repérer des émotions sur son visage, qu’elles soient de bon ou mauvais signes pour lui lui importe peu. Il veut juste y lire quelques choses. Peine perdue, elle maitrise l’art de camoufler les choses. Elle propose de transplaner mais il secoue la tête de gauche à droite silencieux, il veut croiser son regard, mais elle le fuit obstinément. Il intercepte sa baguette et referme sa main sur ses doigts fins lorsqu’elle s’apprête à lever les sortilèges. Le contact est électrisant, il jurerait de l’avoir vu tressaillir. Mais il serait bien incapable d’interpréter cela d’une manière ou d’une autre. Il lui retire la baguette des mains puis la pose sur la table de nuit, les deux morceaux de bois côte à côte hors de portée de main de leurs propriétaires. Il ne s’inquiète pas de Sylvi, ayant toute confiance dans le jugement de la jeune femme.

Interloquée par le silence, elle finit par relever les yeux, il capte ce regard avec la ferme intention de ne pas le laisser lui échapper. Elle finit par demander ce qu’il y a, et il en conclut qu’il a son attention. Lorsqu’il prends enfin la parole, à sa propre surprise, sa voix est calme. Grave et calme, il a l’illusion de maitriser les choses. N’est-ce qu’une illusion ? Difficile à dire. « Je ne suis pas là pour transplaner. Je veux une discussion, calme et posée. Sans éclats ni rancœur. ». Il parle aussi bien pour lui que pour elle. Il est décidé, il ne reviendra pas sur sa résolution. « Je ne quitterais pas cette chambre tant que nous n’aurons pas tiré les choses au clair. Peut-importe le temps que cela prendra, peut-être importe si cela doit écorcher nos égos et nos orgueils. ». Il ne se voit avoir cette conversation primordiale debout, s’asseoir sur ce lit encore défait par leur courte nuit d’amour lui semble inopportun, malsain pour l’importante mise au point à venir.

Il avise deux fauteuils autour d’un âtre au coin de la pièce, et lâchant finalement sa main, il exerce une légère pression sur son dos pour la guider vers eux.  Une fois installé, il vrille ses yeux dans les siens et prend la parole en premier, encore hanté par ses derniers mots contradictoires. « Tu parles d’amour … Je ne me suis jamais autorisé à de tels développements de toute ma vie, cela ne réussit pas plus à notre sang qu’au vôtre, j’en ai peur. ». Il n’a jamais eu l’occasion d’observer de couple uni et profondément heureux. Il secoue la tête distraitement. Il presque surpris de se voir si calme, avec un discours si clair. La gestion des situations de crise était visiblement gravée dans ses réflexes. je serais bien mal placé pour qualifier ce dont il s’agit, ne l’ayant jamais expérimenté auparavant. Mais de ce que j’en ai entendu dire, des élucubrations qu’on a pu me conter, je reconnais qu’il semble s’agir de la meilleure dénomination et j’en déduis que je suis amoureux de toi. ».

C’est une manière bien froide de se déclarer, il y a bien peu de chaleur qui se dégage de sa posture, raide sur son fauteuil. Il ne veut laisser aucune place aux sentiments ou aux effusions dans cette conversation. Une discussion efficace, une ligne claire, un plan d’action que l’on déroule, elle l’ignore mais c’est le légionnaire qui lui fait face. Un légionnaire qui n’a pas grand-chose à voir avec son amant, si ce n’est cette flamme, cette chaleur qui habite le regard qu’il pose sur elle. Ce sourire tendre qui finit par s’épanouir. Soit, il est amoureux, pour le meilleur et pour le pire. Quand bien même il en a conscience, il ne pourra jamais le jurer à voix haute.
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Jeu 18 Mai - 14:48
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Ce fut si bref et si soudain que Sinead ne put retenir un frémissement qui ressemblait à s’y méprendre à un mouvement de recul. Lorsque la main du sorcier l’effleura pour l’inciter à abaisser sa baguette, ses doigts se mêlant brièvement aux siens quand il s’en saisit, elle eut le réflexe de se méfier de sa caresse chaude. Cela ravivait trop de souvenirs en elle, trop de sentiments qu’elle n’était pas certaine de pouvoir maîtriser en cet instant. Tout s’était enchaîné trop rapidement au goût de la Pure, qui avait pourtant l’impression en croisant son regard que cela remontait à des jours. Comment étaient-ils parvenus à basculer d’une nuit fauve à cette débâcle où la vérité éclatait avec virulence ? Elle n’était pas prête à assumer ce qu’elle ressentait pour lui. Parce qu’elle savait pertinemment que cela n’amènerait rien de bon, qu’il n’y aurait aucun moyen de faire machine arrière après ça. Si la tendresse d’Andrea venait à signifier quelque chose à ses yeux, elle n’était pas certaine de pouvoir réussir à s’en passer. Refouler cette réalité l’aidait à accepter ses propres écarts de conduite, en les justifiant comme des folies sans conséquences. Sauf qu’elles étaient là, les maudites conséquences à présent. Elle les lisait dans le regard prudent qu’il posait sur elle, dans les gestes mesurés qu’il faisait, dans la distance qu’elle ressentait entre eux. Etait-ce à ça que ressemblait leur fin ?

Interpellé par l’Alchimiste, il tenta de lui exposer les raisons de son retour et insista sur le fait qu’il ne quitterait pas cette chambre sans qu’ils aient mis des mots sur tous leurs non-dits. Elle frémit quand sa main quitta la sienne, resta quelques secondes en arrière lorsqu’il désigna les fauteuils en l’incitant à la suivre. Refuser ne semblait pas une option qu’il lui laissait, quand bien même ils ne se pliaient finalement à ces confessions qu’à contrecœur. Le mal était déjà fait du côté de Sinead, puisqu’elle avait avoué à demi-mots que son attirance pour lui s’était changée en affection sincère. Si le terme d’amour avait franchi ses lèvres, il était peut-être accentué par la détresse de sa perte et elle songea, doucement, qu’elle aurait mieux fait de nuancer ses propos. Mentir, d’une autre façon, aurait été préférable à cette situation. Cela scellerait leur destin, à n’en pas douter. Et elle n’était plus capable de prétendre être protégée des sentiments dont Andrea parlait, lentement et posément. Elle le rejoignit pendant qu’il s’efforçait d’exprimer ce qu’il cachait lui aussi, ayant l’étrange sensation de sentir à la fois son cœur s’enflammer et ses veines se glacer. Il était calme, comme à des lieux de ce qui était en train de se passer. Elle ne connaissait pas cette facette de lui, presque froide en comparaison des sourires tendres qu’il avait l’habitude de lui dédier.

Bien droite dans son siège, Sinead se laissa accrocher par son regard sans sourciller. Elle le lui rendit, sérieusement, luttant contre le besoin de lui hurler de se taire et celui, intérieur, de vouloir entendre la fin de son discours. Quelque part, la sorcière n’attendait que ça depuis des mois, que cette révélation qu’il extirpait difficilement de ses pensées. J’en déduis que je suis amoureux de toi. Mais c’était à des lieux de ce qu’elle s’imaginait, lorsqu’elle se prenait à y rêver sous le coup d’une impulsion irrépressible. Qu’on la traite de romantique, néanmoins ce n’était pas ainsi qu’un tel aveu aurait dû se faire. Le sien n’entrait pas en ligne de compte pour le moment, puisqu’elle n’avait pas été forcée de se déclarer sur l’instant. Elle le considéra en silence, laissant cette révélation s’installer entre eux, mesurant le poids de ses prochaines paroles quand il osa un timide sourire pour ponctuer sa confession. C’était étrange de l’observer dans ce siège, d’avoir l’impression d’être en train de discuter avec un étranger et, en même temps, d’y reconnaître les traits de son amant. Quelque chose avait changé en lui. Quelque chose que Sinead n’était pas certaine d’apprécier. « Je… » Elle s’interrompit, croisa les jambes sous son peignoir, posa finalement sa main sur ses yeux. Une inspiration plus tard, et l’Alchimiste relevait ses prunelles vers l’Animagus. « Tu en déduis ? » Elle n’était pas en colère, simplement déçue, fauchée dans son attente par leur cruelle réalité. « Laisse… » Un mouvement de la main pour qu’il ne relève pas sa question rhétorique. « Qu’est-ce que tu veux que je réponde à ça, Andrea ? Tu avais raison, tout à l’heure, je suis une hypocrite. Je te trompe, toi, ma famille, le monde entier avec cette liaison. » Elle pinça les lèvres, fronça un sourcil en essayant de lutter contre les pensées qui lui venaient. Celles qui la poussaient à réaliser que son attachement ne pourrait jamais être avoué, parce qu’il la forcerait à se confronter à un choix qu’elle ne pourrait jamais faire. Sa famille ou Andrea. Son devoir ou son amour.

Peut-être que sa crainte venait justement d’une conscience muette, vicieuse, qui lui soufflait que mise au pied du mur elle ferait le seul choix auquel son esprit était conditionné. Qu’elle le repousserait pour faire honneur aux siens, si c’était le prix à payer. Ou peut-être était-elle terrorisée de faire exactement l’inverse, de ne pas être capable de continuer sans sa présence à ses côtés. Ses baisers autant que ses mots, ses caresses autant que ses regards. « Qu’est-ce que tu attends de moi ? » Un pauvre sourire souleva ses lèvres. « Que je transplane sur-le-champ à tes côtés ? Nous savons tous les deux que c’est impossible. » Elle ne savait plus où commençait sa comédie et où elle terminait. A force de superposer les masques, Sinead perdait le compte. « Tu penses que tu es tombé amoureux, mais tu n’en es pas certain de toute façon. Il serait peut-être raisonnable de ne pas avoir à le déterminer. » La froideur d’Andrea se propageait à l’Alchimiste, bien malgré elle. Son amour l’aurait, en d’autres circonstances, ravie et effrayée, remuée jusqu’aux tréfonds de son âme. Elle aurait probablement paniqué, mais devant le calme qu’il affichait, elle se sentait anesthésiée. C’était le mot. Anesthésiée. Sans rien pour faire battre son cœur. Les mots ne signifiaient rien, elle le savait bien : elle les maniait tous les jours, avec adresse, et ils devenaient petit à petit la marque de fabrique de sa lignée. Les mots pouvaient être tordus, rabotés, mélangés, ils n’avaient pas de valeur en ce monde. Même les siens étaient vides de sens.


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Ven 19 Mai - 1:13
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Il ne savait pas très bien ce qu’il était censé ressentir. Du triomphe d’avoir enfin un semblant de ces réponses exigées et extorquées. De l’humiliation que la première déclaration de sa vie soit rejetée ainsi. Pourtant, la seule chose qui lui importait, c’était le désarroi qu’il voyait chez Sinéad. Pour la première fois, il ressent alors du remord. Il bouge sur son fauteuil et encaisse les rejets stoïquement. Comme si c’était des choses qu’il acceptait de porter s’il pouvait les lui en défaire. Il s’en voudrait presque d’avoir abordé la sang-pur au cours de cette foire. Cela semble lui avoir apporté tant de tourments. Il ne se demande si elle finira par se souvenir des moments complices qu’ils ont passé ensemble, ou si seul les tourments des absences et les révélations de cette dernière soirée finira par survivre. Le point de rupture. Il le sent arriver, silencieux et sournois, briseur de cœur.

« Qu’est-ce que tu attends de moi ? Que je transplane sur-le-champ à tes côtés ? Nous savons tous les deux que c’est impossible. ». Il secoue la tête avec un sourire désabusé. L’idée ne lui a jamais effleuré l’esprit. Il ne la voit pas survivre à quelques jours de fuite. « Tu penses que tu es tombé amoureux, mais tu n’en es pas certain de toute façon. Il serait peut-être raisonnable de ne pas avoir à le déterminer. ». Raisonnable sonne désagréablement à ses oreilles. Comme il regrette ce mot qu’il a choisi inconsciemment. Que plus personne ne daigne prononcer cette hypocrisie à ses oreilles. Il n’y a jamais rien de raisonnable nulle part. Il ne veut pas qu’ils se quittent avec une telle hypocrisie sur leurs lèvres. Ils méritent mieux. Son comportement change, comme un miroir inversé. Alors même qu’elle se raidit et se braque, lui se détends, il reprend les manières félines qu’elle lui connait.

Alors il se lève et s’approche d’elle. Il hésite sur la démarche à suivre, puis il finit par s’agenouiller face à elle. C’est rare qu’il se soumette de son plein gré, pourtant c’est ce qu’il fait. Tendre pécheur, il ne demande que l’absolution. Il l’effleure par inadvertance. « Je ne veux que ton pardon. ». Ses mains calleuses se posent sur ses genoux, il lève un regard repentissent vers elle. « Pardonne-moi de t’avoir poursuivi quand bien même c’était interdit. Je ne le regrette pas, mais je t’ai mis dans des tourments inattendus, c’était égoïste de ma part. ». Ses pouces décrivent des mouvements circulaires sur la soie, mais il n’y a rien de tentateur. C’est un geste d’intimité machinal. Un geste qui ne leur rappelle que trop bien qu’ils ont été intime dans un passé à peine achevé. Il n’est là à ses pieds que pour le repentir. « Je ne veux pas qu’on se quitte sur une note pareille, Sinéad. Je n’aurais pas voulu être cet homme-là, mais si c’est trop tard, je te demande pardon. ». Il pose son menton sur ses genoux et la dévisage avec attention, comme si il voulait graver ses traits une dernière fois. Puis il ferme les yeux et repose sa joue contre la cuisse de son amante. Il soupire. Un soupir à fendre le cœur.

Il glisse un pouce sous la soie, découvre les genoux de son amante. Il embrasse la peau laiteuse avec déférence. « Pardonne-moi, Sinead ». Il s’excuse de pas avoir su les protéger de leurs sentiments grandissants, de l’avoir abandonné si souvent sans comprendre ses tourments, de ne pas pouvoir s’effacer dans la nuit sans regret et de lui imposer des sentiments qu’elle ne peut accueillir.
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Ven 19 Mai - 4:13
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Elle était cruelle, Sinead, elle le sentait dans les mots qu’elle prononçait. Elle aurait aimé être capable d’abaisser les barrières qui muraient son cœur, de laisser passer sur son visage autre chose que l’indifférence d’une Pureté souillée. Pour autant, la sorcière savait que si elle se laissait aller à ce début de sentiment, elle ne pourrait plus endiguer le flot qui grondait dans sa poitrine. Une bête féroce muselée avec attention, qui n’attendait qu’un instant de distraction pour lui labourer les côtes. Sa respiration était mesurée, exagérément lente, elle se concentrait dessus pour éviter de laisser son esprit divaguer ailleurs. Ses dernières paroles laissèrent Andrea troublé, mais sa posture changea et il se leva finalement. Quelque part, son myocarde s’affola. Une proie soumise à un prédateur. Ne fais pas ça, s’il te plaît. A chaque pas qui réduisait la distance, déjà minime, elle se raidissait dans son fauteuil en maudissant Merlin de ne pas s’être également levée pour lui échapper. Sa démarche était semblable à celle qu’elle lui connaissait, implacable, gracieuse, féline. Ne fais pas ça. Il s’arrêta à sa hauteur, ses prunelles la dévisageant avec un désarroi presque palpable, puis il fit la seule chose que Sinead ne l’avait jamais vu faire. Il s’agenouilla, le geste soulevant brièvement le peignoir de soie, tirant à l’Alchimiste autant de frissons que de crainte. Cette position était une offrande de paix, elle le savait, parce qu’il ne se serait pas soumis autrement. Andrea était un homme toujours droit, toujours fier. Cela ne lui ressemblait guère et pourtant, elle ne pouvait pas nier y retrouver la tendresse de son amant. Ses dextres affleurèrent sur ses genoux couverts, elle réprima le frémissement qui contracta ses muscles dans une réponse naturelle. Un arc électrique se propagea de cette zone au reste de son corps, accélérant sensiblement son rythme cardiaque alors qu’elle gardait miraculeusement le contrôle de sa respiration. Pourquoi est-ce que tu fais ça ? Les choses n’étaient-elles pas suffisamment difficiles ?

Elle avait beau le vouloir, il était impossible pour Sinead de détacher son regard du visage honteux qu’il lui présentait. Le remord le submergeait, il le susurrait à ses pieds comme un pénitent. Comme un pécheur cherchant une rédemption qu’il sait éphémère, mais qu’il recherche malgré tout. Sin ne pouvait pas lui donner ce qu’il désirait, elle ne pouvait pas l’absoudre de leurs derniers échanges, elle ne pouvait pas prétendre qu’elle l’oublierait dès qu’il aurait transplané. Elle demeurait toutefois murée dans son indifférence, dans sa froideur, se dissimulant derrière comme si cela pouvait empêcher la chaleur d’Andrea de l’atteindre. Et elle réalisait, effarée, qu’elle n’y parvenait pas. Sa peau s’enflammait sous les gestes inconscients, réveillant un besoin de lui, une faim qu’elle savait d’autant plus motivée qu’elle avait conscience qu’il la quitterait pour de bon cette fois. Il avait voulu un choix raisonnable et il l’avait obtenu, quand bien même cela venait de les détruire. La douce ironie de la chose, c’était qu’elle ne parvenait pas à lui en vouloir pour cette fêlure dans leur comédie presque parfaite. Elle était destinée à arriver, un jour ou l’autre. Maintenant que la famille O’Hara songeait à remettre leur aînée sur le marché des fiançailles, c’était finalement mieux qu’il s’éloigne avant que ne soit obligée de le congédier elle-même. Ils échangèrent un regard qui lui parut interminable. Nécessaire. Vital. Et le soupir qui lui vint termina de sceller leur histoire. Il n’y avait plus rien à dire.

« Pardonne-moi, Sinead. » « Je ne peux pas… » admit-elle finalement, le cœur lourd. Elle n’entretenait aucune forme de colère à son encontre, plus maintenant, toutefois il voulait qu’elle accepte de ranger des souvenirs dans une boîte. La douceur de ses baisers, la rudesse de sa main sur sa joue, la flamme dans son regard. Il voulait qu’elle le pardonne et qu’elle oublie. Elle prit une brève inspiration au contact de ses lèvres effleurant sa peau. « Je suis désolée. » Elle l’était sincèrement, parce qu’elle se sentait autant fautive que lui dans cette déchéance. Il n’était pas le seul qui voulait demander pardon, mais ses mots à elle restaient bloqués dans sa gorge trop serrée. Il l’avait blessée comme personne avant lui. Il l’avait fait ressentir quelque chose d’autre aussi, de puissant et de dévastateur. Quel était son propre rôle dans cette comédie ? Celui d’une victime, ou celui d’un bourreau drapé dans l’innocence ? Peut-être avaient-ils été tour à tour les proies et les prédateurs, les héros et les vilains de leurs contes respectifs. Dans ce cas, il ne restait plus rien à sauver. Que de cendres. Et seuls les Phénix pouvaient renaître des braises. Avant qu’il ne fasse un mouvement pour se relever, Sinead attrapa doucement sa main pour la faire revenir sur son genou dénudé, le guidant vers la courbe d’une cuisse alors qu’elle se penchait vers lui – ses lippes heurtèrent les siennes un peu trop vite, craignant probablement qu’il ne fuit une nouvelle fois. Elle rompit leur baiser fugace en posant son pouce sur sa lèvre inférieure, la caressant tendrement. « Ne m’oublie pas. » Pardonne-moi.


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Sam 20 Mai - 2:17
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Sa supplique se heurte à un mur, et il tressaille. « Je ne peux pas… » murmure-t-elle. Il ignore si elle a conscience de la douleur qu’elle provoque, mais il sent qu’il chavire en entendant le verdict. Il est déjà à genoux, cela lui évitera de tomber plus bas pense-t-il avec ironie. Il veut retirer ses mains, se relever, retrouver un semblant de dignité devant cette femme qui finira par l’achever, il en a le pressentiment. Mais elle le retient, elle rattrapa sa main et la guide sur ses courbes. Ses doigts par instinct jouent sur les cuisses, s’attardent sur les points les plus sensibles. Andrea lui jette un regard incertain. Il se lasse doucement de ces rejets qui s’accumulent, il demandait des choses concrètes et conquises, peu importe qu’elles soient douloureuses. Il n’obtient que des demi-teintes, des camaïeux de gris impénétrables, des réponses qu’il ne veut pas comprendre. Il n’attend pas grand-chose d’elle, il s’imagine bien qu’elle ne quittera pas tout pour lui, une telle exigence lui paraitrait bien excentrique de sa part. Mais l’obligeance de ne pas se montrer si changeante lui aurait évité quelques troubles. Il ne lui demande pas de partager ses secrets, mais d’être honnête avec le leur. Il s’apprête à secouer la tête pour protester lorsqu’elle le surprend à nouveau en lui volant un baiser.

Il voudrait rompre le contact, mettre un peu de distance, marquer la fatigue qu’il le saisit après un quatrième rejet. Il a l’impression de s’être exposé au lynchage sans n’avoir rien reçu en retours que des reproches, des renvois et des déclarations houleuses. Pourtant, il se porte vers l’avant, s’appuie sur les bras du fauteuil lorsqu’elle se recule, pour rattraper un contact qui va lui manquer, il en prend conscience soudainement. Il n’y a rien à voir entre abandonner sa maitresse pour quelques mois et la quitter définitivement. « Ne m’oublie pas. » Il veut protester à nouveau, la mettre devant ses contradictions constantes. Pourtant son souffle l’effleure, leur fronts se toucheraient presque. Il rompt la distance une dernière fois, volant un baiser à son tour. Il prend son temps, un temps précieux et indéfinissable, pour approfondir ce qu’il soupçonne être leur dernier contact. Le baiser n’a rien de fugace, il dure, délicat puis sauvage. Il finit par se relever en cours de route, l’attire avec lui dans son mouvement, une main plaquée dans son dos pour la maintenir contre lui, ne surtout par rompre ce dernier échange. Il est égoïste, il ne lui effleure même pas un instant qu’il la quittera bientôt en lui laissant le gout de ses lèvres et la chaleur de ses baisers si récents. Il veut être égoïste et voler quelques derniers instants.

Finalement, ils se séparent. Ils mettent de la distance entre eux comme deux étrangers. Il rejoint le lit en quelques foulées, attrape leurs deux baguettes puis lui tends la sienne prudemment en prenant garde de ne pas l’effleurer. « Puisque c’est ainsi, je vais partir. ». Il hésite un instant. « Si tu veux bien lever les protections, cela sera plus rapide. ». Et plus prudent, si il s’était évanouie dans l’infini dix minutes plus tôt, il ne serait jamais revenu essuyer une nouvelle rebuffade. Il lui jette un dernier coup d’œil. C’est une longue hésitation. Il flanche, il tergiverse puis il finit par souffler quelques mots, quelques espoirs. « Si tu n’attends plus rien de moi ? ». Il ne sait pas très bien ce qu’il fait. Essaie-t-il de gagner quelques minutes de plus, de grappiller un dernier instant complice sur un malentendu ? Il se fustige de se laisser aller à de si vains espoirs alors même que tout porte à croire que c’est bel et bien fini. Il s’en veut d’en espérer encore alors qu’il les a lui-même précipité vers leur perte avec son insistance et son besoin de réponses. S’il regrette la tournure qu’ont pris les choses, il se félicite de les avoir mises au clair. Il n’est pas homme à se laisser leurrer, encore moins par un stratagème de son propre cerveau. Cela a le mérite d’avoir éclaircie leur tourments croit-il naïvement.

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Dim 21 Mai - 0:17
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Son souffle était encore sur ses lèvres lorsque Sinead réalisa qu’elle perdait définitivement. Il était toujours celui qui revenait, elle n’avait aucun moyen de le contacter et quand il finirait par transplaner, il lui deviendra inaccessible. Ils n’avaient jamais eu besoin d’en discuter avant ce soir, de ce que faisait Andrea, d’où il habitait, du nombre de frères ou de sœurs il pouvait avoir. Ils n’avaient pas discuté de ce qu’ils attendaient tous les deux de l’avenir, en tant qu’individus, se complaisant dans les silences et les mensonges parce qu’ils leur simplifiaient l’existence. Se convaincre qu’ils n’étaient rien de plus que des amants fonctionnait mieux s’ils ignoraient tout de l’homme et de la femme derrière les baisers. Sin supposait qu’il était tout autant ignorant d’elle, qu’elle de lui, mais finalement Andrea était sans doute le mieux informé à son sujet. Il savait ce qu’elle était, à quelle lignée elle appartenait, le travail qu’elle faisait à Sainte-Mangouste ; il savait qu’elle n’était pas comme les autres et qu’elle ne le serait jamais, quand bien même l’Alchimiste se plierait perpétuellement aux exigences de sa famille pour ne pas entacher leur honneur.

Il finit par desserrer son étreinte, s’éloignant de plusieurs pas pour récupérer leurs baguettes en se tenant désormais à une distance prudente de sa maîtresse. Ses orbes perdus se baissèrent sur le bout de bois qu’elle tenait entre ses doigts, n’écoutant que d’une oreille distraite – résignée – les dernières phrases de l’Impur. Etait-ce à cela que ressemblerait leur fin ? L’amertume sur le bout de la langue, le regard dans le vide, la morsure du froid sur chaque zone de sa peau qui était désormais délivrée de son influence. La vérité avait brisé leur illusion aussi aisément qu’un sortilège bien lancé. « Si tu n’attends plus rien de moi ? » Elle cilla, releva le menton vers lui. Quelque chose lui déplaisait dans cette formulation. Ironiquement, cela sonnait comme une formule utilisée par les serviteurs de la maison. Sylvi le disait parfois. Si maîtresse n’a plus besoin de moi, je vais m’en aller. Sinead se mordit la lèvre de frustration, voulant faire réaliser à Andrea son erreur et se rendant simultanément compte que cela ne servirait à rien de remuer le couteau dans la plaie. Ils venaient d’accepter leur séparation, l’arrêt des nuits fauves, pourquoi devrait-elle lui souligner l’importance qu’il avait pour elle ? Pourquoi devrait-elle se montrer égoïste en lui rappelant la douceur de sa main sur sa joue lorsqu’il l’avait embrassée pour la première fois ? Il avait assez souffert par sa faute. Le retenir ne serait qu’encore plus cruel. La sorcière leva sa baguette, le geste se suspendant dans l’air sans qu’aucun sort ne soit amorcé.

Elle avait rivé ses yeux dans les siens, s’imaginant la chaleur de son corps contre le sien. La rudesse de ses phalanges le long de son bras. Mais il était loin à présent. Hors de portée, à jamais. « Je suis désolée, Andrea… Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Je voulais… » Sa poigne se resserra autour du morceau d’aubépine, mais elle ne le baissa pas. « Je ne sais pas, » admit-elle avec un regret dans la voix, l’ombre d’un sourire triste. « Je suis juste désolée. » Une flexion du poignet, une brève iridescence : les protections étaient levées. D’une seconde à l’autre, il transplanerait. Sin  s’humecta les lèvres, le cœur battant, ne pouvant se résigner à le quitter du regard. Elle avait cette terreur qu’en un seul clignement sa vie changerait à tout jamais. L’irrationnelle certitude que tant qu’elle le fixerait, il ne partirait pas. Après une poignée de secondes, son souffle se figea. « Andrea ? » Ce sourire fut le plus difficile qu’elle ait à composer. Le plus sincère et le plus faux. « Je te pardonne. » Je te libère, mon amour.


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